Journées d’inactivité

Voici donc bientôt deux semaines que l’école est finie mais que les enfants que nous accompagnons doivent encore se lever aux mêmes horaires pour faire des activités.

Pour eux c’est un peu la triple peine, handicap, exclusion et pas droit aux mêmes vacances que les autres enfants.

Mais bon, ces journées d’activités comme je les ai nommées (même si aujourd’hui encore on ose dire que ce n’est pas vrai ce dont je me fiche car je connais la vérité et que je me souviens dans les moindres détails de mon invention de ce vocable pendant une réunion), bref nous l’équipe des éducs sommes là pour faire des ces journées des moments très sympas pour les enfants et ce avec des budgets ridicules.

Quant à moi je préfère être seul avec 4,5 voire 6 enfants plutôt que de faire un projet avec une ou un collègue qui va finir par me laisser seul avec dix gosses pour aller fumer une clope.

Mais voilà, à force de rester tout seul, j’épuise un peu mes vieilles recettes et aujourd’hui par exemple ma journée s’est limitée à une grande sortie au parc suivie d’un repas au Flunch. Ce sont des temps de travail, je remarque des choses j’échange avec mes collègues mais j’ai un peu honte, je voudrais en faire plus pour les enfants mais entre ma fatigue, mes difficultés pour me déplacer et mes craintes lorsque je dois gérer seul un enfant un peu turbulent, je finis par choisir la facilité.

Je dois donc me ressaisir et réussir à retrouver un peu de santé par du repos et des efforts mesurés pendant ces vacances qui commencent vendredi afin de profiter au mieux de mes journées d’activités d’août.

C’est pour ça que j’écris ça ce soir, et j’espère que cet été sera le bon ! 🙄

Une baleine qui nous veut du bien

Voilà tout est dit, alors si le sel de votre salière « La Baleine » a une couleur dorée bizarre ne la jetez pas et ce pour deux raisons. La première c’est que le sel bien que doré reste parfaitement comestible et la seconde est que le fait d’avoir trouvé une de ces dix salières vous donne droit à l’obtention d’un chèque de 1000 euros ce qui est bien intéressant par les temps qui courent. 🙄

Archive simple

Archive du mercredi 12 juillet 2006

Mercredi 12 juillet 

Cher Francis,

Les jours passent et repassent sans fin au cœur de cet été chaud et humide. Plus qu’une journée de travail et ce sera la fin de l’année. Ce dernier jour est toujours une épreuve pour moi car c’est à cette occasion que nous disons au revoir à des enfants avec qui nous avons beaucoup de souvenirs en commun. 

Pourquoi ne puis-je pas m’empêcher d’être triste ? Au fond depuis 8 ans je devrais être habitué à ces adieux annuels… En tant que professionnel je devrais être capable de me dire que leur départ est une bonne chose qui va les mener ailleurs et plus loin…

En dépit de toutes ces pensées rationnelles, ma tristesse demeure. Cela n’est pas très grave car je garde toujours le contrôle de mes émotions. Au fil des ans cette tristesse est devenue mélancolie puis vague à l’âme…

Je crains le jour ou je ne la sentirai plus du tout. En effet ce jour-là j’aurai perdu quelque chose de précieux, mon affection pour les enfants qui me sont confiés.

D’un autre coté cela pourrait aussi signifier que ma vie personnelle s’est enrichie, équilibrée… Mais là mon cher Francis il ne faut pas rêver… Je n’ai pas droit au bonheur…

Du moins pas encore.

Je relis ça ce soir en me disant que je suis à présent heureux de voir les enfants partir de l’établissement et je me rends compte que le texte plus haut était une prophétie auto-inductive. Je n’aime plus mon travail comme au début, je ne suis pas maltraitant mais bien moins compatissant. Je suis devenu un vrai professionnel et ce n’est pas plus mal.

Réapprendre à respirer

Ces derniers mois ont été épuisants pour moi. Les enfants fatigués et leurs crises, le travail avec les familles qui est parfois jalonné de mauvaise foi et de mensonges, un énorme travail de rédaction de bilans qui demande beaucoup de temps et de réflexion pour donner une vision juste et non édulcorée des difficultés restant à travailler, les prises de tête avec les collègues aussi fatigués que moi, les mouvements de personnels, des secrets que la direction ne veut pas dévoiler et par dessus tout cela une évaluation externe qui m’a mis sur les rotules car je m’y étais peut être trop préparé.

Et ça ce n’est que pour le travail !

A la maison, de plus en plus de mal à travailler du fait de ma fatigue et de mon poids, les nuits fragmentées et des soucis de santé qui sont là pour rester car j’ai fait une croix définitive sur les soins pour ma personne.

Et dans le monde, les tensions avec la Russie, la guerre en Ukraine, pays trop proche de moi par trop de cotés, et récemment deux semaines de terreur à m’inquiéter de l’arrivée des extrêmes en France.

Mais ce soir je viens de faire le portrait d’un voisin écrivain et je réalise que même si je dois encore travailler jusqu’au 18 juillet, les choses vont tout de même beaucoup mieux car le travail va être mis en suspension pendant 5 semaines et que le monde et la France donnent des petits signes rassurants sur les plans politiques et économiques.

Donc oui, ce soir j’ai envie de réapprendre à respirer. Je dois me préparer à mes vacances à domicile en faisant un programme réaliste de travail et de détente et surtout tenter une cure de désintoxication radicale histoire de retrouver un peu de santé et plus prosaïquement d’entrer dans les jeans Kiabi à la rentrée de septembre ! 🙄