Musical week #3: La musique et moi

Certaines personnes naissent avec des vraies aptitudes pour la musique, d’autres comme moi viennent au monde avec un fort attrait pour cette forme d’art mais sans avoir de prédispositions pouvant faciliter les apprentissages.

D’aussi loin que je m’en souviens, j’ai grandi dans une maison où la musique était omniprésente et même si mon père ouvrier n’a pu s’acheter sa première chaine hifi que quelques mois avant sa mort, cela n’empêchait pas mon frère de passer en boucle de très bons albums sur cassettes et vinyles.

Du coup vers mes dix ans au lieu d’aller jouer avec les autres enfants et de faire les bêtises ordinaires de gamins qui vont bien, j’étais souvent couché sur une couverture dans la pelouse à écouter un album de Pink Floyd sur un magnétophone branché avec une rallonge.

Comme tant de gamins après avoir écouté certains concerts, j’ai cassé les pieds de mes parents pour qu’ils m’achètent une flute avec laquelle je n’ai jamais joué faute de savoir comment m’en servir. D’autres instruments du même genre sont ainsi entré et ressortis de ma vie de façon très rapide. 😆

Puis arriva le temps du collège, la découverte de l’anglais en sixième et de réelles difficultés à investir cet apprentissage jusqu’ici inédit : l’apprentissage peu motivant d’une langue étrangère. Et c’est là que la musique accompagnées d’une série de faits trop invraisemblables pour être qualifiés de coïncidences vint à mon secours.

Un soir alors que ma mère était à une réunion de caté, mon père qui voulait toujours me faire écouter sa musique me demanda de rester avec lui pour regarder les enfants du rock, c’était une émission sur les Beatles avec en point d’orgue la diffusion du dessin anime long métrage « Yellow submarine » Pour moi ce fut une révélation, voire une révolution dans ma vie car mon intérêt pour ces mélodies et cet univers bariolé se transformèrent en une quête féroce qui dura plus de dix ans. Mon but était simple, je voulais trouver toutes les chansons des Beatles et maitriser leur langue.

Quelques mois plus tard mon frère me fit sans doute le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant, un vinyle premier pressage du premier album des Beatles tout gribouillé au crayon et un song book avec des tablatures. Mon intérêt pour les Beatles et l’anglais décolla avec l’achat de ma première guitare, achetée à mon coiffeur pour 50 francs. C’est avec cette petite guitare classique que je découvris les accords avant d’inventer des rythmiques et des mauvaises façons de jouer qui aujourd’hui encore sont ancrées si profondément qu’elles freinent mes apprentissages à la guitare et à la basse. 😈

Mais qu’importe, jouer des chansons simples, chanter les chansons, travailler mon oreille ma mémoire, tout cela grâce à la musique firent de moi un très bon élève du cours d’anglais et au delà de cela me permirent d’atteindre un niveau qu’aujourd’hui encore je pense être proche du niveau anglais courant.

Ce fut le premier don que je reçu de la musique.

Bien plus tard pendant l’épreuve du confinement et ma panique suite à une grosse bronchite qui faute de tests à l’époque me fit craindre le pire, je traversais des heures très ombres hantées par de noires pensées auto destructrices. Et là encore lorsque n’arrivant pas à dormir je me relevais à 3h00 du matin, je prenais une guitare et je composais des petits morceaux de musique qui me calmaient. Sans vouloir trop exagérer je pense pouvoir dire qu’à cette époque de solitude et de terreur, la musique fit plus que calmer mes nerfs mais m’évita de faire le pire.

Alors vu que le second don de la musique fut de me sauver la vie, j’avais décidé de la mettre au centre de ma vie en reprenant des cours de guitare puis de basse, instrument que j’avais toujours aimé dans les morceaux que j’écoutais.

Au bout d’un an constatant que les méthodes pédagogiques de mon prof de guitare ne me convenaient pas, je décidais de me focaliser sur la basse, et depuis je m’accroche encouragé par quelques progrès.

Et c’est là que la musique qui ne cesse de couler en moi me parla pour la troisième fois pour m’annoncer qu’elle m’accordait un troisième don, sans doute le plus beau de tous, celui de me donner l’envie de la partager en montant des projets musicaux avec les enfants au travail. Là encore comme par hasard (ben voyons) je me retrouve en équipe avec une enseignante qui aime beaucoup la musique et ça ce n’est pas nouveau mais aussi et là c’est énorme, avec une éducatrice qui m’annonce qu’elle est chanteuse dans un groupe ! Alors fort de mes petits progrès comment résister à l’envie de partager cette passion avec les enfants et de vivre des moments merveilleux avec eux.

Voir la grande du groupe qui est souvent en échec s’intéresser à la basse que je lui ai mis dans les mains et après quelques mois réussir à jouer la ligne de basse qui est la colonne vertébrale de notre chanson que nous allons présenter en concert le 6 juillet. La voir courir avec sa basse et appeler les adultes pour leur montrer avec fierté qu’elle arrive à jouer cette mélodie bien connue (seven nation army des white stripes). Puis découvrir chez un de nos jeunes garçons de réelles aptitudes pour la musique qui lui permettent d’apprendre la même chose que la grande en trois fois moins de temps. Et après quelques semaines de travail, les entendre jouer ensemble et les voir s’émerveiller en comprenant qu’ils ont atteint un stade très important dans leurs apprentissages de musiciens.

Et tous ces moments comiquement absurdes comme hier lorsque le jeune garçon qui maintenant préfère prendre sa guitare au lieu de jouer aux legos vient vers moi pour que je lui apprenne d’autres choses et lui faire écouter « Smoke on the water » de Deep Purple et voir ses yeux briller lorsque je lui annonce qu’il la jouera sur scène pour le spectacle de Noël.

Tout cela et ce qui va suivre forment sans doute ce que la musique a de mieux a offrir à une personne; lui donner la chance de la faire découvrir à d’autres en vivant d’intenses moments de joie, comprendre que pour aller plus loin on ne peut travailler seul, trouver d’autres personnes et travailler avec elles pour monter des projets, bref, offrir et recevoir pour le plus grand bien de tous les acteurs du projet enfants comme adultes.

C’est ce troisième don que m’a fait la musique qui fait que je suis si heureux d’aller travailler tous les jours car lorsque j’arrive dans notre salle éducative, je contemple à coté du grand tableau notre armoire pleines d’instruments qui me rappelle que pour les enfants que nous accompagnons, la musique est devenue dans le cadre d’un réel apprentissage, un vrai support de progression, de valorisation et d’épanouissement.

Du coup en écrivant ces lignes je me rends compte que la musique en plus de m’apprendre l’anglais, de m’avoir sauvé la vie et de s’être mise au service de mon métier, m’a aussi permis de m’ouvrir encore un peu plus aux autres avec les cours et les conseils que je recherche pour mes projets et m’a surtout apporté un réel sentiment sans cesse renouvelé de bonheur.

Alors toi qui me lis, c’est quand que tu t’y mets à la musique ? Mais réfléchis bien avant de le faire, la musique quand elle nous parle peut bouleverser nos vies ! :mrgreen:

Mon mardi bordélique

Alors dans l’ordre l’oiseau a passé la nuit, le lendemain il était moins vaillant mais toujours en vie, je l’ai ramené à l’école ou le trajet en 309 lui a encore fait perdre des forces, je lui ai donné deux vers de farine en le forçant avant d’embêter les dames de ménages qui désinfectent les tables de toutes les salles de classe de l’école jusqu’à ce qu’elles me trouvent un escabeau.

J’ai remis l’oiseau moribond dans son nid (le droit de mourir chez soi) et à peine descendu de ce fragile moyen d’élévation, une horde de gamins viennent me chercher. Ils ont trouvé un autre oisillon ! le temps d’arriver c’est un second oisillon puis un troisième volatile réussit l’exploit de voler sur plusieurs mètres dans la pelouse, j’improvise donc un nid sur un des grands arbres de la cour pour déposer les trois rebelles et je prie les enfants de quitter les lieux pour que la mère s’occupe de sa progéniture bien mal barrée.

Et bien sûr ces gosses de ville fascinés par le vivant, par leurs projections et aussi je le suspecte, par leurs pulsions destructrices, refusent de m’écouter. Je leur réexplique, je me fâche rien n’y fait ! Tout comme ces stupides oisillons qui refusent de rester en sécurités dans leurs nids, les enfants refusent de respecter ce que la nature tente de faire péniblement en ville : assurer la survie des oiseaux. Les sanctions pleuvent, je suis fatigué, en nage et je crève de soif aussi…

Au bout de tout ça et de pas mal d’autres choses à raconter, je rentre chez moi. Le temps de chercher une tondeuse sur Internet et de gérer les soucis de la maison, je me retrouve devant cet écran pour mon billet quotidien. Il est 21h30, je vais finir là.

Promis, la semaine prochaine, une fois la fête des pères passée, j’aurai le temps de développer un sujet qui me tient à cœur ! En attendant faites comme moi, méfiez-vous des oiseaux chronophages ! 😆

Journées Warhol

Hier et aujourd’hui j’ai vécu deux fois les fameuses 15 minutes de gloire prophétisées par ce cher Andy Warhol. Alors oui je vais encore passer dans le journal régional et on va encore parler de mes projets en termes élogieux, mais au bout de tout cela je ne me fais pas d’illusions car la réalité derrière cette jolie image de réussite est très différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette.

Hier c’était la grande réunion avec le grand patron, on me demande une nouvelle fois de présenter mes projets et je m’exécute sachant que dans la salle beaucoup de personnes n’en ont rien à faire. Je ne sais pas si c’est parce que je tente toujours des choses nouvelles avec les enfants avec lesquels je travaille ou si c’est parce que je médiatise tout ce que je fais en le publiant sur le blog de mon groupe (en espérant que les parents le visitent un jour), mais au bout du compte ce sont toujours mes projets qui sont mis en avant ce qui donne l’impression que je suis le seul à faire des activités sympas.

Et cela agace pas mal de monde et pas seulement les collègues qui doivent en avoir marre de toujours voir mon travail mis en valeur.

Hier j’évoquais mes projets musique, photo, vidéo et autres et aujourd’hui c’était le vernissage d’une exposition faite avec les photos réalisées par un groupe constitué d’enfants de mon groupe et d’enfants accueillis aux Francas. Deux ans de travail moins la pose virus, des milliers de photos faites, un énorme travail de tri réalisé par les enfants chapeautés par votre serviteur et une animatrice qui n’était même pas là ce soir…

Alors oui, j’ai payé de ma poche le matériel, j’ai travaillé très dur avec les enfants (bon on a aussi beaucoup rigolé) et ce soir j’ai improvisé un beau discours sur les bienfaits de la photo comme outil éducatif et sur le vivre ensemble que j’ai travaillé tout au long du projet. Pluie d’applaudissement, un pot (le premier depuis le virus) et puis ?

Et bien rien de plus, si je reconduis mon projet photo l’année prochaine j’aurai des petits mots et des attitudes qui montrent que j’agace les collègues avec ça (elles sont belles tes photos)et je n’aurai aucune aide si jamais un des dix appareils restant vient à tomber en panne. Un enfant a laissé tomber un de mes bridges ? C’est mon problème ! Ou dans le meilleurs des cas il faut voir avec l’assurance.

Alors pourquoi est-ce que je continue ?

Et bien pour trois raisons, la première très égoïste c’est que je m’amuse beaucoup et que je prends du plaisir à partager cette passion avec les enfants qui le demandent. La seconde c’est que je continue de croire aux vertus éducatives de la photo comme outil dans l’accompagnement du handicap mental léger et la troisième et peut-être meilleure raison, c’est tout simplement que les enfants me réclament sans cesse cette activité.

Je ne force jamais les enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire mais lorsque je parviens à les intéresser à une activité au point qu’ils l’investissent en faisant de réels efforts et bien je ne peux que les soutenir.

Demain je vais enregistrer ma bassiste et mon guitariste, pour eux c’est la même chose ils ont voulu se lancer et ont travaillé très dur pour arriver à ce que nous allons faire demain.

La semaine passe vite quand on s’amuse et que l’on est passionné ! 😀

Mes trente glorieuses ?

Vous connaissez la période dite des trente glorieuses, cette période de croissance qui a duré de la fin de la guerre jusqu’aux chocs pétroliers.

Et bien moi je suis en train de vivre des journées glorieuses puisque depuis vendredi, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne règle un problème important.

Vendredi prise des rendez-vous parents en bloc et incroyable séance de basse avec mon prof, samedi un vrai miracle avec la tonte de ma pelouse et le nettoyage du terrain, dimanche arrachage de la dent malade du chat, (problème qui durait depuis des mois) lundi au travail grosses avancées avec les enfants… bon je ne donne pas tous les détails mais là ce soir visite chez le véto et début d’un traitement rénal pour chat âgé.

Chez ce véto j’y suis resté deux heures, j’aurai donc de quoi raconter pas mal de choses entre Balou le chien blessé à la gorge et les chats qui font miaou (le mien fait waaaaaaa car c’est un siamois).

Mais désolé pour les fan de Marc et Sophie ce soir la chronique va s’arrêter là car je dois faire un écrit important pour relever les paroles inquiétantes d’un des enfants que j’accompagne.

J’ai envie de rester dans ma lancée dynamique mais là pas pour moi mais bien pour aider ce pauvre gamin à aller mieux. Et pour ça il me me falloir être très diplomate avec les parents. On marche sur des œufs…

A mardi prochain pour la suite de mes « aventures ».

Bêtise du jour, bonjour !

Le mardi comme vous le savez c’est le jour ou j’écris des âneries, c’est aussi hélas parfois le moment où quand je n’ai pas d’idées je laisse mes doigts courir sur le clavier et dévoiler mes états d’âme et mon coté sombre.

Le souci c’est que les bêtises je ne fais pas que les écrire, je les filme aussi.

C’est ainsi qu’aujourd’hui au hasard d’une journée sèche mais morne, j’ai lancé une nouvelle chaine You Tube avec un concept stupide. Maintenant il suffit d’attendre pour moi si je vais avoir des vues et des abonnés ! 😆

Vide ?

Il est 20h51 et je n’ai toujours pas écrit ma chronique du mardi. Je suis pourtant rentré à 17h15 mais après m’être assuré que ma mère âgée avait mangé correctement ce midi, après avoir étendu le linge et fait diverses corvées, je me suis octroyé un temps sur l’ordi pour répondre à mes mails, régler mes affaires de cartes pokemon en cours (et oui je suis en train de rassembler mon second full set) avant de glisser bien sûr sur You Tube pour me remplir de musiques connues et inconnues et d’images farfelues.

Alors voilà je sors de table, il est à présent 20h57 et je me mets à penser à ces minutes qui disparaissent dans le néant comme les grains de sable du sablier qui mesure la durée de ma vie. Non, je n’ai pas d’idées morbides, pas ce soir, surtout que les deux semaines à venir que je vais passer chez moi risquent d’être plutôt riches et sympas. D’ailleurs j’ai comme une grosse envie de finir d’écrire mes âneries tout de suite et de me jeter sur mon lit pour regarder un film sur l’ordinateur portable que j’ai réparé et qui a un très bon son.

Mais non, je vais continuer à écrire, laisser mes doigts inventer le sujet de ce soir.

Mais pourquoi ? Et bien parce que nous sommes mardi et que le mardi je raconte ma vie. J’ai fixé cette règle il y a de cela plusieurs années lorsque j’ai démarré ce blog, j’avais aussi ajouté la règle selon laquelle je dois écrire tous les jours sans exceptions en suivant cette « hebdo grille » que je me suis inventée. En m’astreignant à toutes ces contraintes je comptais trouver un rituel qui soit structurant pour me pousser à plus de rigueur dans ma vie professionnelle voire tout simplement humaine mais la vraie raison était bien sûr une volonté, pas tout à fait consciente mais bien réelle, de mettre quelque chose dans ce grand vide qu’est ma vie.

Et voilà j’ai encore laissé échapper mes états d’âme… Je suis incorrigible !

Je devrais pourtant avant tout me souvenir que ce vide est mon environnement naturel, tout comme le poisson ne peut respirer que dans l’eau, le Laurent ne peut que vivre dans le vide. C’est vrai qu’au début cela fait peur, surtout lorsque l’on regarde la vie des autres. Toutes ces personnes autour de moi qui ont de la famille, des amis et qui courent partout avec des tas de rendez-vous. Chez moi rien de tout ça, en dehors de ma mère âgée, je suis seul dans mon vide.

Mais j’ai aussi un secret. 😉

Mon secret c’est que le vide n’est pas ce qu’il parait. J’ai en effet compris très tôt que le vide était un ami incompris.

Tout d’abord il faut comprendre que le vide ce n’est pas rien, j’ai parlé de vide pas de néant.

Tout comme dans un récipient vide, dans une vie sans attaches il y a de l’air beaucoup d’air pour bien respirer. Dans une vie vide on trouve aussi beaucoup de place pour la remplir de ce que l’on veut; passions dévorantes et dispendieuses en solitaire ou dans le but de tenter d’aller vers l’autre, hobbys insoutenables pour une épouse. Mais le vide c’est surtout et avant tout et du temps, du temps que l’on donne à soi-même pour se connaitre, pour fouiller dans la poussière de nos histoires de vies et trouver à quels moments nous avons été blessés tout cela pour pouvoir enfin lécher nos plaies.

Car oui, même à bientôt 50 ans c’est toujours l’enfance qui fait mal, un peu moins chaque jour mais quand même…

Ma vie vide je l’ai donc tapissée avec ce que je suis au dedans c’est à dire tout comme certains gamins que j’accompagne, avec cette musique qui ne cesse de couler en moi et que je tente depuis plus d’un an de guider vers mes doigts afin qu’elle résonne en dehors de ma personne mais toujours par mon entremise. J’ai aussi réservé une énorme place à mon travail et aux personnes qui me permettent de l’exercer et surtout de l’aimer, ces collègues qui comptent plus que ma famille en dehors de ma mère. Pour le reste il y a la photo, cette amie qui ne me veut pas que du bien et qui ne vient jamais me voir si je ne la force pas à passer chez moi. Il y a aussi ce travail perpétuel sur les langues étrangères que je maitrise à des degrés divers, cette curiosité insatiable qui me pousse à faire des choses parfois un peu folles et il y a ….

Hé mais stop !!! Il est passé où mon vide dans tout ça ? 😆 Tout comme la matière est composée de vide, la musique de silence, le vide de ma vie n’est-il pas en fait réduit à une existence proclamée mais bien cachée ?

Voilà il est 21h50 et je viens de passer presque une heure à écrire un texte sans aucun sens sur un aspect purement putatif de ma vie. Car oui ma vie vide de relations est en fait plus pleine que celles de certaines personnes qui croient être connectées aux autres et qui en fait ne le sont même pas avec elle-mêmes.

J’ai scruté les ténèbres en moi, j’ai sondé le vide en et autour de moi puis en surmontant mon vertige là où certaine personnes renoncent, je suis allé au bout de moi-même en prenant conscience de l’immense liberté dont je disposais pour faire de ma vie quelque chose qui me ressemble. Vide de l’extérieur mais intense pour la seule personne à même de la comprendre complétement c’est à dire moi. :mrgreen:

Une visite au musée

A chaque fois c’est la même chose, le centre régional d’art contemporain contacte l’école pour nous proposer une visite avec un thème et des explications alambiquées, je rigole en me disant « mais c’est quoi que ce délire et quel intérêt ça peut avoir pour les enfants » et une fois que j’y arrive, c’est la grosse baffe. Je découvre des choses géniales ainsi que des idées et l’envie de prolonger ces expériences avec des activités pour les enfants.

Cette fois-ci le nom de l’exposition que seuls les enfants ont pu voir (musée fermée au public mais pas aux classes allez comprendre la logique derrière tout ça…) enfin bref, le titre de l’exposition était « Prismatique ». C’était une exposition collective d’artistes travaillant toutes et tous sur des polyèdres et d’autres formes en trois dimension en sculptures et installations ou en peintures et photos.

Allez je vous emmène avec moi !

Des simples panneaux gris posés d’une certaine façon au sol et dans l’angle du mur blanc suffisent à tromper ma vision et à déformer les perspectives. La mesure de lumière de mon bridge a aussi été abusée ce qui a donné cette vision très graphique.

Alors oui j’ai adoré cette petite exposition que j’ai entièrement photographié. Les dames du musée nous ont donné des plans pour assembler des solides et les rassembler en une œuvre collective, ce que nous avons fait. Et même si ce soir je suis crevé d’avoir assemblé une vingtaine de tétraèdres et cubes ou pavés, je dois avouer que le résultat est vraiment sympa.

Les enfants aussi ont adoré, l’un d’entre eux qui devient de plus en plus dur à gérer a fait plusieurs colères avant de jeter sa chaussure au milieu de la grande salle du musée (photo ci-dessus). Là aussi c’était très graphique, du coup je le soupçonne d’avoir voulu faire un happening. 😆

Voilà c’est la fin de la visite n’oubliez pas le pourboire pour le guide, un petit commentaire est le bienvenu ! 😀

Non père

Aujourd’hui encore certains enfants du groupe que j’accompagne à l’école m’ont touché par leurs demandes simples et belles et par ces petites attentions et gestes affectifs discrets qu’ils ont à mon égard. Que cela soit pour leur lire une histoire ou pour discuter de pokemon et de culture geek, le fait de m’assoir près d’eux et de ressentir le bien-être que je peux leur apporter en leur racontant une histoire ou tout simplement en les écoutant, me touche énormément. Sans vouloir juger leurs parents qui sont souvent plus en difficulté que leurs enfants, je suis obligé de constater que bon nombre des jeunes que j’accompagne n’ont jamais eu ce qui pour la plupart des parents coule de source.

Alors oui, nous les éducateurs travaillons avec les familles pour les aider dans leur rôle de parents, mais hélas entre la mauvaise foi de ces derniers et les limites de nos actions, bien souvent nos beaux projets de soutien ne restent qu’à l’étape des vœux pieux.

Vous commencez à comprendre.. D’un coté vous avez des enfants avec parfois une histoire de vie proche de la mienne et de l’autre un éducateur qui bien que chevronné reste un être humain marqué par ses propres traumatismes et ses manques affectifs passés et actuels. Alors sans entrer dans le piège d’une relation fusionnelle qui serait dommageable pour tous adultes comme enfants, et bien que très conscient des mécanismes de transfert et de contre-transfert, et malgré les collègues qui voient tout cela et pensent de temps à autres à se poser en tiers, au terme de telles journées, je me mets à rêver de devenir père pour pouvoir vraiment porter un enfant dans la vie et non pas l’accompagner quelques années avant de rompre tous les liens comme l’éthique de ma pratique professionnelle l’exige.

Mais cela n’arrivera jamais. Tu ne m’appelleras pas « papa » car faute de pouvoir trouver une femme capable de m’aimer plus que je me déteste, je ne rencontrerai jamais ta mère. Je ne connaitrai donc jamais l’amour qu’un père porte à son enfant et ce qu’il reçoit en retour, pas de moments de tendresse ni de grandes colères, les conflits de l’adolescence… Non rien de tout ça. Puis je ne te verrai pas grandir et devenir tout ce que je ne suis pas avant de finir par poursuivre ton chemin en osant faire des choix le tout avec ma bénédiction plus ou moins tacite mais de sûr mon soutien inconditionnel.

Non, mon enfant, nous ne connaitrons jamais tout cela. Je suis donc condamné à être le père symbolique et professionnel de quelques centaines d’enfants, un rocher sur lequel les éponges qu’ils sont vont se coller pendant un moment en prenant des petits bouts de ma personne loufoque et passionnée pour se se construire des personnalités autonomes et individuées.

Alors oui, au terme de telles journées ponctuées de rires de complicité et de petits gestes de tendresse retenus mais bien repérés comme quand ils m’appellent « papa » sans faire exprès, je souffre de ne pas pouvoir devenir parent.

Mais bon, aurai-je été un bon père ? Les éducateurs ne sont-ils pas de piètres parents en vertu de l’adage selon lequel « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Il vaut mieux ne pas prendre de risques, quitte à bousiller une vie avec mes non-choix autant que cela soit la mienne et pas celle d’un autre être qui mérite tout sauf cela.

Alors au bout du compte, mon enfant, s’il te plait, reste dans le néant.

Et sois reconnaissant, car au fond si tu réfléchis bien, je t’épargne un aller-retour.

La tentation de l’égoïsme

C’est les vacances, ma semaine de vacances tant attendue… J’ai des tas de choses que je dois faire comme recevoir ma seconde dose de Pfizer jeudi matin aller chez le dentiste demain ou faire vacciner ma mère et il y a aussi les choses que je devrais faire comme ranger mon laboratoire photo pour le rendre à nouveau fonctionnel, balancer tout ce qui traine à la déchèterie et rendre service à des gens.

Sur ce dernier point, je dois dire que je suis devenu plutôt amer. J’ai l’impression de toujours donner de mon temps et de mes ressources sans que cela ne m’apporte rien en retour. J’ai par exemple récupéré des données sensibles sur un ordinateur portable qui ne démarre plus et équipé un de mes ordinateurs pour encoder des cassettes vidéos tout ça pour un quasi inconnu et sa copine qui ne m’ont rien donné en échange.

Alors suis-je devenu égoïste ? Non, je ne pense pas, je rends volontiers service sans rien attendre en retour à mes amis et dans le monde associatif mais j’ai peur de finir par me faire avoir par des gens qui n’en ont rien à faire de moi et qui veulent juste que je règle leurs problèmes gratuitement. C’est ce que j’ai fait remarquer à cette dame et du coup cette personne m’a donné l’ordinateur portable sur lequel j’étais intervenu. C’est une vraie saleté, une machine de supermarché non évolutive que je vais tenter de réparer en misant une trentaine d’euros pour les pièces détachées. Si je n’y arrive pas et bien je n’aurai rien en échange des heures de travail passées pour elle et son copain.

Des exemples comme ça je pourrai en donner des dizaines, « trop bon, trop con » c’est ça la formule consacrée non ?

Ce qui est le plus déplaisant dans ce genre de situation ce n’est pas tant de s’appauvrir (mon temps c’est de l’argent) en enrichissant les autres, mais c’est avant tout l’absence de reconnaissance au sens philosophique du terme. Si je rends un service à des personnes avec qui je n’ai pas de liens, j’attends en retour un autre service ou une rémunération, si je ne reçois pas cela je me sens comme dénigré, insulté.

Alors du coup pour ces deux personnes j’ai osé, et oui pour la première fois de ma vie j’ai réclamé quelque chose. Le gars m’a promis un billet, il a intérêt à s’exécuter. Quant à la dame, elle a intérêt elle aussi de faire un geste sinon si je parviens à réparer sa machine je la revends sans aucun remord et si je n’y arrive pas et bien là je serai vraiment très amer.

Car oui, que ce soit pour veiller sur leurs données ou pour respecter le travail des autres, certaines personnes font preuve d’une inconséquence dont je ne veux être ni la victime ni le complice.

Mise à jour du sujet !!!

J’ai écrit ce billet à 11h00, à 13h00 je décide d’ouvrir cet ordinateur. Je prends un petit tournevis pour enlever une dizaine de vis et j’ouvre cet ordinateur avec une carte de crédit, car oui ce genre d’ordinateur portable s’ouvre comme une tablette. Je déclipse le clavier et je remarque que les deux nappes se sont détachées. Je me dis que non que ce n’est pas possible que cette panne soit si simple mais bon je rebranche les deux nappes avec des lunettes qui font loupe et miracle, la machine redémarre !

Par la suite j’ai passé deux heures à vider cet ordinateur de tous ses fichiers et programmes de l’ancienne utilisatrice avant de changer son nom.

Car oui, elle me l’a donné ce machin, non ? Vu que c’est un Pentium V 7eme génération WIndows 10 64bits 4 Go de ram et office 2007 installé dessus, maintenant que je l’ai optimisé et qu’il fonctionne parfaitement, il fera un très bon ordinateur pour mon travail. La tentation de l’égoïsme était trop forte, j’y ai succombé ! 😀