Photo animalière

C’était l’après midi du 30 mai 2018. Avec les enfants de mon atelier photo nous étions en train de nous balader appareils en mains pour travailler sur notre thème du mois (les animaux dans la ville) quand soudain j’ai vu ce bel héron se poser sur le petit étang artificiel du nouveau parc municipal. Il avait repéré et allait dévorer une grosse perche (j’ai encore les photos que les enfants ont pris du repas sanglant de cet échassier).

Mais avant le passage gore, j’ai utilisé mon D300 pour photographier l’atterrissage de cette bestiole en mode kung-fu je n’ai réalisé que plus tard que j’avais aussi son reflet dans ma composition.

Alors oui, il y a du pixel car il y a du recadrage (je n’ai pas de focale longue pour les photos animalières), mais bon, ça reste stylé, non ? Par contre, même si je me suis fait plaisir avec cette image, cela reste du mauvais numérique qui ne suffira pas à me motiver pour m’aventurer dans la photo animalière. 🙄

Archive en lien avec mon loupé de hier…

Parfois le hasard fait bien les choses, c’est pour cela que je présente aujourd’hui un texte que j’ai écrit le 23 octobre 2008.

Futilités

Je me fait piéger à chaque fois et pourtant je retombe toujours dans la même arnaque. C’est vrai que cela part de bons sentiments et d’une certaine recherche d’harmonie entre les personnes, mais une fois arrivés sur place on se rend compte que l’on n’a pas envie de parler de soi ni à l’autre et surtout pas du vrai « soi » à l’autre. Du coup, pour meubler les silences gênants et dénonciateurs, l’option retenue par tous de façon tacite est de ne parler que de travail. Un sujet neutre qui permet de faire passer le temps sans se mettre en danger en se dévoilant un peu.

Les pots entre collègues c’est vraiment une perte de temps voire une mauvaise expérience quand l’hypocrisie est de mise. En tout cas c’est trop cher payé pour sauver les apparences.

En rentrant chez moi mon téléphone portable sonne et j’entends au bout du fil un ancien ami du temps de la fac de droit, il me propose d’aller voir une avant-première d’un film fantastique très attendu. Mais c’est demain soir et demain soir… rebelote…

Suis-je donc masochiste ?

Non, bien sûr que non, je ne suis que lié par les règles de vie en société et par mon vœux pieux de voir un jour des collègues capable de parler d’autre chose que de travail. je continue de rêver donc, jusqu’au jour où je comprendrai que les collègues ne peuvent être des amis surtout si le futur vient transformer notre sympathique groupe en panier de crabes.

Douze ans plus tard je suis devenu un des crabes du panier mais vu que mes pinces sont acérées on me fout la paix. Les pots ne se font plus que dans le cadre formel des départs de collègues qui quittent la structure, c’est à dire sur le lieu de travail avec peu d’alcool et la hierarchie bien présente. Reste la collègue qui habite dans le même village que moi et son homme qui est un vrai pote et qui m’appelle toujours pour aller boire des binouzes au pub. Et la concernant ce que j’ai écrit au dessus reste d’actualité : crustacé et Workaholic (ce mot est bien plus parlant que sa fausse traduction française (bourreau de travail).

Bluffant…

Regardez bien cette jeune femme, la photo n’est pas de moi mais qu’importe, regardez-la bien. Cette demoiselle a quelque chose de très particulier que vous ne devinerez jamais.

Non ne cherchez pas vous ne trouverez pas…

Cette jolie jeune femme souriante et avenante cache un secret difficile à croire : elle n’existe pas.

Et quand je dis qu’elle n’existe pas ce n’est pas une figure de style, aucun être à son image n’existe sur cette planète, ce portrait pourtant très réaliste n’est qu’une simulation générée par un GAN (En français un réseau antagoniste génératif). Pour ceux qui y comprennent quelque chose allez donc voir l’article sur le sujet sur wikipedia.

L’expérience est plutôt intéressante et vient interroger notre rapport à l’image et à la photo en particulier. Cette technologie vient en effet nous prouver que de nos jours les photos et leurs liens avec le réel doivent sans cesse être réinterrogées.

En attendant cette jolie demoiselle que j’ai sorti du néant avec une capture d’écran pour illustrer ma page du jour n’attend que votre aide pour sauver ses ami(e)s prisonnier(e)s du néant. Alors si comme moi vous voulez voir des gens qui n’existent pas, rendez vous sur le site https://thispersondoesnotexist.com/ et faites vous des tas d’amis pas embêtants du tout vu qu’ils n’existent pas, juste assez pour les mettre en photo sur ses murs, ah oui, là ce serait un délire des plus marrants. 😆

Chuis bidon…

L’autre jour, le copain fan de métal passe à la maison avec ses baguettes de batterie, il pense que je suis déjà en capacité de jouer des morceaux bien trash avec ma guitare électrique. Il me regarde prendre mon instrument les yeux pleins d’espoirs. Mais hélas pour lui je ne maitrise pas encore la technique autour des accords de quinte ou accords de force qui règnent en maitre sur le rock et le métal…. Je fais de la merde et du coup le voici qui me regarde avec une profonde tristesse que seul un ami trop confiant en vos capacités peut exprimer. Désolé mon pote, je suis encore trop nul à la guitare… J’me sens pas très content chui bidon….

Ce matin en me réveillant encore une fois trop tôt réveillé par la mise en route de l’éclairage public (j’avais laissé les volet ouverts pour contempler la nuit) je découvre mon chat sur le pas de la porte les yeux pleins d’espoir. Mais hélas pour lui je n’ai que ses croquettes puantes à lui donner, pas de jambon ouvert au frigo… Le voici qui me regarde avec une profonde tristesse que seul un siamois de 17 ans peut exprimer. Désolé mon chat à temps partiel (je n’existe pour lui que de 6h00 à 6h30 du matin, le reste du temps il m’ignore), je ne peux rien faire pour toi… J’me sens pas très fier, chuis bidon…

En arrivant au boulot ma directrice m’informe qu’elle n’a pas pu arranger la situation, malgré mes deux interventions de gentil éducateur conciliant, et son coup de téléphone de méchante directrice menaçante, ce père de famille ne veut rien entendre. Terrifié par le virus il n’enverra pas sa gamine en classe verte. Les enfants arrivent à l’établissement la gamine vient me saluer la voici qui porte sur moi un regard d’espoir lorsque je lui demande de venir pour que l’on parle tous les deux. Mais hélas, je lui annonce que les efforts des adultes ont été vains… La voici qui me regarde avec une profonde tristesse que seule une gamine de onze ans, privée des seules vacances qu’elle pourrait avoir, peut exprimer. Désolé ma grande, nous n’avons rien pu faire pour toi…J’me sens pas bien dans ma peau, chui bidon…

Je pourrais continuer la liste pendant des pages mais je pense que cela ne sera pas nécessaire, vous avez compris l’idée. Aujourd’hui je veux évoquer ce sentiment aussi triste, pesant que collatéral que l’on ressent lorsqu’on l’on est pas à la hauteur des attentes des autres.

Alors non, je ne suis pas dans un délire de toute puissance, mais si cela arrive c’est que l’autre a pu croire à un moment que j’étais en mesure de l’aider et quand beaucoup trop de personnes font ce constat erroné, je finis par me dire que oui, je suis bidon. Pour mon chat je peux aller acheter du jambon, pour le copain je peux bosser à la guitare comme un dingue pendant la semaine prochaine, mais pour cette pauvre gamine qui compte tant sur moi, je ne peux rien faire et ça, ça me rend vraiment très triste voire honteux (un autre professionnel y serait peut-être arrivé). Elle qui a tant besoin de courir et de se défouler sera obligée de rester toute la semaine dans son appartement pendant que sa classe s’éclate dans les montagnes. C’est pas juste et ça me pèse… Du coup je laisse le mot de la fin à Souchon qui résume bien mon état d’esprit de ce soir.

Entre tristesse et curiosité…

Aujourd’hui dans les nouvelles virales stupides du jour on trouve une histoire bancale accompagnée d’une photo. Cela se passe en Indonésie où les pêcheurs comme tant d’autres pêcheurs d’autres pays continuent de massacrer les requins. En capturant un requin et en vidant ses tripes, voici ce qu’ils ont trouvé :

Selon les spécialistes, ce bébé requin qui comme sa mère n’a pas survécu à cette pêche débile et inutile, serait porteur de deux variations génétiques le rendant à la fois albinos et cyclopéen.

Mais qu’importe ce pauvre requin ses deux frères et leurs mères sont morts tués par des abrutis qui ne tireront qu’un maigre bénéfice de leur pêche. Allez-y continuez à massacrer toutes les espèces possibles et regardez la chaine alimentaire s’écrouler avant de comprendre que vous en faites partie. Une news à la con pour un lundi à la con aussi.

La grande baignoire

Mercredi matin vu qu’il ne pleuvait pas, je suis allé faire une sortie en ville avec mon groupe photo. Grosse erreur il faisait trop froid et sec et même très habillé je me suis enrhumé une fois de plus. Mais bon les gamins vont bien et ont profité des joies simples de l’automne qui suffisent à combler un cœur d’enfant comme ramasser de jolies feuilles mortes ou se faire un trésor en se remplissant les poches de marrons.

De mon coté j’avais un reflex Canon chargé avec une diapo périmée et le D700. C’est avec ce dernier que je me suis amusé à faire la photo ci-dessous.

Les bains douches sont des anciens bains publics reconvertis en restaurant/salle de concert et le fait d’avoir installé cinq canards de bain géants en plastique face à l’enseigne « bain douche », transforme ce paysage en gag visuel géant.

Dommage ça ne me fait plus sourire car cela fait déjà plusieurs années que cette installation est en place.

Mais si vous ça peut vous donner un petit rayon de soleil voire un léger sourire… 😉

Archive sentimento-naturiste

Archive Du Dimanche 16 octobre

  Cher Francis,

         Encore un dimanche passé à traîner dans la maison… J’érige la paresse en art de vivre glissant du lit à l’ordinateur remplissant ma boite crânienne de milliers d’images et de sons mis au point à l’autre bout de la planète pour cacher aux masses nippones la vacuité de leurs existences.

         Dans ce paisible delirium qui résume mon week-end  je n’ai pas vraiment envie de disserter sauf peut-être pour parler de mon angoisse naissante devant le progressif endormissement de ma grande amie et maîtresse; mère nature.

          En ce dimanche ensoleillé j’ai passé de longs moments à regarder impuissant le spectacle des feuilles qui tombent, de la canopée qui brunit, des grands rapaces migrateurs qui se rassemblent au dessus de ma chère montagne, profitant des derniers courants ascendants de cette chaude journée pour planer au cœur de l’azur avec une grâce inégalée. Plus proche de moi la grande épeire de mon balcon dévore avec appétit la mouche que je lui ai balancé dans sa toile. Mon admiration pour ces créature me laisse imaginer sur ce qui lui tient lieu de visage, une reconnaissance, un sourire complice. Elle semble me dire tout en boulottant sa moumouche « merci gars file moi en une autre !! » Ce splendide arachnide est trop primitif pour se rendre compte que sa vie va se terminer dans deux semaines lors des prochaines gelées.

       Et oui Francis! Ainsi va la vie en ce triste automne. Pour le naturaliste que je suis cette période est constituée d’une succession de deuils de plus ou moins grande ampleur. Des deuils qui demandent un travail d’acceptation et d’intériorisation afin de laisser entrer en moi la promesse d’un nouveau printemps dont la chaleur m’accompagnera tout au long de l’hiver.

Et le deuil de la moumouche que j’ai balancé à ma copine? ben je vais contacter mon assurance afin que ses 247 asticots puissent avoir une bourse d’étude…

Ce soir au moment de rédiger mon blog et de fouiller dans mes archives du 16 octobre, j’ai trouvé ce texte tout bête. 15 ans plus tard je rigole en me relisant, c’est tellement moi tout ça… J’aime toujours autant les araignées (que j’observe là où elles vivent sans les mettre en terrarium je précise) et je continue à observer la nature et ses cycles ainsi que hélas, ses symptômes de plus en plus criants. Mais bon c’est vendredi alors restons optimistes. 😉