J’ai vécu pas mal de difficultés ces derniers mois. A vrai dire, j’ai même été traversé par des doutes profonds sur le sens de mon travail et sur mes motivations voire mes capacités de l’exercer.
Mais à présent tout cela me semble bien dérisoire car je suis actuellement en train de rédiger les dossiers des enfants, une tâche qui a l’incroyable pouvoir de me redonner une certaine confiance en moi et sur ma place dans ce secteur d’activités.
Alors non, ce n’est pas mon amour de l’écrit et des phrases bien tournées qui me procure cette satisfaction, pour ça il y a les IA. Non, ce que cet exercice me permet de faire c’est tout simplement de mettre en évidence mon sens de l’observation et ma capacité à en tirer des éléments importants pour nourrir le débat en réunion.
Repérer un comportement ou une difficulté, le voir se reproduire de façon systématique dans les mêmes conditions, savoir ce qu’il signifie sans pour autant le dire moi-même pour rester à ma place de simple éducateur, faire le tri entre différents agissements pour ne garder que le plus significatif, le plus parlant, tout cela demande pas mal d’expertise professionnelle, de discernement, des capacités qui sont innées pour moi.
Car oui, lorsque comme moi on est seul dans la vie, il est très courant de passer son temps à observer les autres et à décrypter leurs comportements à l’image d’un joueur de foot sur le banc de touche qui a une vue du match bien plus riche que ses collègues sur le terrain.
Après toutes ces attaques et remises en question, je pense que la prochaine étape sera la remise en cause de la qualité de mes écrits, mais là je ne me laisserai pas faire.
Je suis bien conscient de mes difficultés actuelles, bien assez pour me prendre en main et remuer ciel et terre pour avoir des rendez-vous médicaux. Je pique du nez mais mais on ne me fera jamais croire que je suis devenu inapte à faire des écrits de qualité qui sont de nature à soutenir un travail d’accompagnement riche et vivant. Car oui je le pense et je l’écris, je suis un éducateur et un pas si mauvais que ça pour peu qu’on lui laisse sa chance face à la maladie.


