Flagrants délires

La semaine a bien commencé. Cela peut sembler anodin mais hier soir en rentrant chez moi ma mère avait préparé le repas du soir, chose qu’elle n’avait pas fait depuis plus de six mois. Bon ce n’étaient que des trucs à passer au four mais elle a lu la notice et a bien préparé tout ça.

Bref, ma mère va mieux, je me sens plus serein et du coup je suis parti dans plusieurs délires qui ont en commun la musique qui prend de plus en plus de place dans ma vie.

La première chose un peu folle a été d’acheter tout à l’heure une troisième basse (photo ci dessus) uniquement pour la laisser au travail (dans le placard de ma salle dans l’école primaire) pour faire mes exercices tous les jours. Car oui, c’est débile d’acheter cette basse bas de gamme alors que j’ai investi dans une basse de haute qualité mais mes 20 minutes de pause quotidienne au boulot sont plus que ce que je peux dégager en temps personnels les soirs et le weekend. En plus de ça cet instrument me sera utile pour transmettre mon amour de cet instrument aux enfants musiciens du groupe. Bon, cet achat n’était pas vraiment prévu, à la base je devais juste acheter des médiators (les trucs en plastique pour gratter les cordes) et j’ai découvert que c’était mon luthier qui était devenu le nouveau vendeur du magasin ! Du coup en achetant chez lui j’ai une double garantie: bon conseil et service après vente. L’instrument n’est pas exceptionnel, à vrai dire il sonne un peu trop crade, une vrai casserole comparé à ma chère Fuyubi Chan ! Mais pour faire l’andouille au boulot ça sera très bien. Son nom ? Aka Chan ! Un jeu de mot japonais, aka veut dire à la fois « bébé » et « rouge » oui je me la raconte… :mrgreen:

La seconde chose va se dérouler demain matin, les enfants musiciens sont enfin prêts pour jouer la chanson que j’ai écrite pour eux parole et musique. Je devais être seul avec un jeune collègue que j’allais mettre à la batterie mais voilà que grâce au virus (oui j’ai bien écrit grâce au virus) l’animation à laquelle ma collègue devait participer hier est annulée et du coup elle sera avec moi demain. Je vais donc pouvoir chanter avec elle et notre classe entière notre chanson et je l’espère l’enregistrer en vidéo pour la mettre sur le DVD du spectacle de Noël qui cette année encore sera virtuel (et là j’écris faute au virus). Bref demain matin ça risque d’être un gros délire !!! :mrgreen: :mrgreen:

Et là on arrive à mon troisième délire qui lui va se dérouler demain en fin d’après midi et peut-être jusque tard en soirée. Demain c’est scène ouverte au pub du village, je vais donc chanter la chanson que j’ai écrite pour les gosses mais avec des paroles adultes qui évoquent les bagarres et règlements de compte en cour de récré. Les copines et copains du pub avait bien aimé quand je l’ai faite en mode brouillon avec deux trois litres de bière dans le bide, alors en propre avec un prof de batterie qui va m’accompagner ça risque d’être très sympa. Mais je vais aller encore plus loin dans la folie avec ma nouvelle chanson que j’ai écrite là encore à la base pour les gamins mais qui en fait est à l’inverse de la première une chanson que j’ai écrite pour un public adulte. Le thème qui m’est venu pour cette autre chanson punk c’est mon ressenti face aux changements négatifs que je vis dans mon village. Si la première chanson se nomme « A la récré » et peut faire croire que le thème est léger et enfantin (alors que ce n’est pas le cas pour sa version adulte), ma seconde création est elle très noire négative voire insultante ! Bref très punk ! Je me permet même de vanner le tenancier du pub ! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

Mais voilà, mis à part mon achat impulsif, les deux autres délires sont prévus mais ne sont pas sûrs d’être menés à bien. Cela va dépendre des deux enfants de mon groupe que je fais travailler très dur, du collègue batteur, de ma collègue qui chante dans un groupe et a une très belle voix, du reste du groupe…. Quant à mon petit spectacle au pub, je vais devoir attendre que l’on me laisse monter sur scène et peut-être présenter mon texte au gérant du pub histoire de ne pas risquer de choquer les gens.

Par contre si par miracle tout se déroule de façon plus au moins satisfaisante, comptez sur moi pour mettre ces souvenirs en photo pour la rubrique de samedi. Bon, dites moi « merde » pour demain ! 😀

Faux départ

Parfois la vie semble vous ouvrir des opportunités avant de les refermer violemment.

Lundi j’étais en train de discuter avec une collègue qui cherchait un prof d’anglais pour son fils au collège. L’occasion était trop belle de montrer aux autres et surtout à moi-même que j’étais tout à fait capable de faire ce travail vu mon niveau en anglais et mon attachement à cette langue (j’ai passé deux heures à discuter avec des anglais sur le mot de notre président qui veut e…..der les non vaccinés, et c’est pas simple à traduire ce genre de gros mot). Par ailleurs, je suis aussi tout à fait qualifié vu que je travaille avec des enseignants et que ce faisant, je comprends de mieux en mieux leurs méthodes.

Bref l’occasion était trop belle, cela m’aurait même payé quelques bières !

Mais voilà la brave dame devait en parler à son mari et ce dernier a choisi de ne pas donner suite en prétextant trouver un prof qui donne des cours remboursés par je ne sais quel dispositif. Il doit sans doute penser qu’un éducateur ne peut pas avoir un niveau d’anglais courant ou peut-être qu’il refuse de voir débarquer chez lui un collègue de sa femme vu le portrait qu’elle a du en faire ? Qu’importe. Du coup je suis un peu démoralisé.

Mais pourquoi donc ? Et bien je me sens un peu trahi, déconsidéré et du coup même si cette dame change d’avis je déclinerai en lui disant que j’ai changé d’avis.

C’est d’ailleurs le cas car à vrai dire même si j’ai très largement confiance en mon niveau d’anglais et en mes méthodes pour enseigner une langue, je suis moins sûr de moi pour ce qui concerne le relationnel surtout pour un jeune en difficulté en anglais du fait d’une mauvaise relation avec un prof. Et puis débarquer chez la collègue s’immiscer dans sa vie personnelle alors que je ne la connait pas est une épreuve un peu malaisante. Je peux ajouter que le fait de ne pas avoir à perdre mon temps libre et à m’inquiéter de ce que fait ma mère pendant ce temps là (elle va mieux et fait des petites imprudences) est aussi quelque part un soulagement.

Au final je suis en colère mais pas vraiment déçu car je vois les cotés positifs de cette aventure que je n’aurai pas à vivre. Ambigüité de ma personne où lâcheté ? Ça c’est à vous de juger ! :mrgreen:

Au jour le jour…

Voici donc deux semaines que ma mère est revenue de l’hôpital après y avoir subit une transfusion sanguine. Des examens sont en cours pour trouver l’origine de son anémie et en attendant je me retrouve dans le rôle d’un parent vu que ma mère est devenue un enfant capricieux et non autonome que je dois forcer à manger tout en lui apportant des soins infirmiers.

Faire cela pour sa mère est une expérience étrange que je ne souhaite à personne. Le sens du devoir et la conscience des impératifs fait que l’on fait les choses de façon plus ou moins mécanique en se blindant psychologiquement et en refoulant beaucoup de choses. Mon expérience en maison de retraite et mes facultés de résilience très fortes font que j’arrive à faire face sans problèmes.

Il n’en reste pas moins que ces circonstances complexes ont eu pour effet de me faire entrer dans une nouvelle période de ma vie. Enfin ma vie… Depuis tous ces problèmes je ne vis plus, je vivote. Je partage désormais le triste sort (mon expérience en la matière rend mon empathie crédible) des personnes qui vivent au jour le jour.

Vivre au jour, le jour c’est tout d’abord accepter d’entrer dans une routine désenchantée. Le matin je me réveille, je vais voir si ma mère va bien, et avant de partir je lui donne ses médicaments. Je ne pars pas sans lui avoir tout préparé pour sa journée. Lorsque je rentre vers 17h00, avant d’arriver je guette les signes de présence dans la maison (lumière allumée), j’ouvre la porte je soupire de soulagement de sentir sa présence et après m’être lavé au savon je monte prendre les nouvelles de sa santé. Puis c’est la bataille pour l’obliger à manger avant de faire le travail de la maison et de superviser le traitement du soir et surveiller son coucher.

C’est donc une routine macabre rythmée par des peurs plus ou moins conscientes. Une triste rengaine guère réjouissante mais qui a pour mérite de m’organiser et de me faire tenir psychologiquement parlant.

Le coté négatif de vivre sa vie au jour le jour tout en étant focalisé sur le bien-être d’une personne, c’est bien sûr le peu de place que l’on accorde à ses propres besoins. Trainer le soir, aller boire un coup, tout cela je ne peux plus le faire sans stresser ou me sentir coupable. Ma vie sociale bien que restant possible grâce à des amis compréhensifs, a cependant perdu toute sa saveur. Je n’exagère pas en écrivant que prendre du temps pour moi est devenu une expérience désagréable. Vendredi je vais tenter de reprendre mes cours de basse mais je crains de ne pas réussir à me concentrer sur mes cordes et sur les instructions de mon prof pendant les 50 minutes du cours car mes pensées seront tournées vers ma mère à l’étage.

Vivre au jour le jour c’est aussi dire adieu à toute forme de projet, mes lendemains sont devenus si fragiles que je n’arrive même plus à imaginer des choses dans un avenir proche qu’il s’agisse de projets personnels ou de la simple joie de revivre un printemps.

Mais si j’écris tout cela ce n’est pas pour me plaindre (je vous rappelle que je ne veux plus m’apitoyer vainement sur mon sort dans ces pages). Non, je fais mon devoir d’aidant, les choses sont ainsi faites et je les accepte sans broncher considérant que cela se rapproche d’un équilibre cosmique ou plus modestement d’un retour de karma voire du concept japonais de « giri » (義理) auquel je suis très sensible.

Au final si j’écris cela c’est pour toutes celles et ceux qui comme moi vivent depuis bien plus longtemps que moi au jour le jour pour des raisons proches ou éloignées des miennes.

Puisse le billet de ce soir vous aider à comprendre les personnes qui vivent au jour le jour et à ne pas les juger en les accusant de concourir à leur propre détresse.

Car vivre au jour le jour n’est jamais un choix, il s’agit bien au contraire de la conséquence d’évènements plus ou moins prévisibles face auxquels on manque d’options et qui finissent par faire basculer une personne dans une logique de survie caractérisée par une demie-vie.

Alors ce soir big up aux half-life ! 😎

Araignée du soir…

Alors que le médecin vient de quitter la maison en disant que ma mère va bien mieux, je remarque une araignée qui fuit le mauvais temps et squatte chez moi. Araignée du soir… Espoir ?

Alors peut-être vu que ma mère est bien active aujourd’hui, elle fait ses comptes communique plus. Bref c’est encourageant.

Reste qu’elle va subir des examens pour savoir d’où viennent les récents problèmes et c’est peut-être là que l’araignée va tirer sa révérence…

Mais bon ce soir elle va mieux, bien mieux alors je respire un peu.

Je vais peut-être enfin bien dormir cette nuit.

Positivisme non forcé

Ma situation personnelle n’évolue que peu, j’ai reçu de l’aide de ma fratrie mais au quotidien je me retrouve bien seul face à une mère qui perd ses repères et refuse de manger sans parler de mes autres soucis. Mais voilà, je m’accroche je n’ai pas le choix.

Par contre je vais cesser de me plaindre sur ces pages sauf si je dois faire face à de gros soucis que je jugerai bon d’exposer ici.

J’en ai marre de ces pages du mardi toutes plus noires les unes que les autres. Lorsque j’ai commencé ce blog je ne pensais pas en faire un étalage de mes ennuis et de mes pensées noires.

Du coup comme chaque mardi je me mets devant mon clavier et je laisse les mots couler de mon cerveau jusqu’à mes doigts sans aucune préparation et une fois écrite la phrase précédente j’ai tout de suite un souvenir qui me revient en tête.

Il y a quelques années avant le virus les ennuis de ma mère et le reste, ma vie professionnelle était un vrai calvaire avec un ou deux enfants dans mon groupe qui me donnaient beaucoup de mal. Le jeudi soir je rentrais au village et je faisais automatiquement un saut au pub pour décompresser.

C’était l’ancienne gérance, une jeune fille tenait de main de fer cet endroit avec sa mère mais nous avions très vite sympathisé autour de notre passion commune pour le groupe Ange. Le groupe avait même fini par faire un concert au pub, c’était un des plus beaux jours de ma vie.

A cette époque, le temps de garer ma voiture et de traverser la rue, une pinte de Guinness tout juste tirée m’attendait sur le comptoir. Mais la chose la plus belle et dont j’ai envie de me souvenir ce soir, c’était le rituel d’un jeune couple qui, comme moi, passait au pub tous les jeudis soirs.

Ces deux énergumènes avaient mis en place un jeu simple : Chaque personne assise au comptoir devait trouver et dire tout haut trois bonnes choses ou bonnes nouvelles arrivées ou reçues pendant la journée.

Alors et si pour ce soir je faisais pareil ? Allez ! Chiche !

  • Ma première bonne nouvelle c’est que les onze enfants de mon groupe sont négatifs au virus, les derniers tests PCR ou antigéniques réalisés pour chacun et chacune le confirment, même chose pour les adultes bien sûr.
  • Seconde bonne nouvelle reçue aujourd’hui : suite aux annonces du gouvernement au lieu d’aller au centre demain s’occuper d’autres enfants que ceux que nous accompagnons, nous allons reprendre l’école le mercredi. Mon slogan (à peine volé à un groupe de la scène alternative) c’est : « Ce n’est pas nous qui sommes à l’école, c’est l’école qui est à nous ! » Car oui, nous allons faire de la musique, du théâtre, de la danse sans se préoccuper de faire du bruit voire du vacarme car nous serons seuls à l’école. Ces mercredis dans une école vide et quasi privatisée sont de vrais moments de folie ! Les amplis à fond dans les couloir, concert dans la cage d’escalier !!! We will, we will rock you !!! 😎
  • Troisième bonne chose : aujourd’hui je pense avoir travaillé encore plus dur et de façon plus ciblée avec l’aide de mes collègues pour aider des enfants à avancer et à progresser. Nous leur en demandons beaucoup mais ils sont capables et volontaires. Du coup, accompagner un enfant dans l’acquisition de nouvelles compétences qui l’aideront à devenir autonome dans sa future vie d’adulte et arriver comme aujourd’hui à vaincre certains blocages, est une expérience plaisante et émouvante qui a aussi pour effet de me rassurer par rapport au sens de mon travail, voire de ma vie.

Voilà ! N’est-ce pas plus agréable à lire ? En plus de ça rien n’est faux ni exagéré ! 😀

C’est donc une expérience à renouveler. 🙄

Et moi ? hein ? et moi ?

Ce matin je me lève péniblement de mon lit en m’accrochant à mon armoire. Depuis quelques temps j’ai très mal dans le talon à chaque réveil avant que la douleur s’estompe comme si chaque jour mon corps devait se rappeler du travail qu’il doit faire pour supporter ma masse. Dans la foulée je grommelle, je fais quelques légers bruits et cela suffit pour tirer mon siamois de son sommeil.

Lui n’a pas de soucis pour se lever ni pour réclamer avec ses cris rauques que je m’occupe de lui. Je dois alors le nourrir, enfin négocier son repas, lui donner une seringue de médicament pour ses problèmes rénaux et gérer d’autres soucis de santé que je ne peux détailler ici surtout vers l’heure du repas. Bref, je commence ma journée comme vétérinaire, je veille aux besoins non verbalisables de mon chat.

Une fois le chat géré je fais la feuille du jour pour ma mère. Quel jour nous sommes, le programme de la journée, l’heure de mon retour… J’écris tout cela chaque jour. Je prépare aussi ses médicaments, je fais la vaisselle de la veille et je réfléchis au menu du soir tout en vérifiant encore une fois que tout soit à sa portée pour qu’elle puisse se débrouiller toute seule la journée sans se mettre en danger. Me voici donc devenu aidant veillant à des besoins niés par ma propre mère qui me traite d’emmerdeur (ce qui me rassure sur sa santé mentale).

Deux heures après mon réveil, je commence mon activité salariée d’éducateur qui accompagne une douzaine d’enfant en situation de handicap mental dans une école primaire. Vu que nous sommes au siècle des acronymes ronflants et illusoires, j’ai décidé de nommer mon métier « E.S.I.S » ce qui en toute lettre se traduira par « éducateur spécialisé en inclusion scolaire ». Oui ça m’amuse beaucoup… J’accompagne en particulier un jeune garçon dans une classe ordinaire pour qu’il avance en lecture et en compréhension en l’aidant chaque jour pendant 90 minutes à faire face aux demandes d’une classe ordinaire. Le reste de la journée je veille aussi aux besoins des 11 autres enfants en mettant en place des activités préparées avec soin. Je suis éducateur spécialisé et je veille aux besoins peu ou pas verbalisés par les enfants de mon groupe.

Le soir je reçois des mails de la paroisse, je dois faire des mises à jour pour un blog d’information que personne ne lit et on me demande de taper le discours de l’évêque pour l’afficher sur le panneau d’information de l’église. Me voici devenu web-master associatif. Je m’exécute, je veille donc à des besoins putatifs.

Et tout cela avec cette immense solitude et cette intense fatigue issue de mes nuits sans sommeils passées à m’inquiéter pour mon avenir. Je vais très mal dans ma tête et dans mon corps et ça commence à se voir. Le retour de la menace virale avec un nouveau variant résistant à mes trois doses de vaccin n’arrange pas les choses coté anxiété. Mais bon, si moi je veille aux besoins de toutes ces personnes et animaux, personne ne veille aux miens. Mon bien-être relève de ma seule volonté et responsabilité.

Ce qui est paradoxal c’est que si j’arrive à aller mieux ce sont tous mes aidés qui s’en sortiront mieux ! Une main tendue n’est donc pas un espoir égoïste mais un droit que je revendique après cette vie passée au service des autres tout en remettant les miens à plus tard.

Je voudrais avoir plus de temps pour faire de la photo, pour progresser en musique et pour découvrir d’autres choses. Mais non mes devoirs familiaux, professionnels, associatifs et vétérinaire sont prioritaires sur mon bien-être (je n’ose même pas parler d’épanouissement).

Ce soir je comprends enfin avec une grande sincérité la détresse des aidants.

Mais ce soir une fois de plus je suis heureux d’avoir cette capacité particulière, ce pouvoir si utile pour survivre et tenir bon : mes facultés de résilience qui me permettent de subir tout cela en m’effaçant systématiquement de l’équation.

Quelques signes d’espoir du coté de ma famille qui commence à vouloir se mobiliser pour m’aider. Toute aide même morale sera la bienvenue mais même si cela ne se concrétise pas, je serai résilient afin de survivre, je n’ai pas le choix car même si je ne suis pas irremplaçable (loin de là) ma mort serait tout de même problématique pour pas mal d’entités et pas seulement pour un vieux siamois constipé… Enfin j’ose l’espérer… 🙄

Pannes en série

Dimanche matin, mon ordinateur principal, une machine puissante qui fonctionne avec deux systèmes d’exploitation, bref cette machine sur laquelle je travaille et je me distrais, est tombée en panne. Une mise à jour critique a déstabilisé la machine qui au réveil a eu un gros bug qui l’a empêché de démarrer. Alors cela est un peu gênant vu que je n’ai qu’un portable pour rédiger ce blog, consulter mes mails et gérer mes affaires mais il me suffira d’une journée pour récupérer mes documents importants avant de tout réinstaller proprement. J’y gagnerai un ordinateur bien plus performant et avec une grande capacité de stockage. bref un désagrément de brève durée qui va bien se terminer.

Par contre dimanche matin ma mère est venue s’assoir sur mon lit à 7h du matin, elle a attendu que je me réveille pour me demander « Il est où le père des gosses ? » Il n’y avait bien sûr personne dans la maison, les dernières personnes qui ont dormi à la maison était mon frère et sa femme il y a un mois. J’ai passé plus de 20 minutes à lui remettre les idées au clair après l’avoir recouchée. Oui, elle aussi a eu un bug au démarrage mais contrairement à mon ordinateur principal cela ne risque pas de s’arranger.

Depuis plus de signe de démence, ma mère nie avoir eu ce problème. Je cherche à me rassurer en imaginant qu’elle a été victime d’un rêve trop éprouvant mêlant ses angoisses à son envie de voir des enfants (symbole de vie) au cœur de son éternel automne moral.

Après tout il m’arrive moi aussi à avoir du mal à démarrer mon disque dur au réveil, parfois il me faut une minute pour me souvenir quel est le jour et ce que je dois faire dans ma journée.

Mes tentatives pour relativiser la situation ne m’ont pas pour autant empêché de prendre des mesures préventives afin d’éviter une dégradation de la situation voire un drame. Tous les matins j’enferme donc ma mère à clef dans la maison (de toute façon elle ne descend même plus à l’étage du bas) et je lui laisse une feuille avec la date du jour et l’heure à laquelle je rentre ainsi que les autres informations importantes pour la journée. Je surveille aussi sa prise de médicaments et je m’assure qu’elle mange correctement.

Bref, je vis le cauchemar que vivent tant d’aidants, je suis devenu le père de ma mère qui elle est en train de devenir un enfant handicapé qui ne peut rien faire sinon mentir et que je dois surveiller et sermonner.

Je savais que cela allait arriver mais pas si rapidement.

J’avais fait des démarches pour avoir une aide ménagère mais je dois refaire tout le dossier car celui constitué avec les documents trouvés sur Internet n’est pas le bon ( j’ai découvert en téléphonant à une assistante sociale que les dossiers APA sont différents selon les départements). Je pense donc avoir la visite d’une assistante sociale en janvier, entre travailleurs sociaux on va vite se comprendre.

Voilà, des ennuis, encore des ennuis et peu d’espoir à l’horizon vu ce qui m’attend par la suite.

Parfois je me mets à rêver que les humains soient faits comme les ordinateurs… 🙄

Ah le bonheur !

Hier je racontais la blague mené par Rémi Gaillard pour montrer la stupidité des médias français. Ce matin comme si cela ne suffisait pas, les information relaient en boucle le résultat d’un sondage IPSOS selon lequel 4 sur 5 français est heureux.

En cette période préélectorale le message ne pouvait être plus clair : tout va bien consommer acheter des trucs et encore des trucs, faites marcher l’économie.

Ce sondage est certes biaisé mais il est aussi très stupide et ce pour plusieures raisons.

La première est mathématique, une autre façon de présenter ce sondage aurait été de dire que 20% des françaises et français déclarent ne pas être heureux. Je ne sais pas pour vous mais je trouve que c’est un chiffre assez alarmant que les pouvoirs publics ont préféré interpréter en se focalisant sur les personnes heureuses.

Dans un second temps on peut aussi de demander comment les sondeurs ont travaillé, si ils interrogent des papys mamies qui rentrent du loto musette c’est sûr qu’ils diront être heureux. Les instituts de sondages sont censés avoir une éthique et une méthode pour éviter de tomber là dedans mais le ton guilleret de cette information fait que je me pose la question d’éventuelles manipulations au niveau des méthodes.

Enfin et ça c’est pour moi le plus intéressant, parler de bonheur rend ce sondage tout à fait débile vu que le bonheur n’existe pas. Quelqu’un qui a atteint le bonheur est soit ignorant du vrai sens du mot soit au delà de la condition humaine comme une personne ayant atteint un niveau d’éveil intellectuel ou spirituel ultime.

Le bonheur existe mais sous forme de petites miettes qui se glissent dans nos quotidiens de façon si discrète que l’on ne se rend même pas compte de la saveur de ces instants pendant qu’on les vit mais seulement après en y repensant et parfois en enjolivant les choses, ce qui là encore pose la question de l’existence ou non du bonheur.

Notre monde, notre pays connait des drames humains de plus en plus violents, injustes et banalisés et les perspectives d’avenir que cela soit sur les plans environnementaux, économiques, sociétaux ou autres sont très sombres. Parler de bonheur dans ce contexte pour faire croire à l’approche des votes que tout va bien est d’un cynisme sans nom. C’est mon avis et je le partage. :mrgreen: