Vide…

Nous sommes lundi soir et je compose en avance mon billet pour demain pour éviter une nouvelle rupture de la continuité de publication de ce blog dont je ne regarde même pas les chiffres de fréquentation.

Toute la semaine j’ai des idées et je me dis vivement mardi pour parler de ci ou de ça. Cela fait un mois que je veux par exemple évoquer le coté duel de notre univers qui ne semble exister qu’à travers des rapports de forces entre deux opposés. Mais non c’est lundi et je suis déjà fatigué et hélas démotivé.

Mon apprentissage de la musique n’avance pas, je passe mes weekends à faire du travail pour remplir les dossiers ou pour créer de nouveaux outils pour la salle où je travaille avec les enfants. Les temps de travail que je devrais occuper à parfaire ces outils avec mes collègues sont monopolisés par des réunions aussi stupides que vaines pour faire passer la pilule de la fusion des différents services dans le même bâtiment.

Mais je m’en fous de tout ça, je baisse la tête et je fais ce que l’on me demande tout en étant bien lucide sur la réelle portée de ce pseudo travail.

Alors pour tenir j’ai la présence des enfants, veiller à leur développement, rigoler et passer de bons moments avec eux lorsque c’est possible et les sanctionner avec une fermeté respectueuses lorsque c’est nécessaire. Cette année mon nouveau groupe compte des enfants très intéressants que je découvre un peu plus chaque jour. J’ai aussi mes projets, mes activités, les traces de mon travail que je laisse sur le blog que je tiens pour le groupe, bref des tas de choses qui me font oublier non seulement mes soucis avec les changements négatifs à l’établissement mais aussi toutes les choses qui m’inquiètent et me pourrissent le moral et la santé.

Demain mercredi, je vais sans doute faire une séance portrait/développement avec les enfants et le Mamiya RB sd Pro. On va encore bien s’éclater !

Sinon promis, cette semaine dès que je trouve un temps de cerveau disponible, je commence un article de fond pour mardi prochain. Les états d’âme d’un éduc c’est gonflant. :mrgreen:

Droit d’inventaire

Ce weekend a été très éprouvant, une soirée trop longue et bien trop arrosée de vendredi soir à samedi matin et un dimanche inattendu qui m’a bien retourné la tête.

Car oui, dimanche dernier j’étais un des volontaires venus aider au vidage de la cure du village suite au décès de notre curé.

Notre prêtre avait donné tous ses biens à l’évêché mais celui-ci après avoir récupéré l’argent de la paroisse a préféré tout de même appeler la famille de feu notre prêtre pour qu’ils prennent ce qu’ils voulaient.

Et c’est là que j’ai eu une bien drôle d’impression…

Car oui ces personnes bien que sympathiques et sincèrement émues par le décès de Pierre, se sont mis à vider le bâtiment de façon hyper méthodique et un peu froide. Il n’y avait pas de place pour les souvenirs autour de notre prêtre, non, là c’était récupérer le plus de choses et le charger dans les divers véhicules dont un gros camion.

Voyant cela j’ai été assailli de pensées très noires sur cette dimension de nos existences, que reste t-il de nous à notre mort ? Les objets récupérés par succession sont-ils des moyens de faire vivre la mémoire de la personne défunte ou bien juste une façon de s’enrichir ?

De mon coté j’ai demandé à récupérer une de ses guitares que je vais amener chez le luthier pour en jouer en me rappelant de lui tout comme je joue avec la basse de feu ma nièce pour me rappeler d’elle et de sa mort bien trop précoce et violente.

J’ai aussi négocié avec la famille pour prendre quatre bouteilles de goutte dont deux de la fin des années 70. Mon but est de les préserver afin de les ressortir lors d’un éventuel repas paroissial à l’heure du café comme aimait tant le faire Pierre.

Guitare ou gniole, je suis donc au clair…

Mais bon j’ai ouvert une des bouteilles car j’étais trop curieux de découvrir le gout d’un alcool qui a presque mon age.

Et bien chui pas déçu ! Heureusement que la notoriété publique va faire que je vais m’astreindre de retourner y gouter car comme on dit chez nous elle a un « goût de r’vient-z-y » 😆

Fatigue précoce

Alors oui aujourd’hui pas grand chose à raconter, je pourrais évoquer la lourdeur des mesures anti-covid qui doivent être respectées de façon stricte et absolue alors que pendant le repas nous enlevons tous nos masques dans un espace clos sans respecter les distance, de mon lieu de travail qui est devenu un repère de geeks mais non, je préfère tout ramener à ma personne et évoquer ma lassitude après ces premiers jours de travail.

Car oui, chose nouvelle au travail je suis partagé entre le stress généré par la situation sanitaire et l’ennui de voir que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Mais là, ce soir je m’arrête là car j’ai bien mieux à faire qu’à râler sur ce blog : je dois finir et amplifier mes exercices quotidiens de guitare afin que mon prof puisse voir que je suis un gars sérieux qui s’accroche…

Hélas je n’ai pas été très brillant ce soir une fois de plus…

Je commence à penser que je suis en fait un parent pas très éloigné de Forrest Gump… 🙄

La nouvelle grille de mon blog

Ces derniers temps je me suis rendu compte que You Tube tenait trop de place sur mon blog et que de nombreuses vidéos partagées dans mes articles avaient été retirées de ce site de streaming. Après presque deux ans de cette formule, il est donc temps de faire comme la TV ou la radio, c’est à dire de proposer une nouvelle grille de rentrée. 🙂

Car oui, après 690 jours de publication quotidienne d’articles, je me suis donc dit que mes quelques lecteurs ainsi que ce blog en lui-même méritaient mieux que des collages rapides de liens You Tube. J’ai aussi remarqué qu’un de mes articles les plus apprécié a été sur mon ressenti face à un anime japonais, un article très personnel et ainsi très loin de la façon dont les spécialistes d’animés écrivent. Je n’ai pas toute la culture et les références de ces personnes du coup j’ai fait ça à ma sauce et cela a semble-t-il plu à certaines personnes.

Alors au bout de tout ça je vous propose la grille de rentrée suivante :

  • Les lundis insolites : je reste sur la même formule car c’est très drôle de chercher des bêtises dans la presse nationale et internationale histoire de bien commencer la semaine.
  • Le mardi : pareil je continue de causer sur ma vie ou de réagir sur un sujet quelconque
  • Le mercredi : Là encore je garde quasiment le même concept, présenter une chaine You Tube ou une ressource Internet qui digne d’intérêt et je développe en écrivant les raisons de mon choix.
  • Le jeudi : Je présente un anime Japonais en écrivant un texte et en faisant des captures d’écran qui resteront et là aussi je tente de développer mon propos.
  • Le vendredi : Bon, là il y a encore beaucoup de choses à ressortir de mes archives et là aussi je fais un bilan pour ne pas faire qu’un simple copié-collé de mes archives.
  • Le samedi : Nouveau concept : je présente une photo numérique ou argentique avec un texte pour la présenter et évoquer les circonstances autour de cette image.
  • Le dimanche : Une photo argentique sans commentaire. Là c’est service minimum car le dimanche c’est fait pour se reposer.ou préparer sa semaine et son cours de guitare du mardi. :mrgreen:

Alors vous en dites quoi de cette grille de rentrée ? 😀

BOUM !!!

Bon et bien voilà je suis mort et j’ai fait exploser la baraque dans la foulée !

C’est ce que j’aurai pu écrire car il y a moins de dix minutes une accumulation de gaz sous la nouvelle plaque de cuisson causée suite à mon raccord mal fait, a fini par exploser avec la flamme de la casserole du dessus. Ma mère était tout près et elle m’a raconté que c’était impressionnant.

Car oui, en dehors du meuble de rangement qui s’est ouvert et qui a expulsé de nombreux plats et ustensiles sur le sol de la cuisine, le four lui-même est sorti faire une balade: après la détonation je l’ai retrouvé au milieu de la cuisine !!! J’étais si paniqué que j’ai tout remis en place sans même penser à faire une photo. Les garnitures basses du meuble ont aussi volé dans la pièce et le tout avec des flammes, bref un spectacle son et lumière de type traumatisant.

Du coup trois choses à tirer de tout ça :

  • Nous sommes si blasés par les malheurs successifs qu’une explosion de plus ou de moins ne nous impressionne même plus.
  • Un grand merci à notre ange gardien, personne n’est blessé et même pas de dégâts matériels.
  • On ne rigole pas avec le gaz, je ne me sentais pas de le faire on m’y a forcé mais j’aurai du continuer à procrastiner. Car oui, le gaz c’est dangereux. Les explosions sont violentes et spectaculaires et du coup seuls des professionnels devraient être agréés pour installer une plaque de cuisson ou une autre machine fonctionnant au gaz. Les notices Darty on les oublie.

Mais enfin, je le redis… OUFFFFFF… Pas passé loin ce coup là… 😯

Bon plus qu’à trouver un installateur, un vrai cette fois-ci !

La vie des autres

Souvent dans ces pages je me plains de ma vie, de ma solitude réelle et existentielle et en général de tas de choses qui m’angoissent à plus ou moins courte échéance.

Forcément dans cet état d’esprit, j’ai tendance à regarder la vie des autres avec envie en me limitant à relever quelques points positifs pour décréter qu’elle est forcément meilleure que la mienne. Mais même en étant bien conscient que le bonheur n’existe pas et ce pour aucune personne, je ne m’attendais pas pour autant à trouver autant de souffrance dans la vie de personnes que j’estimais chanceuses.

Ces dernières semaines j’ai eu tant d’exemples de souffrances aussi profondes que cachées que cela me donne envie de parodier Shakespeare en écrivant : « montre-moi un homme heureux et je te montrerai une tragédie ».

Un des signe révélateur de malaises profonds chez les personnes qui cachent leurs souffrances c’est la consommation d’alcool. Face à une personne qui boit beaucoup, notre jugement est souvent biaisé. Si c’est un proche qui se prend des murges on en parle en rigolant avec lui et si c’est un inconnu avec ce qui semble être une vie de merde alors là nous pensons directement que nous sommes face à un alcoolique. Mais est-ce si simple?

Mon opinion sur la question renforcée par mes dernières observations est la suivante : chaque fois que l’on est face à une personne qui boit jusqu’à s’en rendre malade c’est que cette personne, et ce peu importe les signes extérieurs de bien-être et de vie équilibrée qu’elle manifeste, est en fait une personne qui n’est pas bien dans sa vie..

Alors oui le papy qui se bourre la gueule à un mariage, le copain marié père de famille avec une belle situation qui se prend de grosses murges à chaque fois qu’on boit avec lui, cette célébrité bien connue pour ces excès… Tous ont pour point commun de cacher de profondes souffrances que l’alcool vient révéler sans avoir besoin de leur délier la langue.

L’alcool consommé avec excès est comme une drogue, ses ravages à court, moyens et long terme sont un prix très lourd à payer pour quelques instants de détachement, de flottement. Ainsi pour vouloir payer ce prix pour si peu et risquer comme pour toutes les drogues de tomber en dépendance, il faut vraiment avoir une grosse souffrance en soi et penser que seul l’alcool peut l’effacer tout en sachant que ce n’est que de façon provisoire.

Les personnes porteuses de souffrances cachées et qui boivent de façon régulière pour tenter d’y échapper ont d’ailleurs mis au point certaines stratégies pour que leurs crises de dipsomanies (c’est le nom médico-psy de la murge) ne soient pas repérées comme révélatrices d’une détresse. Notre mentalité franchouillarde facilite bien les choses, entre copains on se raconte souvent les murges que l’on prend en rigolant de ces « exploits » mais ce n’est qu’entre de vrais amis que l’on peut s’interroger sur la raison qui nous a a poussé à tant boire. Pour les plus jeunes la dimension de défi est aussi bien présente, tester ses limites face à l’alcool approcher le coma éthylique pour en tirer de la gloire et parfois dans un groupe ritualiser l’usage de l’alcool pour en faire un rituel de passage dans une société qui n’en a quasiment plus…

Et moi dans tout ça ?

Mon corps de par ma corpulence et mon entrainement tolère assez bien l’alcool mais je n’ai aucune envie d’en boire lorsque je suis seul et quand je suis avec les autres je me fixe aussi des limites ce qui me permet de veiller à la sécurité des gens qui autour de moi continuent à boire. C’est très prétentieux mais c’est vrai, je l’ai encore testé la semaine dernière.  Je n’ai pas besoin de l’alcool pour conjurer les démons qui sont en moi, je les ai regardé en face depuis bien longtemps et depuis nous avons appris à faire bon ménage ensemble.

Cependant au moment de conclure ce billet hebdomadaire je vais écrire quelque chose de très horrible mais que ma sincérité m’interdit de cacher : découvrir les souffrances des personnes que j’enviais m’a procuré un incroyable soulagement. Je ne me plaindrai plus de ma vie de merde car je crois que tout autour de moi des tas de personnes que je pense être heureuses et équilibrées cachent en fait de profondes blessures d’autant plus lancinantes qu’elles s’interdisent de les verbaliser et restent ainsi seuls avec elles.

Au fond je l’aime bien ma petite vie de merde !  😈

Parenthèse enchantée

Hier c’était ma fête et pour une fois ça a été ma fête dans le sens positif, une bonne saint Laurent pendant laquelle j’ai fait un bénéfice net (après déduction des frais Paypal) de 801 euros. J’ai atteint cette somme sympa en vendant un reflex numérique dont je ne me sert plus, les chaussures de ma mère pour 5 euros (je lui ai donné ses sous), du film rare à un copain 😉 et surtout ma chambre Sinar Norma 13×18. En 13×18 (5×7″) je garde donc la P et je vends la Norma, une chambre par format c’est logique ! C’est ça la rationnalisation !  😎

Ces dernières semaines je me suis rendu compte de plusieurs choses, en premier lieu du poids des choses qui s’entassent autour de moi, m’emprisonnent et ne me procurent plus de plaisirs et aussi de la fragilité de ma situation. A 47 ans je vis chez ma mère en lui payant un loyer qui est prélevé chaque mois ainsi que mes autres dépenses assurances téléphones etc. Si j’ajoute mes petits plaisirs et mes achats de matériel, il devient très difficile de pouvoir économiser pour faire face à la suite quand le moment sera venu.

L’argent c’est quelque chose d’étrange, il est si facile à dépenser mais si difficile à gagner… Mes ventes ont été compliquées à faire avec les photos et les renseignements de plus en plus complexes à donner sur les plateformes de vente. Cela prend pas mal de temps et au final entre les frais Paypal et les autres on se rend compte que l’on vend très souvent à perte. Mais qu’importe…

C’est ainsi que depuis mes « petites révélations » j’ai commencé à me soucier bien plus des questions d’argent. J’ai ainsi commencé à vendre tout ce que je pouvais et je ne vais pas m’arrêter de sitôt car je veux me constituer un véritable tapis de secours face aux incertitudes multiples de cet avenir plus sombre de jour en jour. Je vais aussi réduire de façon drastique ma consommation de bière et de nourriture locale ( dommage pour la brasserie du village) et renoncer à tous mes projets d’achat de biens non essentiels.

Bref je vais vivre sans le moindre plaisir hormis celui de la musique. La musique que je fais avec mes exercices et celle que je continue d’étudier avec mes cours payants de basse et de guitare, car oui ça avance et vu le progrès positif et le plaisir réel que cela me procure, je serai stupide de tout arrêter. En plus de ça j’en ai besoin pour le boulot afin de mener à bien une action éducative reposant sur la musique.

Un homme seul tel que moi n’a besoin de rien d’autre que d’un peu de nourriture (ces dernières semaines il n’y a que trois repas par semaine car trop chaud et pas motivés pour cuisiner), d’un toit et d’une connexion Internet pour avoir accès à du contenu gratuit.

Mais cela suffira-t-il à me donner mon quota de plaisirs ?

Ah mais oui c’est vrai ! J’allais l’oublier une fois de plus ! Je n’ai pas le droit d’être heureux, alors du coup le moindre plaisir sera bien suffisant pour m’empêcher de tomber dans la grande déprime ! 🙄

Ré-ouvrir les vieilles blessures…

Hier dans un moment d’égarement et pour rendre un service à mon frère, j’ai ouvert un compte Facebook sous un pseudo débile. J’ai vite casé trois photos et j’allais chercher un moyen de le fermer quand tout à coup j’ai eu cette idée stupide.

Tenter de la retrouver et de la joindre.

Alors attention, cette fois on va parler d’amour !

Il y a une trentaine d’année au lycée, je suis tombé amoureux d’une fille de ma classe mais entre mes complexes et mon statut de loser notre relation s’est limitée à une grande amitié platonique vécue à grand coup de séance de ciné et d’échanges épistolaires. Le bonheur de recevoir une lettre, objet physique et personnel de l’être aimé (même unilatéralement) dans sa boite aux lettres…

Je me souviens encore très précisément du jour où mon cœur a explosé d’amour pour elle. C’était un mardi d’octobre 1991 en cours de maths. La prof venait de me poser une question à laquelle je ne savais pas répondre. Les autres jeunes s’étaient moqués de moi et j’avais fondu en larmes en les suppliant de cesser de se moquer de moi. Et c’est là qu’elle était intervenue pour prendre ma défense devant toute la classe. Pour la première fois quelqu’un semblait s’intéresser à moi, alors comme un animal blessé et affamé, j’ai passé le reste de mes années lycée à tenter de suivre la main qui m’avait apporté un peu de réconfort et d’espoir.

Nos chemins se sont séparés en 1992, après le bac je ne l’ai revue qu’une seule fois et déjà il était devenu plus difficile de parler ensemble. Par la suite elle est partie à Paris s’est mariée a eu deux enfants a divorcé et est partie dans le sud où elle fait un travail peu gratifiant tout en rêvant de pouvoir retourner dans notre région.

Et ça, c’est ce qu’elle m’a raconté hier. Car oui, avec ce réseau social j’ai vite eu fait de la retrouver. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me réponde si vite mais elle l’a fait. Reste à savoir si elle va désirer poursuivre nos échanges sur Internet…

La vie est pleine d’ironie, elle pensait que j’étais devenu riche avec une bimbo au bras et moi je pensais qu’elle était dans la restauration de luxe avec une famille épanouie… Comme quoi ce genre de futur n’existe que dans les films.

Alors nous voici tous deux avec nos désillusions, nos vies en lambeaux et nos difficultés familiales. Alors que faire si nous décidons de prolonger nos échanges ? Finir par se revoir cet été ? Et puis ? Comprendre que nous n’avons plus rien en commun ce qui pour moi aurait pour effet de détruire à jamais la seule romance de ma vie ? Ou alors continuer à se faire coucou sur le web avec des petites conversations futiles en attendant que je trouve le courage d’évoquer avec elle nos relations passées espérant qu’elle m’avoue enfin si un jour, une fois, elle a eu elle aussi des sentiments pour moi. Si elle dit non je serai enfin apaisé et si elle dit oui alors là c’est clair que j’aurai du mal à monopoliser mes facultés de résilience pour surmonter le choc.

Car oui, cet amour a toujours été très particulier pour moi, c’est la seule fois où j’ai aimé une fille en dehors de toute pulsion sexuelle. Adolescent avec mes hormones qui bouillonnaient, je ne regardais jamais son corps mais seulement ses yeux,  je ne désirais qu’une seule chose c’était passer le plus de temps en sa compagnie. Je n’ai jamais fantasmé sexuellement sur elle mais je rêvais de voyager avec elle dans le monde entier.  A l’époque j’étais jaloux de tous les garçons qui l’approchaient. Mon amour pour elle était aussi pur qu’exclusif et dévorant, bref une vraie maladie.

Un baiser échangé avec elle aurait sans doute changé ma vie entière, j’en suis convaincu mais hélas cela ne s’est pas fait. J’ai tenté plusieurs fois de lui faire comprendre l’amour que j’avais pour elle parfois de façon très directe avec des phrases du genre « j’aurai tant aimé t’embrasser une fois dans ma vie » , j’avais même vidé mes économies pour lui acheter un pendentif en or avec sa chaine, bref j’ai fait tout et n’importe quoi en faisant attention de ne pas la brusquer pour ne pas me faire jeter pour de bon.

Le pire épisode dont je me souviens, c’est de l’avoir supplié de me donner une chance, je me souviens de cette soirée où elle m’a entrainé sous le pont en attendant que je fasse le premier pas chose que je n’ai jamais osé faire. Au final ce grand amour à sens unique a fini par bloquer toute romance en moi en me renvoyant une image de moi-même des plus pitoyable.

Le plus triste dans tout cela c’est qu’à l’époque il y avait une autre fille qui vivait la même chose que moi sauf qu’elle n’avait jamais osé m’avouer ses sentiments et attendait que je me rende compte de sa présence et de ses désirs en passant du temps avec moi. Je pense qu’elle m’a aimé lorsque je l’ai consolée dans le bus un samedi matin car elle pleurait après avoir eu un 5 en philo sur le sujet « le jeu n’est-il qu’un jeu ». Elle n’avait pas fait la partie pour dire oui le jeu est tout d’abord un simple jeu… Le prof avait hurlé que nous ne savions pas lire un énoncé (Mais comment est-ce que je me souviens de tout ça ?  😯  ) Je me souviens lui avoir dit des choses sympa pour la réconforter (j’avais eu une bonne note) et je me souviens avoir vu quelque chose dans ses yeux et je me souviens aussi des autres signes qu’elles m’avait laissé par la suite. Mais moi, hypnotisé par mon amour dévorant, j’avais remarqué tout ça tout en choisissant de l’ignorer. C’était une copine sympa que jamais bien mais mon cœur ne battait que pour cette autre fille.

Quelle aurait été ma vie si un de ces deux amours avait donné quelque chose ? Une relation d’adolescents de quelques mois aurait sans doute suffit à me donner une autre image de moi-même en diminuant mes complexes. Je peux même imaginer que fort de cette nouvelle confiance en moi, j’aurai étudié de façon plus correcte au point de faire fructifier mes diplômes pas comme cette maitrise de droit privé qui n’a pas servi à grand chose à l’éducateur spécialisé que je suis devenu.

Au final si j’y réfléchis bien, mon premier grand amour était unilatéral et cristallisé et a trouvé sa place sur une étagère de mon cerveau où il sert de rappel : Ne plus jamais aimer personne.

De toute façon je n’ai pas droit au bonheur, alors…

 

Reprendre le dessus…

Je reviens de chez le cardiologue où j’ai emmené ma mère, son cœur va très bien, tachycardie très faible pour ses 83 ans, bref si elle n’était pas tombée tout irai pour le mieux. Son dos lui fait très mal et les radios vont surement confirmer qu’il y a du dégât et que la douleur va mettre du temps à s’estomper.

Et de mon coté ? Et bien j’ai été en PLS pendant plusieurs jours suite à cet accident et surtout en voyant ma mère plonger dans ce qu’elle ne sait pas nommer : une bonne vieille dépression. Du coup j’ai eu de nouveau une grosse bouffée d’angoisse en m’imaginant sous un pont dans quelques années car avec de tels incidents de vie je ne peux qu’en imaginer d’autres plus ou moins crédibles comme la perte de mon emploi suite à la situation sanitaire liée au virus.

Personne à qui parler, plus de force pour travailler et continuer mes rangements, mais peu importe mon affliction, je dois reprendre le dessus.

Et ça commence cet après midi avec un premier rendez-vous chez un prof de guitare réputé de la région. Le but c’est d’identifier avec lui les choses qui limitent et bloquent ma progression à la guitare et aussi tenter de déverrouiller mon blocage psychologique qui fait que je suis raide face au groove.

Cours de guitare, cours de basse, ça fait peut-être un peu beaucoup surtout pour quelqu’un qui comme moi n’a aucun espoir ni avouons-le volonté, de jouer dans un groupe. Mais bon apprendre à maitriser un instrument, pouvoir l’utiliser pour s’exprimer comme j’ai tenté de le faire depuis des dizaines d’années avec la photo, bref faire quelque chose de ma vie avant que ne survienne le grand silence.

Au final été de merde mais grosse volonté de reprendre le dessus et de vivre un peu au présent pour éviter de me plonger dans les abysses rédhibitoires d’angoisses vis à vis de mon avenir.

Tout ça et trainer avec le fils Machin pour voir si je peux l’aider avec ses américaines. C’est toujours si chouette de l’aider à monter une boite de vitesse avant de monter avec lui dans sa mustang 1968 pour faire le tour du village et boire une bière au pub avec des gens qui se demandent si je suis toujours l’éduc fauché qui vit avec sa mère ou si j’ai gagné au Loto.

Ah tiens je recommence à écrire des conneries !

Donc oui, ça va mieux ! 😀

Zut de chûtes !

Il y a deux semaines je faisais une chute qui m’a occasionné une large plaie sur le front qui se transformera en cicatrice, et avant hier c’est ma mère de 83 ans qui tombait en bas de l’escalier sur le dos.

Voici deux nuits que je la veille, elle marche et travaille et n’a rien de cassé mais elle est contusionnée et cela lui entraine une certaine gêne respiratoire et ainsi un sommeil plus compliqué. C’est pour cela que là à 9h30 du matin elle est encore couchée.

Je devrais me réjouir qu’elle n’aie rien, mais il n’en est rien, cet accident me montre à quel point ma vie est devenue fragile moi qui n’ai rien. Si quelque chose devait lui arriver que deviendrai-je ?

Impossible de la surveiller tout le temps, je travaille et bien sûr elle refuse toute adaptation de sa maison et continue à utiliser des escabeaux pour atteindre les placards en hauteur. Au quotidien je me démène pour anticiper ses besoins pour qu’elle n’ai pas besoin de prendre des risques mais cela est toujours vain, elle n’a même pas encore abandonné sa volonté de prendre sa voiture sans permis pour aller en courses.

Bref, une fois de plus je suis bien seul dans ce merdier qui va faire de ces cinq semaines de vacances un vrai enfer. 😦