Pirate !

Linhof Color 4×5, Tele Arton 240mm, HP5

Un de mes premiers portraits en grand format. C’était il y a une dizaine année en bord de mer, à coté de l’appartement que je louais, un snack s’était ouvert. Il était tenu par une famille d’allemands sympas et avait un nom du type pirates… Je ne me souviens plus trop du nom de ce temple de la malbouffe, mais j’avais bien sympathisé avec ces personnes au point de les persuader de poser pour moi alors que je n’avais ma première chambre que depuis 5 mois. J’ai ainsi photographié toute la famille mais le portrait que j’ai gardé et que je continue à aimer le plus c’est bien celui du père qui m’avait vraiment donné quelque chose dans cette transaction implicite qu’est la relation photographe/modèle.

Et c’est aussi la photo qui m’a fait comprendre à quel point le Tele-Arton, objectif méprisé par tant de prétendus photographes aguerris, allait devenir central pour moi (en portrait 4×5 bien sûr) au point d’en avoir deux. 😆

Souvenirs…

C’est dimanche et je suis encore dans mes dossiers, je tape des pages d’observations cliniques sur les enfants que j’accompagne en écoutant du jazz japonais des années 70. Au dehors la pluie et le vent s’en donnent à cœur joie me faisant frissonner malgré le chauffage que j’ai relancé hier.

Bref il est bientôt 17h00 et je n’ai pas eu le temps (ni le courage, ça caille) d’aller dans mon labo développer un film pour la photo de ce dimanche.

Du coup je ressors une archive, une photo prise il y a plus de dix ans au bout de la plage de Port la Nouvelle vers une cabane abandonnée et effrayante. J’étais avec Sarah ma regrettée nièce et Dimitri mon neveu et nous avons eu l’idée de cette mise en scène stupide représentant les gens que nous imaginions vivre dans ce taudis. C’est très bête mais ça reste un bon souvenir… :mrgreen:

Fujica HDM (baroudeur) sur trépied avec retardateur, film HP5 ou tri-X je sais plus…

Le concours

Chaque année les éleveurs de chevaux comtois se retrouvent dans un village du coin. C’était jeudi dernier 13 aout et cette fois-ci j’y suis allé avec mon Yashica Mat 124G et en suivant un éleveur trop concentré pour faire attention à un mec de mon gabarit qui tourne autour de lui et de sa jument de concours avec un TLR 😆 . J’ai ainsi fixé sur film Kodak Portra 160 un instant intéressant, celui de la divulgation des classements, qui selon moi illustre bien la dualité de ce rassemblement.

Car oui, d’un coté le public vient en masse uniquement pour voir et toucher les chevaux sans rien comprendre de ce qui se passe vraiment.  Notez par exemple la fille sur la droite qui regarde dans l’autre sens tellement elle se fiche des résultats qui sont proclamés. Les éleveurs quand à eux sont sous l’emprise d’un stress énorme. Ce que peu de gens savent, sauf ceux qui comme moi ont grandi avec des fils de paysans et d’éleveurs, c’est que dans un comice, c’est leur travail sur plusieurs années qui est jugé par les experts selon des critères très complexes.

Un échec ou une bonne place ont tous deux des grandes conséquences sur leurs crédibilité et leur avenir économique dans ce secteur. Bref oui, ce sont pas mal de choses qui se jouent pour les éleveurs au moment des résultats, d’où cette tension bien palpable et je l’espère visible dans cette photo :

P200816

Yashica Mat 124G Portra 160, photo faite jeudi et développé aujourd’hui, scan V700

Entre le stress de l’éleveur et celui du cheval on a un flou de bougé sur certaines parties du corps des deux sujets mais franchement je trouve que ça transcrit encore mieux cette tension que j’évoque plus haut.

Ma guerre contre les choses est presque terminée, j’ai de nouveau accès à mon labo et j’espère avoir le temps (chronologique et météorologique) pour me lancer dans le 8×10 C41 (la diapo 8×10 c’est déjà testé). A suivre dimanche prochain ?