Renaissance

J’ai fait cette photo hier avec le peu de neige restante afin de figer la beauté de ces perce-neige qui fleurissent chaque année dans le parterre le long de mon allée de garage. Ces fleurs courageuses qui poussent à travers la neige font face aux grands froids sans sourciller. Elles ne se plaignent pas non plus du fait que les primevères, qui arrivent bien plus tard, font croire avec leur nom qu’elles sont les premières fleurs (primo vere signifie au début du printemps en latin) alors que les perce neige, les pâquerettes (et sans doute des tas d’autres fleurs moins connues), fleurissent à la fin de l’hiver bien avant cette bande de délicates prétentieuses qui attendent le printemps pour se manifester.

Le monde des humains est finalement tout comme celui des fleurs, il se divise entre celles qui travaillent dur sans se pavaner et celles qui font les belles en s’arrogeant une réputation usurpée.

C’était une petit parenthèse enchantée, j’espère que vous en avez profité car à partir de demain et ce jusqu’à samedi prochain inclus, je lance ma semaine du mauvais goût. En clair de demain à samedi prochain je ne vais poster que des choses joyeusement macabres. Non je vais bien, c’est juste mon envie du moment, j’ai loupé ma semaine « j’aime pas l’amour » pour la Saint Valentin et je voulais faire au moins une semaine thématique par an. Vous voici prévenus ! 😈

L’oiseau

C’était mercredi, pour une fois il n’y avait pas réunion l’après midi et j’avais choisi de profiter de la belle neige fraiche tombée en relativement grande quantité ces deux derniers jours, en la regardant depuis la fenêtre de ma chambre, assis-couché dans mon lit, tout en sirotant un très bon whisky breton. J’avais un de mes appareil photo numérique pour prendre en photo cette petite déchéance.

Et c’est là qu’il s’est posé sur une branche de mon mirabellier en y restant assez longtemps pour que je puisse faire plusieurs photos à travers la vitre.

Alors oui, je pourrais prendre mon livre sur les oiseaux de ma région et trouver de quelle espèce il s’agit, mais j’ai décidé de ne pas le faire, j’en ai marre de cette manie d’étiqueter le vivant pour avoir une impression de contrôle par la connaissance de notre biotope. Cet oiseau restera donc un oiseau, nah ! :mrgreen:

Sinon même si ce n’est pas une pie, cette petite parenthèse enchantée de ma vie de confiné volontaire m’évoque une chanson de Mac Cartney, et tout spécialement son troisième couplet. « It’s beautiful outside, a magpie looks for food… »

Aprésent je vais tenter de me bouger un peu pour sortir faire d’autres photos mais cette fois avec mon matériel habituel, c’est à dire du film, histoire de tenter de produire quelque chose de nouveau et de présentable pour demain. 🙄

Here comes the flood

Photo prise vendredi à 16H43 au feu rouge à travers la vitre de ma voiture. Et oui ces deux cygnes sont en train de se demander si ils vont rester sur la rivière ou alors voyager sur la route vu que les deux sont quasiment au même niveau… 😆

Chaque année c’est pareil mais là même si j’ai honte de l’écrire, tant qu’il n’y a ni victimes ni dégâts graves, je trouve cette routine presque rassurante surtout en temps de crise où l’on cherche n’importe quoi d’habituel pour se raccrocher à une normalité qui vient tant nous faire défaut.

Manquerait plus que la photo de dimanche soit aussi un cygne… Là on aurait un triplé ! En attendant de voir ça je vous laisse avec une chanson très peu connue, que j’ai en tête lorsque je pense aux inondations de plus en plus fréquentes et à ce qu’elles signifient pour l’avenir de la planète.

Le complexe d’Idéfix

Lorsque je regarde par ma fenêtre, j’ai la chance de profiter d’un très beau paysage. Vivant devant la chaine du Lomont qui forme pour moi un vrai mur avec lequel j’entretiens un rapport très particulier, j’ai passé de longs moments à contempler la succession des saisons et leurs déclinaisons chromatiques. Voici par exemple la vue devant chez moi en automne :

Le secteur vert sombre à droite de l’image ce sont bien sûr nos beaux et grands sapins comtois qui font notre fierté.

Mais hélas tout cela est du passé car le changement climatique a fragilisé nos conifères les rendant très fragiles aux scolytes et autres parasites qui eux pullulent grâce au températures très favorables. Du coup l’ordre a été donné de raser le flanc de ma belle montagne en abattant nos plus beaux sapins. 😥

Toute cette semaine, les tracteurs et tronçonneuses ont travaillé la journée entière en commençant très tôt c’est à dire en pleine nuit pour respecter le couvre feu.

Lorsque j’étais au collège j’avais écrit une rédaction sur la mort d’un arbre, un exercice qui m’avait bouleversé. Plus tard mon voisin d’en face faisait abattre pour de sombres raisons (faire plaisir à la fille d’un élu local qui vit dans notre quartier et qui voulait avoir plus de lumière sur sa propriété) un magnifique chêne centenaire qui bien que dans sa pelouse était le cœur du quartier. Voir princesse Mononoke le même jour m’a fait déprimer pendant de longs mois.

Oui je suis comme Idéfix le petit chien d’Obélix je ne supporte pas que l’on abatte les arbres. Cela me rend très triste…

Du coup je suis allé photographier le désastre et vu que c’est une photo numérique donc sans valeur pour moi, je me suis amusé à la modifier pour symboliser ce qu’elle montre vraiment : une blessure profonde faite à la nature, à ma montagne… Il y aura du reboisement mais combien de temps pour avoir de nouveaux arbres ? Et puis ne plus voir et pire, toucher renifler de sapins, ça risque d’être juste impossible pour moi…. waouoooooooooooooooo !!!

Œuvre éphémère

Comme vous le savez, les lieux de culture sont fermés et les écoles ont un protocole encore renforcé qui interdit le sport et limite les sorties.

C’est sans doute pour ça que je me suis retrouvé au musée avec une classe de l’école ou je travaille ! 😆

Ce musée d’art moderne accueille en ce moment les œuvres de Christian Lhopital (lien sur wikipedia pour ceux que ça intéresse) qui a passé un weekend entier à dessiner une œuvre sur le grand mur du hall du musée. Cette création est éphémère et sera détruite par une bonne couche de peinture blanche dans quelques semaines. Du coup pour l’immortaliser, et donc pourrir la démarche artistique du bonhomme (lol) je me suis dit que cela serait sympa de la poster ici comme photo de la semaine. La voici donc ci-dessous, vous pouvez cliquer dessus pour la voir en encore plus grand. Si vous voyez les coquelicots et bien bravo ! Pour le reste ce sont des petits spectres difformes enfantins et inquiétants et tout ce que la paréidolie fera naitre dans vos esprits ! Brrr…

Le trop bon homme de neige

Il était une fois dans une école de quartier deux classes d’enfants un peu différents. Enfin pas tant que ça vu que ces enfants comme tous les enfants adoraient jouer avec la neige.

Et la neige justement il est était tombé pas mal ce vendredi 15 janvier, de la neige humide certes mais facile à rassembler et à modeler, bref du matériel de premier choix pour un bonhomme de neige.

Aidé par un adulte qui garde une âme d’enfant ces enfants commencèrent par ériger un petit bonhomme qu’ils nommèrent Olaf avant qu’il ne s’effondre. Le grand enfant leur ayant montré la technique pour rouler une énorme boule de neige, les enfants loin de se décourager décidèrent de créer un autre bonhomme bien plus grand et de l’ériger contre le tronc du grand merisier de la cour de l’école pour tenter de prolonger son espérance de vie. Il le nommèrent tout naturellement Olaf II.

Hélas pour lui Olaf II était né avec deux grands défauts, sa trop grande bonté et sa totale incapacité à se défendre.

C’est ainsi qu’âgé d’à peine dix minutes il fut massacré par une bande d’enfants sans cœur (ceux-là même que Freud nomme les pervers polymorphes) qui pillèrent la neige dont il était constitué pour la disperser dans des jeux régressifs et interdits par le règlement de l’école.

Repose en paix Olaf II, puisses tu renaitre un jour dans un lieu qui te permette de vivre quelques jours et quitte à faire, tente de devenir un peu plus agressif ! Mais peut-être pas en mode méchant Jack Frost tout de même ! 😆

Le plus beau de tous les dons

C’était en juin 2019, deux jeunes enfants, des frères jumeaux âgés de six ans, passaient la journée avec notre groupe avant d’y être intégrés pour de bon quelques mois plus tard en septembre. Ce jour là, ces deux petits garçons un peu mal à l’aise, tentaient de se la jouer grands garçons avec toute la maladresse attendrissante et comique des enfants de leur age.

L’un d’entre eux, le leader du duo, avait pris un livre et avait voulu me le lire, du moins a tenté de me faire croire qu’il savait lire en imaginant une histoire basée sur les illustrations de l’ouvrage. J’avais beaucoup rigolé et lui aussi c’était un moment très mignon…

Mardi dernier, l’enseignante avec laquelle je travaille me demande de faire lire cet enfant au calme dans la salle d’à coté, je prends des notes pour bien cibler les choses qui coincent encore. C’est alors que stupéfait je vois le même petit garçon dont je viens de parler plus haut et qui vient d’avoir 8 ans, plus que fier de me lire pour la première fois un livre simple et créé pour les tout petits. Il n’empêche qu’en voyant son application, sa fierté et sa réussite, une profonde et sincère émotion m’a envahi au point d’avoir les yeux qui se sont embués.

L’enfant m’a ainsi lu deux fois ce petit livre avant d’en prendre un autre puis de me montrer qu’en plus d’être en mesure de lire correctement et avec de plus en plus d’assurance et de moins en moins de confusions, il comprenait aussi ce que le livre racontait et était même en mesure de me dire celui des deux qu’il préférait. Ce petit garçon est depuis peu dans une frénésie d’apprendre non seulement en lecture au point que notre équipe pense qu’il pourra dans un futur proche passer dans un dispositif de l’éducation nationale pour une plus grande intégration scolaire.

Apprendre à un enfant à lire, n’est-ce pas l’un des plus beaux dons que l’on puisse lui faire ?

Comme je l’ai dit à ma collègue, j’envie bien souvent son travail qui permet d’obtenir de tels réussites à la fois cruciales pour l’avenir des enfants et riches en reconnaissance pour ceux qui en sont les artisans.

Apprendre l’heure, les lacets, l’usage de la monnaie et les autres choses du quotidien, jouer au psychologue le lundi matin avec la grande du groupe qui me dit « Laurent j’ai besoin de te parler dans le couloir » tout ça ce sont aussi des choses dont je peux être relativement satisfait mais face au miracle qui consiste à apprendre à lire à un enfant en situation de handicap mental, ce ne sont que des broutilles. 🙄

Mon poste très spécial auprès d’une enseignante dans une école fait que je suis souvent associé au travail pédagogique pour le meilleur et pour le rire comme hier après midi lorsque j’ai accompagnée une jeune fille autiste dans une classe. Elle était, elle aussi, partie dans une frénésie de lecture et écrivait des syllabes sur son ardoise avant de les lire tout fort avec une voix étonnée comme si elle était elle-même surprise de sa propre réussite.

Manque de pot nous étions en cours d’art visuel. 😆 J’ai rigolé et j’en rigole encore en écrivant ces lignes, sa maitresse quant à elle, a été très émue par cette anecdote que je lui ai bien sûr racontée car elle montrait que la jeune fille avait passé un cap important dans l’apprentissage de la lecture.

Et oui, on est parfois témoin de beaux moments lorsque l’on est d’éducateur en milieu scolaire, au point d’avoir eu envie de les partager avec vous aujourd’hui. 😀

Réveillon minimaliste

La photo de cette semaine qui est la première photo de cette année 2021, montre ce que j’ai mangé pour mon réveillon. En fait je n’ai mangé qu’une dizaine des blinis que j’ai fait moi-même avec de la crème et des œufs de truite faute de trouver un caviar digne de ce nom. Avec ça un shooter de vodka que j’ai terminé en grimaçant. Bref un réveillon frugal mais pas de gâchis, le reste je l’ai mangé le lendemain avec l’aide de mon chat. 😆

Polémique

Hier j’ai photographié ces affiches collées dans la rue sur un panneau réservé aux affichages libres.

Sur le moment j’ai trouvé cela sympathique mais en y réfléchissant, on ne sait pas qui a lancé cette campagne d’affichage (aucun logo ni mention sur l’affiche en dehors du slogan) Quoique le chat hérissé à gauche de l’image… Ce n’est pas un symbole anarchique ou libertaire? C’est aussi le logo du CNT (Confédération Nationale du Travail)… Bref impossible de vraiment savoir qui a signé ces affiches.

Mais ce qui me dérange encore plus que cet anonymat c’est bien sûr la vraie intention de la campagne qui je le pense vise une religion en particulier sans avoir le courage de la nommer. S’attaquer aux trois grandes religions monothéistes présentes en France ça ne brouille que très peu les pistes.

Et si on avait remplacé le mot religieux par le mot « intégristes » ? Assimiler tous les croyants à des menaces pour nos libertés est un raccourci maladroit et insultant pour la majorité des croyants de ces trois religions qui pratiquent leurs convictions sans faire de prosélytisme ni chercher à échapper voire à changer les lois républicaines.

Bref une campagne maladroite et contraire aux objectifs de ceux qui l’ont mise sur pied puisqu’elle vient interroger le droit de chacune et chacun d’avoir des convictions et de vouloir les célébrer dans une communauté religieuse.

A quand une campagne interrogeant sur l’utilité sociale des religions mais avec plus de finesse et de philosophie ? Surement jamais… Mais bon on peut rêver un peu, après tout c’est bientôt Noël ! 😈

En attendant Jésus…

Cette année comme chaque année, je suis allé aider la pincée de bénévoles pour installer la crèche à l’église. Alors oui je n’ai pas été sage et je me suis fait plaisir en racontant plein de bêtises. 😈

Mais je me suis aussi bien amusé en prenant cette photo qui marquera ce Noël très spécial. 😥

Cette femme masquée assise sur sa chaise qui regarde la mangeoire pour l’instant vide de l’enfant Jésus, c’est une image un peu insolite mais c’est aussi quelque part un genre de note d’espoir, non ? 🙄