Archive du Lundi 13 mars 2006
Cher Francis,
Je viens d’amener ma voiture au garage afin que les réparations soient faites. Il aura fallu plus de deux mois pour cela. Je me retrouve sans ma belle 309 GTI rouge, elle me manque déjà… Mais bon, le pire c’est que j’ai une voiture de prêt.
Alors Francis tu vas me dire pourquoi est-ce si dur pour moi de rouler pendant une semaine ou plus avec une voiture d’un modèle plus récent que la mienne?
Et bien tout d’abord au volant de cet engin sophistiqué confortable et insonorisé, je n’ai plus le même rapport à la route qu’avec ma vieille guimbarde. Tout est aseptisé, confortable. Cela devrait rendre ma conduite agréable cependant c’est l’inverse qui se produit; coupé des sensations habituelles ma conduite perd de son mordant d’autant plus que ce modèle 1.8 injection est une limace comparé à la nervosité de ma GTI.
D’autre part rouler dans un engin bardé d’électronique me stresse un peu vu que je ne fais pas confiance à ces appareillages qui eux aussi médiatisent mon rapport à la route.
Enfin, et là c’est le pire, mes proches me voyant conduire une voiture « moderne » me disent que je devrais acheter ce genre de voiture et ne plus rouler avec ma vieille 309. Ceux d’entre eux que je transporte habituellement vont prendre goût au confort de cette voiture moderne et vont multiplier les remarques pour tenter de me convaincre de bazarder ma chère Bloody Mary ( c’est le nom de ma 309 rouge comme une belle tomate un jour d’été et forte comme la vodka -bloody mary = cocktail vodka jus de tomate-).
Bien sûr ils perdent leur temps, il n’empêche que cela est désagréable d’entendre que l’on dénigre cette machine qui s’est montré plus fidèle à mon égard que la plupart des gens que je connais.
Et oui mon cher Francis, le problème avec le concept de modernité c’est que la plupart des personnes pensent qu’il se confond avec la nouveauté. C’est ainsi que pour moi ma vieille voiture qui roule depuis 1989 est moderne car adaptée à ma situation présente. En effet elle répond à mes besoins fiscaux, est fiable, se répare sans intervention de super ordinateurs chez un concessionnaire habilité et onéreux et enfin me procure un plaisir sans cesse renouvelé.
Et comme disait Neil Young dans une de ses chansons: Long may we run !
Le soleil n’a pas finit de briller sur ma vieille complice.