Cauchemar habituel

Incroyable, nous revoilà déjà mardi. Les jours se suivent et s’enchainent de plus en plus vite. Et moi dans tout ça et bien je commence à paniquer vu que je suis submergé par de multiples responsabilités au travail et ailleurs.

J’ai des tas de choses à faire, à réaliser, à écrire et je n’arrive pas à m’y mettre. Du coup je commence à angoisser et la nuit je refais toujours le même cauchemar habituel : je dois passer un examen et je n’ai pas révisé et je me retrouve devant ma feuille sans savoir comment répondre aux questions posées.

Ce cauchemar je le fais depuis la fac de droit où j’ai été traumatisé par des échecs successifs aux examens. Du coup dès que je suis face à des échéances  ou tout simplement que je planque de confiance en moi, je revis ce même schéma et le matin au réveil je dois prendre quelques minutes pour me remettre en tête que je n’ai pas d’examens à passer, pas besoin de réviser et que j’ai tous les diplômes que j’ai cherché à décrocher.

Alors que faire ? travailler la confiance en moi et cesser de procrastiner ? Alors là non ça ne risque pas surtout depuis que j’ai mon nouveau matelas hyper épais qui a transformé mon lit en piège mortel où je passe tout le weekend.

Du coup pour m’en sortir je n’ai plus qu’une chose à faire, apprendre à contrôler mes rêves. Hélas je suis bien trop fatigué quand je dors pour y arriver. :mrgreen:

Americaca

Aujourd’hui c’est la journée mondiale des toilettes, non ce n’est pas une blague et vu les soucis que les lieux d’aisance posent, notamment en école primaire où leur insalubrité poussent les enfants à se retenir, je trouve que ce n’est pas tout à fait absurde.

Mais bon, niveau toilettes et caca ce qui m’interpelle de plus en plus dans mon pays ce ne sont pas les déjections que l’on déverse dans nos latrines mais les immondices que l’on déverse dans les esprits de mes cons citoyens pour achever d’en faire des cons sommateurs. Et à ce rayon, l’américanisme forcé ne cesse de prendre de l’ampleur ce qui a le don de m’énerver au plus haut point.

Je ne parle pas de la domination du cinéma et des séries américaines car certaines sont très bonnes mais bien des choses qui sont mises en place pour nous pousser à consommer de plus en plus. Après l’arrivée des fast-food et du clown pervers en 1979 à Strasbourg, nous avons eu d’autres franchises puis carrément la tentative de greffe de la fête d’Halloween qui même si elle peine à s’installer reste très (trop?) prisée par les enfants.

Et là, à l’approche de Noël toutes les grandes et moyennes surfaces prétendent faire leur black friday, un concept cynique et désabusé qui chaque année provoque des violences graves avec notamment des abrutis prêts à frapper les autres pour économiser quelques dizaines de dollars. En France les émeutes Nutella ont prouvé que notre pays n’était pas épargné par ces débiles mais qu’importe, si les centres commerciaux peuvent vendre de la technologie superfétatoire en grosse quantité ce danger ne les fera pas hésiter.

Sinon jeudi à la cantine c’est la fête !!! Repas américain !!! Au menu Mac Cheese !!! Alors non pas de hamburger et même pas de viande mais des pâtes et du fromage et en guise de dessert (pas d’entrée ni de fromage)? un brownie industriel surgelé.

Toutes ces chose en sont pas de simple coups de gueule d’un blogueur désabusé, lorsqu’on reprend mes exemples on se rend compte que l’étiquette USA n’est qu’une appellation trompeuse que l’on pose sur les choses et les événements en espérant que les plus crédules et influençables d’entre nous vont se ruer dessus. Car oui, que cela soit un vulgaire plat de pâte au fromage, des soldes pourries, une fête glauque pour gosse ou de la nourriture malsaine à priori personne n’en veut mais avec l’étiquette « U.S.A » ça passe beaucoup mieux, enfin pas tant que ça? Mais qu’importe on continue en espérant que ça va finir de marcher vu que de l’autre coté on bourre les esprits de références de culture américaine dans les films et séries.

Au final la question à se poser c’est de savoir qui veut nous américaniser, les états-uniens et leurs lobbys industriels ou alors nos propres acteurs économiques ? Je penche pour la seconde réponse car on ne cherche pas à nous vendre les valeurs qui vont avec certaines de ces fêtes (comme Thanksgiving une fête familiale) preuve selon moi que ce « on » n’est qu’un aéropage de commerciaux bien de chez nous incapable de comprendre la mentalité étasunienne et pensant que nous sommes tous des gosses manipulables car émerveillés devant l’empire de l’oncle Sam. Un peu comme le facteur loufoque dans le film « Jour de fête » du regretté Jacque Tati.

Mais au fond peu importe car nous sommes tous un peu cons cernés… Moi le premier avec l’effrayante quantité de culture populaire américaine que je consomme. Alors quitte à être accusés de faire de l’anti américanisme rebellons-nous en chantant avec Rammstein car oui, ce n’est pas une chanson d’amour.  Et puis au final si on y réfléchit, démasquer les responsables de ce matraquage U.S.A et refuser leur fausse Amérique, c’est un beau geste de respect et d’ouverture à faire au vrai peuple américain, non ?

Devenir humain

191112

Je suis un grand fan de science fiction, de vrai science fiction celle qui fait réfléchir et non pas celle qui enchaine les combats manichéens sans nuance et sans saveurs. Je suis donc un trekkie un vrai fan de Star Trek, une race très rare en France, pays gangréné par star wars, cette franchise devenue assez pourrie pour être bouffée par la souris boulimique de Dysney.  😈

Bon maintenant que j’ai craché ma méchanceté du jour, je reviens à mon propos. Oui j’aime Star Trek son univers cohérent, ses personnages forts et surtout cette problématique centrale que l’on retrouve dans chacune des séries. Que cela soit un extra terrestre dont la race à refoulé les émotions, un androïde sophistiqué, un être mi-humain mi-machine, un simple programme qui se matérialise en hologramme tangible (oui bon c’est le futur, hein…) et bien tous ces personnages ont le même projet, la même ambition celle de devenir humains.

Les humains sont d’étrange créatures, alors qu’un chat nait chat alors qu’un poulain se lève très vite une fois sortie de l’utérus de la jument pour devenir cheval à son tour et alors que d’autres formes de vie ont une mémoire chimique qui leur est transmise les rendant 100% opérationnels à l’instant même de la naissance, l’être humain ne nait pas humain mais doit apprendre à le devenir au prix de multiples interactions plus ou moins directes avec ses semblables et surtout avec lui-même qui vont lui apprendre à parler puis à développer une personnalité et enfin à se socialiser.

La plupart du temps ça marche, l’humain grandit se fait aimer, donne de l’amour en réponse et parvient à entrer dans l’état de psychose borderline nécessaire pour croire en des concepts étranges comme la confiance, l’espoir, l’amour…  Cela lui permet de se construire une vie sociale et de consommer pour atteindre ce qu’il pense être le bonheur (autre concept pour psychotiques débutants) alors qu’il ne fait qu’enchainer des satisfactions de besoins créés par l’industrie, réel moteur de notre modèle social. Plus tard, un savant mélange de masochisme et d’inconscience le pousse même à se reproduire histoire d’augmenter ses chances de gâcher sa vie et l’avenir de la planète qui étouffe d’être bientôt huit fois milliardaire.

Et parfois comme dans mon cas, ça ne prend pas. Et les gens comme moi se retrouvent en spectateurs désabusés et prennent parfois un clavier un mardi soir pour évoquer la réalité de leurs existences… Les gens comme moi ne montrent pas leurs différences, ils savent vivre avec les autres humains en cachant leur alterité et ont appris de multiples stratagèmes pour survivre dans ce monde qui parfois leur échappe.

Cependant, et c’est là le seul problème, contrairement aux marginaux qui fuient le monde ou aux psychopathes et sociopathes qui veulent le détruire ou du moins créer de la souffrance, notre plan à nous est tout autre. Nous aimerions devenir comme vous pour un jour vivre avec vous au lieu de simplement exister à coté de vous.

Ce « nous » car oui je ne suis pas le seul, j’en suis convaincu, je peine à le décrire et encore plus à lui donner un nom car nous ne sommes pas une tribu bien délimitée pour être exploitée par l’industrie marchande, nous n’avons pas de T-shirt à notre effigie et pas de groupe Facebook.

Nos perceptions trop réalistes du monde et de son destin nous font passer pour des pessimistes ou des adeptes des thèses complotistes. Nos questionnements font rire ou parfois créent des malaises. Nous aimons être avec les autres mais pas de trop et nous sommes capables d’aimer et d’entrer en profonde empathie avec nos presque semblables. Il serait prétentieux de nous coller l’étiquette de « penseurs » ou « d’intellectuels » nous sommes justes éveillés à certaines réalités présentes et à des menaces à venir qui nous empêchent d’être pleinement avec vous. Je réfute aussi le terme d’angoissés car nos perceptions actuelles et futures sont construites et validées par de vrais intellectuels et penseurs qui font autorité dans toutes les époques. Allez, bon du coup je nous désignerai par le terme certes pédant de « éveillés ». Et flute je viens de voir le visage de Jean Claude Van Damme avec son « be aware » 😆 C’est bon, je laisse tomber n’en déplaise aux amateurs d’étiquettes.

Mais qu’importe les vocables car au bout de tout ça le résultat est le même, notre différence nous éloigne des autres et nous rend même incapables de nous associer entre semblables car elle prend en nous la force d’une passion ardente parfois militante qui vient consumer les fragiles liens qui nous unissent encore aux autres mortels. J’imagine mal Greta Thunberg se préoccuper de fringues et de garçons comme la plupart des filles de son age ou Dian Fossey négocier un plan retraite (pour elle en plus c’est malheureusement trop tard) ou enfin moi-même faire une boutique de fringues de luxe en y prenant du plaisir.

Au bout du compte (car oui j’ai envie de remonter sur le voyager pour parcourir la suite de la quatrième saison, je dois donc conclure) sommes-nous si malheureux d’êtres différents ? Notre altérité est-elle vraiment subie ou n’est-elle pas choisie ? et surtout est-il possible de vivre une vie entière dans ce paradigme ?

A bientôt 47 ans, je n’ai toujours pas de réponses à ces questions et je ne voudrais pas non plus parler au nom de personnes que je devine sans les connaitre. Une chose est sûre, nous sommes là et nous venons en paix alors n’ayez pas peur et venez de notre coté pour nous comprendre un peu mieux histoire de nous redonner foi en notre espèce pour que nous trouvions enfin le courage de revenir pleinement vers vous .

Watanuki à Voyager, paré pour téléportation. 😎

Strange days

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd’hui j’ai passé ma journée à rire car au niveau de mon travail, les situations absurdes se sont enchainées avec une telle célérité que la seule réaction saine était d’en rire ouvertement et de bon cœur en plus de ça ! Car non, je l’affirme aujourd’hui je n’ai pas ricané ni ironisé ni même balancé de sarcasmes, j’ai juste simplement rigolé des absurdités du jour.

Aujourd’hui c’était l’exercice de confinement et j’ai passé presque 20 minutes au sol comme les enfants je devais rester couché et silencieux pendant qu’un prof qui jouait le méchant, secouait la poignée de la porte d’entrée et tapait sur les portes et les vitres.

Le genre d’exercice absurde et inefficace vu qu’un vrai assaillant défonce les portes et ouvre le feu. Du coup jouer à faire les cibles idéales au sol c’était déjà très drôle mais voir mon petit démon que je devais garder dans cette classe se tortiller et faire toute la salle en rampant était au début gênant mais au final, constatant mon impuissance à l’immobiliser vu que moi-même je ne devais pas bouger, la situation a fini par me faire rire intérieurement mais très fort quand même.

A la fin de l’exercice j’ai appris avec consternation que la porte de ma salle ouverte a permis à l’agresseur comédien de massacrer (fictivement) deux classes dont celle de Claude. Je n’ai pas vraiment assuré sur ce coup là et à présent je fermerai toujours ma salle chose que je n’ai jamais faite.

Et puis toutes ces difficultés des enfants qui se répètent et auxquelles nous apportons les mêmes réponses, ces cris, ces regards vagues et notre impuissance face à tout cela et bien là encore aujourd’hui j’ai trouvé ça drôle. Non je ne me suis pas moqué, je respecte bien trop les enfants leurs différences et leurs difficultés. En y réfléchissant, c’est de moi que je riais comme si d’un coup je sortais de mon corps pour me contempler au milieu de cette situation ubuesque tentant en vain de mettre du sens et de l’ordre avec mes outils d’éducateurs.

Écrire tout cela m’aide beaucoup car au bout du compte je pense avoir compris ce qui m’est arrivé aujourd’hui. En fait (les enfants adorent dire « en fait » quand ils commencent à parler aux adultes comme si ils avaient compris que ces deux mots sont des mots d’adultes qui fixe leur attention et rend leurs discours crédibles à leurs oreilles). Donc oui, en fait, je pense que je viens de développer une nouvelle faculté, une mutation secondaire qui fait qu’à présent je suis capable de prendre du recul et de dédramatiser les choses. Une qualité indispensable dans un métier comme le mien où l’on doit mettre de coté les grandes espérances, accepter les limites de notre action et être conscients du temps nécessaire pour que le moindre progrès soit réalisé.

Ne pas se crisper, rester calme, serein et maitre de ses émotions tout en restant attentif et bienveillant, tout cela devient donc possible avec un sourire. Je vais tenter de retenir la leçon, cette page de mon blog m’y aidera. Ou pas ? 🙄

 

 

Peur

Pour cette humeur du mardi spécial Halloween je pensais publier une de mes histoires écrites il y a bien longtemps mais non, au final j’ai trouvé que dévoiler un pan hélas bien trop réel de ma personnalité serait bien plus effrayant.

La peur, ma plus vieille amie

C’est bientôt Halloween et juste après la Toussaint, deux moments qui en dépit du merchandising pour l’un et des discours positifs des prêtres pour l’autre nous rappelle notre condition de mortels voués à une mort certaine précédée de souffrances physiques et/ou morales. Bref c’est la semaine idéale pour évoquer cette peur qui me talonne depuis que je suis enfant et qui m’a façonné en venant limiter mes choix.

Car oui ma vie n’a été jusque là qu’une succession de renoncements face à toutes les occasions qui m’ont été offertes.

Voici quelques exemples : Dans ma petite enfance, de très grosses angoisses de séparation ont fait que j’avais peur de m’éloigner de mes parents pour vivre et découvrir d’autres choses avec les autres enfants, bref pour me socialiser. Plus tard peur d’aller voir le concert le plus important de ma vie alors que j’avais mon billet, plus récemment peur de laisser ma mère âgée et veuve seule pour partir une semaine en Californie alors que là aussi j’avais les billets…

Cette peur qui me colle à la peau depuis toujours et qui a bousillé les plus belles occasions de ma vie est ma pire ennemi ou alors peut-être ma meilleure amie allez savoir… Peut-être que mes reculades n’ont été que des expressions d’intuitions d’auto protection de ma personne ?

Au final peu importe, le résultat est le même je vis sous une tonne de regrets et avec ce sentiment d’un immense gâchis. Cette peur m’empêche aussi de me projeter dans quelque chose de positif, de toute façon ma vie est si pauvre et ce sur tous les plans que je ne trouve pas vraiment de choses positives à attendre.

Mais il existe bien pire comme peurs, mes pires sont les peurs de choses à venir. Elles sont bien plus terribles car elles sont concrètes et reposent sur des évènements inéluctables ou alors très probables. Alors il y a la mort de ma mère qui fera que je serai sans domicile, la maladie qui touche mes proches ou moi-même, une forme ou une autre d’effondrement de la société et de ces institutions protectrices, la perte d’emploi et bien sûr ma propre mort qui en fait au bout de toutes ces épreuves sera plus une délivrance qu’une mauvaise chose.

Au final mon existence passée présente et future n’est qu’une succession de peurs qui m’ont gâché, me gâchent et me gâcheront la vie. Ces pensées noires mijotent dans ma tête sur le feu de l’actualité et de son cortège de mauvaises nouvelles, le mauvais temps n’arrange pas non plus les choses. J’ai perdu tout appétit pour la création photographique et pour toute activité plus ou moins artistique, je ne suis plus qu’un zombie terrifié planqué derrière son écran.

Du coup je pourrai mourir demain car qu’aurais-je donc à perdre à part justement cette peur qui me colle à la peau depuis le début ?

Bénévolé ?

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Ce dimanche comme chaque année j’étais bénévole pour un repas annuel associatif. J’ai une fois de plus tenu mon rôle de barman d’un jour en servant tout en tenant la caisse le tout en mangeant seul à ma table de bar pour offrir une continuité de service (et aussi pour ne pas avoir à faire la conversation, bien sûr).

Je suis bénévole depuis que je suis adolescent pour quêter, donner des coups de main divers, bref pour faire vivre les associations auxquelles j’ai adhéré.

Aujourd’hui il ne reste plus grand chose de ces associations qui se sont éteintes avec les personnes qui les portaient et faisaient consensus. En fait au village il n’en reste qu’une à laquelle on m’a fait adhérer depuis que je suis enfant. Par contre, ses demandes sont toujours très pressantes et comme les personnes en capacité d’y répondre sont très peu nombreuses, je suis donc assez souvent sollicité.

Jusqu’à cette année je trouvais cela gratifiant, j’en tirai même une certaine reconnaissance en me disant qu’en voyant mon engagement, les gens du villages me pardonneraient ma double faute (ne pas être marié et faire un métier non manuel). La journée du repas associatif était donc une vraie fête pour moi et je faisais mon travail avec le plus grand professionnalisme amateur possible.

Mais cette année quelque chose est venu ébranler mes convictions en nourrissant fortement mes doutes sur mes missions de bénévole.

En premier lieu la gestion des fonds est de plus en plus opaque et aucune démarche des autres bénévoles pour tenter d’avoir plus de transparence n’a jamais abouti. En ces temps où tout le monde se méfie des autorités et voit des abus de pouvoir et des détournements de fonds partout, cette politique d’opacité est plus que malvenue, la personne qui gère l’argent a beau avoir un certain statut, elle n’en reste pas moins à l’abri de soupçons comme ses pairs pour d’autres raisons bien plus médiatiques et sombres.

En second lieu je m’interrogeais depuis un certain temps sur le sens que cela avait de donner de son temps et de sa force pour une association qui n’a pas vraiment de cause. Autrefois je trouvais qu’elle avait une grande importance pour générer et entretenir le lien social mais à présent nous en sommes plus qu’un petit groupe pratiquant un entre soi illusoire.

Enfin, sur un plan plus personnel l’envie de faire des choses pour moi en me faisant plaisir devient de plus en plus pressante et me freine à prendre d’autres engagements.

C’est dans ce contexte de doutes et de réticences qu’est survenu un incident qui me fait réfléchir avec amertume à ces plus de 30 ans de ma vie de bénévole : Lors d’une réunion de préparation du repas, une des bénévole a proposé que ses petites filles viennent aider au repas associatif mais moyennant une rémunération.Encore plus incroyable, cette demande n’a pas été rejetée par les autres bénévoles.

Incroyable ? J’exagère ? Et bien non, du moins pas de mon point de vue car cette situation a été comme une baffe pour moi. Faire une telle demande pour des gamines qui ne sont pas dans le besoin c’était comme cracher sur les engagements des bénévoles (et du mien en particulier) qui travaillent pour organiser cette fête en payant même leur propre repas. L’absence de condamnation immédiate et non équivoque de cette demande venait de me révéler l’absurdité de notre bénévolat qui, faute de convictions partagées et réelles, ne pouvait lutter contre une logique de marché.

En clair si cette association avait été une association de lutte pour l’environnement avec des personnes toutes concernées par l’avenir de la planète, cette demande n’aurait même pas pu être formulée. Mais là, s’agissant d’un repas paroissial et en présence d’une communauté vieillissante et clairsemée, tout devient possible.

Cela explique un peu ma tête sur la photo, dimanche je ne me sentais pas bénévole c’est à dire homme de bonne volonté mais bénévolé (bien volé, bien eu), jeu de mot pour traduire le fait que je me suis fait peut-être volé pendant tout ce temps en donnant sans jamais vraiment recevoir.

Au final je me demande déjà ce que je ferai l’année prochaine. Si le repas existe encore je réfléchirai sans doute avant de m’engager et je ferai aussi valoir mes demandes égoïstes. Tant pis pour ma réputation qui de toute façon n’a jamais été brillante. Faute d’être respecté par des gens qui m’importent peu, je serai au moins un peu moins pauvre et surtout beaucoup moins crétin. 😈