Archive photo

Archive du vendredi 16 avril 2010

Anonyme

Bonjour monsieur, je peux vous prendre en photo ? Ben oui… clic clac et voilà.
Seagull et Trix 320

Je me souviens très bien de cette photo et surtout des circonstances autour de la prise de vue. Je me souviens des trous de boulettes de ce grand fumeur aujourd’hui décédé qui passait tant de temps sur ce banc au village. Je me souviens ne jamais lui avoir demandé son nom. 🙄 J’avais utilisé cet appareil chinois, copie du Rolleiflex avec un objectif bas de gamme qui fait des photos très sympas grâce à un bokeh tournoyant à pleine ouverture. Le plus rigolo c’est que j’avais fait un tirage de cette photo avant de mettre cette photo sur le mur de ma salle d’activité au travail. Mon chef de service qui est aussi un ami était passé me voir et était tombé sous le choc en voyant la photo, cet homme était son grand oncle ! Le hasard a rendu cela possible tout comme le fait que 11 ans plus tard Corinne s’étonne sur le fait qu’un américain sur Facebook ait trouvé mon article qui parle d’un fait divers le concernant. 😆 Je vous le dis, le hasard n’existe pas ! C’est pas pour rien que cette affirmation qui est comme un mantra pour moi soit devenu le slogan de ce blog. :mrgreen:

Ces objets qui nous possèdent

Bon tout d’abord histoire de rassurer tout le monde, j’ai fait mon test COVID ce matin et je suis négatif. Mes collègues et les enfants aussi, la gamine qui était porteuse s’est elle aussi débarrassée du virus, elle est négative (test PCR) depuis mardi. 😎

Bon et à présent avant de reprendre mes exercices à la basse, je reprends donc la thématique habituelle des vendredis de mon blog avec cet article qui date du mercredi 9 avril 2008.

Mercredi 9 avril 2008

Cher Francis,

       Dans ma vie de tous les jours, j’utilise comme tout un chacun, divers objets différents auxquels j’accorde plus ou moins d’importance.

Cependant il existe deux objets qui m’ont marqué de façon si forte et si durable que j’en ai pleuré le jour de leur perte. Je m’étais juré de les retrouver tous les deux .

Aujourd’hui c’est chose faite.

Ma 309 GT crème se repose dans le garage bien au sec pendant que sur l’étagère de ma chambre se pavane un splendide Fujica STX 1N. Un appareil photo très ordinaire et de qualité très moyenne aux yeux d’un vrai photographe mais vital pour moi.

C’était à la fin des années 90. J’aidais l’association  de solidarité Roumanie à la préparation de feu notre grand vide grenier, lorsque je découvris dans un pile d’objets offerts pour la vente une sacoche contenant un vieil appareil photo avec toute une série d’objectifs. Amusé à l’idée de jouer aux paparazzi, j’achetais le tout à un prix très bas.

Ce robuste appareil entièrement manuel était muni d’une cellule que je devais manipuler savamment pour trouver les bons réglages de lumière et la mise au point se faisait en tournant l’objectif jusqu’à ce que l’image devienne nette. 

Cet appareil m’a ainsi permis de prendre des clichés magnifiques, des portraits plein de lumière et des paysages très bien rendus.

J’aimais tant cet appareil que je le prenais de plus en plus souvent avec moi. Je commençais donc à l’amener sur mon lieu de travail et avec l’autorisation de mon supérieur à photographier les enfants de près ou alors de loin avec le téléobjectif. 

Ces photos étaient merveilleuses et sont encore exposées dans pas mal d’endroits de l’établissement.

J’étais comme possédé par le démon de la photo, je prenais même des clichés pendant les temps de réunion. Mes collègues me le firent remarquer et je décidais de ne plus emmener cet appareil au travail.

Une nuit, un voleur s’introduisit dans l’établissement en brisant une fenêtre. Se coupant avec les tessons, il éventra le luxueux fauteuil de la secrétaire pour s’en faire un pansement avant de voler diverses choses dont notre appareil photo.

Grâce à ce voleur je suis depuis installé sur une jolie chaise (je l’ai récupérée et réparée moi même) mais à cause de lui et de ma trop grande et stupide gentillesse, l’histoire se termina mal pour moi.

Le jeudi nous avions prévu de faire une sortie à Belfort, j’avais besoin de l’appareil de l’établissement pour faire des photos pour illustrer notre site qui allait connaître un certain succès par la suite.

Cette situation me servit d’alibi pour ramener mon Fujica sur mon lieu de travail.

Et pendant la sortie une jeune fille dont j’étais le référent se jeta sur moi pour me faire un câlin et fit tomber de mes mains mon précieux appareil qui se fracassa sur les pavés froids et indifférents de cette ville.

Je ne voulais pas flancher devant la pauvre gamine toute embarrassée, mais le soir en rentrant je me souviens avoir versé quelques larmes. Aucune indemnité possible ( appareil trop vieux) même chose au niveau des assurances. Mais qu’importe l’argent, ce que je voulais c’était retrouver cet appareil. Depuis ce jour j’ai cherché partout avec ténacité jusqu’à ce que je le retrouve enfin.

Dimanche soir ma sœur a acheté pour moi aux enchères sur Ebay un autre Fujica mais d’un modèle un peu différent pour moins de trente euros. Je lui ai demandé de me rendre ce service car cet appareil est vendu avec trois objectifs différents et une série impressionnante d’accessoires adaptables sur tous les FUJICA dont le mien.

Dans le même temps mon frère m’annonce qu’il me fait don de son canon EOS 620 d’un autre boîtier et d’un objectif motorisé !!!

J’ai encore mon Minolta srt 303 et un Kiev et le vieil appareil de mon père.

C’est donc une pluie d’appareils photos qui me tombe dessus !!!

Mais peu importe Mon cœur ne bat que pour mon Fujica STX 1 N.

La suite dans les jours qui viennent. Je compte bien scanner des clichés que je vais prendre cette semaine.

Les vacances commencent bien pour non, non ? ^^

13 ans plus tard, après une folie qui m’a poussé à accumuler des centaines d’appareils photo argentique, à monter mon labo et à me lancer dans le grand format jusqu’au 8×10 (négatif de 25x20cm), j’ai rationalisé mon arsenal tout en restant toujours aussi passionné.

Le Fujica STX 1N reste mon appareil de cœur, j’en ai d’ailleurs utilisé un pour un projet complétement fou, faire le tour du monde en l’envoyant à des volontaire du forum de photo argentique que je fréquente depuis bientôt 20 ans. Chaque volontaire devait faire un portrait. L’appareil a ainsi fait plusieurs pays d’Europe avant de partir pour le Japon et de faire escale au Canada. Là il a été perdu pendant presque deux ans, j’ai alors relancé un autre appareil, les deux Fujica (pas de « s » aux noms japonais c’est ma politique) me sont revenus avec des petits cadeaux et deux films desquels j’ai tiré une cinquantaine de portraits.

Tout cela a servi pour une exposition photo avec mon collectif (photo ci-dessous). C’était un moment très sympa et j’ai bien envie de relancer l’idée !

Archive du présent

Comme je l’avais deviné, les tests COVID faits hier à l’école ont amené de mauvaises nouvelles. Une de mes gamine est positive. Contrairement à mes collègues je porte toujours un masque FFP2 et je ne mange pas à la cantine je garde mon masque pour servir les enfants, je ne suis donc pas cas contact mais je vais tout de même faire un test cette semaine. J’ai un rendez-vous vendredi matin pour reprendre le travail le lundi suivant pendant trois jours avant 10 jours de vacances. Un de nos enfants étant positif, je suis en vacances cette semaine. Mais quelles vacances… Bon, ce soir mes pensées vont à la gamine qui pleurait et qui était terrorisée. Je vais téléphoner au père dès mardi histoire de savoir si elle va bien elle et sa famille.

Emotional week #6: Archive de stagiaire

Par un pur et vrai hasard, en regardant ce que j’avais à disposition en archive datée du 26 mars pour cette semaine dédiée aux émotions, je suis tombé sur un souvenir bien chargé de nostalgie. L’adieu à une de mes premières stagiaire, une personne que j’ai beaucoup apprécié et qui reste pour moi la stagiaire idéale que je ne rencontrerai plus jamais. Cet article ne raconte pas tout comme le fait qu’au moment de se dire au revoir nous avons pleuré comme des gosses dans les bras l’un de l’autre. Je crois qu’il y a eu un certain transfert vu que je l’ai traitée comme la fille que je n’aurai jamais en lui donnant le meilleur de moi-même et en lui offrant un cadeau très symbolique pour lui dire au revoir : le DVD du film « va, vis et deviens ». Là encore en repensant à elle j’ai les yeux qui deviennent humides. Sinon pas mal de choses à raconter demain vu que par un concours de circonstances je me suis fait vacciner (Première dose Pfizer) et j’ai fait une drôle de rencontre en rentrant. Mais tout ça c’est pour demain samedi, là je vous laisse avec l’histoire de cette stagiaire telle que je l’avait écrite le 26 mars 2008.

Archive du mercredi 26 mars 2008

Cher Francis,

       Il y a à peu près deux ans, je terminai mon stage et j’assistais tremblant à mon évaluation faite par deux professionnels. 

Dans ma tête c’est comme si c’était hier.

Et voilà que demain c’est à mon tour de juger la qualité de travail de celle qui aura été ma première stagiaire avant qu’elle ne nous quitte la semaine prochaine.

Cette jeune fille très angoissée m’a confié craindre cette épreuve, dès lors avec mon compère nous nous sommes amusés à plaisanter avec elle sur ce sujet pour essayer de l’aider à dédramatiser la situation.

Alors que dans ma tête je suis encore éducateur non diplômé, je dois juger une stagiaire. Cette situation me trouble énormément car au fond de moi je me demande si j’ai vraiment les qualifications requises et assez de crédibilité pour évaluer une autre professionnelle.

Ce qui me met un peu la puce à l’oreille c’est de réaliser que je n’arrive pas à trouver de défauts à cette jeune fille qui bien loin d’être un fardeau aura été pour moi et pour les enfants une présence positive et une aide importante pendant ces trois mois de stage.

Il est important pour moi de faire le point sur ma capacité pour accompagner les stagiaires car dès lundi, devine quoi…

Et Oui, à partir de lundi une nouvelle stagiaire me sera affectée et ce avant même le départ de ma première.

Même pas le temps de faire le deuil de l’une, une autre revient.

Il va falloir que je m’y habitue. mais ça va être dur, quand elles sont bien on s’y attache à ces bestioles… ^^

Archive asiatique

Archive du Lundi 19 mars 2007

Cher Francis,

       En premier lieu ce soir, je voudrais te signaler que l’actualité d’aujourd’hui vient donner une résonance particulière à mon très long message d’hier. En effet je viens d’apprendre qu’un grand film documentaire révisionniste sur le massacre de Nanjing est en cours de tournage au Japon. Le film japonais, dont le titre provisoire est « La Vérité sur Nankin », sera dirigé par Satoru Mizushima, le président d’une chaîne de télévision satellite privée d’obédience nationaliste.

        Selon M. Mizushima, au moins sept films consacrés à Nankin doivent sortir sur les écrans mondiaux pour le 70e anniversaire de la chute de la cité chinoise, l’un d’eux sera présenté au Festival du film indépendant de Sundance (États-Unis). « Si nous gardons le silence, la propagande anti-japonaise va se répandre dans le monde », s’est inquiété le réalisateur, en présence de ses partisans. « Il est important est de corriger les erreurs historiques et de transmettre les bons messages », a-t-il ajouté, lançant un appel aux dons publics pour l’aider à mener à bien son projet d’ici la fin de l’année.

Des nouvelles comme ça, ça donne vraiment envie de vomir… Ce film ne suscitera sans doute aucune réaction au Japon vu que l’opinion publique n’a pas réagi lors de l’annonce du projet. 

Mais je garde espoir qu’il existe encore des japonais qui refusent cette politique révisionniste, en fait j’en connais deux plus ou moins indirectement qui m’ont affirmé qu’ils étaient eux aussi dégoûtés par ces manipulations de l’histoire.

En second lieu je voudrais te raconter qu’aujourd’hui j’ai mangé dans un endroit étrange, un boui-boui tenu par des vietnamiens où le prix des plats est si bas que l’on peut se faire un vrai festin pour moins de 10 euros. En ce qui me concerne j’ai opté pour le menu suivant: Grosse assiette de riz cantonnais, pâtes à la vietnamienne et enfin escalope de dinde à la crème avec des frites. Le tout bien sûr arrosé d’une Tsing Tao en bouteille de verre…   J’ai tout bâfré en moins de 20 minutes et là j’ai de nouveau faim…

J’aime cet endroit étrange, cette petite friterie à la forme d’un couloir étroit dans lequel se réunissent chaque jour habitués et étudiants fauchés. Les uns jouent au Rapido ou à des jeux de grattage tandis que les autres avalent des sandwichs aux compositions improbables. Lorsque le grand fils fait une pause dans son service il regarde en riant des séries américaines pseudos humoristiques ou alors des vieux animes du club Dorothée rediffusés jusqu’à la nausée…

Partout sur les étagères se trouvent des objets censés porter bonheur aux affaires, on y trouve notamment l’inévitable chat doré sino-nippon qui lève la patte pour faire venir l’argent, j’ai bien sûr nommé le fameux Maneki Neko.

Maneki Neko

Je reconnais aussi Ganesh, Bouddha et, coincée entre un autre bouddha jovial et un dragon, une vierge en plastique de Lourdes…

C’est vraiment trop drôle comme cadre, j’aimerai prendre une photo mais cela serai mal interprété par les restaurateurs. Les gérants sont sympas, la femme du propriétaire a téléphoné pendant plus de 30 minutes à Hanoï, seul mot que j’ai compris dans cette langue qui ne ressemble vraiment à rien de ce que je connais, c’était sympa ça mettait de l’ambiance. En fermant les yeux je me serai cru moi aussi à Hanoï… Si il n’y avait pas cette stupide TV… Enfin bref, la nourriture est très bonne surtout les pâtes à la vietnamienne, une fois de plus c’est vraiment pas cher… Il ne manquerai qu’une chose pour que ce soit parfait: des amis à ma table.

Bon, pour atténuer ma frustration demain je vais manger pour 30 euros au restaurant japonais… Tenu par des coréens…

Enfin signaler que la neige est revenue aujourd’hui, je regarde par la fenêtre et je vois 5 cm dans la pelouse et rien sur la route. De plus les chutes doivent cesser jeudi au plus tard donc rien de bien méchant.

Voilà le compte rendu somme toute bien banal d’une journée qui l’est tout autant…

14 ans plus tard, je ne sais plus trop où j’en suis avec ces histoires de révisionnisme japonais, j’avais réétudié la question après avoir vu le dernier Hayao Miyazaki (Le vent se lève) mais c’était prétentieux pour un occidental ne maitrisant pas l’histoire du conflit sino-nippon de vouloir se faire une opinion en consultant des sites Internet. J’ai donc laissé tomber en attendant d’avoir peut-être un jour des amis dans les deux pays pour en discuter. 🙄

Archive hospitalière

Le lundi 12 mars 2007, j’amenais un jeune à l’hôpital. le pire c’est que je ne me souviens même pas de cet épisode que j’ai retrouvé dans mes archives. Je découvre même médusé que j’avais conduit une Twingo ! Comme quoi, un blog et ses archives ça sert parfois à retrouver la mémoire, enfin pas dans ce cas là car j’ai beau chercher je ne me souviens de rien et je ne peux donc que partir des faits relatés par mon moi d’il y a 14 ans pour retrouver plus de détails… Je pense que c’est tout juste impossible…

Archive du lundi 12 mars 2007

Cher Francis,

       Après avoir fait trois fois le tour du parking avec la petite Twingo, j’ai compris que je devais chercher une place ailleurs. C’est ainsi que je me suis dirigé vers les anciens bâtiments de l’hôpital et qui j’y ai enfin trouvé un endroit ou stationner ce drôle de petit véhicule. A coté de moi le jeune garçon était resté silencieux pendant tout le voyage, en scrutant son visage tuméfié je ne parvenais pas à lire autre chose que de l’indifférence vis à vis de ce qui venait de lui arriver.

Deux heures auparavant l’enfant avait été poussé par deux de ses camarades et était tombé lourdement à terre face la première. Son nez et son front étaient égratignés tandis que le reste de cette zone de son visage prenait une couleur bleu jaune.

Je suis son référent c’est donc à moi de l’emmener aux urgences enfin de couvrir l’établissement au cas où un symptôme post-traumatique devait apparaître. Je prends le jeune garçon par la main en tentant de le faire un peu rire pour détendre l’atmosphère mais je suis moi-même très tendu, sans doute plus que lui car habitué aux urgences, je sais que l’attente risque d’être longue et que le jeune garçon pourrait très bien devenir le témoin des blessures et des mutilations diverses qui sont si courantes dans ce service. Conscient de cela je l’entraîne à l’écart sur une petite table et je le fais asseoir le dos tourné au bureau d’accueil et au reste de la salle d’attente.  Ce soir, pour une fois, je suis content  d’avoir eu cette précaution.

Je m’assois face à l’enfant pour lui parler, ce faisant mon regard vient se poser sur cette petite antichambre des enfers. De nombreuses personnes sont déjà là, il y a ce couple en état de choc composé par un homme de la quarantaine plié en deux sur les genoux de sa femme, il se tord de douleur semble hurler sans pouvoir expirer le moindre son. Il se tortille depuis plus de 45 minutes quand enfin une infirmière arrive pour lui demander :  » vous avez mal monsieur?  » Incroyable… Je vois aussi cet homme avec la main enroulée dans un mouchoir sanglant, un autre homme sur un fauteuil roulant laissant traîner à terre un pied a moitié amputé  dont la couleur semble indiquer un état de gangrène… 

        Partout où mon regard se pose je ne vois que souffrance et tristesse. Les conversations entre les malades leurs familles et le personnel soignant viennent à mes oreilles dévoilant les drames à l’origine de la présence de ces individus dans ces lieux. C’est ainsi que par exemple je comprends que l’homme qui se tord de douleur a fait une tentative de suicide par médicaments…

       90 minutes plus tard, nous sommes enfin appelés par le personnel soignant, nous sommes installés dans une petite salle sans porte qui donne directement sur un couloir de l’hôpital, un axe de circulation, une veine de ce grand corps malade qui charrie un flot constant de malades poussés par des infirmiers. Le jeune garçon regarde ce spectacle étonné. Parfois un des brancards s’arrête devant l’ouverture de la salle où nous sommes et comme dans un mauvais film d’horreur un visage pâle dans lequel est planté un regard sans vie vient se poser sur nous. Je sens l’enfant à coté de moi de moins en moins rassuré, je tente de le rassurer en lui expliquant que ces personnes sont là pour être soignées et qu’elles vont aller mieux mais connaissant moi-même leurs situations, je manque de crédibilité assez pour que l’enfant s’en aperçoive. Un interne arrive enfin et examine le jeune garçon, les blessures ne sont pas graves mais des radios doivent être prises pour déceler d’éventuelles fractures. Je demande à accompagner l’enfant vers l’appareil et je reste en salle à coté du manipulateur pour regarder amusé l’image du crâne du jeune garçon diffusé en temps réel, la vision de ces os et de la vie qui les anime est un spectacle saisissant.

Puis l’on nous demande de retourner en salle d’attente. Soudain j’entends le nom de l’enfant prononcé très fort par une voix de femme, la tante du jeune garçon a emmené sa propre fille victime d’un choc important à ta tête après un incident de roller. Cette tante appelle la mère de l’enfant qui arrive quelques minutes plus tard avec la grand mère… Du coup toute la famille se retrouve aux urgences à papoter. J’offre les chocolats que j’avais acheté en prévision de ce qui aurait put être une très longue attente. Le climat convivial qui se développe dans notre petit groupe redonne le sourire à l’enfant tout heureux de voir sa maman venir le voir aux urgences, je glisse à cette occasion le fameux  » vous savez votre grand garçon a été très courageux ».

Ce lieu comme tout lieu habité par l’homme est lieu de vie et de rencontres, un lieu improbable dans lequel tout semble possible, le pire comme le meilleur. Un endroit coupé de l’espace et du temps où chacun de nous peut atterrir d’un moment à un autre.

Mais en ce qui me concerne, je préfère rester simple accompagnateur…

Archive de « fail » commercial

Archive du lundi 5 mars 2007

Cher Francis,

       Une fois n’est pas coutume, je vais te parler ce soir de ce que l’on fait avaler à mes concitoyens et ce, au propre comme au figuré. En allant faire des courses ce matin pour trouver des enjoliveurs pour ma vieille 309, je suis tombé sur une publicité qui je ne sais pourquoi m’a énervé au plus haut point. Il s’agit d’un nouveau produit lancé par l’industrie alimentaire.

Mais à qui veut-on faire avaler ça ? Sans doute à certaines personnes qui croient aussi aux vertus des crèmes anti-rides et aux horoscopes. De toute façon le marché est porteur et ça le groupe Danone l’a compris depuis longtemps.

Cependant prétendre que des aliments peuvent servir de médicaments en exagérant leurs vertus à des fins publicitaire est un acte qui selon moi relève du dol. En clair la commercialisation de ce produit par le biais d’une campagne publicitaire qui à mon avis a de grandes chances d’être mensongère ne devrait pas, le cas échéant, être autorisée par les pouvoirs publics.

Là encore de qui se moque-t-on? D’un coté les pouvoirs publics encadrent les consommateurs allant jusqu’à les surprotéger quitte à les faire passer pour des abrutis et de l’autre ils laissent les grands groupes alimentaires leur vendre à prix d’or des yaourts camouflés en médicaments. 

Il est sûr cependant qu’un groupe affichant en 2006 un chiffre d’affaire en progression de +9.7%, soit plus de 14 milliards d’euros, n’est pas soumis dans notre beau et grand pays démocratique, aux même règles de droit que les autres acteurs économiques plus modestes. Vas donc essayer de commercialiser un yaourt qui hydrate la peau et tu verras la commission de répression des fraudes te tomber dessus avant que tes produits soient dans les linéaires ! 

Un groupe riche comme Danone n’a aucun problème pour engager des scientifiques peu scrupuleux qui donneront leur aval à des produits testés dans des procédures contestable. Là encore le scientifique corrompu fait partie de notre héritage français, entre celui qui prétend que les nuages radioactifs s’arrêtent en plein vol ou l’autre qui professe que les explosions nucléaires souterraines sont sans danger pour les habitants de Mururoa, nous avons appris à prendre du recul par rapports aux « experts » présentés comme tels par les médias et les pouvoirs publics.

Certains consommateurs éveillés ont aussi appris à se méfier des promesses des industriels de l’alimentation. l’exemple récent donné par le cœur de cible du yaourt anti-cholestérol le montre bien. Devant le bilan morose de la campagne sur les produits anticholestérol de DANONE (Danacol) et UNILEVER (Fruit d’Or Pro-activ) : ‘seulement 5 200 acheteurs en 2006), les assurances AGF et MAAF qui s’étaient engagées à un geste financier pour récompenser la consommation de ces produits visant à prévenir les maladies cardiovasculaires, ont mis fin à leur partenariat. AGF s’était engagé à rembourser les achats de yaourts Danacol et la MAAF accordait une réduction de 10% des cotisations aux consommateurs de la gamme Fruit d’Or Pro-activ.

Comprenant que les anciens avaient plus de jugeote que prévu, nos amis de Danone ont donc mis au point une nouvelle arnaque visant cette fois-ci les femmes avides de beauté et de bien-être. En cas de succès de ce produit nous pouvons donc nous attendre à voir débarquer des yaourts anti-rides, des yaourts qui protègent de la grippe aviaire et bientôt le beurre qui aide à retrouver un travail !

La balle est donc dans le camp des consommateurs, la campagne pour ce nouveau produit sera un bon test pour voir l’étendue du pouvoir de la télévision sur les masses… 

Deux ans plus tard en mars 2009, ce yaourt disparaissait des rayons malgré une campagne de lancement de 9,2 millions d’euros. Les causes étaient multiples : Incapacité à fidéliser une clientèle (60% des acheteurs avaient fini par lâcher le produit au bout d’un an), texture est trop grasse et pas assez gourmande.

Mentionnons aussi le goût trop sucré qui pouvait faire penser qu’il fallait prendre du poids pour hydrater sa peau. Autres raisons : Essensis avait pour cible initiale les trentenaires alors que certains des ingrédients (bourrache, Oméga 6 et vitamine E) sont plutôt destinés aux femmes ménopausées. Le prix, le format en petit pot non adapté pour une utilisation quotidienne et surtout le fait que l’UFC que choisir avait fini par remettre en cause son efficacité.

La « cosmétofood » qui marche si bien en Asie et ailleurs n’a donc pas pris en France. Alors peu importe les raisons de ce sympathique ratage, cela fait du bien de savoir son pays à l’abri de ces idioties. 😆

Trash week : Archive de déprime

Archive du lundi 26 février 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui était mon premier jour de congés, je l’ai passé à errer dans ma maison traînant mes yeux d’un écran à l’autre, essayant de trouver ce qui pourrait combler le vide de plus en plus grand qui se forme en moi. Je sais qu’il existe une solution très simple pour combattre ce sentiment, une solution résidant dans l’absorption de différents liquides dont la force s’exprime en degrés. J’en ai des stocks impressionnants à la maison mais je ne vais pas me laisser avoir si facilement que ça…

Alors, histoire de me changer les idées, je suis allé faire un tour en voiture pour acheter des sushi au supermarché et trouver les deux derniers paquets de biscuits apéritif coréens…

Je rentre, je suis seul dans la maison, je fais chauffer un grand verre de sake que je bois doucement en dégustant ces merveilleux morceaux de poisson cru sur du riz collant. Je me régale mais je me sens toujours aussi vide à l’intérieur…

Maintenant je vais aller me coucher et regarder des heures de films mais là encore je sais que je ne trouverai rien pour me remplir…

Je pense très fort à mon autre voiture que je vais devoir attendre encore deux semaines.

Je m’ennuie, je me morfonds, je n’ai pas envie de travailler mais je n’ai pas le droit de me plaindre car je suis vivant (Youpie!!!) et en plus ou moins bonne santé.

Vive la vie…

Les prémices de la pandémie en archive

Archive du dimanche 19 février 2006

Cher Francis,

Dès vendredi soir la nouvelle éclatait dans la presse et dans les journaux T.V. La grippe aviaire arrive en France avec les premiers cas avérés de volatiles morts suite à cette maladie. 

Cela faisait déjà un bon moment que l’arrivée de cette épidémie en devenir était annoncée et qu’un grand nombre d’experts se succédaient sur les écrans tenant des propos alarmistes, certains chercheurs étrangers avançant que si cette maladie prenait la forme d’une pandémie, les morts seraient à compter par millions.

En ce qui me concerne je garde un œil critique sur cette affaire. En effet, même sans être un expert, je constate que pour l’instant cette prétendue pandémie n’a causé qu’une centaine de morts dans des pays où les personnes côtoient de façon étroite les oiseaux d’élevage sans respecter de règles d’hygiène. On avance que le virus H5N1 est un cousin de la grippe espagnole et qu’il risque de muter en rencontrant un virus de la grippe humain… Chaque jour amène son lot de nouvelles inquiétudes à ce propos relayées et accentuées par les médias dont les bénéfices enflent avec l’audimat et le lectorat. 

Alors moi aussi je vais proposer ma théorie au sujet de la grippe aviaire.

A mon sens cette histoire retombera comme un soufflé loupé lorsque l’on se rendra compte que seuls quelques oiseaux mourront de cette maladie pas plus agressive que les autres maladies propres à ces espèces animales. Là on fera un mini procès des médias qui nous auront inquiétés pour rien…

Enfin pour rien… Non pas tout à fait! Selon moi ce tapage médiatique aura fait les choux gras de la TV et de la presse mais aura surtout permis aux politiques de divertir les masses au sens étymologique. Divertir signifie détourner l’attention de la population de problèmes bien réels comme la montée des fascismes et des intégrismes, l’accentuation des licenciement boursiers, la destruction programmées des acquis sociaux et surtout l’absence de perspectives positives pour notre pays et le monde. En bref toutes ces mauvaises nouvelles qui nous empêcheraient de consommer et déclencheraient des grèves aux effets dévastateurs sur l’économie. Cela frapperait en premier les intérêts des grands riches qui tirent des sommes astronomiques de l’exploitation et l’abrutissement des foules.

Et oui mon brave Francis, tels des moutons imbéciles nous suivons nos bergers qui nous chantent que tout va bien et que nous devons continuer de brouter. Nous engraissons croyant avoir trouvé notre bonheur et nous faisons des plans pour l’avenir sans remarquer que tout autour de nous pas mal d’autres moutons ont disparus des vertes pâtures… Cela ne nous inquiète pas vu qu’ils n’étaient que des inconnus. Puis vient le jour où même le plus imbécile des moutons comprend que le berger n’agissait que pour ses intérêt propres. 

Dommage que cette prise de conscience ne se fasse que sur le chemin de l’abattoir… 

Mon rituel de fouiller jour pour jour dans les archives me réserve parfois de drôles de surprises. Il y a 15 ans j’avais eu raison la peur du H5N1 était retombée. Hélas 14 ans plus tard c’était la bonne, la vraie pandémie non pas de H5N1 qui ne fait que quelques centaines de morts principalement en Asie mais de corona virus qui en fait des millions dans le monde. Sinon j’aime beaucoup ma conclusion aussi sombre que prétentieuse. Je ne la renierai pas !

On ne joue pas avec la nourriture !

Archive du Jeudi 12 février 2009

Mais ça ne m’a pas empêché de jouer avec le contenu de mon assiette avant de le dévorer. Voici donc Monsieur cassoulet que j’ai englouti mardi dernier à midi.

Alors pourquoi ce délire , Et bien juste pour annoncer que demain je vais chez le médecin pour commencer toutes une série de tests et surtout un régime draconien. Alors pour moi ce sera bientôt la fin des repas bizarres avec la nourriture déroutante et parfois étonnante de la cantine.

Et quand je ne joue pas avec, je la dévore en grosse quantité !

J‘ai la volonté, je tiendrai car j’ai encore des choses à réaliser sur ce plan de l’existence et cela ne sera pas possible si je n’accepte pas de prendre le temps de me soigner. Ces temps derniers mon cœur s’emballe beaucoup et ce n’est pas dû à des transports amoureux.

Aller chez le toubib un vendredi 13… Quelle drôle d’idée ai-je encore eu !

Douze ans plus tard, je ne m’amuse plus à la cantine vu qu’on ne mange plus à coté des enfants et que en ce qui me concerne, j’ai décidé de ne plus manger tout court faute de sécurité suffisante. Quant à cette énième tentative de régime, elle avait une fois de plus échoué. Ce n’est que quelques mois plus tard sous ma propre initiative et sans l’aide du médecin que j’avais perdu une trentaine de kilos en six mois… Je retenterai bien au printemps ! Allez, chiche ! 🙄