Un portrait en archive !

Archive du vendredi 26 juin 2009

Ce soir je continue de vous présenter mes collègues de travail avec la photo d’Abla. Un grand merci à elle qui a accepté de poser pour moi et qui m’a autorisé à mettre cette photo sur mon blog.

Je lui trouve beaucoup de charme, j’espère que vous partagez mon avis.

Sur le plan technique ce très beau rendu a été possible grâce aux enfants que je forme à la photographie argentique, je les ai fait travailler en équipe, un pour vérifier les mesures de lumière avec ma cellule à main, une Gossen Lunasix primitive et deux autres qui tenaient des panneaux en polystyrène blanc pour faire déflecteur et casser les ombres sur le visage.

J’ai choisi une ouverture de 8 sur cet objectif que je commence à mieux maîtriser, le 85mm SSC.

J’adore aussi le très beau rendu de la Kodak Portra NC que j’ai utilisé pour ce portrait et les autres.

Le cadrage je l’ai choisi comme cela pour donner plus de force au visage.

Canon EF

Objectif FD 85mm 1,8 SSC

Kodak Portra NC

Scan professionnel et très soigné de mon négatif par un bon photographe.

Ce soir je rentre fatigué par ma semaine et la grande canicule que j’ai pourtant bien supporté et je découvre que la seule archive du 26 juin possible est celle de ce portrait. En lisant ce que j’ai écrit il y a de cela bien longtemps je me souviens à quel point j’aimais photographier les gens.

La bonne nouvelle c’est qu’apparemment je vais pouvoir recommencer à le faire l’année prochaine !

Car oui c’est officiel, mon cœur est de nouveau ouvert à la beauté de l’autre. 😎

La misère en archive

Archive du lundi 12 juin 2006

Cher Francis,

       Depuis quelques temps à l’I.M.P nous avons un nouveau pensionnaire. Il est relativement discret puisqu’il ne fait que passer la nuit sur notre porche. Et oui il s’agit d’un SDF.

Notre institution a une longue histoire de collaboration avec la misère du monde, avant lui d’autres sans abris avaient profité de la relative hospitalité de cet espace couvert situé devant les portes de l’établissement. 

Le problème avec celui-ci c’est qu’il a le sommeil lourd. Comme dirait Fabrice avec son accent du sud : Quel sale con !  Et oui non seulement il est miséreux mais en plus il traîne devant nos portes tous les matins et souvent bien après l’arrivée des enfants. Ces derniers se sont habitué à lui très vite ce qui n’est pas le cas de l’équipe éducative. Je sais que pas mal de mes collègues rêvent de se payer une séance d’ultra violence genre orange mécanique en lui défonçant la gueule à coup de batte de base-ball. Notre homme d’entretien a été à deux doigts de se battre avec.

La réunion de demain abordera sans doute ce problème d’une façon ou d’une autre.

En attendant, pour ma part je ne sais rien de ce bonhomme sauf qu’il dort devant mon lieu de travail et que chaque matin lorsqu’il se réveille il se met à contempler d’un œil morne la ville qui elle aussi sort de sa léthargie. Je sais qu’il attend une place en C.H.R.S, qu’il n’est pas pressé d’y aller…

Et je sais surtout que le spectacle sans cesse renouvelé de sa déchéance nous mets tous très mal à l’aise car nous le savons tous, au fond il suffirait de très peu de choses dans nos vies bien réglées pour que nous nous retrouvions nous aussi exclus. 

Notre ancien directeur aurait sans doute été plus à même de l’aider que nous.

Et moi le grand penseur du travail social en formation, face à sa détresse je ne trouve qu’une chose à faire, lui dire un rapide bonjour en baissant les yeux et en passant mon chemin.

Au fond il me fait peur. En effet de tout le personnel de L’IMP je suis celui qui a le moins de pare-chocs sociaux donc le plus susceptible de partager son destin.

C’est affreusement égoïste mais la muette menace qu’il représente ajoutée au très mauvais climat de travail actuel font que j’aimerai qu’il disparaisse du jour au lendemain.

La misère devant sa porte c’est nettement moins fun qu’à la T.V…

Ah oui et un grand salut à mes collègues pour leur premier jour de stage, sachez que je pense très fort à vous tous. Vous me manquez. Courage mes amis….

Archive de première fois

Archive du lundi 29 mai 2006

Lundi 29 mai

Cher Francis,

       Après être rentré chez moi vers 18h00, après avoir rempli ma déclaration d’impôt et après avoir passé deux heures à préparer un plat japonais en grande quantité pour les trois prochains jours de répétition, je me retrouve devant un de mes claviers.

La journée a mal commencé, le retard de mon premier train m’a empêché de participer entièrement au travail de ce matin. Par contre j’ai découvert avec une joie enfantine le tram-train de Mulhouse.

Mes collègues faute d’avoir été prévenus (merci l’ISSM), pensaient que je m’étais perdu en cherchant la salle de spectacle. Au contraire grâce à ce moyen de locomotion je suis arrivé très vite et sans me tromper… Quand on a une langue et que l’on est poli on trouve toujours de l’aide.

Après avoir acheté mes billets de tram-train pour la semaine, je me suis dirigé avec une certaine impatience vers le quai où attendait une de ces grosses chenilles jaune et rouge. A l’intérieur un grand nombre d’autochtones avaient déjà pris place et surveillaient leurs pieds en tirant une tronche de cent pieds de long. Certains m’ont regardé lorsque je suis arrivé avec mes bagages et mon grand sourire de gamin tout excité. 

Et oui c’était la première fois que je prenais un tramway. 

Lors du démarrage de la bestiole je n’ai pu réprimer un petit gloussement de joie, les sensations à l’intérieur de ce véhicule sont bien particulières. Voyager en tram train est vraiment très agréable car ce bel appareil tout neuf et bariolé de couleurs chatoyantes évolue avec une grande souplesse en rasant le sol dans un silence si grand que l’on entend les soufflets neufs couiner lors des virages prononcés. Un vrai régal…

De plus un tel mode de transport est rapide sûr et peu polluant, il ne le serait pas du tout si l’électricité qui le mouvait ne venait pas d’une centrale à énergie nucléaire… Mais bon, dans le contexte actuel de disparition programmée des énergies fossiles, le pari un peu fou de doter une ville de taille moyenne d’un tel moyen de transport, s’avère à posteriori tout à fait judicieux et opportun. D’ailleurs comme le disais Blaise de plus en plus de villes en Europe font de même.

Et oui Francis, je crois que je vais encore garder un bon moment mon sourire de gamin émerveillé en face de ces belles chenilles. J’aime leur apparence, le bruit feutré qu’elles émettent et le son jovial de leur signal d’avertissement…

Tout gaga le lolo !!!

Un air connu…

Archive du vendredi premier mai 2009

   Il ne vous échappera pas qu’aujourd’hui 1er mai, les journaux sont absents pour cause de Fête du Travail.

C’est d’ailleurs le seul jour de l’année où la presse écrite fait défaut, et c’est une tradition… Malheureusement cette tradition ne s’est pas propagée aux autres médias.

A la télévision et sur Internet j’entends et je vois de pseudo journalistes faire des émissions ou des pages spéciales pour effrayer le bon peuple français. Un nouveau virus qui apparaît (encore un essai manqué de mère nature pour se débarrasser de nous)  et voilà  que partout on semble nous annoncer la fin du monde.

Comme pour la grippe aviaire les médias se dépêchent de trouver le nom bien commercial de « grippe porcine » puis le retirent face à la colère des éleveurs de porcs.

Là où je suis, dans la pièce du bas, j’entends la télévision et des annonces d’émissions aux titres provocateurs genre « la crise est-ce que ça va péter ? » Ils n’attendent que ça ces vautours de l’information, ils seraient même prêts à provoquer eux mêmes les événements si ils n’étaient pas contrôlés par le pouvoir en place. Leur rôle attribué en échange de la libre commercialisation de l’information, est de feindre l’indignation de façon tout juste suffisante pour justement habituer le bon peuple à le nouvelle réalité sociale et désamorcer ses envies de se rebeller.  Exemple : « Deux fois moins de monde aux manifestations du premier mai »  Traduction :  » Ben vous voyez, les français se sont résignés, alors faites comme tout le monde et acceptez ce qui vous arrive ou va vous arriver » Et bien sûr leurs « experts » répètent que ça ne va pas péter, ça ne peut pas péter  : « non, interdit, n’y pensez même pas, ce n’est pas encore le moment, ni maintenant ni après ! »

Heureusement il reste encore des journalistes avec une vraie éthique et un désir de traiter l’information autrement que comme une source de bénéfices. Reporters d’espoirs est une agence de presse qui s’est fait une spécialité de positiver : au lieu de relayer drames et catastrophes, elle traque toutes les initiatives pour trouver des solutions aux grands problèmes de la planète, avec tous ceux qui inventent des solutions nouvelles, en espérant que le lecteur aura envie d’agir à son tour.

Oui un autre monde est possible, fort possible même. Mais encore faut-il que le bon peuple accepte de changer au lieu de continuer à se vautrer dans la satisfaction apportée par sa soumission consentie.

Bloody Mary, encore…

Archive du Lundi 13 mars 2006

Cher Francis,

Je viens d’amener ma voiture au garage afin que les réparations soient faites. Il aura fallu plus de deux mois pour cela. Je me retrouve sans ma belle 309 GTI rouge, elle me manque déjà… Mais bon, le pire c’est que j’ai une voiture de prêt.

Alors Francis tu vas me dire pourquoi est-ce si dur pour moi de rouler pendant une semaine ou plus avec une voiture d’un modèle plus récent que la mienne?

Et bien tout d’abord au volant de cet engin sophistiqué confortable et insonorisé, je n’ai plus le même rapport à la route qu’avec ma vieille guimbarde. Tout est aseptisé, confortable. Cela devrait rendre ma conduite agréable cependant c’est l’inverse qui se produit; coupé des sensations habituelles ma conduite perd de son mordant d’autant plus que ce modèle 1.8 injection est une limace comparé à la nervosité de ma GTI.

D’autre part rouler dans un engin bardé d’électronique me stresse un peu vu que je ne fais pas confiance à ces appareillages qui eux aussi médiatisent mon rapport à la route.

Enfin, et là c’est le pire, mes proches me voyant conduire une voiture « moderne » me disent que je devrais acheter ce genre de voiture et ne plus rouler avec ma vieille 309. Ceux d’entre eux que je transporte habituellement vont prendre goût au confort de cette voiture moderne et vont multiplier les remarques pour tenter de me convaincre de bazarder ma chère Bloody Mary ( c’est le nom de ma 309 rouge comme une belle tomate un jour d’été et forte comme la vodka -bloody mary = cocktail vodka jus de tomate-).

Bien sûr ils perdent leur temps, il n’empêche que cela est désagréable d’entendre que l’on dénigre cette machine qui s’est montré plus fidèle à mon égard que la plupart des gens que je connais.

Et oui mon cher Francis, le problème avec le concept de modernité c’est que la plupart des personnes pensent qu’il se confond avec la nouveauté. C’est ainsi que pour moi ma vieille voiture qui roule depuis 1989 est moderne car adaptée à ma situation présente. En effet elle répond à mes besoins fiscaux, est fiable, se répare sans intervention de super ordinateurs chez un concessionnaire habilité et onéreux et enfin me procure un plaisir sans cesse renouvelé. 

Et comme disait Neil Young dans une de ses chansons: Long may we run !

Le soleil n’a pas finit de briller sur ma vieille complice.