Funeste archive

Archive du dimanche 14 janvier 2007

Cher Francis,

       C’est vers midi le samedi 13 janvier que s’est éteinte la doyenne du plateau à un age très respectable de 103 ans. Dans ma campagne nous avons encore des rites funéraires plein de sens, c’est donc par devoir et par conviction que j’ai participé une fois de plus au cérémonial de bénédiction des défunts. Chez nous à la campagne les morts restent dans leurs demeurent et y sont exposés jusqu’au jour de l’enterrement pour que chacun puisse venir leur rendre un dernier hommage.

Je suis donc allé avec ma mère dans la maison de Joseph afin de lui présenter à lui et à sa femme, mes condoléances pour la mort de sa maman que je connaissais aussi. La coutume liée au respect des morts et des vivants en deuil, veut que l’on ne sonne pas à la porte. Une fois entré j’ai donc rencontré brièvement le couple endeuillé que je connais bien de par sa participation active à la vie associative du plateau, puis je me suis rendu guidé par une voisine dans le salon transformé pour l’occasion en chambre d’exposition de la défunte.

Au moment d’entrer dans la pièce j’étais suivi par un couple et une jeune adolescente venus de Haute Saône. Arrivé sur le seuil de la petite pièce je fus aussi surpris que la jeune fille.

La défunte était là, étendue paisiblement sur un lit d’une place. Elle était habillée avec une robe bleue et une chemise au style ancien avec de gros boutons. Un drap brodé  la recouvrait jusqu’à la ceinture. Ses mains blanches étaient nouées d’une façon étrange, ses longs doigts dont la pâleur se confondait avec celle des ongles prenaient des angles improbables comme s’ils étaient en caoutchouc. Sur la visage de la défunte certes un peu tiré se lisait une paix intense.

Après avoir signé la défunte avec un rameau de buis trempé dans l’eau bénite, j’attendais en silence que ma mère finisse de discuter avec une proche parente de la maison. Ces dix minutes devinrent pour moi une éternité alors que je contemplais le visage de la mort qui une fois de plus apparaissait devant moi.

Ces instants de méditation et de recueillement ont été pour moi une source de sérénité absolue. Il est bon parfois d’être confronté à la mort afin de se rendre compte de la vacuité profonde de nos ambitions terrestres. Je pensais aussi très fort à cette grand mère que j’avais visité il n’y a pas si longtemps et qui avait encore toute sa tête. J’imaginais les tonnes de savoirs qui venaient de disparaître avec son décès, je pensais à ceux qui autour d’elle sont dans la peine.

Et puis j’ai quitté la pièce en disant « au revoir » à la mort.

Ce rite est le dernier rite de passage, celui où l’on dit adieu à une existence humaine. Là encore son sens profond n’est pas individuel mais collectif. Il créé une ambiance chaleureuse autour des personnes endeuillées qui évitent ainsi de se retrouver seules et il rappelle à l’ensemble de la communauté que la mort existe et qu’il faut apprendre à l’accepter.

Prendre le temps de s’arrêter et de réfléchir à la mort qui est devenue un des grands tabous de notre société moderne, voilà quelque chose de précieux de rare et de censé. Ce rite loin d’être une épreuve est une expérience paisible où l’on se rend compte en les consolant de l’importance que l’on a pour ceux qui sont dans la peine, et où l’on se réconcilie avec notre propre mortalité. Tout cela en faisant mémoire d’une personne qui nous quitte.

Alors au revoir Zoé… Tu nous manques déjà.

Archives de stagiaires

Archive du lundi 7 janvier 2008

Cher Francis,

       Ce que j’aime dans mon travail c’est que je ne sais jamais ce qui va me tomber dessus. Ce matin par exemple je me suis retrouvé avec un stagiaire en plus de la jeune fille qui m’avait été confiée. Je dois donc accompagner et me faire suivre dans mon travail par deux personnes.

L’une est une charmante jeune fille, (vivement le printemps) et l’autre est un homme de la quarantaine aux cheveux grisonnants tatoué de partout. J’ai donc passé une partie de la matinée à rigoler face à cette situation ubuesque. En effet imagine toi ton serviteur suivi dans tout l’établissement par deux personnes comme un cadre assisté de deux secrétaires… 

Le plus drôle reste à faire, comment en effet vais-je m’organiser pour caser ce bonhomme? à qui vais-je le fourguer?

Me voici devenu trafiquant de stagiaires !

14 ans plus tard je continue d’accueillir jusqu’à deux stagiaires par an mais lorsque je regarde la photo de Marion, je me souviens qu’elle restera pour moi la meilleure stagiaire. L’homme, dont je ne me souviens même pas du nom, était une vraie calamité, il ne voulait qu’observer et refusait de participer au travail d’accompagnement ! Bref, beaucoup d’autres stagiaires sont passé(e)s auprès de moi avec leurs limites et leurs atouts, mais jamais je n’ai retrouvé le niveau de compétence et de bienveillance de Marion. Un jour prochain peut-être ? 🙄

Archive de fin d’année

Archive du dimanche 31 décembre 2006

Dimanche 31 décembre

Cher Francis,

       Bon, et bien nous y voilà c’est le dernier jour de l’année. Comme pas mal de gens je pense que tu te prépares à célébrer ça en réveillonnant ou en dansant voire en faisant les deux dans un restaurant ou une salle des fêtes. Moi je serai seul avec ma mère comme chaque année.

Pourtant je ne dis pas ça en faisant mon « Calimero » comme le disent certaines personnes, mais avec un profond désintérêt pour cette fête qui contrairement à Noël n’a toujours pas trouvé de sens à mes yeux.

L’homme est un animal infecté par plusieurs maladies qui s’expliquent en partie par le fait qu’il se soit coupé partiellement de la nature.  L’une de ses infections est la fonction symbolique, le fait de mettre un sens derrière ses actions pour les justifier, pour se rassurer devant une épreuve ou tout simplement peut être devant la vacuité de son existence. 

Le changement de date est aussi un changement qui est par nature très anxiogène car il porte en lui la mort de quelque chose que l’on connaissait et l’arrivée d’une chose nouvelle que l’on craint car elle porte en elle une grande part d’inconnu. La preuve, le jour de l’an est une fête souvent célébrée entre amis… S’entourer de proches est une façon comme une autre de se rassurer. Je me rappelle à ce titre des craintes autour du passage à l’an 2000, de grandes peurs qui ne se limitaient pas au fameux « bogue ».

Alors bien souvent pour contrebalancer cette peur nous cherchons à multiplier les plaisirs immédiats plutôt que de tenter de mettre du symbolique derrière ce changement de date, voire en faire un vrai rite de passage. Il y a bien une mort symbolique mais ce n’est que celle d’une date donc ça ne tient pas debout. Alors cette année j’ai eu envie de chercher un autre sens et comme d’habitude je me suis tourné vers les pratiques asiatiques, plus précisément japonaises. 

Au Japon la saint Sylvestre est le jour d’une tradition très particulière: « l’Osoji » (« Grand Ménage »). Cette pratique que l’on connaît tous chez nous comme « ménage de Printemps » a lieu là bas à la fin décembre. Les japonais étant très respectueux envers les traditions, ils se voient obliger de faire ce grand ménage avec sérieux. Cette tradition consiste a évacuer toutes les mauvaises ondes, les mauvais esprits renfermes durant cette année, afin de commencer une nouvelle année propre, sans parasite ni autre mauvaise augure. Le jour de l’an est aussi un moment très important avec un repas de famille très spécial et les prières pour la nouvelle année au temple…

Mais je ne suis ni japonais ni shintoïste!!! Alors quel sens donner à cette fête ?

Les bonnes résolutions ? Non! Je ne les tiens jamais !!!

Il ne me reste donc plus qu’a poser un geste symbolique qui consistera à veiller toute la nuit pour sortir au petit jour et me rendre dans un endroit voir le soleil se lever sur le premier jour de l’an 2007… Ainsi je n’aurai qu’une part du rite de passage, son déroulement cérémonial, il me restera encore à trouver ce qui en fait un vrai rite c’est à dire le sens… Bon ben j’y planche pour 2008 ?

13 ans plus tard les choses n’ont pas changé et je suis toujours à la recherche de personnes pour vivre la fin de l’année en y mettant un sens autre qu’une séance de dipsomanie collective. J’aimerai avoir des amis orientaux et/ou shintoïstes avec qui partager ces instants et au delà de cela j’aimerai avoir plus d’amis tout court. Mais bon, aujourd’hui ma mère va très bien, elle bricole un peu dans la maison chose qu’elle n’avait pas fait depuis des mois, je vais donc cesser de me plaindre. Je suis donc heureux et rassuré. En plus de ça, ce dernier jour de l’an est marqué par un grand soleil. Bref je vais peut-être avoir assez de zénitude en moi pour attendre le lever du soleil demain matin ? Si le ciel reste dégagé cela fera une belle photo pour ce premier samedi de 2022.

Archive inutile

Archive du lundi 24 décembre 2007

Cher Francis,

   Nous avons tous en nous des tendances masochistes qui sommeillent. Les miennes se sont exprimées aujourd’hui à travers un caprice pulsionnel. En effet, va savoir pourquoi j’ai subitement décidé d’aller au supermarché la veille de Noël.  

Contrairement à des dizaines de personnes qui se précipitaient dans les rayons pour combler un oubli, je traînais dans les allées du centre commercial sans but réel. Je me suis mis à photographier quelques clients d’allure comique ainsi que des affiches du magasin concernant des rappels de produits. Et là il n’y a pas de quoi rire, bien au contraire.

Un porte bébé est rappelé car il est susceptible de se renverser en laissant tomber le nourrisson à terre, un saucisson bas de gamme est infecté par des bactéries de la listériose (voir photo ci contre), une chaise pliante mal conçue risque de sectionner les doigts… A ce petit musé des horreurs s’ajoute bien sûr les rappels toujours en vigueur de nos amis de chez Mattel. L’affaire est relativement ancienne. Cependant, les affiches de demande de retour des produits sont encore là. Cela semble indiquer que les jouets vendus en magasin n’ont pas tous été rendus par les clients. Cela n’est-il dû qu’à un manque d’information ?

Ce qui me surprend c’est la banalisation des accidents liés au manque de qualité de la production. Plus personne ne s’émeut de découvrir que tel ou tel produit est dangereux. D’un autre coté personne ne s’étonne non plus de l’ampleur des fraudes anti-concurrentielles commises par les grandes enseignes désireuses d’augmenter leurs marges bénéficiaires. Cet Intermarché ne cesse d’afficher de tels rappels de produits. Je ne sais pas si je dois trouver cela positif en retenant qu’il ne cherche pas à cacher les choses ou inquiétant en interprétant la récurrence du phénomène comme un signe ostentatoire du choix de mauvais produits. Il est ainsi facile d’imaginer que cette grande surface, comme d’autres, soit prête à mettre en jeu la sécurité de ses clients en leur vendant de mauvais produits sur lesquels elle créé une bonne marge bénéficiaire. Le consommateur est donc condamné à se laisser escroquer, empoisonné, mutilé… Et le pire c’est qu’il semble s’en moquer complètement. 

C’est en effet l’impression que j’en ai en voyant que peu de gens prennent le temps de lire les affiches de rappel et que ceux qui le font ne réagissent pas. Même si ils ne sont pas concernés, je trouve que de tels informations appellent quelques commentaires ! Coté Médias on attend bien sûr que de tels « petits défauts de productions » produisent des morts pour que l’information devienne vendable entre deux publicités. Quand aux associations de consommateurs, elles évitent en général de s’engager complètement sur le terrain glissant et miné de la sécurité réelle des produits et préfèrent la plupart du temps comparer leurs qualités et leurs prix.

Mais bon, en restant vigilant et si la chance te souris un peu, tu survivras au saucisson empoisonné.  Si par ailleurs tes doigts ne sont pas sectionnés, si tes enfants ne meurent pas après avoir avalé des aimants de jouets Barbie ou en tombant d’un porte-bébé bancal, j’oserai tout de même, en bout de course, te souhaiter hypocritement un bon Noël.

Archive judiciaire

Archive du lundi 17 décembre 2007

Cher Francis,

       Ce matin je n’étais pas tranquille, j’ai donc demandé à mon chef de service de m’accompagner au tribunal. Le voici de dos sur la photo ci-contre en train d’essayer pour la cinquième fois de passer le portique du détecteur de métaux… Quelques instants de rigolade avant la suite, nettement moins marrante.

Après avoir attendu une dizaine de minutes, la juge nous fait entrer. « Nous » c’est la mère, l’enfant et les quatre professionnels accompagnant la petite fille dans divers cadres. Nous prenons place sur des chaises disposées en arc de cercle devant l’immense bureau de la juge, une très élégante trentenaire avec un charme indéniable.

Le bureau de la juge des enfants est un endroit étrange où les épais et austères dossiers côtoient des jouets négligemment rangés dans un coin de la pièce. Dans un grand meuble en bois laqué se pavanent les éditions récentes des différents codes juridiques. Je les contemplais avec nostalgie en me rappelant de l’époque pas si lointaine, où je passais des heures à travailler avec ces fascicules.

Soudain ma mélancolie fut interrompue par la voix sèche et sévère du magistrat. Sans plus de formalités elle commença à expliquer le pourquoi de l’audience. Il s’agissait de déterminer au terme des six mois d’une ordonnance de placement provisoire si l’enfant devait être ou non rendu à sa mère. 

La juge commença par interroger la mère pour lui demander son avis. D’une voix peu assurée elle répondit

– « Je veux qu’elle revienne »

Cette maman aussi démunie qu’angoissée ressemblait à une petite fille apeurée devant une maîtresse d’école lui reprochant de ne pas avoir appris sa leçon. A coté d’elle sa gamine la regardait avec étonnement  tout en balançant ses jambes.

Puis la juge commença à lire les différents rapports puis à interroger les professionnels devant elle. Quand mon tour arriva, je fus interrogé sur les progrès de l’enfant et sur l’opportunité d’un placement en internat. Je n’eus aucun mal à m’exprimer, mon chef de service me félicita d’ailleurs pour ma prestation.

Puis la décision tomba sans formalités, sans coup de marteau, sans tournure rituelle du genre  « Au vu de…. » 

La mesure de placement était prolongée et étendue à la petite sœur de l’enfant.

Étudier la protection de l’enfance en cours c’est passionnant, mais être témoin actif du fonctionnement impitoyable de l’appareil judiciaire est loin d’être exaltant. J’ai beau me dire que c’est pour le bien de l’enfant, il m’est difficile accepter le fait que ce soir une maman va devoir remettre son bébé de 5 mois à un travailleur social afin qu’il soit emmené dans une famille d’accueil d’urgence.

Maintenant je vais devoir expliquer cela à sa grande sœur…

14 ans plus tard, je ne me souviens même plus de quel enfant il s’agissait. je n’ai non jamais retravaillé avec le juge pour enfants. Ce souvenir un peu flou n’en est pas moins un rappel; mon métier est connecté à de multiples autres domaines et je dois toujours me préparer à devoir travailler avec une assistante sociale, une éducatrice au domicile ou bien sûr un ou une magistrat(e). Le fait de ne pas l’avoir fait en dit long sur l’état du social en France. Aujourd’hui faute de moyens et de volonté pour les financer, les mesures de déplacement deviennent exceptionnelles. 🙄

Archive d’ignominie hivernale

Archive du dimanche 10 décembre 2006

Cher Francis,

        Tout d’abord, cette nuit il a neigé trois centimètres de neige fondue.

       Ce matin en prenant mon petit déjeuner royal du dimanche matin (une baguette encore chaude dévorée entière avec du beurre au lait cru et du miel), je décidais de mettre les informations sur mon petit poste radio. Après avoir réglé l’engin sur la station désirée je commençais à écouter les nouvelles qui tournaient en boucle. 

L’une d’elle me fit tressaillir.

Une bande de jeunes malmenait un couple de SDF depuis un certain temps déjà en filmant chacune de leurs agressions sur leurs téléphones portables. Ce petit manège avait continué jusqu’à ce que les coups deviennent trop violents. La plainte et les témoignages amenèrent les autorités à interpeller les auteurs de ce délit répété dans le temps.

Il y a encore peu de temps je te parlais que dans ma région les téléphones portables avaient été utilisés pour filmer un viol collectif dans un lycée. La même chose en Suisse le mois dernier.

Face à cette nouvelle forme de violence assistée électroniquement, il y a fort à parier que les esprits moralisateurs se mettent à expliquer cette nouvelle forme de déviance par la violence au cinéma ainsi que par l’accès trop simplifié des jeunes à la haute technologie… 

Cependant ni l’une ni l’autre de ces explications n’ont de sens à mes yeux. Bien au contraire elles ne font que selon moi, éloigner le débat des vraies raisons motivant ces actes inqualifiables.

Il est vrai que le cinéma et la télévision diffusent des images et des discours où la violence n’est pas seulement graphique mais aussi psychique voire idéologique. Comme tu le sais je suis un grand consommateur de ces films autant pour m’amuser que pour fournir un exutoire à ma haine des jours ordinaires. A ce titre je visionne des films venus d’Asie où les tabous occidentaux n’ont pas prise.

Malgré cela je suis toujours capable de faire la différence entre le réel et l’imaginaire de ces films tous plus atroces les uns que les autres, jamais je n’ai modifié mes pensées ou mon comportement après avoir vu un film, sauf peut être après « la haine » qui m’a donné envie de m’en prendre aux forces de l’ordre… Mais trente minutes après cette pulsion disparaissait…

Les jeunes qui ont tabassé ces SDF ne sont pas de pauvres psychotiques victimes de la télévision et des films violents et incapable de trier le réel de l’imaginaire. Ce serait trop simple de penser cela, de plus cela leur donnerait une première excuse limitative de responsabilité. 

Alors pourquoi taper des SDF et pourquoi le filmer?

Dans une société où tout est spectacle de l’accident de voiture jusqu’aux scènes de la vie privée,  les jeunes ont l’impression qu’il faut être filmé pour exister. Beaucoup sont ainsi tentés de passer à la postérité façon Andy Warhol. Filmer un viol ou une agression et le diffuser sur Internet pour devenir célèbre…

L’autre aspect du fait divers qui lui est beaucoup moins évoqué dans les médias, c’est le choix des victimes par ce groupe de jeunes abrutis. Ce n’est pas un hasard si ces tarés ce sont attaqués à des SDF, des moins que rien, des ombres pour lesquels pensaient-ils personne ne viendrait se plaindre. La froideur de cette lâcheté calculée fait frémir et donne envie de mettre en avant le vrai problème qui se cache derrière ce fait d’hiver. Je vais donc réécrire l’information pour exprimer ma pensée:

En France, l’exclusion sociale met des personnes à la rue et en fait des cibles désignées pour des jeunes crétins élevés dans la toute puissance et pensant tout haut ce que le reste de la société pense tout bas c’est à dire que les SDF n’ont ni droits ni la qualité d’être humains. (Sauf bien sûr au moment de verser une petite larme lorsque l’on les retrouve congelés au petit matin). 

Et oui mon bon Francis, dans cette info sordide, le premier élément à mettre en avant n’est pas la violence médiatique mais celle de notre société en perte de repères. Dans un monde où la valeur d’un être humain se mesure aux seuls moyens combinés de ses possessions et de son statut social, comment veux-tu que les jeunes apprennent à respecter ceux que la vie a brisé? 

D’autant plus que le fait de voir leurs misères ainsi exposées en pleine rue est un rappel, un message constant qui dit: vous aussi vous pouvez finir comme nous… Ajoute à cela la lâcheté de ces salopards ainsi que leurs envies de se faire un nom en médiatisant leurs actes de violence, exutoires de leurs frustrations accumulées, et tu auras un début d’explication des raisons ayant menés à ce geste. 

Cependant ces éléments ne doivent pas faire écran à la responsabilité individuelle et collective des auteurs de ce délit d’une lâcheté sans nom, les raisons que j’évoque ne sont que des pistes de réflexion, en aucun cas des excuses. Peu importe leurs convictions motivant leurs actes le simple fait d’être responsables de ses attaques tout en en connaissant le caractère illégal, fait que le délit est constitué sans aucune excuse légale atténuante de responsabilité pénale ou civile.

Les victimes, quand à elles sont déjà retombées dans l’oubli…

15 ans plus tard je n’ai rien à ajouter, hélas…

Un grand souvenir en archive

Archive du mercredi 3 décembre 2008

TADAM !!!

Cette photo laide et pleine de pétoles est cependant la plus importante de celles que j’ai montré.

Et oui cette photo est extraite de la première pellicule que j’ai développé moi même dans mon labo !

Le négatif était trempé, il est tombé par terre et je l’ai mis dans le scanner plein de saletés. Voilà ce qui explique le résultat très moche.

Mais qu’importe car il y a un réel progrès au niveau de mon noir et blanc qui traité maison commence à ressembler à quelque chose de potable.

Bon je vais montrer ça aux gens du forum histoire de les faire rire un peu !

13 ans plus tard je regarde cette première photo avec nostalgie, j’ai beaucoup de tendresse pour ce premier essai aussi maladroit que banal car je sais que c’est le premier pas d’une aventure que 13 ans plus tard je rêve de poursuivre encore et encore. Sinon pour mémoire je suis rentré chez moi plus tôt ce soir vu qu’une fois de plus les enfants de mon groupe sont rentrés chez eux faute à un nouveau cas de COVID dans le groupe. Plus de détails demain… 🙄

Archive (obsolète) de langage web

Archive du dimanche 26 novembre 2006

6 Novembre

Cher Francis, 

       Comme le disait si bien Françoise Dolto, tout est langage. Les nouveaux modes de communication si nombreux et rapides ne cessent de se développer pour permettre aux personnes d’échanger des informations. 

Ces modes impersonnels ignorent souvent le contexte émotif de l’information transmise, c’est pour cette raison que sur les chats ou lors de la rédaction d’un SMS l’auteur est amené à préciser son humeur, ses sentiments par rapport à ce qu’il raconte.

C’est là qu’interviennent les smiley.

Ces petits dessins composés avec des barres et des ponctuations n’étaient au début que des ornements superfétatoires… Depuis ils ont évolués jusqu’à constituer une large gamme de signes dont chacun est porteur d’un sens qui suffit à recontextualiser les propos qu’il accompagne.

Juge plutôt:

Dictionnaire des smiley

: -)      Le smiley de base. Ce smiley est utilise pour refléter 
         une opinion sarcastique  ou amusante 
; -)      Smiley clin d'oeil. L'utilisateur a fait une remarque 
         douteuse (mi-sérieuse, mi-blague).
: -(      Smiley mécontent. L'utilisateur n'est pas d'accord, choqué
         ou fatigué de quelque chose.
:-I      Smiley indifférent. Mieux qu'un smiley mécontent mais pas
         aussi joyeux qu'un smiley de base.
:->      Smiley sarcastique. L'utilisateur a fait une remarque très
         mordante. Plus fort qu'un :-).
:-       Smiley neutre. L'utilisateur a fait une remarque ambiguë.

;->     Smiley clin d’œil et sarcastique combiné. L'utilisateur a 
        fait une remarque que seuls les initiés comprendront.
                         Les Smileys spécifiques :

: -) 	Sourire 
: -D	Rire
:-*	Bisou ! 
; -)	Complice
:-X	Motus & bouche cousue     
: -P	Bavard [Langue qui dépasse]
: -| 	Indifférent               
: -(	Pas content
:' ( 	Une larme                 
: -o 	Oh!
0:-)	je suis innocent !       
>:-> 	Taquin
:-> 	Sourire sarcastique      
>;->	Taquin & complice
:-\	Heu...					
: -/	C'est pas de ma faute !

Et oui mon cher Francis, dans la communication, les mots ne représentent que 15% de la quantité d’informations échangées… Les nouvelles technologies ne pouvant encore transmettre l’intégralité du non-verbal, les smileys ont encore de beaux jours devant eux…

Enfin non car quelques années plus tard les émoticons venaient rendre ces smileys peu parlants obsolètes. :mrgreen:

Archive théâtrale

Archive du lundi 19 novembre 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui j’ai accompagné deux enseignants et une vingtaine d’enfants à un spectacle. Il s’agissait d’une interprétation théâtrale du roman « Le meunier hurlant » écrit par Arto Paasilinna. L’histoire était très belle mais d’une tristesse insondable. En 1945 au nord de la Finlande, un homme revient de la guerre et achète le vieux moulin pour le restaurer. Le nouveau meunier a cependant un défaut : à la moindre contrariété, il se réfugie dans les bois pour hurler à la lune tel un loup, empêchant les villageois de dormir. Les jeunes du village avaient pour habitude de se réunir au « moulin de la Bouche » pour assister aux exhibitions du meunier, qui, déchaîné, se moquait allégrement des gens en imitant les fermiers et les animaux. Cela cessa rapidement lorsque les villageois le jugèrent fou et décidèrent de l’envoyer à l’asile d’Oulu. Mais le meunier Huttunen, soutenu par la conseillère rurale et par le postier du village, est bien décidé à se battre pour défendre sa liberté.

La mise en scène de ce spectacle est absolument superbe. Un grand écran composé des bandelettes rotatives sert de support à la projection de films et fourni le décor des différentes séquences. Sur la scène seuls trois acteurs sont humains, les reste des personnages est interprété par des marionnettes manœuvrées par deux des trois comédiens habillés en noir de la tête aux pieds. La photo ci dessus rend bien compte de cet incroyable jeu scénique entre un acteur humain et une marionnette. Au début cela déroute quelque peu mais je m’y suis habitué très vite au point d’oublier la présence pourtant peu discrète des deux comédiens en noir…

Ajoute à cela des séquences filmées de maquettes mobiles d’un réalisme impressionnant, le tout filmé en direct avec une micro-caméra et une musique étrange et envoûtante et tu auras une petite idée de l’intérêt de ce spectacle à la mise en scène si étonnante. 

Cependant les thèmes abordés, la fin tragique de la pièce, les vulgarités prononcées et actées font de ce spectacle (pourtant indiqué comme étant pour des enfants de plus de 9 ans) une œuvre à réserver à un public plus âgé que les enfants que nous accueillons dans notre établissement. L’équipe des enseignants qui avait choisi cette représentation étaient d’accord avec moi. Quant aux enfants, ces derniers n’ont heureusement pas compris grand chose à l’histoire et n’ont donc gardé en mémoire que de petits instantanés de la pièce.

Heureusement d’ailleurs, car à mes yeux d’adulte, cette pièce bien que superbe sur la forme est profondément triste et anxiogène.

Archive complotiste

Archive du mercredi 12 novembre 2008

       Manipulations


 Depuis quelques temps la SNCF accumule une liste impressionnante d’avaries de pannes et au final de retards importants. D’un autre coté, les autorités de notre pays entrainé comme tous les autres dans la spirale de la crise économique, regardent d’un œil inquiet les corpuscules d’extrême gauche qui pourraient profiter des circonstances pour devenir plus visibles et séduire une partie plus grande de l’opinion publique.

Alors bien sûr, nos amis du gouvernement ne se sont pas restés les bras croisés. La période étant très faste pour les amalgames, les médias à la botte des politiques se sont une fois de plus livrés à la demande du pouvoir en place, à une sombre manipulation. Non, les trains ne sont pas en retard à cause de l’état pitoyable du réseau ferré, mal entretenu par cette société d’économie mixte qui préfère engranger les bénéfice que rénover son infrastructure. Non ! ce sont des corpuscules d’extrême gauche qui sont responsables de ça ! D’ailleurs on en a arrêté une dizaine !!! et chez eux figurez vous que la police a découvert… Des ordinateurs !!!

C’est Mickey 3D qui chantait « la France a peur tous les soirs au 20 heure »

Aujourd’hui, les même médias reconnaissent tout penauds qu’il n’existe aucune preuve matérielle contre les personnes arrêtées. Pour les garder au frais le temps que l’affaire se tasse, les enquêteurs trouvent des « éléments troublants » pour justifier leurs garde à vue. Exemple montré au 20 heure ce soir; un livre, peut être coécrit par l’un des dix suspects, dans lequel l’idée de bloquer les voies de chemin de fer pour paralyser la France est avancée.
Les actes mis en avant comme étant le fait des terroristes arrêtés hier soir (présence de plaque de béton sur la ligne Caen Tours), sont à présent évoqués avec plus de prudence, Dans le journal « Le Monde » d’aujourd’hui, Carole Etienne, la procureure de la République d’Alençon  avance que :
« Il est prématuré de dire si cet acte de malveillance a un lien avec les arrestations qui ont eu lieu au niveau national ».


Cette « opération Dreyfus » a en fait non pas deux mais trois utilités; cacher l’état déplorable des lignes SNCF, rappeler aux gauchistes que si ils bougent trop ils se feront mettre en taule sans que la police n’ai besoin de preuves et enfin mettre dans l’esprit des français l’équation : Gauchiste = terroriste afin de discréditer ces mouvements politiques à qui l’actualité donne malgré elle, de plus en plus raison et qui pourraient troubler l’ordre public et la sécurité des classes possédantes.


Entre nous, balancer une plaque de béton sur les rails est plus une idée de jeune con genre adolescent attardé que celle de militants surdiplômés et conscients du fait qu’un accident de train porterai gravement atteinte à leurs revendications.
Mais bon, si le monsieur à la TV le dit, ça doit bien être vrai…


Moi qui voulait faire des photos vers une voie de chemin de fer, je crois que je vais m’abstenir car avec ce que j’écris ce soir dans mon blog je pourrai passer pour un sympathisant de ces gauchistes, ces petits fils à papa élevés dans le luxe et engagés dans des idéaux révolutionnaires pour régler leurs conflits psychologiques avec leurs parents avant de rentrer dans le rang à l’approche de la trentaine pour se gaver de fric sans plus rien avoir à foutre du monde.


Finalement ils la méritent bien leur garde à vue ces petits cons, mais de là à monter ce bateau ridicule…