Archive satyrique

Archive du mardi 30 avril 2008

La fable du corbeau et du lapin

Cher Francis,

       Afin de finir ce joli mois d’avril dans la bonne humeur, j’éviterai d’aborder les sujets qui fâchent ou ceux qui inquiètent.

Ce soir je préfère te livrer une gentille petite fable patronale qui circule sur Internet :

Le corbeau et le lapin

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L’interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis-je m’asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu’au soir?
Le corbeau lui répondit de sa branche:

Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l’herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s’assit alors par terre,
Et sous l’arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu’un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S’approcha du rongeur en silence,
Et d’une bouchée en fit sa pitance
 
Moralité :
Pour rester assis à ne rien branler
Il vaut mieux être très haut placé…

Tout sauf une bande de bêtas !

Ce soir je fais court, je vous laisse découvrir ou je l’espère redécouvrir le riche travail expérimental du Beta band, un groupe aujourd’hui dissout par la faute de leur propre label qui leur a réclamé 1,2 million de livres Sterling ! 😯 Steve Mason un des leader du groupe a même été obligé de travailler sur des chantiers pour épurer une partie de cette dette. Depuis il tente de reprendre bien que mal une carrière solo…

Tout cela est vraiment triste surtout lorsque l’on écoute cette chanson, une vraie chanson d’amour puisqu’elle ne se limite pas à dire que la fille est belle en la limitant à son simple physique ou sa façon de paraitre et de se vêtir, mais chante comme un mantra que la fille aimée est tout simplement formidable. 😀

Jeunes filles en fleurs prenez-en de la graine ! exigez d’être qualifiées de formidables car vous le valez bien et c’est sincère vu que ce n’est pas une marque de cosmétique qui vous le dit, mais un homme qui travaille entouré de femmes parfois manipulatrices et détestables mais globalement wonderful ! 😎

Non père

Aujourd’hui encore certains enfants du groupe que j’accompagne à l’école m’ont touché par leurs demandes simples et belles et par ces petites attentions et gestes affectifs discrets qu’ils ont à mon égard. Que cela soit pour leur lire une histoire ou pour discuter de pokemon et de culture geek, le fait de m’assoir près d’eux et de ressentir le bien-être que je peux leur apporter en leur racontant une histoire ou tout simplement en les écoutant, me touche énormément. Sans vouloir juger leurs parents qui sont souvent plus en difficulté que leurs enfants, je suis obligé de constater que bon nombre des jeunes que j’accompagne n’ont jamais eu ce qui pour la plupart des parents coule de source.

Alors oui, nous les éducateurs travaillons avec les familles pour les aider dans leur rôle de parents, mais hélas entre la mauvaise foi de ces derniers et les limites de nos actions, bien souvent nos beaux projets de soutien ne restent qu’à l’étape des vœux pieux.

Vous commencez à comprendre.. D’un coté vous avez des enfants avec parfois une histoire de vie proche de la mienne et de l’autre un éducateur qui bien que chevronné reste un être humain marqué par ses propres traumatismes et ses manques affectifs passés et actuels. Alors sans entrer dans le piège d’une relation fusionnelle qui serait dommageable pour tous adultes comme enfants, et bien que très conscient des mécanismes de transfert et de contre-transfert, et malgré les collègues qui voient tout cela et pensent de temps à autres à se poser en tiers, au terme de telles journées, je me mets à rêver de devenir père pour pouvoir vraiment porter un enfant dans la vie et non pas l’accompagner quelques années avant de rompre tous les liens comme l’éthique de ma pratique professionnelle l’exige.

Mais cela n’arrivera jamais. Tu ne m’appelleras pas « papa » car faute de pouvoir trouver une femme capable de m’aimer plus que je me déteste, je ne rencontrerai jamais ta mère. Je ne connaitrai donc jamais l’amour qu’un père porte à son enfant et ce qu’il reçoit en retour, pas de moments de tendresse ni de grandes colères, les conflits de l’adolescence… Non rien de tout ça. Puis je ne te verrai pas grandir et devenir tout ce que je ne suis pas avant de finir par poursuivre ton chemin en osant faire des choix le tout avec ma bénédiction plus ou moins tacite mais de sûr mon soutien inconditionnel.

Non, mon enfant, nous ne connaitrons jamais tout cela. Je suis donc condamné à être le père symbolique et professionnel de quelques centaines d’enfants, un rocher sur lequel les éponges qu’ils sont vont se coller pendant un moment en prenant des petits bouts de ma personne loufoque et passionnée pour se se construire des personnalités autonomes et individuées.

Alors oui, au terme de telles journées ponctuées de rires de complicité et de petits gestes de tendresse retenus mais bien repérés comme quand ils m’appellent « papa » sans faire exprès, je souffre de ne pas pouvoir devenir parent.

Mais bon, aurai-je été un bon père ? Les éducateurs ne sont-ils pas de piètres parents en vertu de l’adage selon lequel « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Il vaut mieux ne pas prendre de risques, quitte à bousiller une vie avec mes non-choix autant que cela soit la mienne et pas celle d’un autre être qui mérite tout sauf cela.

Alors au bout du compte, mon enfant, s’il te plait, reste dans le néant.

Et sois reconnaissant, car au fond si tu réfléchis bien, je t’épargne un aller-retour.

Plus blanc que blanc !

Histoire de ne pas toujours rapporter que des bêtises ou des non informations le lundi, voici une nouvelle qui sous des dehors de prime abord un peu farfelus est en fait une grande découverte scientifique.

Mais tout d’abord un petit rappel de physique, la lumière du soleil apporte de la chaleur aux objets. L’ensemble des rayonnements émis par le soleil (ultraviolet, visible et infrarouge) sont ainsi des rayonnements thermiques. Cependant la couleur de la matière joue un rôle important puisqu’elle est de nature à absorber ou à réfléchir ces rayonnements. En clair plus vos habits sont clairs et proches du blanc, plus ils renvoient la lumière du soleil et plus ils sont rafraichissants. A l’inverse porter du noir un jour chaud et ensoleillé est très déconseillé.

C’est donc sur la base de cette expérience que nous avons toutes et tous faite un jour ou l’autre qu’un groupe d’ingénieurs de l’université de Purdue dans l’Indiana s’est fixé comme but de créer la peinture la plus blanche possible. Et non, n’en déplaise à Coluche, le résultat est tout sauf du gris clair.

Xiulin Ruan, professeur d’ingénierie mécanique tient dans ses mains un panneau peint avec cette nouvelle peinture qui renvoie 98,1% de la lumière du soleil. Cette peinture utilise le sulfate de baryum, ce qui n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est le processus qui a permis de maximiser l’effet réfléchissant en optimisant avec une très haute précision la taille des particules de cette substance dans le mélange.

Le groupe d’ingénieur a ainsi constaté que leur peinture pouvait garder les surfaces 4,4 C° plus froides que leur environnement vers midi quand le soleil est au plus fort.

Cette ruée vers la couleur la plus ultra-blanche est tout sauf un passe-temps de passionnés, les enjeux environnementaux sont juste immenses. Concrètement, un immeuble peint avec cette peinture ultra-blanche limiterai son recours à l’air conditionné et économiserai ainsi beaucoup d’énergie. Une généralisation de cette couleur dans les bâtiments d’une ville où l’air conditionné est très présent aurait donc un impact très positif sur l’environnement.

Cette idée est tout sauf de la théorie car dans les faits, Certaines villes peignent déjà les toits en blanc pour économiser de l’énergie. New York, par exemple, a récemment peint 929 000 mètres carrés de toits en blanc. Selon la BBC. Les scientifiques envisagent également la possibilité d’utiliser la peinture pour refroidir la planète en peignant des grands panneaux qui serait disposés sur de très grandes surfaces dans des zones inhabitées. D’après les calculs de l’équipe de l’université de Purdue, recouvrir ne serait-ce que 1% de la surface du globe en ultra-blanc réduirai le réchauffement climatique. Avec la fonte des glaciers c’est hélas l’exact opposé qui se produit en ce moment.

Tout aussi impressionné que je le suis par cette nouvelle ( j’imagine déjà avoir un déflecteur ultra-blanc pour faire du portrait grand format en extérieur), je me dois tout de même de relativiser l’efficacité de l’ultra-blanc dans le temps. Car oui tout comme les voitures et les habits le blanc est très salissant, alors l’ultra blanc devient très vite blanc avant de devenir plus foncé. Mais ceci écrit, l’ultra-blanc est tout de même 10% plus rafraichissante que les peintures les plus blanches utilisées actuellement.

Les recherches sur les couleurs se font aussi ailleurs et dans l’autre sens. En 2014 des chercheurs britanniques ont ainsi inventé l’ultra-noir qui absorbe 99,9% de la lumière visible. Nommé « Vantablack », ce produit n’était au départ ni une peinture, ni une couleur mais un revêtement issu d’un processus de fabrication ultra complexe. Ce procédé a été médiatisé lorsqu’il a été très partiellement achetée par Anish Kapoor un artiste qui détient désormais le droit de l’utiliser pour son art. En 2017, des chercheurs ont trouvé un moyen de pulvériser le Vantablack comme n’importe quelle peinture et ont ainsi peint divers objets. Le Vantablack n’est presque pas visible pour l’œil humain et si on fixe son regard sur un objet qui en est recouvert, ses dimensions disparaissent. Un ballon recouvert de Vantablack s’est ainsi transformé pour ses observateurs en un cercle plein. Cela donne l’impression que l’on est en face d’un vide abyssal, un gouffre dans l’espace, bref cela revient à regarder un trou noir ce qui doit être plutôt déstabilisant.

Alors à présent je n’attends qu’une seule chose c’est que cet artiste ait l’idée de créer une œuvre mélangeant l’ultra-blanc et le Vantablack pour créer le contraste ultime. Allez chiche ! 😀


			

Le courage des tulipes

Cette année encore, ces tulipes se sont mises à pousser là où je ne me souviens pas les avoir planté un jour… Le terme correct pour ces fleurs qui une fois plantées n’en font qu’à leur tête c’est d’après Kakuma (voir son blog ici en lien) « naturalisées ».

Ces tulipes naturalisées poussent donc dans mon jardin livré à lui même car mes velléités de jardinage se sont perdues entre ma déprime, ma paresse et avant tout ma légendaire procrastination.

Ah si seulement je pouvais avoir le courage de ces tulipes pour faire ma vie sans me soucier de rien… 🙄

Encore une archive photo…

Archive du vendredi 23 avril 2010

Le printemps en pente raide

Le Seagull (Mon Rolleiflex chinois), me donne d’assez bons résultats. j’ai fait cette photo au moins 5 fois avant de trouver le bon cadrage, la bonne composition, la bonne exposition.

Reste à faire un bon tirage sous l’agrandisseur et là ça risque d’être long et compliqué.

Enfin bref des semaines pour aboutir à une image désirée.

C’est cette démarche qui fait que l’argentique sera toujours inégalée sur le plan de l’investissement humain.

Et c’est pour le plaisir que cela m’apporte que je désire aller encore plus loin dans ma pratique amateur de ce noble art porteur de tant de précieuses valeurs.

IC3PEAK, un cri qui vient de l’intérieur

Voici encore une coïncidence troublante, hier je parlais d’ordinateur portable et le groupe que je vais présenter aujourd’hui a aussi un lien avec les ordinateurs portables.

L’histoire commence à Moscou en 2012. lors de la rencontre entre Nastya Kreslina et Nikolay Kostylev tous deux étudiant à l’université d’état des sciences humaines de Russie. Ces deux personnes sont issues de familles de musiciens, (le père de Nicolay était chef d’orchestre et la mère de Nastya chanteuse d’opéra) et ont déjà des projets musicaux en cours chacun de leurs coté.

C’est en faisant plus ample connaissance et se rendant compte qu’ils fréquentent les mêmes personnes et ont les mêmes idées que Nastya et Nikolay décident de monter un groupe. Alors qu’ils cherchent un nom, ils voient un autocollant sur l’ordinateur portable de Nastya, un sticker publicitaire de la marque finlandaise Icepeak. Ils décident alors que ce nom à la fois froid et menaçant colle parfaitement à ce qu’ils veulent faire en musique et nomment leur groupe IC3peak car en remplaçant le « e » par un 3 ils évitent les procès pour utilisation d’une marque.

Nastya et Nikolay lassés des styles de musique populaires, décident alors de créer un style très particulier sur lequel on ne peut pas coller d’étiquette. Leur musique est très expérimentale et se situe entre musique électronique, witch house, trap, rock, métal, parfois même avec des incursions dans le hard bass. Par contre une chose ne varie pas, Nikolay compose la musique et Nastya écrit et chante les paroles.

Et ces paroles sont toutes sauf innocentes car ce groupe est une des rares formations musicales qui en Russie ose critiquer le régime autoritaire, la censure et toutes les choses qui viennent limiter les droits des russes. Leur façon de dénoncer les abus du pouvoir passe par des paroles simples de plus en plus claires et de plus en plus en russe et surtout par des clips pleins d’une violence graphique à la fois esthétique et terrifiante. Au fur et à mesure des albums, Icepeak élargit le propos en évoquant d’autres problèmes sociétaux russes comme la place des femmes, les violences familiales, l’alcoolisme, la drogue ou encore la militarisation de la société.

Leurs clips diffusés sur You Tube deviennent très vite populaires dans le monde entier, notamment en Amérique Latine et aux USA où le groupe va organiser deux tournées successives en 2015 et 2016. le groupe a aussi tourné en Europe et se préparait à refaire une tournée en 2020.

Au bout du cinquième album face à la popularité croissante de ce groupe subversif, la censure du régime commence à se mettre en place, les concert en Russie sont annulés et les tentatives d’intimidation commencent à se produire avec notamment une brève incarcération sans motif de Nastya et Nikolay pour empêcher un des concerts. Plusieurs salles sont aussi fermées et les financements deviennent de plus en plus durs à trouver ce qui pousse le duo à faire appel au financement participatif pour sortir leur troisième album.

Bien loin de se décourager, le duo qui se qualifie lui même de terroristes de l’audiovisuel, décide alors de devenir pleinement contestataire en se tournant vers le militantisme. Ils apparaissent donc par exemple dans un festival de protestation contre l’isolement de l’Internet Russe (le runet) ou encore le 30 Août 2019 en faisant un concert lors d’un rassemblement de 60 000 personnes pour le rétablissement d’un vrai droit de vote en Russie.

Pour ma part je suis tombé sur ce groupe par hasard et j’ai tout de suite aimé leur visuel sombre et tourmenté qui comme un écrin de velours noir vient mettre en valeur la superbe voix cristalline de Nastya. mes quelques notions de russe et mes recherches m’ont persuadé de suivre la carrière de ce duo atypique en espérant un jour pouvoir les voir sur scène.

Après cette longue introduction je vous présente donc non pas un mais trois clips de IC3PEAK le premier « Смерти Больше Нет » qui se traduit par « la mort n’existe plus », évoque le vécu des manifestants face aux forces du FSB, le second Plak Plak (qui est une onomatopée qui évoque des pleurs massifs et silencieux, « bou-hou » n’est pas assez fort pour traduire « plak plak »), a pour thème les violences familiales et met en scène une petite fille qui assiste au meutre de sa père par sa mère qui lasse de souffrir finit par craquer ( explication détaillée ici). Le troisième clip « la marche » parle de la militarisation de la société russe et des problème des armes en libre circulation. Les trois clips ont des sous-titres français (en anglais pour plak-plak) qu’il faut absolument enclencher pour tirer autre chose que du dégout de cette immersion dans l’univers violent et sombre de IC3PEAK.

Vous voici donc prévenu, si jamais vous supportez le visionnage de ces trois clips et si vous commencez comme moi par apprécier toute cette noirceur, n’hésitez pas à regarder leurs autres vidéos comme « fairytale » ou « sad bitch » car là vous allez devenir accrocs ! 😈