Archives de jours difficiles

Archive du Samedi  2 juin 2007

Cher Francis,

       Le sommet de ma montagne de désespoir se dessine enfin à l’horizon. Comme un noyé j’ai touché le fond et lancé un vif coup de pied pour faire remonter mon corps de mort-vivant  vers la surface.

Hier soir je suis allé dépanner un ordinateur comme je le fais si souvent. J’ai bien discuté de mes malheurs avec le gentil couple chez qui j’ai installé une superbe et puissante machine. Ils m’ont bien aidé à y voir plus clair. 

Le nouveau office de chez Billou il est très beau aussi…

La matinée s’est passée de façon étrange, j’ai emmené ma mère dans un magasin pour qu’elle choisisse un habit qui lui plaise et que je le lui paye pour la fête des mères. Par la suite nous sommes allés faire les courses. J’ai acheté des pieuvres pour essayer de faire des takoyaki, une recette de beignets aux poulpes japonaise mais vu que je n’ai pas réussis à trouver les ingrédients j’ai fait des tempuras avec mes bestioles. Le résultat doit se balader entre les toilettes et la poubelle… Trop caoutchouteux pour être croqués.

 La cuisine est sinistrée et ma mère ne me crie presque pas dessus.

Atmosphère étrange.

La chose la plus importante de la journée c’est que le facteur m’a amené une grosses enveloppe qui contenait des dessins des enfants de l’école où je travaille et une lettre d’encouragement de la part de mes collègues. 

J’en ai chialé… Il me manquent tous tellement… Merci Sylvaine et Martine et tous les autres qui ont signé et qui peut être lisent cette lettre.

Oui, vous me manquez beaucoup et je veux vous dire que je me battrai jusqu’au bout pour valider au moins l’autre moitié de mon DE et qui sait, réaliser un miracle. Mon mémoire est bon, enfin si mon maître de mémoire et mes correcteurs l’ont vraiment lu. Mon livret est excellent et parler, ça, ça ne m’a jamais fait peur. Ce qui est étrange quand on y pense car dans une prestation orale ce qui est dit est dit et ne peut être effacé comme sur une feuille.

Je pourrai changer de travail car j’ai assez de diplômes et je suis capable de faire beaucoup de choses ( je dis ça mais…), mais c’est avec vous que j’ai envie de continuer à travailler. J’ai sacrifié beaucoup trop de choses depuis bientôt neuf ans que j’ai choisi ce travail, en premier lieu mes propres intérêts, pour tout perdre à cause d’une nuit sans sommeil la veille d’un examen. J’ai honte, tant pis pour la honte. J’ai peur tant pis pour la peur. J’ai confiance pour la suite, tant mieux !

Hier soir, chez les gens, j’ai ri de ce qui m’étais arrivé à l’examen. Mes facultés de résilience sont phénoménales…

Je t’écris d’une île bordée seulement de terre, je t’écris d’une île où l’on accoste pas. 

Plus fier, je me suis connu plus fier, quand Robinson c’était toi…

Je vais plutôt bien, je pense toujours à la mort, je vois loin, je vous aime fort.

Bon, la suite on la connaît c’est l’obtention de mon diplôme et la suite de ma « carrière » avec un travail qui ne cesse de changer, parfois en bien ! 🙄

Bilent rapide

Auto portrait de hier soir avant de me raser, photo prise à bout de bras avec mon Nikon D700

Ce matin je suis donc retourné au travail après une permission auto octroyée de 13 jours.

Pour rappel je voulais faire de ces vacances artificielles bricolées avec un pont un jour férié et 5 jours d’ancienneté, une période de travail et de loisir.

Et j’ai lamentablement échoué pour les deux… Je n’aurai fait que cette courte sortie en Suisse avec un invité pour qui je me fais du soucis ce soir vu qu’il ne donne toujours aucune nouvelle et pour le reste j’ai lancé de grands chantiers sans toutefois aller jusqu’au bout. Le jardin n’est pas encore terminé et je vais sans doute avoir besoin d’aide d’amis pour y arriver.

Mes soucis de dents qui m’ont obligé à rester immobile à la maison trois jours en espérant un rendez-vous miracle n’ont pas du tout aidé non plus. Voici presque deux semaines que le pansement d’une dent qui va être couronnée reine de mon futur déficit, a volé en éclats mettant son nerf à nu. Je gère assez bien la douleur mais bon c’est le genre de désagrément qui n’aide pas non pas à travailler.

Tout comme ce gros bide à bières…

Mais bon, j’ai commencé à bien réduire ma consommation depuis trois semaines et je pense arriver à un sevrage quasi complet à la fin de la semaine.

Je ne sais pas encore ce que je veux faire de ce qu’il me reste de vie, ni même si je désire vraiment en profiter, mais bon, on ne sait jamais, je vais essayer de sauver ce qu’il reste de ma carcasse ! 😆

Extra holidays #11 : Territoire perdu

Plus le temps passe, plus je me rends compte que j’ai de plus en plus de choses en commun avec mon vieux siamois âgé de 19 ans. Je compense avec la bouffe, je n’aime plus trop être seul et si je pouvais passer la vie dans mon lit je le ferai volontiers.

Mais une autre similitude dans nos expériences de vie vient de se révéler à moi, nous avons tous les deux perdu notre territoire.

Mon chat n’ose plus sortir de la maison ou alors 30 secondes car des autres chats plus jeunes se sont appropriés notre jardin et n’attendent qu’une chose : le chopper pour lui foutre une raclée histoire de bien lui faire comprendre qu’il doit rester à la maison et que mon jardin n’est plus son territoire.

De mon coté aujourd’hui j’ai voulu ressortir la tondeuse pour tenter de lancer une nouvelle offensive contre la forêt vierge qui me sert de pelouse mais l’arrivée de trois bonhommes demeurant dans la maison d’à coté m’a dissuadé. Ils s’installent sur l’immense terrasse qu’ils ont bâti contre mon jardin, le fait qu’ils soient en hauteur les rends encore plus présents, j’ai l’impression qu’ils sont chez moi. J’ai beau baisser la tête, faire comme si ils n’existaient pas, je sens leurs regards, leurs jugements. Je les imagine même penser des trucs du genre : « Tiens voilà le gros tas d’à coté qui va essayer de tondre sa forêt vierge avec sa petite tondeuse électrique, mais quel con ce type, en plus lui il ne travaille pas en Suisse, il n’a pas de bonne femme… Mais quel looser… »

Et du coup je fais comme mon chat je rentre à la maison la queue entre mes jambes.

Je ne supporte plus ce vis à vis, les palettes mises à la hate aujourd’hui par ces voisins avec qui je n’ai jamais échangé un mot, ne suffisent pas à calmer mon malaise. J’imagine peut-être les choses mais l’absence total d’échanges entre eux et moi et les regards qu’ils me lancent ne peuvent que me pousser à envisager de leur part un mépris de classe et de culture. J’aimerai avoir assez d’argent pour faire un mur de trois mètres pour pouvoir enfin profiter à nouveau de mon jardin.

Cela n’est hélas pas possible, du coup une seule solution : travailler le mercredi après midi. Et maintenant ? Et bien rien de spécial, je vais retourner trier le bazar dans mon garage… 😥

Extra holidays #9 : La grosse journée !

Le matin après avoir pris 160 francs suisse au distributeur (il m’en reste assez pour un plein), je vais chercher le professeur à la gare. Je suis désolé d’apprendre qu’il a un gros mal de dos qui va limiter pas mal le programme de la journée. Mais bon qu’importe, nous nous adaptons et nous commençons par filer en Suisse pour aller à Roche D’or. Nous décidons de monter à la tour qui est dans le pâturage et en la gravissant nous apprenons que nous sommes des alpinistes ! Puis repas copieux à l’auberge plus bas et l’après midi le fort des roches avant de finir la journée au pub pour discuter encore et encore (et surtout les écouter discuter encore et encore) de mécanique. Puis après avoir ramené le professeur à la gare nous finissons chez le Pascal à raconter des conneries jusqu’à ce que ma mère m’appelle à 10h00 sur mon téléphone portable… 😆