Éros et thanatos

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Pour cette semaine, voici donc une remise en ligne de ce que j’écrivais le mercredi 15 février 2006, c’est à dire il y a 13 ans :

Mercredi 15 février 2006

Cher Francis,

Comme je l’écrivais hier, je ne crois pas en l’amour. Cependant ce qui est intéressant à remarquer c’est la relation entre ce sentiment et celui que l’on lui oppose; la haine.

Détester quelqu’un c’est lui montrer qu’il ne nous est pas indifférent. La haine comme l’amour sont deux sentiments dénotant une forte intentionnalité. L’amour vient souvent lorsque l’on reconnaît de façon consciente une partie de nous dans autrui, plus tard lorsque l’on se rend compte que d’une part on ne peut s’approprier cette parcelle manquante et que d’autre part elle n’est pas vraiment celle que nous recherchions, et bien à ce moment le sentiment d’amour commence à perdre sa force.

Dans le mécanisme de la haine, ce qui se passe c’est que l’on voit de façon inconsciente un aspect de l’autre qui ressemble à un aspect de nous même que nous refusons de reconnaître. Ainsi de grandes relations d’amitié ou amoureuses peuvent se bâtir sur une relation de haine si les personnes dépassent le conflit afin de se découvrir eux-même en découvrant la raison de leur haine envers l’autre.

Voilà Francis, tu as compris que plus tu déteste quelqu’un , plus en fait tu est intéressé par lui… Dans le cas contraire il te serait tout bonnement indifférent.

Aujourd’hui encore je continue de dire cela aux enfants et aux jeunes de sexes opposés qui se chamaillent, ça les calme vite fait. Pas besoin d’avoir fait philo pour comprendre les méandres du phénomène Éros/Thanatos : Je t’aime ou je veux te détruire. En dehors de ces deux cas, tu n’existes pas pour moi.

Finalement on n’est pas loin de la philosophie du chien : Ce que tu peux pas bouffer (tuer) ou baiser (aimer) et bien  pisse dessus ! 😈

Toradora; la plus belle histoire d’amour

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Je fais partie de ces fans d’anime qui bien qu’étant des mecs, sont capables de regarder des animes dont les intrigues tournent autour des relations amoureuses. Bien qu’étant un homme frustré par l’absence de romantisme dans ma vie, j’ai ainsi été bouleversé par certains animes shoujo. Celui qui m’a le plus chamboulé au point de me faire pleurer c’est bien sûr Toradora.

Ryuuji Takasu est un élève japonais qui vient de rentrer en seconde année de lycée et qui vit seul avec sa mère. Il aimerait être un simple lycéen ordinaire, mais il est doté d’un défaut : ses yeux intimidants. À cause de son air patibulaire, des rumeurs stupides n’arrêtent pas de circuler sur lui, notamment le fait qu’il frapperait quiconque oserait le bousculer et qu’il serait prêt à tuer, alors qu’en vérité c’est un jeune homme sensible tout ce qu’il y a de plus recommandable…

À cause de ça, il rencontre des difficultés énormes à se faire des amis, et le plus lourd à supporter étant bien entendu l’absence de relation amoureuse. Par chance, il se trouve dans la même classe que son meilleur ami Yūsaku Kitamura, et son coup de cœur la jolie Minori Kushieda… Joie de courte durée puisqu’il va littéralement tomber sur la tsundere locale, Taiga Aisaka (surnommée le tigre de poche à cause de sa petite taille et de son agressivité). Ci-dessous la vidéo de la rencontre entre Ryuuji et Taiga :

Ryuuji va découvrir que Taiga est amoureuse de son meilleur ami Yusaku Kitamura. C’est alors le début d’une relation sulfureuse entre Ryuuji et cette tsundere qui profitera de lui et en fera son homme de ménage et accessoirement un punching-ball tout en  le garde près de lui afin de se rapprocher de Kitamura, tandis que Ryuji espère en faire de même avec l’énergique et non moins étrange Kushieda.

Cette relation amoureuse complexe évolue au fil des épisodes, Ryuuji toujours aux petits soins pour Taiga commence à la regarder d’une façon différente et Taiga, abandonnée par ses parents dans une cage dorée, se lie très fort à Ryuuji qui est toujours là pour elle même dans les moments les plus embarrassants comme par exemple l’épisode où Ryuuji passe une nuit à coudre des coussins dans le maillot de bain de Taiga complexée par sa petite poitrine. Cette séquence tendre et très drôle débouche sur le tournant de l’anime. En chahutant des amis de Ryuuji le font couler au fond de la piscine et c’est Taïga qui sait à peine nager qui va le secourir et alors que le prof tente d’aider Ryuuji à reprendre conscience, elle empêche tout le monde d’approcher en hurlant et en pleurant. « N’approchez pas Ryuuji est à moi !!! »  Et c’est là que moi aussi j’ai pleuré très fort. Cette séquence marque en effet la transformation d’une relation d’interdépendance en vraie relation amoureuse et le reste de la série va aller bien plus loin dans ce sens avec des moments d’une incroyable intensité.

Donc oui après toutes les horreurs que j’ai écrites cette semaine sur l’amour, je suis bien obligé de reconnaitre que du fait de ma très grande sensibilité, je suis tout de même très fleur bleue…  😆

Bon on termine sur le générique d’ouverture, le premier qui est le plus rigolo, le second étant bien plus sombre et annonciateur des troubles à venir.

J’aime pas l’amour

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Ce titre emprunté à la chanson d’Olivia Ruiz met tout de suite l’ambiance. En cette semaine de la Saint Valentin je vais donc m’attaquer à cette illusion, cette psychose à deux que l’on appelle l’amour. 😈

Après demain nous aurons donc droit à une nouvelle célébration de ce sentiment magnifié à travers les siècles par la mémoire humaine et les arts, cet amour qui en fait n’est qu’un placebo de plus ingurgité par l’humain malade de ne pas pouvoir accepter qu’il n’est qu’un animal qui a été chassé par l’évolution du grand tout universel, cet amour qui est aussi le prétexte permettant à une industrie bien rodée de faire des fortunes en vendant ces jours-ci dans le monde entier des produits que les amoureux dignes de ce nom sont obligés d’acheter. La Saint valentin se transforme vite pour les couples influençables en Saint Cent Euros de dépense… 

Je hais l’amour, cette haine est due en partie à la frustration de n’avoir connu l’amour que de façon unilatérale et d’avoir ainsi amassé assez de râteaux pour ouvrir un magasin de jardinage. Mis à part deux épisodes de trois jours avec deux femmes différentes, je n’ai jamais été aimé et ces deux parenthèses étaient plus liées à ma libido qu’à une recherche de l’âme sœur.  Mon rejet du sentiment amoureux a également été nourri par  l’influence de mes grands maîtres en philosophie sans doute aussi frustrés que moi mais avec le talent en plus, Donatien Alphonse François, Arthur, Friedrich Wilhelm, je pense à vous qui sans doute auriez hurlé en voyant le grand déballage de la Saint Valentin. 🙄

L’amour c’est se mentir à soi-même en pensant que celui que l’on a choisit librement met fin à nos manques et nous plonge dans un sentiment de félicité que l’on veut éternel. En vérité le choix du partenaire est tout sauf libre puisqu’il est souvent une résurgence de nos problèmes œdipiens (le partenaire est choisi car il rappelle quelque chose de sa mère ou de son père). Quand à la torpeur que l’on voudrait éternelle, celle-ci se termine vite en divorce lorsque l’on ne dit plus « je t’aime » comme au début mais que l’on se force.  Les statistiques sur le divorce montrent bien que le sentiment amoureux a perdu de sa superbe, on ne se met plus en couple dans une logique de projet familial mais pour faire comme les autres (parce qu’on s’aiiiiiiiime) et à la moindre difficulté on se sépare au lieu de tenter de réparer. L’amour a donc fini par être lui aussi régi par les règles de notre société « moderne » : consommer toujours plus pour être dans la jouissance permanente et jeter quand ça ne marche plus car le SAV n’est pas rentable.

Au fond, l’amour n’ est que la cristallisation d’un instant où quelque chose ressemblant au bonheur semble avoir été atteint. Il suffit d’observer les amoureux dans les parcs pour s’en convaincre.  Les amants les yeux dans les yeux, les mains jointes se retrouvent dans cet état de grand détachement pendant que le temps passe autour de leur couple enlacé. L’amour est donc pour cette raison et pour d’autres une maladie mortelle:

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Les amants ci-dessus semblent morts de s’être trop aimés. Leurs restes enlacés dont l’age est estimé à 6000 ans, ont été retrouvés dans le nord de l’Italie le 6 février 2007 et sont à présent exposés dans un musée. Quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été mis en terre dans les bras l’un de l’autre, il y avait forcément un sentiment entre eux. La forme dessinée par le contour de leurs deux cranes qui se font face, évoque un cœur… Ce témoignage d’un grand sentiment d’amour qui a traversé le temps deviendra au final une attraction touristique… J’espère juste que les visiteurs du musée verront en les regardant autre chose que des os exposés de façon bizarre.

Voilà quitte à parler d’amour, je préfère le faire de façon trash. Les zombies romantiques c’est pas mal non plus…  😎

Dites-le avec des cafards !

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Actualité oblige, cette semaine sera un peu placée sous le signe de l’amour et de la romance mais à la sauce Watanuki. Vous êtes donc prévenus. 😈

Je commence donc avec cette nouvelle insolite taillée sur mesure pour un lundi bête à quelques jours de la saint Valentin.

En ce moment le zoo de la ville d’El Paso au Texas, USA propose un service un peu spécial aux visiteurs/visiteuses souhaitant donner un exutoire à leurs déceptions amoureuses. l’idée est simple, pour deux dollars il est possible de donner à un cafard le nom de sa ou de son ex compagne/compagnon. Ces cafards sont d’une espèce bien particulière, il s’agit de cafards siffleurs (qui sifflent réellement) de Madagascar.

Avoir un cafard qui porte son nom dans un zoo n’est déjà pas très valorisant pour les cibles de ces petites vengeances, mais cela ne s’arrête pas là. Ces cafards sont en effet destinés à nourrir les suricates et les singes du zoo (pour eux ces gros cafards sont une vraie friandise) lors d’un repas organisé le jour de la Saint Valentin. L’évènement sera retransmis sur le site du zoo et sur sa page Facebook. Les noms retenus seront révélés au fur et à mesure du repas des animaux.

Car oui, l’opération a marché très fort puisque plus de 1500 certificats de nomination de cafards ont été envoyés suite à des demandes qui ne cessent d’affluer du monde entier. Ainsi, toutes les demandes ne seront pas honorées, seules les premières feront donc l’objet de cette vengeance « buggy Valentine ». Certaines personnes ont même voulu aller plus loin en proposant jusqu’à 500 dollars pour que le cafard portant le nom de leur ex soit piétiné à mort devant les caméras, ce que le zoo a refusé.

Des événements similaires sont proposés par le zoo du Bronx à New York et également au conservatoire animal de Kent en Grande Bretagne. Les australiens quant à eux jouent à la même chose mais plusieurs niveaux plus haut en organisant un concours pour donner à leurs serpents les plus venimeux les noms des ex de leurs visiteuses/visiteurs. Love bites… You’re poison… tant de chansons qui disent que l’amour est un poison mortel… 😎

Pour Sarah Borrego l’organisatrice de cet évènement, la réussite de l’opération montre que les gens en ont marre de cette Saint Valentin commerciale. Lui donner ce coté trash est en effet une bonne façon de prendre ses distances avec cette fête.

Au moment de conclure cet article j’hésite entre plusieurs choses. Un jeu de mot foireux du genre « Cette année je ne serai donc pas le seul à avoir le cafard le jour de la Saint valentin » ? Ou alors évoquer le lien entre l’objet de cette chronique et la personnalité qui viendra en visite officielle au zoo le 11 février ?

Non, rien de tout ça, juste préciser que fustiger un ou une ex n’est qu’une excuse pour poursuivre de façon unilatérale et maladive une relation dont on refuse la fin. 🙄

La bêtise humaine

Dans ce blog, je consacre les vendredis à la réédition des contenus de mon ancien blog. Ce matin, au moment de choisir la photo du dimanche et alors que je constatais qu’une fois de plus le travail et le froid dans le labo m’avaient dissuadé de développer de nouveaux films, j’ai eu l’idée de ressortir une de mes vieilles photos. 💡

C’était à Strasbourg à l’automne 2008, je faisais ma première sortie photo avec des personnes rencontrées sur mon forum et qui allaient devenir des amis. Nous étions dans les rues dans cette magnifique ville, moi avec un SRT 303 et quelques objectifs dont son 135mm, les autres avec des moyens formats (Kiev88, Mamiya RB67…) lorsque tout à coup, du haut d’un pont  je remarquai une scène absurde qui se déroulait sur la berge en contrebas. Sans réfléchir j’armai puis je déclenchai. Et ça a donné ça :

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Aucun montage ni mise en scène, c’est bien un type qui tente de toucher un cygne tandis que sa frêle copine l’empêche de tomber dans l’Ill qui est bien froide à cette époque. Heureusement rien de la sorte n’est arrivé et les deux zigotos (zigoti ? 😆 ) ont cessé leurs idioties avant de reprendre leur balade.

Sur la même photo un comportement triplement inconscient. Tomber dans l’eau se noyer emporté par le courant et paralysé par l’eau froide, entrainer sa copine à subir le même sort et aussi déclencher un réflexe de survie chez le cygne qui est un animal qui n’aime pas vraiment se faire toucher et qui a beaucoup de force surtout dans ses ailes.

Reste que je suis content de cette photo, qui n’a pas été très acclamée à l’époque, mais qui reste pour moi un bon souvenir lié à un gros coup de chance qui m’a permis de faire cette modeste tentative de photojournalisme. 😎