Archive tragi-funeste

En septembre 2008 après avoir parlé chaque jour à Francis un interlocuteur imaginaire, j’avais décidé de m’affranchir de ce personnage et de passer à une autre formule de blog mais pour ça je devais bien sûr l’enterrer et faire son éloge funèbre.

Francis, né et mort pour le blog de Watanuki. Repose en Paix Francis !

Jeudi 25 septembre 2008

Cher Francis,

       Nous y voilà enfin. Cela fait aujourd’hui exactement trois ans que ce blog a été ouvert. C’était le dimanche 25 septembre 2005 à plus de minuit.

Quelques jours plus tard je te tirai du néant pour faire de toi mon interlocuteur privilégié. M’adresser à toi était une façon sympathique de parler pour nos visiteurs qui dans leur grande majorité sont des amis voire des proches.

En trois ans tu as tout découvert de moi, mes cotés sombres, mes coups de gueule digne d’un comptoir de bar, mes moments de détresse, de doute, de peur comme les plus beaux jours de ma vie ( L’obtention de mon diplôme d’état, l’arrivée de ma nouvelle vieille 309…).

Alors aujourd’hui pour fêter les trois ans de ce portail blog et son relatif succès, j’ai envie de te faire le plus beau cadeau qu’il soit possible de te faire, le plus beau don que l’on puisse faire par amitié, le don de la mort !

Aucune protestation ? Pas de dernière volonté ? Non ! Bien sûr tu es resté presque muet pendant trois ans donc ce n’est pas quelques instants avant de périr que tu vas commencer à l’ouvrir ! Et bien voilà à « 3 » tu n’existera plus que dans les archives !

1,

2,

3 !!!

Et oui ! vous ne rêvez pas ! A partir de demain mes messages ne commenceront plus par « cher Francis » mais auront un titre.

Cela faisait longtemps que je voulais libérer Francis et faire travailler mon imagination pour trouver des titres mais à chaque fois je trouvais une bonne raison de ne pas le faire. Je profite donc de cet anniversaire d’aujourd’hui pour le faire.

J’ai aussi changé quelques détails sur le portail, je voulais tout changer mais je n’ai rien trouvé de satisfaisant pour opérer une totale révolution. Je me suis donc contenté de supprimer la page « mes textes » et de réécrire ma biographie en l’actualisant un peu.

La rubrique « Itube » existe toujours mais en attendant de trouver un concept et les fonds pour acheter un caméscope ou appareil photo numérique, je ne ferai que reprendre des vidéos de You Tube pour vous les présenter chaque dimanche en expliquant mon choix.

Francis est mort, quelques convulsions post-mortem secouent encore sa carcasse numérique… Repose en paix vieil ami et vive le blog de Watanuki !

Archive acqueuse

Vendredi 18 septembre 2009

Histoire d’eaux

J’en avais déjà entendu parler et je caressai l’espoir un peu fou de tenter moi aussi un jour cette expérience. j’étais cependant bien loin de penser que ma première fois allait avoir lieu dans cet hôtel de Saône et Loire et pourtant elles étaient bien là à m’attendre dans une vitrine. Comme le montre la photo je veux bien sûr parler des bouteilles d’eau de luxe. (rien d’autre, hélas)

Ces précieux flacons de contenance très variable et ne dépassant jamais les 75cl, viennent du monde entier avec tout de même une nette domination des pays du nord. Les prix sont ridiculement injustifiés; le pire étant la bouteille « bling » en photo au centre vendue au restaurant 45 euros les 60cl !

En ce qui me concerne j’ai gouté puis savouré une eau minérale gazeuse venue de Finlande, une bouteille à 12 euros qui m’a permis de comprendre ce qu’est vraiment une eau minérale de haute qualité et à en apprécier la saveur. J’avais déjà découvert la saveur de l’eau minérale Carola servie en bouteille de verre, c’est à dire sans le goût très discret mais identifiable du plastique, mais là, l’écart s’est encore creusé.

Car oui une eau est et reste de l’eau mais comparé à la San Pelegrino qui accompagne mon régime, cette bouteille avait un arôme tout à fait différent. C’est en remarquant cela et en me surprenant pour la première fois à découvrir les saveurs de l’eau que j’ai réalisé que les bars à eau ne sont pas forcément des aberrations et que j’avais envie de retenter l’expérience.

Entre les exigences de mon régime et ma curiosité naturelle, je crois avoir trouvé là un nouveau centre d’intérêt. Mais je ferai attention à ne pas dépenser trop d’argent dans cette petite quête, juste de quoi étancher ma curiosité et accessoirement ma soif!

Archive du petit désastre

Continuez comme ça ! Et bien non hélas…Pourquoi ? Et bien parce que hier 11 septembre j’ai vraiment fait n’importe quoi… J’ai oublié de publier sur mon blog comme je l’ai fait chaque jour depuis 699 jours ! Moi qui comptait atteindre mille jours de publications ininterrompues pour voir si cela allait avoir un impact et bien c’est grillé. 😥

Alors un grand merci à Fred qui m’a rappelé au pub à 21h00 alors que j’allais rentrer chez moi pour écrire le billet du vendredi 11 septembre. Je suis rentré chez moi à 2h24 après une soirée (nuit) hélas trop sympa. 😆

Au final pas besoin de se mentir, ce plantage c’est mon échec, ma faute et au bout du compte je m’en fiche un peu… Donc passons… Dimanche j’aurai droit à la mention « bravo vous avez publié depuis deux jours »… 🙄

Archive du vendredi 11 septembre 2009

Le chiffre du jour


Le chiffre du jour est 98, ce chiffre c’est mon poids mesuré aujourd’hui tout habillé chez mon médecin qui surveille mon régime.

Mine de rien, vu que j’étais parti à 125, c’est plus de 27 kilos que j’ai perdu depuis mars. je n’ai plus faim, plus d’envie de manger des choses sucrées et quand je remange normalement, je ne regagne pas les kilos.

Mon poids est donc stabilisé et ma santé un peu améliorée. je ne sais pas ce que cela aura pour conséquence sur mon espérance de vie et je ne cherche pas à la savoir.

Par contre je dois encore perdre trois kilos d’ici un mois et je ne sais pas si je vais y arriver. Bien que je n’ai pas très faim, le manque de nourriture provoque en moi une grande fatigue.

Tout ça pour vivre encore un peu plus longtemps sur cette boule de boue à l’agonie…

Archive aviaire

Archive du mardi 4 septembre 2007

Cher Francis,       
Aujourd’hui en rentrant chez moi mon regard a été attiré par une boule de plume posée devant la porte fenêtre de ma maison. Après avoir garé ma brave Toshiyuki dans l’allée du garage je me suis approché pour découvrir un magnifique petit oiseau. Constatant la posture assise du volatile je compris qu’il n’était pas mort mais qu’il s’était payé le double vitrage en plein vol.
Je décidai de lui venir en aide avant que mon siamois ne s’occupe de lui.
Après avoir constaté l’absence de fractures et le fait que la bestiole semblait revenir à elle après son choc, je décidai de l’emmener dehors sur mon grand prunier seul arbre restant inaccessible à mon chat.
En le posant sur la plus haute branche mon petit ami à plumes m’a gratifié d’un joli spectacle de grimpette à la verticale. En ce moment je pense qu’il doit avoir repris ses forces et son vol.
Ah oui le nom, c’est vrai on veut toujours savoir ce genre de détails… Et bien il s’agissait d’une sittelle torchepot; un petit passereau à la queue courte et carrée qui a une incroyable facilité pour descendre des arbres la tête en bas.
Le nom « torchepot » provient du fait qu’elle réduit les entrées des cavités qu’elle utilise pour faire ses nids à l’aide de terre leur donnant un aspect de poterie…

Une petite aventure qui fait toujours un joli souvenir…

13 ans plus tard après une rentrée difficile, ça fait pas mal de bien de relire ce genre de petit instant de bonheur préservé dans mes archives et si vous trouvez vous aussi cela agréable et bien du coup c’est encore mieux ! 😎

Archive de rentrée

Archive du lundi 28 août 2006

Cher Francis,

       Je viens de passer une bonne journée. J’ai redécouvert que l’une des choses agréable du travail réside dans le fait de pouvoir côtoyer d’autres personnes et parfois passer de bons moments conviviaux.

Pour la première fois depuis que je travaille j’ai été heureux de reprendre le collier. Je n’ai que de bonnes nouvelles et de bonnes choses à te raconter sur cette nouvelle année qui s’annonce très prometteuse.

Cependant ce n’est pas vraiment la vocation de cet espace d’expression dont j’essaie de varier les sujets. Je t’évoquerai donc ce qui se passe autour de mon travail de façon très occasionnelle, sauf si l’actualité m’en empêche…

Pour ce soir j’arrête ici, je suis mort de fatigue.

14 ans plus tard je viens de passer la pire rentrée de toute ma vie. La menace de la COVID-19 n’en est que très partiellement la cause car c’est en fait un autre genre de virus qui a dévoré les entrailles de ce lieu où il y a deux ans encore je me sentais très bien. La petite structure familiale et chaleureuse s’est mutée en monstre froid où le niveau de communication entre les personnes est devenu inversement proportionnel au nombre de professionnelles (que des femmes) qui sillonnent les couloirs. Et moi dans tous ça restant moi-même, je souffre le martyr car je ne peux plus délirer ni même plaisanter.

Alors entre ce climat austère et le poids des années qui commencent à peser sur ma carcasse, je me demande comment je vais faire pour atteindre la retraite si les maladies et les accidents ne me tuent pas avant..

Et bien sans doute en comprenant que mon lieu de travail n’est plus que ça, un lieu de travail où j’aurai des rapports distants et limités avec mes collègues, où je fermerai ma gueule en réunion vu que de toute façon je serai forcément contredit.

Fini l’argent mis dans mon travail, je garde mes sous, je fais mon travail sans plus et je ne lance plus de projets ambitieux.

Et du coup pour m’épanouir et bien je chercherai ailleurs. Reste à savoir où. La musique me semble une bonne option mais je dois me reprendre car là je suis en baisse de motivations. Normal, après tous ces changements parfois difficiles se retrouver en pleine crise face à une mutation aussi profonde que déshumanisante ça a de quoi casser le moral du plus résilient des travailleurs sociaux. 🙄

Archive photo

Archive du Jeudi 21 Août 2008

Cher Francis,  Aujourd’hui de retour une fois de plus de la boutique de mon photographe de plage, je te propose cette photo noir et blanc que j’ai prise sur la plage il y a trois jours.

Canon AE1 Program, Ilford FP4, FD 135 mm vitesse 250/1000, ouverture de 8.

Un peu d’amour et de tendresse dans ce monde de violences et de mensonges.

Douze années plus tard, cette photo continue de m’interpeller, je l’avais oubliée et le fait de la retrouver comme étant dans mes archives, le seul sujet d’intérêt d’un 21 août est un hasard troublant. Quoique le hasard vous savez ce que j’en pense c’est écrit en japonais sur la bannière de mon blog.. (Au passage code hexa : 07754d)

A l’époque je faisais beaucoup de 35mm et je m’étais mis en tête de photographier discrètement les gens sur la plage. Mon regard avait été attiré par cette scène somme toute banale quoique emprunte de tendresse mais ce n’est que plus tard que j’ai compris pourquoi. L’espace vide, le regard du garçon qui semble chercher quelqu’un.

Et oui nous sommes encore dans une photo bien symbolique sur l’absence du père, en résumé une photo qui vient encore interroger mon histoire personnelle.

Souvenirs de pêche

Lundi 14 août 2006

Cher Francis,

       Le vent est enfin tombé, le vent de terre soufflant vers la mer s’est apaisé et laisse sa place au vent de mer qui commence à souffler.

Après deux semaines d’attente, je peux enfin sortir mon matériel de pêche.

Bien entendu, malgré mon inspection d’avant le départ, je me rend compte que mes cannes sont abîmées et que mon moulinet est mal préparé. le problème c’est que je m’en rend compte sur le rocher.

J’improvise quelques réparations de fortune sous les yeux intrigués d’une bande de bedeaux qui s’arrêtent sur le quai pour me regarder pêcher. Les réparations ne tiennent pas plus d’une heure et moi je suis à deux doigts de balancer mon matériel à l’eau afin de donner un exutoire à toute cette frustration qui m’envahit. Mais je reste là, gérant mon impuissance à contrôler la situation tout en faisant face aux regards des autres pécheurs et de la demi douzaine de personnes qui se trouve toujours derrière moi. Peut être attendent-ils que je fende le chenal en deux comme Moïse… 

D’autres pêcheurs arrivent et lancent leurs bouchons quasiment sur le mien si bien que les lignes s’emmêlent. A gauche comme à droite mon rayon d’action se réduit alors que les difficultés techniques se multiplient. Mon moulinet bloque le fil, la petite boule d’arrêt du bouchon ne reste pas à sa place et envoie mon hameçon racler le fond de l’eau.

Malgré tout cela je réussis de temps à autres à effectuer un lancer correct et là ce sont les chalutiers qui arrivent m’obligeant à relever ma ligne pour ne pas risquer d’emmêler mon fil dans leurs hélices. 

Puis enfin je me retrouve avec une pelote inextricable de nylon dans les mains créée par mon moulinet et mes nerfs défaillants. 

Là je n’y puis plus, je tape l’eau avec ma canne d’un grand coup rageur avant de replier le matériel pour rentrer.

Bilan de la journée: 5 euros de vers qui n’auront servi qu’à m’énerver pendant deux heures et demi et tout cela pour deux touches…

Mais tu le sais bien Francis, je suis obstiné j’y retournerai donc demain. En attendant je vais plonger dans la mer qui commence à faire des jolies vagues bien sympathiques…

En relisant tout ça 14 ans plus tard, je trouve la scène presque comique, non ouvertement comique.

Quelques années plus tard, je laissais tomber la pêche comprenant que cette activité se résumait à jeter de l’argent dans l’eau et surtout en remarquant la ratification des poissons dans le chenal et sans doute ailleurs. Alors entre participer à un massacre écologique (tuer des poissons et polluer avec mes maladresses) et gaspiller mon argent, j’ai tout laissé tomber pour passer plus de temps dans l’eau.

Comme j’aimerai y être dans cette eau bien fraiche… La mer me manque et je me demande si je la reverrai un jour. 😥

Archive estivale

Il y a 14 ans je passais donc mon été en bord de mer, un mois complet et chaque soir je supportais ou je participais aux animations proposées. Parmi elles il y avait la caravane publicitaire de la française des jeux, une grosse machine à faire du fric en vendant des illusions. Je m’étais donc défoulé sur cet envahisseur…

Archive du lundi 7 août 2006

Cher Francis,

       Ce matin il ne reste plus beaucoup de traces du passage de la caravane publicitaire de la française des jeux. Quelques affiches oubliées, des prospectus et des grilles perdantes jetées négligemment par terre par des personnes désabusées…

Je dois te dire que je me suis rendu au spectacle de la veille. J’espérais gagner quelque chose vu que j’avais ramassé une bonne dizaine de bulletins. Je rêvais même de me voir attribuer une télévision afin de remplacer celle de ma chambre qui m’a lâché avant de partir en vacances…

J’avais quelques espoirs mais je n’y croyais pas vraiment, je pronosticais même que le grand prix irait à des parisiens. Cependant avant de découvrir que j’avais raison j’ai du supporter le spectacle de la française des jeux et là vraiment il y a de quoi dire…

L’année dernière la soirée s’articulait autour d’un show biscornu s’inspirant vaguement des quatre éléments. Cet été par contre le but affiché était clairement de faire de la publicité pour le loto ainsi que pour les partenaires de la tournée en intercalant des spots d pub sur écran géant entre chaque numéro.

Les numéros parlons-en… Le concours du meilleur animateur gagné par un mec du coin qui assurait pas trop mal, le concours de chanteur gagné, et là c’est une bonne surprise, par le jeune franco chinois Chang dont je te parlais hier, et enfin un spectacle mettant en scène trois personnages imaginaires qui devine, gagnaient au loto et réalisaient leurs rêves…

C’est à ce stade du spectacle que j’ai pris conscience des clichés accumulés dans ces tableaux sordides. Des lieux communs balancés avec tant d’assurance à la tête du public que l’ensemble créait une très forte violence symbolique.

Alors dans le détail il y avait le premier personnage, un Karim de la banlieue qui fait du rap dans sa cave et qui avec le pognon monte son club privé et se fait aduler par tous. Une autre abrutie, mère de famille sans travail qui avec le pognon devient une star à Hollywood et enfin un troisième larron sûrement le plus méprisable, un informaticien qui claque le pognon pour faire des voyages « culturels » avant de faire une opération humanitaire en Afrique. Démagogie, bons sentiments de bas étage, tout pour plaire à la foule qui ne remarquait que la forme du spectacle certes fort réussi sur ce point, sans prendre conscience de la stupidité mercantile du message publicitaire ainsi véhiculé.

Un tel spectacle en banlieue aurait de quoi déclencher de vraies émeutes vu la force de la violence symbolique qu’il porte en lui.

Le but est bien sûr de faire rêver la foule d’une vie meilleure et de lui faire croire qu’en jouant au loto cela est possible, les trois personnages représentent sans doute trois cibles  visées par les cadres commerciaux de la française des jeux car peut-être que pour eux le produit « loto » peine à fonctionner…

Des manipulations publicitaires nous en recevons chaque jour et partout mais pour ma part c’est la première fois que j’en vois de si insultantes pour l’intelligence humaine. Le dieu argent y est vénéré en maître absolu vu qu’il a le pouvoir de réaliser tous les rêves à commencer par celui qu’ont en commun ces trois caricatures humaines, celui de devenir célèbre.

Quel beau message pour les jeunes venus assister en masse au spectacle

Ainsi en résumé j’ai assisté à un joli spot publicitaire de près de trois heures qui par des biais multiples raconte et affirme que dans la vie seul l’argent et la célébrité qu’il procure compte, et que bien sûr pour avoir un gros paquet de pognon il existe un moyen simple qui est le loto… Super…

Et j’ai du endurer tout ça pour me rendre compte à la fin de cette insulte gigantesque au genre humain que je n’avais aucune chance de gagner quoique ce soit et que comme prévu la TV a écran plat allait être gagnée par des parisiens…

Seule consolation, la pétasse d’office, oui tu sais la « célébrité » baladée par la caravane publicitaire a eu un accueil très mitigée en présentant une chanson de son premier album…

Resterait-il un espoir? Je ne crois pas, car pour regarder cette merde démagogique, plus de 15 000 personnes s’étaient rassemblées sur le front de mer, la promesse de cadeaux n’explique pas tout…

Et moi dans tout ça ? Moi aussi j’ai cru un instant à ma chance et j’ai été attiré dans ce piège grossier, mais je pense avoir gardé ma lucidité, ce que je viens de te raconter en est, je l’espère, le gage… 

Guignol en archive

Archive du lundi 31 juillet 2006

Cher Francis,

       La quiétude de cette fin d’après-midi au bord de mer est troublée aujourd’hui par une camionnette qui sillonne les rues flanquée d’une pancarte peinte à la main sur laquelle on reconnaît sans trop de peine des personnages incontournables du patrimoine culturel français.

Pour ceux qui auraient passé les derniers siècles sur une planète en dehors du système solaire, ce sont les commentaires aussi redondants que dithyrambiques du conducteur de l’engin publicitaire qui viennent les informer:

Guignol est de retour dans un nouveau spectacle « La rose magique » Venez toussss voirrrrrrrrr ceuuuuu fabuleuuuuu speKtacleu ce soirrrr devan l’officeu du tourismeu !!!

Non, ce n’étaient pas des fautes de frappe mais une tentative de retranscription phonétique de cet accent si particulier…

Je ne suis pas un spécialiste des spectacles de marionnettes mais ce que je sais par contre c’est que si ce genre de spectacle a traversé les siècles jusqu’à arriver à notre époque, c’est parce qu’il offrait beaucoup plus qu’un divertissement.

A ce titre, l’exemple de Guignol illustre parfaitement mon propos. Ces spectacles avec leurs personnages récurrents où le héros se moque des gendarmes qu’il va jusqu’à bastonner (étymologiquement, taper avec un bâton) aura servi à travers les ages d’exutoire aux foules souffrant des excès sécuritaires voire totalitaires de leurs gouvernements. Cette catharsis collective s’opérait alors à travers l’art subtil de la satyre. Ce spectacle populaire était alors bien plus qu’un amusement destiné aux enfants, ce qui expliquait en partie le nombre d’adultes présents aux représentations.

La camionnette de Guignol a enfin terminé sa campagne publicitaire. Alors que dans les rues le silence retombe à peine troublé par les rafales de vents soulevant de ci de là, quelques feuilles mortes ainsi que par le tintement des couverts en inox dans les assiettes en verre, je m’interroge sur ce qu’est devenu la tradition de Guignol dans notre pays.

Bien sûr il y a les guignols de l’info de la télévision qui bien souvent vont plus loin que le comique satyrique pour poser de vrais débats de fond, mais qu’en est-il du spectacle de marionnettes du genre de celui qui va débuter dans quelques instants ? J’imagine mal Guignol protéger ses amis Mohamed et Mnemdbé contre les foudres d’un gendarmes ressemblant à Sarko.

Je ne crois pas que le spectacle de ce soir sera ainsi fait, c’est sans doute pour cela que je ne vais pas aller le regarder.

Guignol sans le coté satyrique vis à vis de la politique et du social n’est plus qu’un show pour enfants dont l’un des seuls mérites est de faire perdurer l’art du spectacle de marionnettes. 

Alors que faire ce soir ? 

Et si je poussais la luxure et la dépravation jusqu’à ne rien faire justement ?

Quelques étés plus tard, le guignol du bord de mer finissait de se déshonorer en pillant allégrement les franchises Disney Et Pixar pour mettre sur pied des spectacles du type Guignol et la reine des neiges.  🙄

Ceci écrit je comprends qu’il faut que ces personnes fassent vivre leurs familles dans une région où l’économie est tout sauf florissante surtout hors période estivale, mais bon ça laisse un peu amer tout de même. J’en viendrais presque à regretter ce guignol apolitique d’il y a 14 ans. 😆

Par contre piller les franchises sans redonner un centime aux majors étasuniennes alors ça c’est culotté ! 😈

Archives de vœux pieux

Mardi 24 juillet 2007

Cher Francis,

Tout à l’heure en branchant MSN pour avoir mon courrier, j’ai vu que mon frère était en ligne, le voilà revenu d’une escapade de quelque jour. Il était parti une fois de plus dans le pays de nos ancêtres coté maternel, l’Ukraine.

Il y a un peu plus de dix ans, notre famille découvrait avec stupeur que nous avions toute une branche de cousins en Ukraine, des enfants du frère de mon grand père maternel qui avait fuit le pays lors de la révolution de 1921. Par la suite, nous nous sommes rencontrés et nous avons même hébergé une de mes cousines pendant trois mois. 

Depuis les liens se sont un peu relâchés, ma cousine n’a pas pu rester en France pour y faire sa vie faute d’avoir obtenu un permis de travail, et le reste de ma famille d’Ukraine a continué a avancer sur le chemin de la vie… Mariage, naissances, divorces… C’est ainsi que l’arrivée de l’Internet fiable et à haut débit en Ukraine n’a pas modifié nos rapports qui restent rares et distants.

C’est dans ce contexte que mon frère m’informe qu’il a rencontré ma cousine à Kiev et qu’elle m’a adressé un vidéo message enregistré sur son caméscope. Je connais déjà la teneur du dît message : « Regarde je suis mariée, j’ai un travail et un bébé qui va naître ! et toi cousin Laurent qu’est-ce que tu attends pour prendre en main ta vie ? « 

       Il paraît qu’elle me propose même de rencontrer ses copines, des braves ukrainiennes qui je le sais, ne cherchent qu’une chose : Trouver un occidental pour se marier avec et le laisser après avoir obtenu une nationalité européenne. Très peu pour moi, merci !

J’ai beau grogner contre les mises en boite perpétuelles de ma chère cousine, je dois avouer qu’elle me manque et que j’aimerai la revoir ainsi que le reste de notre famille tout là bas à Donetsk.

Mais au fait! J’ai mon D.E ! et des vacances calquées sur celles des enfants !

Voilà donc encore une chose a ajouter sur ma liste de projets; retourner une fois de plus au pays.

13 ans plus tard, pas besoin de dire que ce projet ne s’est jamais réalisé et que je n’ai plus de nouvelles de ma famille d’Ukraine. Cependant en considérant les nouveaux ennuis qui me tombent dessus c’est bien le dernier de mes soucis. 😦