Aero Ektar, plus on est flous…

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Il y a de cela quelques années, tous ceux qui comme moi découvraient le portrait grand format, rêvaient d’avoir une chambre de presse et surtout de trouver un Aero Ektar. Les Aero Ektar sont des objectifs à très grande ouverture conçus pour la photo aérienne et ont surtout été utilisés pendant la seconde guerre mondiale. Dans les années 80 on les achetait pour quelques dollars jusqu’à ce qu’un américain, David Burnett ait l’idée de monter un Aero 178mm sur une chambre de presse pour un usage très particulier; utiliser la bascule pour créer un effet de flou/netteté qui miniaturise les objets dans la zone de netteté. Ses photos ont eu un tel succès que la cote des Aero s’est envolée. Aujourd’hui même si la mode est un peu retombée, pour avoir un Aero 178mm 2,5 monté sur planchette pour une chambre de presse, il faut débourser près de 1000 euros, et encore si on en trouve un, car ils se font rares. C’est vraiment très exagéré pour cet objectif sans obturateur et qu’on ne trouve jamais en très bon état, mais ça illustre bien le coté irrationnel et influençable des amateurs du petit monde de l’argentique.

En ce qui me concerne, j’ai eu le bonheur de trouver ma chambre de presse Pacemaker refaite à neuf par un spécialiste anglais et mon Aero Ektar qui a été démonté, nettoyé et révisé par un ami. Le portrait de ma mère ci dessus est un exemple de ce que je fais avec. Ce portrait a été pris à grande ouverture (2,5) et j’ai aussi basculé pour renforcer le flou et placer la zone de netteté sur les yeux et une partie du nez. On arrive ainsi à ce résultat vraiment unique car vaporeux.

Et pour mieux voir ce que ça donne, voici comme d’habitude la version XXL : cliquer ici

 

M et Mme Lapin

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Rollei SL66, Sonnar 150mm F8 , HP5, ilfotec HC 1+47 et scan maison sur V700

Histoire de finir cette semaine Saint Valentin, je me suis amusé à retrouver cette photo dans mes archives. Ces peluches de grande taille sont mes modèles pour mes idées rigolotes et aussi pour tester le matériel grand format. Car oui, eux ils savent tenir la pose ! 😆

A voir au format XXL en cliquant ici

La bêtise humaine

Dans ce blog, je consacre les vendredis à la réédition des contenus de mon ancien blog. Ce matin, au moment de choisir la photo du dimanche et alors que je constatais qu’une fois de plus le travail et le froid dans le labo m’avaient dissuadé de développer de nouveaux films, j’ai eu l’idée de ressortir une de mes vieilles photos. 💡

C’était à Strasbourg à l’automne 2008, je faisais ma première sortie photo avec des personnes rencontrées sur mon forum et qui allaient devenir des amis. Nous étions dans les rues dans cette magnifique ville, moi avec un SRT 303 et quelques objectifs dont son 135mm, les autres avec des moyens formats (Kiev88, Mamiya RB67…) lorsque tout à coup, du haut d’un pont  je remarquai une scène absurde qui se déroulait sur la berge en contrebas. Sans réfléchir j’armai puis je déclenchai. Et ça a donné ça :

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Aucun montage ni mise en scène, c’est bien un type qui tente de toucher un cygne tandis que sa frêle copine l’empêche de tomber dans l’Ill qui est bien froide à cette époque. Heureusement rien de la sorte n’est arrivé et les deux zigotos (zigoti ? 😆 ) ont cessé leurs idioties avant de reprendre leur balade.

Sur la même photo un comportement triplement inconscient. Tomber dans l’eau se noyer emporté par le courant et paralysé par l’eau froide, entrainer sa copine à subir le même sort et aussi déclencher un réflexe de survie chez le cygne qui est un animal qui n’aime pas vraiment se faire toucher et qui a beaucoup de force surtout dans ses ailes.

Reste que je suis content de cette photo, qui n’a pas été très acclamée à l’époque, mais qui reste pour moi un bon souvenir lié à un gros coup de chance qui m’a permis de faire cette modeste tentative de photojournalisme. 😎

Le phare, encore… Mais cette fois en diapo 13×18

Lorsque l’on commence l’argentique, chaque petite étape que l’on franchit est un événement riche en émotions. Développer son premier film en noir et blanc, développer son premier film 120, son premier film couleur puis ses premiers plans films…

Hélas plus on en fait, plus cela perd de sa magie, le travail au labo finit même parfois par devenir mécanique, redondant, voire ennuyeux.

Par contre développer un film diapo ça c’est autre chose. Lorsque l’on sort son film ou plan film du dernier bain et qu’on le contemple à la lumière, l’image apparait tout de suite visible à nos yeux sans avoir besoin de passer par un agrandisseur ou un scanner et un écran d’ordinateur. Ma photo est là comme le jour de la prise de vue avec ses couleurs chatoyantes et sa belle lumière qui semble illuminer la pièce. La diapo c’est comme une parcelle du passé arraché à notre souvenir pour être fixée sur film.

Alors ça oui, on ne peut pas s’en lasser surtout quand on peut le faire dans des formats de 13×18 cm.

Les mauvaises nouvelles du coté de Tetenal me font craindre le pire, mais qu’importe. Si il faut stocker de la chimie j’en stockerai.

Ceci dit, cette semaine je présente une fois de plus une photo du phare de Port la Nouvelle que je ne reverrai peut-être plus jamais vu que je n’irai plus en vacances pour des raisons pratiques et une perte d’intérêt croissante.

J’ai pris cette photo sur la jetée avec ma Sinar Norma 13×18. Beaucoup de gens m’ont photographié en plein travail avec leurs portables et quelques un ont osé s’approcher pour discuter, j’ai fait le prof… Mais bon qu’importe, je n’étais pas là pour eux…

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Sinar Norma 13×18, Super Angulon MC 120mm à F22, Plan film Astia 13×18 développé et scanné maison.

Et pour voir cette photo en version XXL et bien il suffit de cliquer ici.

Le grand retour de l’Ektachrome

C’était le 11 novembre dernier au village pendant la commémoration des victimes tombées pendant la grande guerre. Le temps était couvert et une lumière égale mais blafarde baignait le groupe de villageois et d’invités venus se recueillir.

C’est ce moment que j’ai choisi pour tester la nouvelle Ektachrome qui elle revenait du royaume des disparus de l’argentique, un au delà où d’ordinaire on ne revient pas aussi facilement…

Pour ce test, je voulais un boitier fiable niveau vitesses et avec une bonne qualité d’image, j’ai donc pris mon Fujica ST801 et un 50mm 1,8 EBC. Après bien des déconvenues (problème chimie E6) et des retards dus au travail et à ma légendaire propension à la procrastination, j’ai enfin eu l’occasion de développer ce film et d’autres avec ma Jobo le weekend dernier et voici ce que ça a donné :

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Cliquer ici pour voir la photo en version XXL

Cette image est un brut de scan sans retouches des couleurs. Je n’ai fait que caler mes trois histogrammes (les trois couches couleur)  avant et après le scan.

On voit tout de suite un joli rendu très naturel des teintes chair même dans cette lumière difficile et des couleurs typées diapo mais avec une saturation maitrisée.

Ce n’est pas un hasard, la nouvelle Ektachrome semble très proche des défuntes Ektachrome EG et surtout de l’Elite Chrome EB vu que le codage DX sur la canette de film est le même.

Le scoop c’est que dans quelques mois la nouvelle Ektachrome va arriver en film 120, pour moi c’est une très grande nouvelle car ce sera l’occasion de refaire des portraits sur films inversibles avec mes boitiers moyens formats.

Car oui, depuis la disparition de la fuji Astia, il n’y avait plus vraiment de films inversibles qui convenaient aux portraits (en dehors de ceux qui dorment au fond de mon congélateur). Avec cette nouvelle Ekta je peux donc envisager des projets sympas comme une séance de projection avec mon projecteur P11 Rollei 6×6. Vivement le printemps ! 😎

Vive la diapo grand format (100ème Post)

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Port la Nouvelle Aout 2019, plan film Astia 5×7, Sinar P 13×18, Super angulon 120 MC; développement et scan maison. Bateau qui bouge donc un peu flou….Grrrr….

Version XXL : cliquer ici

Aujourd’hui j’ai enfin retroussé mes manches pour mener à bien une tâche qui trainait depuis pas mal de temps. Développer mes diapos en commençant par mes plans films 5×7 et 13×18. 😎

Je n’ai aucun plaisir à faire ce travail; long et stressant mais la procrastination a hélas ses limites et pour le 100ème post depuis la transformation de mon blog que j’écris quotidiennement depuis 100 jours, je trouvais que sortir des grands plans films diapo était une bonne idée. 😀

Alors voici ce que ça a donné au sortir de la cuve :

J’ai utilisé ma chambre Sinar P 13×18 comme un gros reflex pour photographier des bateaux en mouvement. Pour le voilier un petit flou de bougé mais pour le chalutier hélas c’est bien pire. C’était rigolo de faire ça et aussi très instructif. Avec les mouvements de la chambre on peut placer la zone de netteté où l’on veut et lui donner plus d’importance. Ainsi si on sait qu’un sujet mouvant va entrer dans la composition à un endroit précis, on peut s’arranger pour qu’il soit à peu près net. Enfin sauf si c’est un chalutier qui ne respecte pas les limites de vitesse… 😈

 

 

« Ecce homo »

« Ecce Homo » cela veut dire « voici l’homme » et c’est la phrase qu’aurai prononcé Pilate lorsqu’on lui présenta Jésus pour qu’il le juge.

J’ai trouvé que ce titre collait bien à ce portrait réalisé avec cet incroyable Heliar 240 et ma Pacemaker car l’homme sur la photo semble comme entouré d’une lumière divine le tout dans une aura de gentillesse mais avec une force tranquille bien masculine.

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Pour la version XXL : Cliquer ici

En tant qu’homme j’aime plus photographier les femmes mais là franchement pour une fois, faire poser un homme avec un tel charisme et en plus capable de garder la pose pendant le changement de châssis pour avoir au final une telle réussite, et bien c’est juste formidable ! 😀

Sinon, j’aime beaucoup le bokeh incroyable de la pleine ouverture créé par les buissons en arrière plan. Cela fait ressortir avec encore plus de force la netteté sur le rzgard de mon modèle, la faible PDF fait d’ailleurs que le nez est quant à lui flou.  J’utilise souvent ce truc pour avoir de beaux bokeh pour mes portraits mais là ça avait vraiment fonctionné mieux que jamais.