Le début de la fin

Lorsque j’ai pris la décision de reprendre ce blog, je ne m’attendais pas à toutes les choses sombres que j’allais y raconter. Entre mes idées noires et les choses graves qui se passent dans ma vie, la page du mardi est devenue un espace que je ne souhaiterai sans doute pas relire plus tard.

Et aujourd’hui je dois raconter ce qui se passe, un évènement grave que je redoutais depuis des années.

Vendredi soir après une bonne journée avec des amis le téléphone sonne, à l’autre bout du fil le médecin qui m’informe que selon les résultats des analyses de sang de ma mère faites le matin même, deux marqueurs sont inquiétants et montrent qu’elle a développé un cancer.

Nous avons rendez-vous mercredi.

Je ne sais pas comment gérer cela, comment nous allons l’annoncer à ma mère avec le médecin et depuis ce coup de téléphone je suis sous le choc, je ne dors plus je ne mange plus.La journée de travail m’a bien aidée à penser un peu à autre chose mais j’ai tout de même informé mes collègues et du coup le sujet a été soulevé plusieurs fois dans la journée avec à chaque fois des informations pénibles à donner car oui je n’ai pas encore accepté ce nouveau coup du sort.Ma mère quant à elle va bien, elle s’occupe comme d’habitude ne semble pas souffrir autrement que de son dos, elle mange même mieux que moi.

Encore quelques instants de répit avant d’entrer dans une période très sombre de nos vies.

C’est le début de la fin.

Le million

Pour ce lundi je n’ai guère le cœur à ça, mais bon voilà, la petite histoire sympathique d’un homme qui a poussé sa voiture à un million de kilomètres et qui est venu sur son lieu de naissance près de chez moi à l’usine de Sochaux pour fêter ça avec les ouvriers de l’usine Peugeot. Le compteur numérique est resté bloqué à 999 999 km comme on pouvait s’y attendre, mais cela reste une belle petite histoire.

Un dernier plaisir

Hier j’étais invité par des amis au restaurant, le menu et les conversations étaient au top j’ai passé un très beau moment mais voilà en fin d’après midi le téléphone a sonné et au bout le médecin qui me parlait des résultats d’analyse de sang de ma mère… Des jours très sombres s’annoncent. 😥

Brève archive

Chaque vendredi je pioche dans les archives de mon ancien blog et je trouve parfois des choses sympas que j’ai envie de remonter. Cette semaine hélas je ne trouve que des articles barbants traités n’importe comment, du coup je préfère partager une archive bien simple, courte et parlante, celle du 27 mai 2007, c’est à dire la période pendant laquelle j’ai passé mon Diplôme d’État d’éducateur spécialisé.

Archive du Dimanche 27 mai 2007

Cher Francis,

       Le D.E approche vu que c’est  mercredi. Chose étrange je n’ai pas peur. C’est comme si tout cela ne voulait plus rien dire. J’ai révisé du mieux que j’ai pu les trois ans de cours mais j’ai encore pas mal de choses que j’ignore sans compter les matières dont j’ai été exempté et pour lesquelles je n’ai pas de cours.

Vais-je subitement me mettre à paniquer demain matin ?

Bon je retourne à mes révisions. Je t’ai laissé une nouvelle photo de la semaine.

Un beau projet…

Chaque mercredi je fais des recherches pour présenter un site Internet utile gratuit et fiable. Ou alors juste un truc amusant… car oui, dans ce monde où l’égoïsme et l’avidité règnent en maître, il existe encore des personnes qui fidèles à un idéal, donnent de leur temps et parfois d’autres de leurs ressources pour aider les autres tout en contribuant à l’avènement d’un monde meilleur.

Et parmi ces personnes, Salman Khan se présente comme un champion voire un exemple, enfin si on en croit les différentes sources que j’ai consulté pour préparer cet article.

Salman Khan est né d’un père Bengali et d’une mère indienne mais a vu le jour en Louisiane. Élève brillant il décroche quatre diplôme prestigieux qui lui ouvrent la voie vers une belle carrière. Mais c’est en 2004 qu’il trouve sa voie en aidant une de ses cousines qui galérait en maths. Il lui explique par téléphone, lui envoie des cours de plus en plus complets puis sur la proposition de la jeune fille, il décide de tourner un cours en vidéo, un format qui permet à son étudiante de reprendre les choses indéfiniment jusqu’à l’acquisition des notions.

Par la suite Salman va aider d’autres cousins en faisant d’autres vidéos et peu à peu va commencer à imaginer un concept des plus novateur et philanthropique. Une académie en ligne.

C’est ainsi qu’en 2008; la Khan Academy est lancée. Il s’agit d’une plateforme totalement gratuite sans aucun but lucratif fonctionnant avec les dons de grandes entreprises et permettant à n’importe quelle personne dans le monde, enfant ou adulte, pauvre ou riche, de devenir élève ou professeur.

Cela peut paraître un peu trop beau pour être vrai mais 14 ans plus tard, le site continue de proposer un service aussi gratuit que performant avec des contenus vérifiés, des apprentissages très diversifiés sous forme de cours complets et de vidéos sur You Tube et des outils permettant aux professeurs de cibler les difficultés de leurs élèves afin d’y apporter une aide personnalisée.

Alors vous qui lisez ces lignes, si vous avez envie d’apprendre des choses ou alors de partager votre savoir pour faire de ce monde et de l’outil Internet autre chose qu’une communauté d’adorateurs de vidéos de chats, et bien vous savez ce qu’il vous reste à faire : https://www.khanacademy.org/

Géraniums

Aujourd’hui en sortant du travail je suis allé chercher 6 pieds de géraniums pour les mettre dans les deux jardinières sur le balcon. Pourquoi ? Et bien parce que tous les voisins affichent leurs géraniums et aussi parce que ce geste annuel fait partie de ces choses que l’on fait chaque année à l’identique prétendument par habitude ou par tradition alors qu’en fait nous les exécutons comme un rituel magique nous permettant de ne rien changer d’une année à l’autre. Le mot d’ordre implicite est donné : reproduire le passé dans les moindres détails et surtout éviter toute innovation déstabilisante.

Alors voilà, j’étais là les mains dans le terreau quand ma cousine est arrivée pour récupérer une lettre vu que son courrier continue d’être envoyé chez moi malgré mes démarches. C’est à ce moment qu’elle me parle de ses enfants qui se plaisent tant dans les écoles de mon village et qui s’y font pas mal d’amis tout en commençant à baragouiner quelques mots de français. Nous parlons de leurs facéties, des autres familles ukrainiennes bizarres qui sont dans le village d’à coté et que ma cousine fréquente de moins en moins car à chaque fois elle est à deux doigts de se faire arnaquer (le coup de « ma carte bancaire ne marche pas »). je lui conseille de faire le tri et de prendre ses distances. Je tente aussi de savoir ce qu’elle fait pour elle-même…

Et à force d’insister je finis par comprendre que ma cousine souffre du même problème que le mien, elle s’interdit d’être heureuse. Elle est logée gratuitement dans un très bel appartement, ses enfants sont scolarisés et apprennent plein de choses en vivant de beaux moments, je suis juste à coté en cas de soucis, mais non, rien n’y fait, elle n’exprime au mieux qu’un soulagement de se retrouver dans le cadre calme et paisible d’un village bourgeois muni de solides infrastructures mais ne dira jamais que la vie est belle et qu’elle désire tenter de faire de cet exil temporaire non pas une épreuve, mais une chance de vivre avec ses enfants une expérience qui à posteriori se révélera enrichissante pour tous.

Alors ce soir, histoire de bien me faire comprendre son trouble, elle parle dans un article sur le réseau social des vieux (Facebook) de ce conflit entre ce sentiment de bien-être et la culpabilité qui l’empêche de le ressentir puisqu’elle pense constamment à son pays qui est actuellement en pleine russification.

Et là je me dis qu’il faudrait qu’elle trouve un travail d’aide à la personne pour arrêter de s’apitoyer sur elle-même et profiter de ce qu’elle a en ce moment. Mais bon, si je veux vraiment être honnête mon idée est débile vu que pour moi ma carrière toute entière au service des plus malheureux que moi ne m’a absolument jamais aidé à savourer ma chance et à m’autoriser d’être heureux. A vrai dire, ces dernières années c’est même le contraire puisque je commence même à perdre tout espoir dans la nature humaine en voyant que d’année en année les visages changent mais que les tragédies restent les mêmes. On peut changer les prénoms mais pour changer les destins c’est bien plus compliqué et l’état actuel du secteur médico-social exsangue de financements ne va rien arranger.

Demain à midi c’est le pont, l’occasion de faire de la musique, du rangement et surtout du jardin, c’est aussi surtout et avant tout l’occasion de passer du temps avec un ami ou deux histoire de croire l’espace de quelques instants au jour où moi aussi je mériterai de devenir quelqu’un dont on apprécie la compagnie.

Quelques instants passés la tête hors de l’eau en ayant des rapports normaux et de riches interactions avec diverses personnes juste avant de replonger dans les eaux froides et sombres de cette solitude; naguère fidèle compagne, mais qu’à présent je rejette violemment après avoir expérimenté le mirage de la famille ukrainienne qui m’a rappelé de façon agréable puis très douloureuse un fait central dans ma vie qui se résume en une courte et abrupte constatation : j’ai oublié de vivre.

Un destin ironique

En 1975, le célèbre film « Les dents de la mer » sort en salle. Parmi les acteurs de second plan on découvre un jeune enfant recruté localement dans la ville de Oaks Bluff, une bourgade située dans une île du Massachusetts où la très grande majorité des plans du film ont été tournés. Jonathan Searle, c’est le nom du môme, joue le rôle d’un sale gosse qui s’amuse à effrayer les nageurs avec une fausse nageoire de requin.

En 1986, ce même Jonathan Searle intègre les force de l’ordre de la ville. En 2008, ce policier inculpe un homme pour comportement irresponsable car ce quidam avait fait exactement ce que lui avait fait étant enfant dans le film, effrayer les baigneurs et plaisanciers et leur faisant croire à une attaque de requin.

Enfin, en fin de semaine dernière soit 47 ans après la sortie du film, Jonathan Searle devient officiellement le chef de la police de la ville d’Oaks Bluff où rappelons-le le film des dents de la mer a été tourné en grande partie.

Alors oui, enfant il a été recruté localement, mais tout de même, la vie de ce policier semble rythmée par les histoires de requins.

J’attends donc la suite. Il va peut-être repousser une vraie attaque de grand requins blanc et en tuer un en lui faisant exploser une bonbonne de gaz dans la gueule ? 😆

Ma cousine

Un jour j’ai amené ma cousine ukrainienne et ses enfants en haut d’un très beau belvédère pour contempler la nature au printemps. J’avais pris le Mamiya et c’est donc à cet instant que j’ai capté ce moment, enfin surtout ce regard de réfugiée en exil. Un regard plein de tristesse, de lassitude, d’inquiétude et aussi d’incompréhension vis à vis de mon hobby. Faire des photos avec un gros machin comme ça au lieu de prendre son téléphone, il faut être fou ! Je sais déjà ce qu’elle va dire vis à vis de la photo, elle va la détester car cette photo la montre telle qu’elle est et non telle qu’elle parait avec les filtres installés sur son téléphone qui la transforme en Barbie visage plastique. 😆

Mamiya RB 67 ProSD, Mamiya 150 KL, film FUJI Reala 120.