Les grognasses en archive

Archive du lundi 23 juillet 2007

Cher Francis,

       Mes petits ennuis de santé aussi risibles que bénins m’ont amené à fréquenter plusieurs fois la pharmacie de mon village. Ce commerce est le seul de son genre pour tout le plateau. Cela explique qu’aujourd’hui encore, face à l’impressionnante file d’attente, j’ai du faire une fois de plus la queue dehors. Qu’importe il faisait beau. A l’intérieur par contre ce n’est pas vraiment la même chose.

Les deux grognasses qui tiennent les guichets ne sont pas du tout souriantes sauf lorsqu’elles servent leurs amies grognasses, et dans ce cas il vaut mieux être patient et tolérant car nous avons droit à de longs récits de leurs vies de grognasses. Après avoir pris congé de leurs amies elles redeviennent sombres, froides et distante en appelant d’un ton parfois courroucé le client suivant qui parfois hésite, assommé après avoir entendu la conversation entre les grognasses.

Et là pas de sourire, pas de petit service… Rien ! Surtout lorsque l’on a mon physique et ma réputation… ohhh j’ai le cœur brisé de penser que je ne pourrai jamais sortir avec une pharmacienne grognasse… Ah… ça vient de passer…

Au guichet à coté de moi, une femme qui ne me reconnaît pas mais que moi je connais bien. Elle est venue avec sa mère pour une ordonnance. Là encore les grognasses dans toute leur splendeur parlent à voix haute pour que chacune des 8 personnes attendant leur tour, ne perdent pas une miette des ennuis de santé de la pauvre cliente qui bien que femme n’a pas la chance d’appartenir au clan très fermé des grognasses.

C’est comme ça que j’ai appris avec sans doute le reste du village que cette femme d’une famille bien connue bien connue dans le village était enceinte et avait des problèmes liés à sa grossesse…

Il faut croire que pendant leurs formations les grognasses ont une dispense de cours de d’éthique professionnelle… Dans un village comme le notre où tout le monde connaît tout le monde et où le sport local le plus apprécié est le colportage de ragots, la discrétion est importante surtout dans ce lieu où une part importante de la vie privée des personnes est révélée. Le patron conscient de cela parle à voix basse et en se penchant vers son client qu’il s’agisse d’une prescription pour une angine ou pour expliquer la posologie du subutex. Mais pas ses vendeuses.

Ah, je les connais bien les grognasses de la pharmacie, pour elles mises à part leurs amies grognasses nous ne sommes que des paysans, des gens ignares qui n’ont pour but que de les embêter, ces pauvrettes venues de la ville…

Le mystère c’est pourquoi le pharmacien, un homme si gentil et si professionnel au demeurant a pu embaucher de telles grognasses. Le pauvre n’a pas du avoir le choix, ni ces grognasses qui ne pensaient pas se retrouver pharmaciennes dans un village.

Alors tout le monde grogne et c’est le client qui trinque.

Voilà qui me donne des idées pour leur jouer des tours pervers… Mais non, leur patron est un ami de longue date…

Je suis donc condamné à supporter ces grognasses condamnées à travailler dans un village de bouseux au service d’un patron condamné à supporter leurs incompétences et leur manque de respect des clients. 

Dommage que Sarkozy ait mis fin aux amnisties du 14 juillet…

14 ans plus tard les choses ont bien changé. Ces vendeuses sont parties ailleurs remplacées par des professionnelles aussi compétentes, intentionnées que sympas. En fait depuis quelques années j’adore aller dans la pharmacie du village qui sent si bon et j’adore encore plus rigoler avec les vendeuses qui sont bonnes clientes de mon humour bizarre voire parfois un peu noir. Bien sûr je ne fais ça que quand nous sommes seuls dans la boutique car après tout quand on va dans une pharmacie c’est que l’on est malade ou qu’un proche l’est. On n’est donc pas forcément enclin à rigoler. 😆

Archive d’éduc

Archive du lundi 16 juillet 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui notre petit groupe d’enfants est allé au zoo de Mulhouse. Une fois de plus j’ai pu admirer la tristesse des animaux en cages. Une fois de plus penser que les zoos sont les derniers endroits où les animaux sauvages auront le droit de vivoter. Une vie terne coupée de la nature et de leur propre nature, réduits à être taquinés, blessés, voire tués à petit feu par les visiteurs imprudents ou sadiques.

L’un des enfants que nous accompagnions a tenté de lapider une grue, j’ai laissé mon collègue reprendre car sinon je pense que je l’aurai vraiment scotché à la cage. Je ne tolère pas les actes de cruauté commis sur les animaux.

Je déteste les zoos et je rêve d’un établissement tenu par des extra-terrestres dans une galaxie et dans un temps éloignés , un zoo dans lequel il y aurait des humains condamnés à partager le sort des animaux qu’ils ont privé de liberté pour en faire des attractions rentables.

Vivement que cette semaine se termine car je suis obligé de suivre un programme qui m’a été imposé sans que je puisse donner mon avis sur son bien fondé. Avec l’argent du zoo dans lequel nous ne sommes restés que 55 minutes pour n’y voir qu’une demi douzaine d’animaux communs et malheureux, nous aurions pu acheter de l’équipement pour le bricolage et passer cette belle journée à faire une promenade aussi vivifiante que gratuite… Mais non, il faut aller au zoo…

Bon, courage! Vendredi à midi ce sera la fin de cette semaine et de cette année en pointillés.

Archive de pâtisserie dégueu

Archive du mercredi 9 juillet 2008

Cher Francis,

       Ce matin avec quatre enfants je me suis remis à la pâtisserie. Nous avons fabriqué un gâteau quelque peu inspiré du Singapour que j’ai nommé « momonatsu » ce qui en japonais se traduirai par pêche d’été. 

C’est vrai, la crème pâtissière avait une drôle d’allure, en absence de gousse de vanille j’ai utilisé de l’extrait de vanille, un liquide brun foncé qui a donné cet aspect brunâtre à la garniture composée de deux brugnons coupés en très petits morceaux par les enfants.

Nous avons beaucoup rigolé et les enfants étaient très contents de faire une recette compliquée, je souriais en voyant leurs visages émerveillés devant notre génoise parfaitement réussie.

Plus tard en réunion j’ai appris le nom des sept enfants que je vais avoir en référence l’année prochaine.

Ça promet…

Archive de jeune diplômé

Archive du lundi 2 juillet 2007

Cher Francis,

       La nouvelle est tombée après une après-midi d’accroc-branche. 

J’AI EU MON D.E JE SUIS ÉDUCATEUR SPÉCIALISÉ

Alors oui c’est très court comme archive mais je pourrais raconter des centaines de choses sur les circonstances autour de cet évènement fondateur de ma vie actuelle. Mais pas ce soir car là je tape ce message jeudi soir après un repas très spécial. Mais chuttt.. 😉

Musical week #6: Archive musico-photographique

Archive du Jeudi 25 Juin 2009

Samedi 30 mai dernier. J’étais dans les rues de Genève avec mon canon EF et son FD 85mm 1,8 SSC. Pendant que mon frère mon neveu et ma mère vont de magasin en magasin, je reste dans la rue et je photographie tout ce qui semble intéressant. La pellicule faite avec le Canonet sera un échec retentissant mais fort heureusement sur celle faite avec le reflex j’arriverai à trouver quelques bonnes prises comme ce double portrait que j’ai recadré de façon à jouer avec cette bordure de vitrine noire qui sépare l’image en deux faisant croire en une juxtaposition de deux portraits alors qu’il s’agit d’une seule et même photo.

Canon EF

FD 85mm 1,8 SSC

HP  sortie au XTOL stock   (9 minutes trois retournements doux toutes les trente secondes.)

Brut de scan.

Sinon aujourd’hui aura été une journée de merde…

Écrit vain…

Archive du dimanche 18 juin 2006

Cher Francis,

       Une fois de plus je me vois contraint de retarder l’évocation du sujet dont je voulais t’entretenir aujourd’hui. Ce serait trop long et je n’ai que très peu de temps avant que l’orage arrive m’obligeant à éteindre mes ordinateurs.

Je viens de passer un moment magique. En effet j’ai eu une longue conversation par clavier de mon coté et par micro de l’autre avec un ami que je n’avais jamais entendu et vu qu’en photo. Il s’agit d’un écrivain québécois que j’ai rencontré sur un forum de discussion avant d’atterrir sur le sien.

A cette époque je tapais un message par jour, c’est lui et ses amis qui m’ont tout appris sur Internet la programmation comment faire des sites… Alors être capable de le voir et de l’entendre après toutes ces années… Je ne sais pas ce que cela m’a fait…

Mais bon il me faut redescendre sur terre, j’ai encore la photo de la semaine à changer.

Il y a 15 ans j’avais cru que ces retrouvailles allaient me mener vers de nouveaux horizons relationnels et contribuer à m’ouvrir le monde de l’écriture que je rêve toujours d’aborder un jour. Mais hélas cette rencontre sur l’ancêtre de skype n’a été suivie d’aucun effet. Une fois de plus le monde virtuel montrait ses limites, cette fois-ci au vu des espoirs que j’avais fondé, peut-être de façon plus violente. Bien plus tard j’apprenais la mort de mon ami virtuel en septembre 2019.

Archive Nipponophile

Il y a 14 ans je passais des soirées et des nuits à parler avec des japonais sur un « tchat » . Je m’y étais fait ma place en tant que Watanuki j’avais même mon icône personnalisée. Puis les années ont passé je me suis rendu compte que ces amitiés n’étaient que virtuelles et ne déboucherai sur rien de concret.

Et passé 30 ans on veut du concret. Du coup j’ai pris mes distances et je me suis recentré sur la photo avec des amis forumeurs que j’ai rencontré dans la vraie vie pour certains et avec lesquels j’ai lancé des projets sympas. Bref du concret, du tangible !

Il n’empêche qu’il y a 14 ans jour pour jour un « ami » japonais prenait le contrôle de mon ordinateur Windows XP depuis le Japon pour installer une serveur qui tournait avec apache. C’était une époque pas très tangible mais complétement folle ! 😆

Archive du lundi 11 juin 2007

Cher Francis,

       J’en rêvais depuis longtemps et un ami japonais l’a fait pour moi cette nuit.

J’ai enfin mon serveur particulier !!!

Alors pour ceux qui ne savent pas ce que c’est je vais tenter d’expliquer très simplement. Un serveur c’est une ouverture de l’un de mes ordinateurs aux autres utilisateurs du Web. La différence d’avec un site c’est que quand on prend un fichier sur mon serveur on le prend directement sur mon ordinateur sans que j’ai besoin de l’envoyer chez un hébergeur comme la page que tu es en train de lire.

Alors concrètement cela me permet de partager des milliers de fichiers de taille importante et cela peut aussi me permettre d’avoir accès à tout un nouveau secteur d’Internet comme la création de forums.

Seule limite, le taux de transfert est très bas. Donc faudra pas être des dizaines à télécharger en même temps !!!

Mon serveur sera ouvert tous les jours de 19h00 à 22H00

Ben oui c’est écrit en japonais… Que veux-tu…

Blessures théâtrales

Archive du dimanche 4 juin 2006

Dimanche 4 Juin

Cher Francis,

       J’ai beaucoup de mal à t’écrire aujourd’hui car les doses massives d’aspirine que j’ingurgite afin de tenter de retrouver la santé pour demain m’assomment. Je vais devoir baisser les doses pour pouvoir prendre le volant demain.  

Alors pour le théâtre, c’était bien, tout le monde a adoré, nous avons déliré sur scène avec le jeu des petits mots à placer dans nos répliques. Moi je devais placer bouse. Alors dans une de mes tirades décrivant un champs j’ai placé bouse de vache. Ca a fait rire le public. 

D’ailleurs j’ai remarqué avec stupeur que les choses qui nous faisaient rire pendant la répétition n’étaient pas drôles pour le public et vice-versa. Il me faudra réfléchir la-dessus.

J’avais pris mes affaires pour passer la nuit sur place mais à la fin du spectacle la tristesse de voir cette belle aventure se terminer, les compliments dithyrambiques que j’ai reçu de la part d’une dizaine de personne ainsi que les volutes de fumées de cigarettes ont eu raison de mon envie de faire la fête avec mes camarades. Mon ingestion passive de tabac avait accéléré l’avancée de mon rhume de cerveau provoquée par une semaine de travail dans des locaux non chauffés. Je savais que si j’étais resté je n’aurais pas été capable de reprendre la route le lendemain matin. J’avais raison.

Je regrette juste de ne pas avoir été capable d’expliquer tout cela à mes comparses de crainte qu’ils ne me forcent à rester. J’apprécie de plus en plus leur compagnie, alors j’aurai sans doute accepté ce qui aurait eu des conséquences très dérangeantes pour tous lorsque je me serais réveillé le lendemain avec plus de 40 de fièvre.

Pour l’instant je suis à 39 C° autant dire que je ne souffre pas trop.

Une tristesse indicible me déchire les entrailles, je repense à mon personnage que j’ai joué sur scène, cet être imaginaire si proche de moi et dont les répliques me hanteront à jamais:

« …je ne vivais plus avec les gens mais à coté d’eux »

 » Si vivre c’est marcher droit vers la mort, autant y courir de suite »

« …Je me demandais si j’étais bien dans la vie et ce que j’y faisais moi spécialement »

Quand je pense que certaines personnes m’ont dit que grâce à ma performance d’acteur elle avaient pu me découvrir autrement, alors qu’en fait je jouais mon vrai moi. Quelle cruelle ironie…

Au terme de cette expérience très difficile pour moi, j’ai tout de même envie d’en tirer quelque chose d’autre que tristesse et regrets. En premier lieu je pense que cette expérience aura fait évolué favorablement les relations entre moi et mes camarades en nous permettant de mieux nous connaître.

Et si j’allais plus loin?

Et si je profitais de la mort d’Alex Roux ( mon personnage dans la pièce) pour tenter une fois pour toute de rompre avec mes blessures du passé? Et si je tirais un trait sur mon ancien moi pour changer en moi et vis à vis des autres et pour ainsi bénéficier une nouvelle identité? 

Chiche !!!

Bon je change la photo de la semaine et je retourne me coucher évacuer le reste de fièvre.

Archive de pubs décalées…

Archive du Dimanche 28 mai 2006

Cher Francis,

       J’ai passé cette journée à la ville, la grande ville de Besançon. J’étais chez ma sœur. A mon arrivée j’ai tout de suite été frappé par un écriteau dans la cage d’ascenseur. 

Sous une plaquette de plastique, une affichette sur laquelle figurait une photo en noir et blanc qui semblait tout droit sortie d’un film de Jacques Tati. On y voyait une petite dizaine de personnes entassées dans un ascenseur avec des expressions faciales marquées par la lassitude.

Sous cette photo une diatribe que je peux hélas citer de mémoire: « Profitez de ce moment dans cette cage d’ascenseur pour parler à vos voisins, vous aurez peut être besoin d’eux un jour »

J’ai trouvé cela incroyable qu’une société d’entretien se mêle de placarder un tel message. Mais au fond le geste reste intéressant. Seul problème chez ma sœur personne ne s’est rendu compte de la présence de l’affichette. En effet les gens préfèrent lors de leurs trajets ascendants ou descendant vérifier leurs coiffures ou leurs maquillages dans la glace plutôt qu’inspecter les murs… Ah vanité, vanité … Autre problème, autre question, les relations entre les personnes dans un même immeuble sont-elles à ce point inexistantes que l’on se mette à faire de la pub pour les voisins?

En voyant ce genre de détails j’ai peur pour le tissu social… C’est vrai qu’à force de tirer dessus il va bien finir par se déchirer pour de bon…

Autre lieu plus tard, un multiplex cinéma. Je déteste ce genre de supermarché du cinéma mais bon je ne vais pas partir là dessus sinon on va en avoir pour trois paragraphes sans ponctuation. Le film était une grosse daube qui a massacré au propre comme au figuré mes héros d’enfance et d’aujourd’hui; les flamboyants X-men. Mais bon la encore je ne m’étale pas.

Par contre chose incroyable, impardonnable, inadmissible, un spot de publicité d’une audace malsaine incroyable. Tout commence par un beau paysage de nature verte, un jeune qui se balade avec un arc à poulie, un autre jeune avec un fusil… Un gros plan sur un vol de canard sauvages… 

C’était un spot de publicité fait par les chasseurs de haute Saône et adressé aux jeunes. Il se terminait par une formule que je peux là encore retranscrire de mémoire: « La chasse, pourquoi pas? »

Quand je pense au prix d’un spot de publicité au cinéma je me dis que ces personnes que je méprise doivent vraiment se sentir menacé d’extinction comme les animaux qu’ils buttent joyeusement dans nos campagnes. Quitte à être abrutis ils auraient pu par exemple utiliser un autre slogan plus proche de l’univers du cinéma dans lequel passe leur pub. Genre:

« Vous avez aimé le peuple migrateur ? Vous adorerez venir buter pour de vrai ces jolis canards sauvages, inscrivez-vous à la chasse » Là au moins le message aurait été mieux perçu par le public cible de cette activité sur laquelle je ne m’étendrai pas non plus.

Mais au bout de tout ça, je vais changer la photo de la semaine et cette fois m’étendre pour de bon, mais sur mon lit, car demain commence le marathon final pour notre troupe de théâtre. 

15 ans plus tard, j’ai toujours la même haine des chasseur faute d’en avoir rencontré qui méritent mon respect. Pour le reste la troupe de théâtre dont j’ai fait partie c’était celle très éphémère de ma formation d’éducateur. Encore des souvenirs mi-amers mi-édulcorés. 😎