Musical week #2: Danger Music

Après la photo du groupe Phenix publiée hier, je me suis dit que cette première semaine d’été était le moment idéel pour lancer une thématique musique sur ces sept jours. Et vu que c’est lundi c’est donc l’occasion de vous parler d’un genre très spécial de musique, la « danger music ».

Ce genre musical très minoritaire s’est développé en dans la mouvance du courant punk des années 80 et plus spécifiquement en lien avec la « noise music » ou en français la musique bruitiste, qui consiste à faire de la musique avec des objets qui ne sont pas des instruments de musique et surtout à n’utiliser que des sons désagréables et perturbants voire désagréables pour les assembler dans une composition.

Mais la danger music est allée bien plus loin, car comme son nom l’indique ce genre de musique utilisait des objets et machines improbables tout en mettant en danger la sécurité voire la vie du public. Dick Higgins est le précurseur de ce style et écrivait ses partitions sur des petits bouts de papier en voici un exemple gentil :

Tout cela reste bien sage et la danger musique ne semblait donc ne mettre en danger que les tympans ou la santé mentale du public mais c’était sans compter sur les japonais.

Dans les années 80 alors que le courant punk se déchaine au Japon, un groupe très spécial relance la danger music en la poussant dans ses retranchements. En 1984 à Osaka, Yamantaka Eye, le futur leader de Boredoms, et Mitsuru Tabata, le guitariste de Zeni Geva, forment le groupe Hanatarash. (En japonais ça se traduit par « morveux »)

Hanatarash était connu pour ses concerts durant lesquels le public se trouvait fréquemment dans des situations périlleuses. Au cours de l’un de leurs plus sinistrement fameux spectacles, Eye coupa un chat mort en deux à l’aide d’une machette et faillit se couper une jambe avec une scie circulaire qu’il avait fixé dans son dos ; le paroxysme fut atteint lorsqu’une partie de la salle fut détruite par l’utilisation malencontreuse d’un bulldozer sur scène.

Lors d’un concert à Tokyo en 1985, on demanda au public de signer une décharge à cause des possibilités de blessures occasionnées par le spectacle. Celui-ci fut arrêté car Eye s’apprêtait à lancer un cocktail molotov enflammé sur la scène. Le coût des réparations de la « performance » s’éleva à 600 000 yens (environ 4 000 euros).

Après plusieurs années de concerts intensifs, Hanatarash fut interdit dans la plupart des salles et ne put reprendre ses activités scéniques qu’après avoir abandonné ces pratiques périlleuses.

Alors que penser de tout cela ?

Et bien en dehors d’un certain amusement à imaginer un musicien faire de la musique avec un bulldozer sur une petite scène au mépris de la sécurité du public, ce genre de découverte vient m’interroger sur ce qu’est vraiment la musique et sur la place réelle de l’aspect mélodique dans cette forme d’art.

Mais avant tout cela me donne une énorme envie de reprendre mes instruments traditionnels et d’oublier cette rencontre perturbante avec des personnes trop haut perchées ! 😈

5 réactions sur “Musical week #2: Danger Music

  1. je suis sur que ces « prestations » se font dans une salle sans moquette …… ils l’ ont fumé avant de rentrer sur scène.
    Perso , je trouve ça affligeant .

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    • Certes c’est vraiment n’importe quoi et mis à part le coup du bulldozer rien n’est rigolo dans cette épopée. Le pire c’est qu’ils sont encore en activités ! Mais même si ils font des vrais albums avec leurs formations respectives, ça ne me donne pas pour autant l’envie de les suivre. 🙄

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