L’épouvantail

Fujica ST801, 50mm 1,4 EBC Film 35mm fuji Reala

Une fois de plus, je n’ai pas eu le cœur d’aller au labo développer un nouveau film. Je me sers donc encore dans mes archives inédites en montrant des photos que je n’ai jamais mise en ligne.

Pour ce dimanche cet épouvantail est pour moi un très bon résumé en image de mon actualité et de mon état d’esprit actuel. Car oui je vais aller en classe verte à 50km de chez moi de mardi à vendredi, c’est là que j’avais photographié cette effigie humaine censée faire fuir les oiseaux.

L’épouvantail est aussi sorti de mon disque dur aujourd’hui pour symboliser la peur qui m’étreint par rapport à ce séjour qui bien que court se veut extrêmement anxiogène. Non ce n’est pas pour moi que j’ai peur, enfin pas seulement, mais avant tout pour mes proches.

J’ai organisé les choses, le téléphone va marcher mais voilà je pars la peur au ventre car des rêves troublants me mettent face à de grosses angoisses.

L’une de ces angoisses est celle de ne pas être capable de mettre mes peurs de coté pour accompagner au mieux les douze enfants qui eux vont vivre ces quatre jours comme une chance d’échapper au confinement. Je me dois de me ressaisir pour eux, mais ce n’est pas facile…

Pirate !

Linhof Color 4×5, Tele Arton 240mm, HP5

Un de mes premiers portraits en grand format. C’était il y a une dizaine année en bord de mer, à coté de l’appartement que je louais, un snack s’était ouvert. Il était tenu par une famille d’allemands sympas et avait un nom du type pirates… Je ne me souviens plus trop du nom de ce temple de la malbouffe, mais j’avais bien sympathisé avec ces personnes au point de les persuader de poser pour moi alors que je n’avais ma première chambre que depuis 5 mois. J’ai ainsi photographié toute la famille mais le portrait que j’ai gardé et que je continue à aimer le plus c’est bien celui du père qui m’avait vraiment donné quelque chose dans cette transaction implicite qu’est la relation photographe/modèle.

Et c’est aussi la photo qui m’a fait comprendre à quel point le Tele-Arton, objectif méprisé par tant de prétendus photographes aguerris, allait devenir central pour moi (en portrait 4×5 bien sûr) au point d’en avoir deux. 😆

Souvenirs…

C’est dimanche et je suis encore dans mes dossiers, je tape des pages d’observations cliniques sur les enfants que j’accompagne en écoutant du jazz japonais des années 70. Au dehors la pluie et le vent s’en donnent à cœur joie me faisant frissonner malgré le chauffage que j’ai relancé hier.

Bref il est bientôt 17h00 et je n’ai pas eu le temps (ni le courage, ça caille) d’aller dans mon labo développer un film pour la photo de ce dimanche.

Du coup je ressors une archive, une photo prise il y a plus de dix ans au bout de la plage de Port la Nouvelle vers une cabane abandonnée et effrayante. J’étais avec Sarah ma regrettée nièce et Dimitri mon neveu et nous avons eu l’idée de cette mise en scène stupide représentant les gens que nous imaginions vivre dans ce taudis. C’est très bête mais ça reste un bon souvenir… :mrgreen:

Fujica HDM (baroudeur) sur trépied avec retardateur, film HP5 ou tri-X je sais plus…