Quand j’étais sur les planches

C’était il y a 13 ans, j’étais encore en formation d’éducateur et nous étions en train de valider un grand module dont l’objet était de monter une pièce de théâtre à présenter à un public au théâtre de Mulhouse.

Ce fut pour moi à la fois la pire et la meilleure expérience de vie…

Car oui j’ai souffert de la distance entre moi et les autres mais comme le montre cet extrait tiré de mes archives qui se déroule deux jours avant la représentation, j’ai aussi eu des moments de plaisirs très sympas.

 

Mercredi 31 mai 2006

Cher Francis,

       La journée a été fructueuse pour notre petite troupe de théâtre. Cependant le matin le travail était difficile et comme à l’accoutumée les garçons se mettaient à chanter en cœur cette chanson étrange chaque fois qu’ils s’ennuyaient. « Quand pourrais-je… » Cela avait pour effet de me faire rire très fort, j’aimerai connaître les paroles pour la chanter avec eux… Mais en attendant leur numéro met beaucoup de bonne humeur dans notre travail et est vraiment une soupape de sécurité pour nous autres pauvres étudiants éreintés par ce long travail fastidieux.

A midi je me suis installé sur un sofa avec quelques camarades afin de terminer mon plat japonais et boire un coup avec Jack D. Tout à coup une chaleur immense m’a envahi ainsi qu’un puissant sentiment de bien-être. Nous étions en train de papoter dans l’obscurité quasi totale tels des rockers avant un concert. Des volutes de fumée masquaient les contours flous de nos silhouettes… Une vraie alcôve… J’aurai voulu rester sur ce canapé toute la journée mais bon le devoir nous appelait moi, jack et mes camarades.

C’est alors qu’à la reprise quelque chose de magique s’est produit, tout le monde s’est mis à jouer avec plus de cœur et de conviction, comme si quelque part nous retrouvions notre plaisir de la découverte de nos textes et de nos personnages. Il y a eu ainsi beaucoup d’émotions et de rires avant que nous nous séparions jugeant avoir tous bien progressé lors de cette journée.

La magie n’était pas due à Jack, en fait si nous avons été si bons cet après midi c’est tout simplement parce que tout le monde travaille beaucoup son texte et se laisse envahir par son personnage. Le résultat est visible. J’espère que comme moi mes camarades trouvent du plaisir à jouer cette pièce.

Alors voilà Francis, j’espère juste que nous seront encore meilleurs pour vendredi soir, et ce sans Jack. Je commence à redouter la fin de cette activité, le vide sera atroce…

Sayonara Zetsubo Sensei

Lorsque j’ai découvert la première saison de cet anime, j’ai tout de suite compris que j’étais face à une œuvre très différente de ce que je regardais à l’époque. Le fait de débuter le premier épisode par une citation de Stendhal n’était en effet pas très habituel dans les animes.

Puis arrivent les premières images avec cette lycéenne qui découvre un homme pendu à un cerisier, scène hélas trop emblématique d’un certain Japon…

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Très vite les événements s’enchainent, la jeune fille saute sur le pendu et tire de toutes ses forces jusqu’à ce que la corde se casse. Le pendu qui n’est autre que le personnage principal de la série, se relève alors en hurlant : Et si j’étais mort ?  phrase qui se traduit à la fois comme « pourquoi tu ne me laisse pas mourir » et ‘tu aurais pu me tuer ».

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Le ton est donné, on est dans la comédie, la caricature très noire qui fait que cet anime sera diffusé très tard le soir au Japon.

Le nom de cette série pourrait se traduire par « au revoir professeur désespoir » Le personnage principal, le professeur Itoshi Nozomu a en effet le désespoir qui lui colle à la peau vu que son nom écrit de façon horizontale fait que deux kanji se touchent et forment le kanji « zetsubou » c’est à dire « désespoir ». Son caractère est d’ailleurs en accord avec cette émotion vu qu’il surréagit à chaque chose négative  en hurlant que cela le fait désespérer dans une mise en scène qui devient un gimmick de la série. Au passage vous remarquerez l’étrange ressemblance entre ce personnage et le mien (Watanuki Kimihiro) que j’endosse pour illustrer mon blog…  Hasard ? vous savez ce que je pense des hasards, il suffit de lire la bannière du blog.  :mrgreen:

L’histoire commence lorsque Itoshi Nozomu tente de se suicider le jour où il doit prendre en main une nouvelle classe. Par la suite il découvre que Fuura La jeune fille qui l’a sauvé, est en fait l’une de ses élèves et que sa classe est composée de personnages très étranges vu que chacune et chacun représente un des problèmes de la société nippone. On a ainsi une hikikimori, une stalker, une réfugiée, une américaine qui ne cherche qu’à coller des procès, une réfugiée, une accroc aux sms qui ne parle que par ce biais, une victime de violence domestique… La liste s’étend sur plus de vingt personnages qui sont à plus de 90% des jeunes filles car oui on est tout de même dans une configuration harem avec des lycéennes qui tombent amoureuses de leur jeune professeur un peu étrange et très inquiétant lorsqu’il vient la plupart du temps malgré lui résoudre leurs problèmes.

Alors oui on rigole beaucoup surtout dans les premiers épisodes avec par exemple la délire sur la confusion entre une hikikomori et un zachiki warashi, mais il serait vraiment très américain de résumer cet anime à l’humour qui le parcoure car le panorama qu’il nous offre sur le Japon moderne est d’une richesse incroyable et chaque rire apporte une série d’interrogations voire de réflexions.

Cet anime est aussi et avant tout une œuvre d’une très grande liberté non seulement dans les thèmes abordés mais aussi sur le forme puisque ses créateurs ne s’interdisent rien. A ce titre, je me souviens d’un épisode hallucinant où le style de l’animation change toute les trente secondes. 😯 Il va de soit que les références à la culture anime et geek sont aussi très présentes et parfois désopilantes.

J’apprécie aussi énormément le fait que le pessimisme constant du professeur soit contrebalancé par la présence de Fuura l’ultra optimiste et très rigolote jeune fille qui vient toujours nuancer les propos de son prof.

Après la scène de la pendaison ratée on lit en substance sur l’écran « Itoshi Nozomu ne voit que les choses du coté sombre, Fuura ne voit les choses que de façon optimiste, une rencontre qui n’aurait jamais du avoir lieu » Et bien en fait, je suis bien content que cela ne soit pas le cas ! Et je vais d’ailleurs de ce pas me repasser la première saison. 😀

 

A mettre sur vos agendas…

…La date de votre mort déterminée avec le site http://www.lejourdevotremort.com/

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Je me suis amusé à calculer la mienne en répondant de façon la plus honnête possible aux questions et  à présent je sais que je n’ai plus besoin de m’embêter avec ces histoires de retraite complémentaire vu qu’à l’instar de la femme de ma vie,  cette fichue retraite je ne la toucherai pas de mon vivant  !

J’ai refusé de vivre

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Ce matin je me suis réveillé à 4h00 au terme d’une nuit très longue mais coupée. Je me sens pas très bien dans mon corps et dans ma tête.

Au delà des petits soucis de santé, je me rends compte en vieillissant de l’état de ce corps que j’ai blindé de bière et de parfois trop de nourriture alors qu’il est très mal réglé du fait d’un métabolisme de stockage et d’une absence d’exercice physique.

Ce corps va m’en faire baver c’est sûr, après m’avoir bouleversé à plusieurs étapes de ma vie, il est entré en lente décomposition et commence à susciter en moi des angoisses de maladies présentes et à venir. Non, je ne suis pas hypocondriaque mais réaliste.

Alors oui, une fois de plus la peur s’installe dans un autre domaine de ma vie, cette fois-ci c’est le corps. Ces nouvelles angoisses s’ajoutent à celles que j’avais déjà en stock et vont sans doute aggraver mon dégout de la vie.

Enfin vivre, peut-on appeler ça comme ça ? A 47 ans je n’ai jamais connu ni l’amour ni les bagarres, j’ai été obligé de renoncer à tous mes projets et je vis constamment en tremblant dans l’attente des trois choses qui vont peut-être venir détruire ce semblant de vie pour le remplacer par une existence pire encore.

Ces menaces sont : La perte d’emploi (réunion ce soir car on rassemble tous les professionnels de la structure pour les fusionner avec une autre dans les mêmes locaux), la maladie (pas besoin d’en rajouter) et la mort de ma mère qui fera que je me retrouverai à la rue car je n’ai rien à mon nom. Sur ces trois menaces une seule est vraiment inéluctable mais cela ne rend pas les autres moins réelles.

Alors certes, j’ai sans doute refusé de vivre torturé par toutes mes peurs à commencer par celle des autres, mais vu ce dont ma vie est faite et la fragilité de ce qui la compose, je pense avoir une bonne explication pour tout ce gâchis.

Explication, excuse ou alibi, ça c’est à vous de juger…