L’enfer en coulisses

Dimanche j’ai été invité par une amie qui voulait voir le film d’animation japonais « Belle » Le film était très bien quoique un peu surprenant. mais là n’est pas le sujet. En sortant de ce multiplex, je me suis retrouvé dans ce couloir que j’ai trouvé assez graphique qu’angoissant. J’ai fait cette photo merdique avec mon nouveau téléphone portable et son format hyper allongé. J’ai bien sûr joué avec cette image en montant un peu la saturation des couleurs. Cela a été l’occasion de voir que cet outil est tout sauf un bon appareil photo (et c’est très bien ainsi vu que je déteste ces machins).

A présent je rêve de refaire la photo sur trépied avec un vrai appareil photo.

Car cette image hypnotique et flippante me renvoie à beaucoup de mes références cinématographiques. :mrgreen:

Funeste archive

Archive du dimanche 14 janvier 2007

Cher Francis,

       C’est vers midi le samedi 13 janvier que s’est éteinte la doyenne du plateau à un age très respectable de 103 ans. Dans ma campagne nous avons encore des rites funéraires plein de sens, c’est donc par devoir et par conviction que j’ai participé une fois de plus au cérémonial de bénédiction des défunts. Chez nous à la campagne les morts restent dans leurs demeurent et y sont exposés jusqu’au jour de l’enterrement pour que chacun puisse venir leur rendre un dernier hommage.

Je suis donc allé avec ma mère dans la maison de Joseph afin de lui présenter à lui et à sa femme, mes condoléances pour la mort de sa maman que je connaissais aussi. La coutume liée au respect des morts et des vivants en deuil, veut que l’on ne sonne pas à la porte. Une fois entré j’ai donc rencontré brièvement le couple endeuillé que je connais bien de par sa participation active à la vie associative du plateau, puis je me suis rendu guidé par une voisine dans le salon transformé pour l’occasion en chambre d’exposition de la défunte.

Au moment d’entrer dans la pièce j’étais suivi par un couple et une jeune adolescente venus de Haute Saône. Arrivé sur le seuil de la petite pièce je fus aussi surpris que la jeune fille.

La défunte était là, étendue paisiblement sur un lit d’une place. Elle était habillée avec une robe bleue et une chemise au style ancien avec de gros boutons. Un drap brodé  la recouvrait jusqu’à la ceinture. Ses mains blanches étaient nouées d’une façon étrange, ses longs doigts dont la pâleur se confondait avec celle des ongles prenaient des angles improbables comme s’ils étaient en caoutchouc. Sur la visage de la défunte certes un peu tiré se lisait une paix intense.

Après avoir signé la défunte avec un rameau de buis trempé dans l’eau bénite, j’attendais en silence que ma mère finisse de discuter avec une proche parente de la maison. Ces dix minutes devinrent pour moi une éternité alors que je contemplais le visage de la mort qui une fois de plus apparaissait devant moi.

Ces instants de méditation et de recueillement ont été pour moi une source de sérénité absolue. Il est bon parfois d’être confronté à la mort afin de se rendre compte de la vacuité profonde de nos ambitions terrestres. Je pensais aussi très fort à cette grand mère que j’avais visité il n’y a pas si longtemps et qui avait encore toute sa tête. J’imaginais les tonnes de savoirs qui venaient de disparaître avec son décès, je pensais à ceux qui autour d’elle sont dans la peine.

Et puis j’ai quitté la pièce en disant « au revoir » à la mort.

Ce rite est le dernier rite de passage, celui où l’on dit adieu à une existence humaine. Là encore son sens profond n’est pas individuel mais collectif. Il créé une ambiance chaleureuse autour des personnes endeuillées qui évitent ainsi de se retrouver seules et il rappelle à l’ensemble de la communauté que la mort existe et qu’il faut apprendre à l’accepter.

Prendre le temps de s’arrêter et de réfléchir à la mort qui est devenue un des grands tabous de notre société moderne, voilà quelque chose de précieux de rare et de censé. Ce rite loin d’être une épreuve est une expérience paisible où l’on se rend compte en les consolant de l’importance que l’on a pour ceux qui sont dans la peine, et où l’on se réconcilie avec notre propre mortalité. Tout cela en faisant mémoire d’une personne qui nous quitte.

Alors au revoir Zoé… Tu nous manques déjà.

Histoire de relativiser…

Cette semaine je vous présente scale of the universe un site très bien fait en plus d’être intéressant voire distrayant. Il s’agit d’une page sur laquelle sont rangés des objets observables selon la même échelle. Pour y naviguer, on trouve une barre avec un curseur ( indiqué par la flèche rouge sur ma capture d’écran) si l’on va vers la gauche on voit apparaitre des choses de plus en plus petites et si on déplace le curseur vers la droite on se met à voyager dans l’infiniment grand jusqu’à buter sur les limites de l’univers observable. En plus de cela chaque item est affublé d’un commentaire parfois un peu étrange (je vous laisse apprécier celui donné pour notre planète). Le voyage est rythmé par une musique sympa et l’un dans l’autre on s’amuse plutôt bien en apprenant pas mal de choses. Il n’en reste pas moins que j’ai relevé pas mal d’erreurs mais qu’importe, je vais sans doute le montrer aux enfants demain. 😎

Faux départ

Parfois la vie semble vous ouvrir des opportunités avant de les refermer violemment.

Lundi j’étais en train de discuter avec une collègue qui cherchait un prof d’anglais pour son fils au collège. L’occasion était trop belle de montrer aux autres et surtout à moi-même que j’étais tout à fait capable de faire ce travail vu mon niveau en anglais et mon attachement à cette langue (j’ai passé deux heures à discuter avec des anglais sur le mot de notre président qui veut e…..der les non vaccinés, et c’est pas simple à traduire ce genre de gros mot). Par ailleurs, je suis aussi tout à fait qualifié vu que je travaille avec des enseignants et que ce faisant, je comprends de mieux en mieux leurs méthodes.

Bref l’occasion était trop belle, cela m’aurait même payé quelques bières !

Mais voilà la brave dame devait en parler à son mari et ce dernier a choisi de ne pas donner suite en prétextant trouver un prof qui donne des cours remboursés par je ne sais quel dispositif. Il doit sans doute penser qu’un éducateur ne peut pas avoir un niveau d’anglais courant ou peut-être qu’il refuse de voir débarquer chez lui un collègue de sa femme vu le portrait qu’elle a du en faire ? Qu’importe. Du coup je suis un peu démoralisé.

Mais pourquoi donc ? Et bien je me sens un peu trahi, déconsidéré et du coup même si cette dame change d’avis je déclinerai en lui disant que j’ai changé d’avis.

C’est d’ailleurs le cas car à vrai dire même si j’ai très largement confiance en mon niveau d’anglais et en mes méthodes pour enseigner une langue, je suis moins sûr de moi pour ce qui concerne le relationnel surtout pour un jeune en difficulté en anglais du fait d’une mauvaise relation avec un prof. Et puis débarquer chez la collègue s’immiscer dans sa vie personnelle alors que je ne la connait pas est une épreuve un peu malaisante. Je peux ajouter que le fait de ne pas avoir à perdre mon temps libre et à m’inquiéter de ce que fait ma mère pendant ce temps là (elle va mieux et fait des petites imprudences) est aussi quelque part un soulagement.

Au final je suis en colère mais pas vraiment déçu car je vois les cotés positifs de cette aventure que je n’aurai pas à vivre. Ambigüité de ma personne où lâcheté ? Ça c’est à vous de juger ! :mrgreen:

Mode d’emploi pour sauver son village

Une crise économique mondiale se dessine alimentée par des causes endogènes (les raisons économiques aux divers échelons) et par des causes exogènes (la crise sanitaire). Face à cela des petits commerces dans des petits villages se retrouvent menacés et risquent de mettre la clef sous la porte.

Dans une ville moyenne cela est triste mais pas dramatique mais en campagne, lorsqu’il s’agit d’un commerce ou d’un service essentiel aux habitants, ces fermetures peuvent entrainer une désertification progressive des hameaux ainsi transformés en villages fantôme.

Face à cela et pour éviter la mort de nos petits patelins, en France les pouvoirs publics locaux s’organisent pour compléter les aides du gouvernement. Citons par exemple le cas de Golancourt dans l’Oise où la municipalité a inventé une monnaie locale le Golan qui vaut un euro et qui ne peut être dépensé que dans ce bar. L’équipe municipale a fait don de plusieurs centaines de ces Golans postés dans les boites aux lettres des habitants de la commune pour les encourager à faire marcher ce commerce.

Mais lorsque l’on vit en Angleterre dans un pays ultra-libéral qui n’aide que très peu les commerçants qui sont dans une mauvaise passe suite aux crises actuelles, il faut bien trouver un autre moyen.

C’est ainsi qu’à Trawden, un charmant petit village du Lancashire, les habitants se rendant compte que le bureau de poste, la supérette et la librairie de leur localité allaient très mal, ont décidé de faire un geste incroyable.

En effet, refusant de voir leur patelin devenir un village fantôme, les habitants se sont tous rassemblés pour racheter ces trois services essentiels à leur survie en milieu rural. Des fortunes personnelles et une organisation sans failles ont ainsi permis de rassembler de grosses sommes et de réclamer quelques aides de l’état. Dernier exploit en date pour ces héros du vivre ensemble : le rachat du dernier pub encore ouvert à Trawden, le « Trawden arms »

Le plus incroyable reste sans doute le fonctionnement de ces commerces et services. Pour éviter la faillite, car il faut l’avouer les clients restent peu nombreux, il était impossible de payer des vendeurs salariés. Du coup ce sont plus d’une centaine d’habitants du village qui se sont organisés pour tenir bénévolement ces commerces en faisant chacune et chacun des services de deux heures ! 😯

Alors là franchement, je salue bien bas les braves gens de Trawden car ils nous donnent là une très belle leçon de vivre ensemble et de cohésion sociale. 😀

Cheers ! 😎

Petit plaisir pervers…

Jeudi à la cantine c’était la galette des rois. Une galette décongelée industrielle avec bien sûr deux fèves pour 40 personnes.

Les enfants attendaient ce moment et imaginaient déjà obtenir le précieux bout de plastique et la couronne qui allait avec.

Mais hélas pour eux… 😈

On va dire que ce sont les mesures anti covid qui nous m’ont empêché moi et ma stagiaire de leur donner nos fèves… 🙄

Ou alors un travail sur la frustration ? Mais tout sauf un petit plaisir pervers d’adultes !!! 😆

Archives de stagiaires

Archive du lundi 7 janvier 2008

Cher Francis,

       Ce que j’aime dans mon travail c’est que je ne sais jamais ce qui va me tomber dessus. Ce matin par exemple je me suis retrouvé avec un stagiaire en plus de la jeune fille qui m’avait été confiée. Je dois donc accompagner et me faire suivre dans mon travail par deux personnes.

L’une est une charmante jeune fille, (vivement le printemps) et l’autre est un homme de la quarantaine aux cheveux grisonnants tatoué de partout. J’ai donc passé une partie de la matinée à rigoler face à cette situation ubuesque. En effet imagine toi ton serviteur suivi dans tout l’établissement par deux personnes comme un cadre assisté de deux secrétaires… 

Le plus drôle reste à faire, comment en effet vais-je m’organiser pour caser ce bonhomme? à qui vais-je le fourguer?

Me voici devenu trafiquant de stagiaires !

14 ans plus tard je continue d’accueillir jusqu’à deux stagiaires par an mais lorsque je regarde la photo de Marion, je me souviens qu’elle restera pour moi la meilleure stagiaire. L’homme, dont je ne me souviens même pas du nom, était une vraie calamité, il ne voulait qu’observer et refusait de participer au travail d’accompagnement ! Bref, beaucoup d’autres stagiaires sont passé(e)s auprès de moi avec leurs limites et leurs atouts, mais jamais je n’ai retrouvé le niveau de compétence et de bienveillance de Marion. Un jour prochain peut-être ? 🙄