Archive pseudo sociale

En 2006, j’étais allé en bord de mer avec un ordi portable pour rédiger mon article quotidien. A l’époque je ne m’étais pas imposé une règle pour fixer une thématique par jour et du coup je refaisais le monde comme au comptoir d’un bistro…  😆

Vu que je venais de décider d’arrêter de pêcher et que j’étais déjà très sensible aux causes environnementales et sociales, je m’étais intéressé au monde de la pêche.

Voici donc sans filtres ni corrections orthographiques ou de style, ce que j’écrivais le 16 août 2006. Il y a donc 13 ans jour pour jour pour ainsi dire.

 

Mercredi 16 août 2006

Cher Francis,

       La journée d’hier ainsi que celle d’aujourd’hui m’ont énormément appris de choses sur les réalités économiques et sociales de cette région de l’Aude. Le plus étrange dans tout cela est sans doute que c’est à travers une messe et une rencontre avec une sœur qui faisait visiter l’église aux touristes, que j’ai pris conscience des problèmes des gens d’ici.

La ville de Port la Nouvelle est le troisième port français sur le critère du transit de gros bateaux et sur celui de de la quantité des marchandises qui y transitent. De nombreuses personnes y exercent le dur métier de pêcheurs.

Ors, ces dernières années un grand nombre de familles de pêcheurs vivent dans la précarité et ce pour diverses raisons. En premier lieu la flambée du cours du pétrole qui a considérablement augmenté le prix du diesel. En second lieu l’union européenne a poussé les pêcheurs a acheter de gros bateaux en leur donnant de généreuses subventions. Qui dit gros bateaux dit gros moteurs donc grosse consommation… 

La dernière raison sans doute la plus grave est que la mer Méditerranée commence à afficher clairement un appauvrissement croissant de son stock de poissons. Bien sûr Francis tu va encore penser que je fabule et que j’exagère; la mer est censée être une réserve inépuisable de poissons ce qui explique entre autres choses que l’ont peut y pêcher à la canne sans permis ni carte…

Afin de bien te faire comprendre l’horreur de la situation je vais te parler de l’exemple du thon. Le thon rouge de méditerranée a été pêché sans cotas puis sans respect des cotas fixés jusqu’à la quasi disparition de ce poisson. Les pêcheurs de thon d’ici sont obligés de partir au large des côtes africaines pour pêcher ce poisson. Ainsi vu le prix en constante hausse du diesel, je te laisse imaginer dans quelles situations se trouvent les pêcheurs de thon… 

C’est ainsi que les derniers pêcheurs traquent les derniers bancs de poissons à l’aide de sonars et d’autres gadgets sophistiqués le tout appuyé par quelques avions qui survolent la mer pour repérer des taches noires à la surface de l’eau trahissant la présence de quelques groupements de rescapés.

C’est avec ces incroyables moyens techniques que les pêcheurs tirent sur la dernière catégorie de poisson encore présents en méditerranée; le poisson bleu (Sardine Anchois maquereaux… Bref les poissons qui évoluent près de la surface). Dans de telles conditions il devient tout à fait envisageable d’obtenir d’ici une dizaine d’année une mer sans poissons.

Si l’on ajoute à ce triste constat les pollutions massives d’ordre chimique (la jolie marée noire crée par les bombardements des dépôts pétroliers libanais par nos « amis » du gouvernement israélien en est un exemple récent), les pollution d’ordre végétal ou animal (Merci aux aquariums de Monaco pour l’introduction en méditerranée d’une algue qui depuis pullule en détruisant encore un peu plus l’équilibre marin) et bien sûr toutes les horreurs dont je ne suis pas informé, et bien là il y a lieu à désespérer.  

Le métier de pêcheur est difficile et très dangereux mais ne réussit plus à nourrir ceux qui l’exercent créant ainsi une grande précarité dans ce milieu socioprofessionnel.

A l’intérieur des terres, les viticulteurs connaissent eux aussi de très graves difficultés. Cette année deux viticulteurs de la région se sont suicidés car ils n’arrivaient plus à payer les charges liées à leurs exploitations. Ici les raisons du désastre sont plus économiques qu’écologiques. La politique européenne des quotas, la volonté clairement affichée de privilégier les grandes exploitations aux petites vignes familiales a mené à la perte de 8000 emplois et à la destruction de domaines entiers…

Dans le Roussillon le tocsin viticole sonne… La mort annoncée d’un patrimoine millénaire…

Dans le même temps on apprend médusé que des experts français partent au Chili pour y livrer notre savoir faire afin de mettre au point un vin au coût de production très concurrentiel… Tu peux déjà le trouver dans pas mal de supermarchés. 

Bon je ne vais pas encore en rajouter avec la situation des maraîchers… Il semblerait que seuls les professionnels de l’immobilier et certains commerçants connaissent la prospérité dans le coin. Une très grande prospérité à en juger les prix de l’immobilier dans le coin.

Voilà un département à l’image de la France de demain, une grande richesse pour un petit nombre côtoyant l’extrême pauvreté de personnes n’arrivant plus à vivre tout en travaillant…

Tout cela je l’ai appris en parlant avec des gens du pays, des pêcheurs et des membres du clergé. L’Église a ici un rôle social important des organisations telles que « la mission de la mer » apportent une aide morale, administrative ( aide pour les démarches) et bien sûr matérielle.

À la fin de la messe d’hier, un diacre travaillant au sein de cette association a interpellé très vivement les pouvoirs publics représentés par le maire et d’autres en réclamant entre autre choses la création d’un foyer pour les familles de pêcheurs en difficulté.

Alors oui, j’aurai pu te parler de la messe d’hier, de la procession, de la bénédiction d’une statue « Stella Maris » (sainte patronne des pêcheurs), de la bénédiction des bateaux et de la mer par l’évêque… J’aurai sans doute creusé la question très pertinente de la frontière entre religion et superstition… Mais bon j’ai préféré t’exposer un petit aperçu des difficultés des gens d’ici pour qui j’ai beaucoup de respect.

C’est mon coté travailleur social qui veut ça…

Archive de réac…

Archive du samedi 9 aout 2008

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Cher Francis,

       C’est hier que se sont ouverts les jeux olympiques de Pékin sur fond de polémique. Cela n’empêche pas les français de regarder la cérémonie d’ouverture et d’espérer avec leur chauvinisme malsain, une récolte de médailles pour la France.

J’aurai beaucoup à dire sur les jeux Olympiques notamment sur les scandales financiers qui font l’apanage de cette manifestation des plus critiquable mais je laisse ce sujet de coté car j’ai besoin de trouver les chiffres et des sources fiables pour développer une argumentation rigoureuse.

Je ne voudrais pas que l’on pense que c’est mon sentiment anti-sportif qui dictera ces lignes…

Alors en attendant mon retour à un plein accès à Internet et à la presse écrite de qualité, je vais m’intéresser au sentiment anti-chinois que manifeste mes compatriotes.

Il est en effet de bon ton de manifester en public sa désapprobation vis à vis des Jo de Pékin. Que cela soit en société, dans les conversations ou sur sa voiture comme le montre ma photo ci-dessus, de nombreuses personnes fustigent la tenue des jeux dans un pays  non démocratique.

Le sentiment anti-chinois, entretenu par une volonté de réaction  vis à vis des pouvoirs publics faisant preuve vis à vis de la Chine d’un attentisme intéressé, ne cesse d’enfler, dopé par les premiers échecs des athlètes français.

Bien loin de m’enthousiasmer, ce phénomène fait naître en moi des réflexions que j’exprimerai sous forme de réserves.

En premier lieu je tiens à souligner que coller des affiches sur sa voiture ou hurler  « Tibet libre ! » dans un restaurant chinois ne fait avancer en rien la cause des tibétains. De telles manœuvres aussi improductives qu’absurdes ne peuvent être interprétées que comme des actes égoïstes visant à faire un nom à leurs auteurs. A une époque où les braillements chevrotants et stéréotypés passent pour des chansons magnifiques et la bouffe au micro-onde pour un raffinement culinaire, la lâcheté imbécile est cultivée en art de vivre. Mais la mode n’excuse pas tout, et encore moins le fait de faire passer pour du militantisme ces pitoyables et au fond très lâches coups de gueule.

Lorsque l’on veut s’opposer à quelque chose, il convient tout d’abord de comprendre la situation dans laquelle on désire s’impliquer. La question du Tibet ne peut se résumer aux raccourcis faits par une certaine presse. J’avoue ne pas y comprendre grand chose si ce n’est que la situation est très complexe vu que le Dalaï Lama lui-même rappelle sans cesse qu’il ne réclame ni ne désire l’indépendance du Tibet et ce, malgré les témoignages et les images des violentes répressions en pleine recrudescence avant les jeux olympiques.

Ma dernière réserve prend la forme d’un conseil; quitte à s’enflammer pour une cause valorisante mais cette fois en en maîtrisant les tenants et aboutissants, il existe en Europe ( oui pas loin en plus ! )  un pays gouverné par une ploutocratie arrogante qui vient de décider qu’à l’avenir les directeurs des chaînes de services publics de télévision et de radios seraient nommés par l’exécutif. Un pays classé 35ème pour la liberté de la presse par l’ONG reporters sans frontières, un État où peu à peu, au gré des fusions et rachats, la presse libre disparaît au profit de grands groupes de presse contrôlés par de puissants magnats en lien direct avec l’industrie et le pouvoir en place. Un pays condamné de très nombreuses fois par des associations de défense des droits de l’homme et de l’environnement…

J’arrête ma liste ici car je pense que tu as compris que cet État ultra-libéral et à dérive dictatoriale c’est le nôtre, la france, qui dans le cas présent est si salie qu’elle n’ose même plus arborer sa majuscule.

Mais c’est vrai qu’à l’heure actuelle s’opposer de façon visible et concrète aux autorités de son propre pays ferait de toi un gauchiste révolutionnaire voire un terroriste alors que beugler sur la Chine fait de toi le héros du quartier…

En conclusion, si tu parviens à comprendre ce qui se passe au Tibet et si tu désires t’impliquer dans une démarche véritablement militante et potentiellement plus efficace, je te conseille d’adhérer à Amnesty International. C’est sûr c’est moins glamour et tendance mais si tu le fais, c’est que tu as compris l’essence même du militantisme authentique ; la volonté de changer les choses efficacement et durablement sans désir particulier de se mettre soi-même en avant. 

Souvenirs de mer…

J’ai encore un peu de mal à réaliser que je n’irai plus jamais en vacances à la mer, du coup relire ce que j’écrivais il y a dix ans pile poil me fait un drôle d’effet… 😥

Archive du dimanche 2 août 2009

En guise de pardon

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Ce matin je me suis levé très tôt pour me promener sur la plage histoire de constater l’étendue des  dégâts de la veille. Je savais bien que je risquais de voir diverses choses échouées sur le sable mais de là à trouver de si beaux coquillages…

Mes neveu et nièce de 10 et 11 ans n’ont pas été vraiment impressionnés, ils semblent s’en taper le coquillage des coquillages. 

Pour les impressionner il faudrait que la mer rejette des jeux de PSP…

Le titre c’est une façon de dire que la mer offre des coquillage comme si elle voulait se faire pardonner de ses excès de la veille, c’est à dire une violente tempête drapeau rouge et des drame humains). J’avais vu un gamin se faire réanimer et trois jours plus tard un nageur inconscient et refusant d’obtempérer était convoqué devant la justice…

Souvenirs de vacances

Cette année pour la seconde fois de ma vie, je ne pars pas en vacances d’été et je suis bloqué au village. Cette situation devrait me rendre triste mais en fait pas tant que ça surtout quand je relis ce que j’écrivais il y a 11 ans alors que je prenais le train chargé comme un âne pour aller à la mer :

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Samedi 26 juillet 2008

Cher Francis, comment t’écrire mon désastre ? Jamais je n’avais autant joué de malchance pour un premier jour de vacances. 

Le train arrive à l’heure en gare de Port la Nouvelle, je dépose mon chargement en photo ci contre devant le mur de la gare et là je remarque l’absence de taxis. Je tente d’en contacter, aucun n’accepte de venir nous prendre. Forcément un si petit trajet n’est pas assez rentable pour eux.

Nous voici donc, moi ma mère et mon chat (ce dernier était dans son panier depuis vendredi soir), obligés d’attendre le premier bus de 9H30.

Plus de deux heures d’attente.

Arrivés à l’appartement vers 10H00, nous découvrons médusés qu’une femme occupe les lieux, la précédente locataire faisait encore le ménage en fumant de très malodorantes cigarettes dont la puanteur se fait encore sentir au moment où j’écris ces lignes.

Nous voici donc obligés d’attendre encore plusieurs heures avec un chat hystérique hurlant des sons improbables pour un chat. Ca amuse les passants moi beaucoup moins. La dame de ménage nous ouvre le placard des compteurs électriques, nous y mettons nos valises et nous partons avec le chat et mon ordinateur portable boire un café pour tenter de retrouver un peu de calme.

Puis nous fonçons à l’agence pour avoir une explication et nous apprenons que la remise des clefs ne se fait que l’après midi à trois heures et que c’était écrit dans le contrat. D’un autre coté même si ma mère l’avait vu, nous n’avions pas d’autres trains possibles.

Nous réussissons à négocier avec l’agence pour que les clefs nous soient remises dès la fin de l’état des lieux.

Vers 12H30 la fumeuse quitte les lieux et nous nous installons enfin.

Je vais au supermarché chercher le sable à chat, j’achète une bière de l’Om que je vide d’un seul coup avant d’aller me plonger dans l’eau fraîchement vivifiante de la grande bleue. 

Je me laisse porter par les vagues, je n’ai pas la force de nager, je ne réalise même pas que je suis enfin arrivé.

Mon rituel de retrouvailles avec la mer est ainsi perturbé me laissant dans un état de confusion qui lui aussi perdure.

Mais bon, je n’ai pas à me plaindre, je vais en vacances de surcroît un mois, par les temps qui courent c’est un grand privilège que je ne saurai dénigrer. J’ai juste écris ces lignes en guise de mémento pour l’année prochaine, au cas où …

Solitude en archive…

Voici ce que j’écrivais le 19 juillet 2006 :

Mercredi 19 juillet 2006

Cher Francis,

       Voilà, les enfants sont partis, la maison est redevenue muette, froide et sans vie. Seuls les hurlements de mon siamois qui semble se plaindre de la chaleur qui empêche le gibier de sortir viennent rompre le silence glacial qui s’est instauré en ces lieux.

Le pire c’est de penser que c’est peut être la dernière fois que mes neveux et nièces viennent en vacances. En effet ils grandissent très vite encouragés par la mode et dans une certaine mesure par leurs parents complices de ce crime qui consiste à leur confisquer leur enfance pour en faire plus vite de petits adultes consommateurs, rentables et entièrement contrôlables.

Me voici donc une fois de plus face à ma solitude. Des angoisses plein la tête et une incroyable somme de travail à fournir avant de partir au bord de mer.

Mais en attendant nous avons encore pas mal encore de choses à nous raconter n’est-ce pas mon cher Francis ?

Aujourd’hui nous sommes 13 ans plus tard. c’était mon dernier jour de travail pour cette année et je viens de dire au revoir aux enfants, et adieu à d’autres. Une grande partie des enfants ne sont pas venus et une autre partie a quitté l’établissement sans dire au revoir aux collègues ou à moi.

Je retrouve donc ce sentiment de n’être pas grand chose à leurs yeux et aux yeux du reste du monde aussi, bref je déprime. C’est le blues du début de vacances.

Mes collègues vont tous avoir de belles vacances avec leurs familles et moi je reste tout seul à la maison pour la seconde fois  depuis des années. Il me faut trouver de quoi m’occuper sinon je risque soit de faire une vraie dépression soit d’aller plus loin dans un processus d’auto élimination… 😦

Avant j’avais un cœur…

Archive du mercredi 12 juillet 2006

Cher Francis,

Les jours passent et repassent sans fin au cœur de cet été chaud et humide. Plus qu’une journée de travail et ce sera la fin de l’année. Ce dernier jour est toujours une épreuve pour moi car c’est à cette occasion que nous disons au revoir à des enfants avec qui nous avons beaucoup de souvenirs en commun. 

Pourquoi ne puis-je pas m’empêcher d’être triste ? Au fond depuis 8 ans je devrais être habitué à ces adieux annuels… En tant que professionnel je devrais être capable de me dire que leur départ est une bonne chose qui va les mener ailleurs et plus loin…

En dépit de toutes ces pensées rationnelles, ma tristesse demeure. Cela n’est pas très grave car je garde toujours le contrôle de mes émotions. Au fil des ans cette tristesse est devenue mélancolie puis vague à l’âme…

Je crains le jour ou je ne la sentirai plus du tout. En effet ce jour-là j’aurai perdu quelque chose de précieux, mon affection pour les enfants qui me sont confiés.

D’un autre coté cela pourrait aussi signifier que ma vie personnelle s’est enrichie, équilibrée… Mais là mon cher Francis il ne faut pas rêver… Je n’ai pas droit au bonheur…

Du moins pas encore.

13 ans plus tard je n’ai toujours pas droit au bonheur et je me suis endurci, j’en viens même parfois à jalouser les enfants qui contrairement à moi auront une vie affective car leur physique à eux n’est pas disgracieux comme le mien. 🙄

Bref, ils partent et je m’en fous et même souvent je m’en réjouis car ça fait certains soucis à gérer en moins. 😈

En clair je n’ai plus d’émotions, j’ai du perdre mon âme quelque part sur Internet. 😥

Archives : La maison des divorces

(Samedi 5 juillet 2008)

Cher Francis,

       Je t’en avais déjà parlé il y a de cela quelques mois, j’habite à coté d’une maison maudite; la maison des divorces.

Bâtie en 1975, cette demeure a été le théâtre de nombreux drames dont le plus morbide reste la découverte du cadavre de son premier propriétaire trois jours après sa mort. Je me rappelle encore avoir participé à la rédaction d’une oraison funèbre que seules une dizaine de personne ont entendu vu que cet homme après son divorce avait vécu presque seul et souvent reclus.

Cette maison est assez connue dans le village mais pas vraiment pour ce fait divers sordide. En fait, nous l’appelons la maison des divorces; chaque couple y ayant séjourné a fini par rompre.

Authentique malédiction ou reflet d’une réalité sociologique selon laquelle les divorces sont en constante augmentation dans le monde urbain aussi bien que dans le péri-urbain et le rural ? Nul ne le sait.

Une chose reste sûre c’est que pour la troisième fois la malédiction a encore frappé.

Cette photo montre les amis déménageurs en train de vider la maison qui va être vendue après la dissolution du couple qui y vivait.

C’était une famille assez sympa, j’aimais bien discuter avec leurs deux grandes gamines un peu fofolles et décalées.

Les voilà partis, la mère s’est remise avec un autre homme trouvé sur Internet de façon assez salace si j’en crois les dires sans doute peu objectifs de son ex. L’homme quant à lui squatte chez sa mère qui occupe une des plus grande maison particulière du  village.

J’entre à présent dans une période d’incertitude, qui seront mes nouveaux voisins ?

La voisine a déjà montré la maison à des gens. Hier encore elle était avec un couple de préretraités venus de la ville, des gens avec des visages fermés et hautains. Elle se baladait avec eux dans la rue en montrant les alentours et en faisant des commentaires.

Derrière ma baie vitrée devant mon ordinateur j’avais l’impression d’être devenu un animal de zoo. J’imaginais les saletés que cette ex-ménagère avait pu faire sur mon compte; « Ici c’est un vieux gars qui habite avec sa mère, il est un peu fou mais pas trop dangereux… » L’envie de faire quelque chose de déplacé m’a même effleuré l’esprit mais un poil trop tard, dommage…

Bah, au fond si ces gens deviennent mes futurs voisins et si ils se révèlent être que des abrutis de néo-ruraux, je leur parlerai de la malédiction et de l’histoire glauque de la maison. Les gens de la ville ayant eux aussi des inconscients, cette manœuvre pourrait avoir pour effet de les mener à divorcer accréditant ainsi la légende de la maison des divorces…

C’est ce que l’on appelle de la prophétie inductive, de la sorcellerie psychique que mon esprit pervers sait utiliser afin de manipuler les gens en bien ou en mal selon le contexte et mes envies.

Ceci était un message sardonique à prendre au troisième degré, pas taper !!!

11 ans plus tard la maison continue de faire des victimes, les couples s’y succèdent mais comme les mariages sont devenus de plus en plus rares, la maison ne fait que les pousser à rompre et à vendre bien sûr !

Et à chaque fois je me retrouve avec des voisins qui veulent vivre comme à la ville c’est à dire sans parler à leurs voisins…

Ça tombe bien, je n’ai rien à leur dire !  👿