En quête de sens

Le fait de vivre avec une personne âgée en plein processus de sénescence est une perpétuelle souffrance ainsi qu’une source d’inquiétude lorsqu’il s’agit d’un membre de sa famille proche. Hélas c’est aussi un appel à s’interroger sur la façon dont je vais vivre ma propre vieillesse, si j’en ai une (ce qui est loin d’être sûr) et sur, n’ayons pas peur des mots, le sens de ma vie.

Et si pour une fois, allez disons juste ce soir, nous tentions de voir les choses en face ? Nous naissons en sortant d’un trou puis en vieillissant nous nous rapprochons doucement d’un autre trou creusé dans le sol avec la consolation d’avoir enfin son nom gravé dans le marbre. Une existence dominée par une seule perspective; celle de l’abîme.

Car oui, ne faisons pas comme ceux qui semblent penser que la mort est un choix qu’il suffirait de ne pas faire mais au contraire embrassons-là sans crainte comme cela était le cas dans le monde d’avant où elle avait sa place parfois célébrée à travers certains rituels.

Accepter la mort ce n’est pas penser à elle tous les jours ni déprimer, c’est au contraire être heureux de se réveiller chaque matin pour avoir une nouvelle journée pour trouver un sens à nos existences.

Certaines personnes se tournent vers la religion et tentent de faire le bien autour d’elles pour gagner une place vers le monde d’après. Je ne vais pas lancer le débat sur les religions vu que je suis plus ou moins chrétien mais je peux sans hésiter supprimer la piste religieuse du sens de la vie pour une raison simple : personne n’est apte à déterminer ce qu’est le « bien » pour autrui. Kant écrivait que  » Vouloir le bien d’autrui est la pire des tyrannies » et je suis bien d’accord avec Manu vu que j’avais écrit cette phrase sur un des panneaux de mon ancienne salle éducative.

Une autre piste celle des biens matériels est encore plus facile à éliminer comme but à atteindre dans sa vie. Amasser des trucs en répondant à des besoins créés par un modèle capitaliste autodestructeur procure un peu de joie mais jamais de bonheur et ne peut être un but dans la vie.

Avoir des amis aimer ? Là encore je raye de la liste car pour moi un meilleur ami ce n’est qu’un pire ennemi qui ne m’a pas encore trahi et faute de n’avoir jamais été aimé, pour moi le sentiment amoureux n’est qu’une forme de psychose permettant à deux personnes d’oublier quelques temps la réalité de leurs solitudes existentielles. Tous ces liens que l’on tisse dans une existence ne sont que des étincelles d’espoir dans le vide de nos vies et en dehors des amours imaginaires magnifiés dans les arts, ne survivent que le temps de passer à d’autres liens qui connaitront le même sort.

Fonder une famille ? Non ce mioche que tu attends devant la maternelle ne changera pas le monde même si c’est ce qui est écrit sur le T-shirt que tu lui a acheté, il ne fera que cracher son CO2 pendant quelques décennies et finira par trahir tous tes espoirs après avoir renié toutes les valeurs que tu auras tenté de lui transmettre. Alors bravo à ceux qui ont encore le courage de faire ce choix courageux, mais pour moi perpétuer l’espèce et transmettre mes gènes n’est pas non plus un sens à la vie.

Et là il reste quoi pour un type comme moi un peu trop lucide et désenchanté ?

Et bien il reste ma philosophie personnelle, mon unique raison de vivre et d’attendre le lendemain. Je vais donc vous donner ce qui pour moi est le vrai sens de la vie. Rien que ça !

Avouez que vous ne vous attendiez pas à ça ce soir ! :mrgreen:

Cependant bien loin d’être une blague cette théorisation et le modèle qui en est la suite logique est le fruit d’une déconstruction des mythes humains. J’ai donc mis à plat notre condition pour regarder ce que nous pouvions faire dans les limites réelles qui sont les nôtres.

Pour moi le sens de la vie se résume en trois verbes :

  • Expérimenter : c’est à dire découvrir de multiples choses à travers ses sens, nourrir chaque jour sa curiosité et garder sa capacité à s’émerveiller pour avoir envie de faire de nouvelles expériences donnant naissances à de nouveaux ressentis.
  • Apprendre : c’est donner du sens à ces ressentis les comprendre, les intellectualiser et les organiser, capitaliser les expériences pour au final comprendre et acquérir de nouvelles aptitudes et connaissances sources d’épanouissement, de compétences personnelles et de petits moments de bonheur.
  • Transmettre : car oui avec ou sans descendance, le devoir de chaque être humain c’est de passer le relais, c’est à dire permettre à d’autres qui le souhaitent de suivre nos cheminements voire nos passions. Nous en tirons une certaine reconnaissance au sens philosophique donné par Paul Ricœur et nous permettons à d’autres personnes d’acquérir dans un premier temps nos connaissances et nos techniques avant qu’elles les fassent évoluer, progresser ou disparaitre pour les adapter aux nouvelles réalités des générations suivantes.

Le sens de la vie c’est aussi simple que cela ! En plus de cela mon modèle que je nommerai eatéiste ( EAT : Expérimenter, Apprendre, Transmettre car oui les acronymes c’est trop tendance) fonctionne selon une dialectique simple, logique et efficace et est emprunt d’altruisme. C’est aussi un modèle profondément humaniste et philanthrope vu que pour expérimenter, apprendre et transmettre on a forcément besoin d’autres personnes. L’eatéisme est également foncièrement égalitaire car pour progresser l’humanité a besoin de toutes les participations eatéistes aussi modestes soit-elles. Découvrir et partager le remède contre une maladie grave et découvrir et partager le moyen de nettoyer les taches de ketchup sur les habits sont tous deux des apports eatéistes qui font progresser l’humanité car dans le futur on voudra vivre sans maladie et propres ! 😆

Bon c’est trop abstrait ? Vous voulez un exemple d’eatéisme? Et bien tiens… Prenons la musique… Tout petit j’ai expérimenté la musique en l’écoutant et plus tard en cherchant à la faire couler de mes doigts j’ai commencé à l’étudier en apprenant auprès de plusieurs professeurs et à présent à mon petit niveau je transmet à la fois ma passion pour cet art et j’apprends aux enfants qui en font la demande et pour qui cela a un sens à jouer d’un instrument ce faisant je transmet mon savoir à des enfants qui plus tard continueront peut-être à étudier la musique en se rappellent de leur vieil éducateur…

l’eatéisme tel que je l’ai théorisé ce soir est bien sûr une philosophie personnelle qui combinée à la « get down on it » attitude évoquée la semaine dernière me permet de survivre d’avancer et d’espérer. Mais faites donc l’exercice vous-même je suis sûr que vous aussi vous avez déjà expérimenté une démarche aeatéiste. Et franchement cela n’est-il pas un formidable outil (et peut-être le seul vraiment viable) pour continuer à espérer tout en donnant un sens à nos existences ?

Bon, vu que je viens de résoudre une des grandes énigmes que l’humanité s’est posée je pense avoir le droit d’aller boire une bière sur mon balcon en regardant les vaches qui au lointain vont à la traite du soir. Non ce n’est pas très eatéiste comme démarche sauf si je parviens à intellectualiser et à partager les petits moments de bonheurs qui sont logés dans ce rituel des bonnes journées. 😎

Get down on it !

En 1981 le groupe américain funk Kool and the Gang sortait un album qui allait devenir disque d’or avec notamment le titre Get Down on it. 41 ans plus tard, mon prof de basse part en tournée en Grèce et me demande de bosser à fond cette chanson à la basse. La partition est simple mais il me demande de faire attention à afin jouer comme un bassiste avec la main cassée et une perpétuelle alternance index/majeur le tout en étouffant les résonances.

Voici donc deux semaine que me suis penché dessus et ça fait vraiment du bien, je vais peut-être enfin accepter de jouer comme un vrai bassiste et ainsi crever ce plafond de verre qui m’empêche de progresser.

Ce qui est marrant c’est que les paroles de cette chanson qui tournent sans cesse sont simples mais très efficaces chez un type comme moi aussi féru de musique que de symbolisme.

« Get down on it » est une expression argotique des plus parlante, elle est visuelle et du coup si on y réfléchit, très proche de notre « penche toi sur ce problème ». La plupart des analystes de cette chanson limitent le message de la chanson à  » Si tu reste contre le mur sans danser tu ne vas pas séduire de fille alors succombe au rythme de la musique danse et emballe » Mais pour ma part j’y vois un message qui dépasse de très loin les rituels amoureux des humains qui ne diffèrent de ceux des animaux que par la musique (qui est tout de même une des plus belle production de notre humanité, non ?).

To get down on something, c’est cesser de fuir ses problèmes ou de procrastiner. C’est prendre confiance en soi-même pour régler seul ou avec l’aide de ses amis, les soucis qui nous empêchent de progresser dans la vie et d’y trouver un peu plus de bonheur que le minimum syndical.

Du coups ces derniers jours I got down on many things ! (je me suis penché sur mes soucis et j’ai résolu plusieurs problèmes). 😎

  • Ma mère ne mange plus grand chose : GET DOWN ON IT ! je suis allé faire l’inventaire du congélateur et j’ai composé un menu pour la semaine avec un repas que je prépare chaque soir et dont il reste une part pour qu’elle le mange le midi. Un repas équilibré et plein de légumes. « Légoumes » comme dit la dame de la cantine qui m’appelle « Monsieur Laurent » et qui vient tout droit du Brésil (mais ce sera une autre hsitoire !) 😆
  • Je peine à perdre du poids et je m’inquiète des recrudescences des contaminations à l’école… GET DOWN ON IT ! je vais arrêter de manger le midi à la cantine, faire un petit déjeuner riche en protéines le matin et un repas léger et équilibré le soir avec un maximum de légoumes. 😆 (Oui je suis accroc au mot légoume).
  • Les demandes de ma hierarchie au travail m’ont fait souffrir en me poussant à penser qu’ils me méprisaient moi ma personne et mon travail. GET DOWN ON IT ! J’ai coincé ma directrice adjointe un matin très tôt vu qu’elle aussi aime venir à 7h30 pour avancer dans son travail et je lui ai vidé mon sac. Du coup j’ai eu des explications qui tiennent la route et me rassurent en partie même si je reste méfiant.

« Get down on it » est donc devenu pour moi bien plus qu’un titre de chanson mais un message positif et constructiviste qui m’invite à adopter une attitude active face à mes problèmes pour les résoudre en gagnant au passage de précieux points d’expérience. Car oui le plus beau dans tout cela c’est que l’attitude Get Down on it » nous pousse à nous dépasser, à devenir meilleurs de jour en jour.

Il y a trois mois je ne savais ni repasser ni utiliser la machine à laver et je ne pouvais pas cuisiner et regardez-moi aujourd’hui je suis devenu l’homme idéal qui en plus prend du plaisir à faire ces « corvées » car j’apprends beaucoup de choses à travers mes réussites et surtout mes erreurs.

D’ailleurs je sens ma quiche saumon-brocoli qui a fini de cuire, je vais donc arrêter là ce message bien trop positif pour passer à table et forcer ma mère à en faire autant. Mais avant de partir je vous engage vous aussi à adopter la « Get down on it » attitude. Vous m’en direz des nouvelles ! 😀

Post scriptum :

Voici le résultat en image (photo faite à 7h00 ce mardi matin) de ma « get down on it attitude ». C’est l’assiette que je vais laisser à ma mère au frigo pour son repas du midi ou du matin vu l’heure tardive à laquelle elle se lève. On y voit le reste de la quiche truite brocoli que j’ai cuisiné hier soir avec le reste de mon gâteau caramélisé aux ananas de dimanche et derrière le menu de cette semaine pour ma mère le midi (le mercredi midi je mange avec elle) et ce que je dois préparer chaque soir.

En plus du plaisir de cuisiner il y a aussi celui de chercher les meilleurs ingrédients comme cette pâte feuilletée dénichée à Intermarché faite sans saletés et avec du vrai beurre, prendre de la truite française bio au lieu et non pas du saumon plein de saletés… Ma quiche était une réussite et nous a fait manger 500 gr de brocolis sans compter les apports nutritionnels de la truite ! 😀

Sur un air d’Aretha Franklin

Ce matin j’étais encore sous le choc de la journée de hier car même si je l’ai terminée à une table de bistrot devant une (une seule) bière blanche avant de manger une vraie glace de qualité « gelateria » faite par des italiens qui se sont installés au centre ville, le souvenir du martyr de ce pauvre chat ainsi que d’autres décisions abjectes prises dans le cadre professionnel ont nourris en moi une profonde colère.

J’ai besoin d’y voir plus clair.

Du coup ce matin je vais vers ma directrice adjointe et je commence par demander l’annulation de ma formation, ce n’est pas le moment de jouer à cela, la rentrée est déjà bien assez compliquée. Les formations dans le social sont souvent de piètre qualité et servent parfois d’échappatoire à des travailleurs sociaux qui veulent fuir leurs postes et se plaindre de leurs conditions de travail. Après plus de 20 ans dans le social et une bonne demie douzaine de ces formations, je n’ai appris que peu de choses intéressantes. En plus de ça la formation de jeudi et vendredi portait sur les dangers de l’informatique, je m’étais inscrit sur un coup de tête pour m’amuser mais dans les faits je n’ai pas besoin de ça, les dangers de l’informatique je les connais bien car cela fait des années que je leur ai succombé. 😈

Ma demande a donc été acceptée sans difficultés, il faut dire que depuis cette rentrée je ne suis plus un vrai éducateur spécialisé puisque j’ai été dépouillé des attributs que font la différence entre mon diplôme d’éducateur spécialisé et celui de moniteur éducateur. Pour être clair je parle du pouvoir de coordination qui se concrétise par une réunion de certains éducateurs autour de la directrice adjointe, son cercle interne pour ainsi dire…

Avoir été intronisé éducateur responsable des projets pour que je ne participe plus à ces réunions est sans doute anecdotique mais cela m’a blessé surtout que je le prends sur le plan personnel et que dire le contraire c’est dénigrer encore plus mes capacités d’analyse et de compréhension. Je dois cependant avouer qu’au delà de cette colère, au final je m’en moque car je serai payé pareil pour moins de travail et parce que certaines personnes peuvent toujours me mépriser, je sais ce que je vaux et ce que j’ai fait pendant toutes ces années sur mon temps libre et avec mon argent personnel pour mettre sur pied des projets novateurs et ambitieux, tournés vers l’extérieur, porteurs de sens pour les enfants qui en ont été les vrais acteurs et justifiés par des écrits professionnels. Je suis le seul membre de l’équipe qui ne se limite pas au cadre étriqué des activités institutionnelles et qui s’amuse autant que les enfants en lançant des idées folles.

Et tout cela en continuant à coté les activités classiques qui sont très importantes pour aider les enfants à progresser.

Alors oui on ne m’a jamais rien demandé mais je l’ai fait par passion, cette passion que je veux partager avec les enfants pour la vivre encore plus pleinement.

Je ne demandais pas grand chose à ma hiérarchie en échange, pas de reconnaissance hypocrite, pas de tapes sur l’épaule, ni de caresses de chiens, ça j’en ai déjà des caisses remplies. Pas non plus de moyens supplémentaires ça je n’en aurai jamais je l’ai bien compris, mais par contre je pensais qu’un peu de respect pour mon travail et ma personne seraient un minimum.

Mais voilà, même ceci je ne l’ai plus.

Et alors ?

Vous pensez que cela va m’empêcher d’apprendre à deux enfants de mon groupe à jouer sur guitare et basse une chanson punk que j’ai écrite pour que le projet soit amusant et à leur portée tandis que les reste des enfants vont brailler « A la récrée à la récréééé… » ?

Si vous dites que oui c’est que vous n’avez pas lu ce que j’ai écrit avant ! 😆

Je suis un passionné, un fou, un allumé ! Je veux vivre à fond mon métier et aider les enfants à évoluer en suivant leurs possibilités et leurs envies et si je peux le faire en m’amusant et bien c’est banco !

Pour le reste je ferai le dos rond devants les différentes marques de mépris tout en continuant de fournir une pratique et des écrits professionnels les meilleurs possibles.

Et peut-être qu’un jour au hasard d’une rencontre ou d’une évolution personnelle on finira par me respecter et là je serai presque heureux.

Pour y arriver, me mettre certaines limites et perdre du poids serait un bon début… 🙄

Il y a des jours comme ça…

Ce matin je me suis réveillé en retard car mon réveil avait rendu l’âme, vingt minutes pour me préparer, gérer mon chat et ses saletés, ramasser les centaines de morceaux de verre que j’ai laissé tombé…

Sur la route plein de soucis, des travaux, des circulations alternées des auto écoles…

Bref une journée bien mal commencée et la suite n’allait pas être meilleure.

En rentrant, mon ordinateur principal qui refuse de démarrer et lorsque enfin je réussis à le ramener du royaume des morts le voici qui m’annonce un autre souci.

Il faut dire que je dois faire refaire une couronne dentaire sur plusieurs dents, pour un montant de 1640 euros. J’avais fait faire un devis à ma mutuelle pour savoir comment fiancer cela et j’avais reçu non pas un mais deux devis, j’ai ouvert le dernier en date et j’étais heureux de voir que selon ce document j’allais être entièrement indemnisé. L’autre devis disait autre chose, mais ça je n’ai pas voulu le voir… J’ai inconsciemment bloqué tout ça, c’est un peu mon truc les blocages inconscients.

Mais voilà les remboursements de sécu et mutuelle sont faits (alors que le chèque n’est pas encore pris) et le couperet est tombé, j’ai 582,50 euros à ma charge.

Et c’est bien toute l’histoire de ma vie, je me fais plaisir en achetant un outil important quitte à le financer en vendant plein de choses et au final me voici puni car je me retrouve de nouveau dans une situation difficile.

Je ne vais pas débloquer mes sous ni demander l’aide de ma mère, il ne me reste plus qu’une chose à faire, et oui une fois de plus je vais devoir vendre des choses.

J’espère au moins que mon dentiste fera un bon travail car si ça casse une fois de plus, je renoncerai aux soins dentaires très chers et non garantis. 😡

Rencontre imprévue

Avant de raconter ce que je viens de vivre, je me dois déjà de rassurer les ami(e)s et personnes de ma famille. Je vais mieux depuis que j’ai parlé à mon frère et à ma sœur qui m’ont rassuré par rapport aux méchancetés de mon autre sœur, nous avons parlé à cœur ouvert, ils savent ce que je traverse avec notre mère, ont confiance dans mes capacités à gérer la situation et me soutiennent faute de pouvoir faire plus car eux aussi ont leurs soucis.

Il n’en reste pas moins que je vais faire très attention à mon argent en arrêtant d’acheter. Concrètement si j’ai besoin de quelque chose et bien je devrais vendre d’autres objets pour faire d’autres acquisitions. C’est pour cela que j’ai passé ces deux derniers jours à faire des photos et des annonces de vente afin de financer l’achat de ma Beat buddy dont j’ai parlé dans cet article.

La bonne nouvelle c’est que j’ai réussi, je vais donc commander cet instrument de musique demain matin. Bon j’ai vendu à perte mais ce n’est pas grave du tout, c’est du matériel que je ne sers pas et des films que je peux remplacer par d’autres qui sont dans mon congélateur. Oui les films ça se congèle pour les faire durer car le support de l’émulsion, la gélatine est de nature organique. Avec un peu de chance je vais donc pouvoir m’amuser à faire de la musique avec les enfants dès la semaine prochaine. 😀

Mais bon ce n’était pas la seule bonne chose de la journée. Sur ce blog je vous ai parlé de l’home qui avait mangé un clown. C’est un artiste humoriste qui habite dans un village que je traverse pour aller au travail et qui a recouvert sa maison de panneaux et installations mettant en avant des blagues ou des jeux de mots parfois un peu lourds mais bon moi ça me fait rigoler et je regarde toujours.

Et bien aujourd’hui figurez-vous que ce brave homme est passé dans le journal, du coup vu que c’est les vacances et que la lumière était très bonne, je me suis dit que c’était le moment idéal pour prendre mon fidèle fuji 6×9 afin de photographier les derniers délires de l’artiste.

Et voici par exemple ce qu’il a installé sur le trottoir devant sa maison :

Oui c’est un radar fantoche qui ne flashe que les blondes c’est à dire selon un humour maladroit, les personnes assez stupides pour croire qu’il s’agit d’un vrai radar. Son gag lui a valut un article dans le canard local hier (lien ici).

J’étais donc là sur le trottoir en train de m’approcher pour faire ma photo lorsque j’ai vu une femme sortir de la maison de l’artiste. Vu que je suis quelqu’un de sociable et de poli je me suis donc adressé à cette personne pour lui demander si elle m’autorisait à photographier cette installation (le radar à blonde). Cette dame très sympathique était étonnée car apparemment les gens viennent faire des photos sans rien demander, je lui répond que c’est tout de même normal en mode « Je suis un gentil garçon bien élevé ».

C’est alors que l’artiste sort de sa maison, un homme qui approche la soixantaine avec une belle moustache. Je lui adresse tout de suite la parole pour lui expliquer que je fais des photos car j’aime bien ses délires. Et c’est là que tout a dérapé puisque je suis resté chez lui pendant près de deux heures. 😆

Son garage, sa cour derrière sa maison, les pièces au dessus de son garage sont entièrement remplis d’objets et de panneaux humoristiques de sa fabrication. La grande majorité reposent sur des jeux de mots niveau CP mais franchement j’ai bien rigolé notamment avec un panneau Djamel deux bouses qui se présente comme une pancarte avec deux étrons factices mais bien dégoutants collés dessus (tiens je fais le lien avec le sujet de hier). Plus complexe un cœur en bois sur lequel sont vissés des vis placo formant la lettre « L ». A vous de deviner le message. 😉

J’étais vraiment heureux de découvrir tout ça et de rigoler comme un gamin de CP à toutes ses blagues et de lui raconter les souvenirs que j’avais de ses anciens gags, lui aussi était content de voir que j’avais fait attention à son travail. Il m’a même payé une bière à moi ainsi qu’un un type du village qui voyant que j’avais sympathisé avec le bonhomme a fait de même. arrivé à ce stade de mon récit, je me rends compte avec une immense honte que je ne lui ai même pas demandé son prénom et que je ne me suis pas présenté non plus… Tu parles d’un gentil garçon bien élevé ! 😆 Disert mais pas si bien élevé du coup !

Cet homme lutte depuis des années pour avoir l’autorisation d’ouvrir un genre de musée du rire pour exposer ses gags mais le maire refuse sans doute parce qu’il a peur de la réaction des bien pensants de la cancel culture… Mais qu’importe je compte bien le soutenir et aller le revoir ne serait-ce que pour lui donner une impression de la photo que j’ai faite de lui avec mon Fuji 6×9 sur de la Portra 160. Ce sera peut-être la photo de dimanche…

Voilà c’était le récit d’une journée un peu folle… C’est vrai qu’en plus de tout ça je me suis inscrit sur un site de passionnés de véhicules militaires pour aider un copain qui retape une MUTT en écrivant une lettre de motivation dans mon plus bel américain. Non, franchement je me suis tant amusé aujourd’hui comparé à ma déprime de la semaine dernière que je vais finir par croire que je suis maniaco-dépressif ! 🙄

With a little help from my friends…

333ème jour de publication ininterrompue sur ce blog. Hier sous le poids de mes soucis et en proie à un sentiment d’isolement, je m’étais mis à chialer sur le muret dans mon jardin, je n’allais vraiment pas très bien alors j’ai appelé un copain qui est aussi un collègue et j’ai passé la journée avec lui.

Ça m’a fait un bien immense.

J’ai aussi pris mes problèmes à bras le corps en trainant ma mère chez le medecin pour avoir un traitement pour ses douleurs au dos si handicapantes et pour lui demander conseil sur la nutrition et le reste.

Bref, une très bonne Saint Laurent (oui c’était ma fête mais bon tout le monde s’en fout moi le premier) une journée apaisante et bien productive.

Merci à Sylvain (photo ci dessous) et à ma nouvelle doctoresse qui bien que jeune a des vraies valeurs et semble très compétente.

Bilan à mi-chemin

Me voici donc arrivé à la moitié de ces « vacances » qui pour moi ressemblent plus à un confinement de 5 semaines. Je suis bien occupé avec le travail dans et autour de la maison et j’ai aussi trouvé des miettes d’humanité pour parsemer cette période qui pour moi est des plus amère lorsque je repense à ce qu’elle était il y a trois ans.

Alors du coup mon moral est bas mais reste stable parfois avec deux moments passés avec des amis qui ont eu pitié de moi et de mon sort. Les voisins aussi ont pitié, ils sont même venus tondre ma pelouse qui était redevenue une forêt amazonienne.

Mais tout ceci n’est rien face à une nouvelle source d’inquiétude qui ne cesse de grandir au fur et à mesure de la dégradation de la situation.

Je veux bien sûr parler de la santé physique et psychique de ma mère âgée qui ne cesse de perdre son autonomie de déplacement et qui vient de subir une violente crise de douleurs cervicales dans le supermarché où je l’avais emmenée histoire de lui changer les idées, je l’ai évacuée en urgence avec l’aide du personnel mais une fois assise dans la voiture tout allait mieux j’ai donc terminé les courses.

Ma mère n’a plus aucune envie, plus d’appétit (je la force à manger), plus d’envie de cuisiner ou de travailler. Sa journée se résume entre la TV et son lit. Le reste de la famille est prévenu certains ont fait une visite qui a aidé un peu mais je suis le seul à voir à quel point sa situation s’est dégradée.

Le coté positif de tout cela c’est que j’ai appris à tout faire dans la maison et que je m’en tire bien. Pour le reste ce n’est que du souci à court et long terme voire des angoisses qui viennent m’empêcher de dormir la nuit.

Si à la rentrée mon travail devient lui aussi plus compliqué et anxiogène je ne sais pas si je pourrai tenir encore bien longtemps sans craquer et tomber dans une longue dépression qui fera peut-être bouger les choses et m’apporter une aide et une visibilité sur mon avenir.

En attendant à 48 ans je suis comme ma mère, aucune envie, aucun projet, aucune confiance dans un futur de plus en plus sombre et incertain. Face à ce climat anxiogène, je dois tenir et pour cela je fais comme d’habitude, je me fais des petits plaisirs avec mes cartes pokemon, une collection qui est aussi un investissement enfin peut-être…

Au final vivement que je retourne au travail pour penser à autre chose (des choses positives j’espère) et pour retrouver la vie qui est présente chez les autres afin de m’en imbiber pour peut-être rallumer en moi la flamme de l’espoir.

Revanche chocolatée

Voici quelques temps que je me fais moins hurler dessus quand je fais de la pâtisserie chez moi. Du coup j’ai eu comme ambition de faire des gâteaux d’anniversaire au chocolat pour les anniversaires des enfants que j’accompagne. 😎

J’ai regardé testé et compilé des dizaines de vidéos techniques sur You Tube avec des vrais pâtissiers professionnels pour tenter de faire quelque chose d’acceptable et voici ce que cela a donné :

  • Le premier gâteau pas mal mais génoise trop compacte
  • Le second gâteau génoise au top mais accident idiot (confusion entre sucre et sel, et oui ça n’arrive pas que dans les animes et mangas) 😆 Donc poubelle
  • Et aujourd’hui la revanche sur cette stupidité de ma part, la création d’un gâteau que j’ai inventé en m’inspirant de certains pralinés Lindt:
Oui la photo est pourrie, pas trouvé mieux désolé.

Voici donc ma création du jour, un gâteau facile et complexe à la fois et surtout un dessert dont on ne prend qu’une part, je l’ai nommé le décadent. 😈

Bon alors oui c’est encore un peu brouillon ce n’est que mon troisième gâteau, mais j’en suis fier car bien que trop nourrissant il est très savoureux car il met en place une alliance entre le chocolat pâtissier au lait et les amandes que j’ai caramélisées moi-même. 😀

Et voici grosso modo la recette du monstre pour dix personnes voire plus….

  • Prendre 7 œufs les sortir du frigo pour qu’ils ne soient pas froids, les casser dans un récipient et peser. Pour la suite on va dire que cela fait 400 grammes.
  • Préparer un moule à génoise rond et haut en le beurrant et le farinant, réserver.
  • Lancer le four en chaleur tournante 180 degrés.
  • Là ça devient physique car il faut battre avec le fouet électrique à pleine puissance le mélange 7 œufs plus 200 gr de sucre en poudre pendant sept minutes jusqu’à qu’il blanchisse et triple de volume, alors oui c’est crevant.
  • Prendre 200 gramme de farine (spéciale gâteau du super U) ou 100gr farine et 100 gr maïzena tamiser dans la préparation.
  • Et là le moment critique : incorporer la farine avec une spatule mais sans mélanger pour ne pas faire baisser le mélange. Il faut donc faire un mouvement de bas en haut très délicatement.
  • Une fois cela fait, mettre la pâte dans le moule à génoise et enfourner.
  • Pendant la cuisson préparer la ganache en prenant 500gr de chocolat, briser un petits morceaux et mettre dans un saladier. Couper 80gr de beurre en petit cubes.
  • Faire chauffer 30cl de crème liquide entière, dès qu’elle frémit la retirer et la verser sur le chocolat, laisser infuser.
  • Mélanger, doucement jusqu’à avoir un mélange lisse et ajouter le beurre en morceau.
  • Réserver au frigo, la ganache va se solidifier.
  • Prendre une poêle la mettre au feu sans rien dedans puis déposer des amandes effilées, mélanger doucement lorsqu’elles brunissent ajouter le sucre en poudre, et mélanger encore une minute pour que le caramel se forme.
  • Assembler le gâteau et le remettre au frais.
  • Oublier son régime !!! 😈

Orange amère

Lorsque je fouille dans mes souvenirs d’enfant, les premières vacances dont je me souviens étaient les vacances sous la tente avec ce sable qui entrait partout et pas mal d’angoisses la nuit.

Puis l’année de mon entrée en CM1, ma mère avait négocié avec ma maitresse pour que je commence l’année scolaire une semaine plus tard que mes camarades car son idée était de partir en vacances non pas avec mon père qui faisait souvent des crises de nerf mais avec ma sœur pour bien en profiter.

Ma mère et ma sœur avaient choisi Port la Nouvelle comme ville de plaisance et pour la première fois j’allais découvrir les vacances dans un bâtiment en dur, à vrai dire un petit studio meublé avec sa kitchenette.

Je pense ne jamais avoir été aussi heureux, la mer partout à moins de 100 mètres du studio, une immense cour pleine de jeux incroyables et des dizaines d’enfants avec lesquels je m’amusais beaucoup.

Les années passèrent et chaque année je revenais avec ma mère à Port a Nouvelle, mes séjours annuels dans cette ville du bord de mer était devenu plus que des vacances, c’était un vrai rituel obligé.

Et au niveau du rituel dans le rituel, la première chose que nous achetions une fois arrivé en bord de mer c’était un pot de confiture bonne maman à l’orange amère. Pourquoi ce fruit ? Et bien tout simplement parce que c’était la confiture la moins chère du magasin car même en vacances nous faisions attention à tout.

Manger des glaces à l’eau en regardant les bateaux ce n’était pas une chanson mais mon vécu.

Puis peu à peu l’envie de passer plus de temps en bord de mer nous tenta au point de passer minimum 4 semaines en été dans un autre studio plus grand plus luxueux. 2000 euros de location c’est cher mais on économisait toute l’année pour ça et on n’allait pas au restaurant et nous faisions la cuisine avec des produits sains locaux et peu chers. Une fois que j’ai décroché mon CDI c’était devenu encore plus facile de financer cette escapade annuelle.

Et toujours ce pot de confiture à l’orange amère.

Aujourd’hui cela va faire trois ans que je n’ai plus revu la mer, car ma mère n’a plus assez d’autonomie et de mobilité pour profiter de telles vacances. Je ne peux pas y aller de mon coté car je ne peux pas la laisser seul.

Donc adieu les longues baignades, les saveurs locales, les bruits du marché, le soleil, la chaleur, les photos, le labo sur le balcon au petit matin pour développer mes films à 20 degrés, adieu le plaisir d’observer la vie pathétique des gens sur la plage débordés par leurs gosses, adieu tout ça et bien plus…

Il ne me reste donc plus qu’une seule chose, c’est un bocal de confiture à l’orange amère que j’ai acheté hier pour me rappeler de tous ces bons souvenirs et aussi pour marquer l’arrivée de l’été.

J’aurai pu écrire de façon plus poétique en jouant sur mère, mer, amères mais bof pas vraiment envie…

Alors non je ne suis pas en mode déprime car en fait si j’y réfléchis bien, ce qui me manque le plus c’est la mer.

Mais voir la grande bleue profanée chaque année par les masses de vacanciers qui n’ont aucune éco-logique, observer les commerçants qui tels des parasites répugnants se nourrissent en suçant le sang des vacanciers à travers diverses arnaques institutionnalisées, constater chaque année de nouvelles dégradations dans le biotope marin, de nouvelles formes de pollution, se rendre compte que les locaux ne veulent pas communiquer même après avoir passé plus de trente ans chaque été chez eux, bref tout ceci et le reste fait qu’en fait je ne regrette pas tant que ça ces vacances à la mer surtout si c’est pour être le témoin impuissant de la mort programmée de mon amie la mer.

Si je pouvais trouver un endroit où nager vers chez moi en toute sécurité et loin des foules urbaines, ce serait juste parfait…

Mais bon, il ne faut pas rêver.