Face à la maladie mentale

Mon métier consiste à participer à l’accompagnement scolaire et éducatif de enfants et ce, dans une école primaire.

Jusque là, l’équipe à laquelle je suis rattaché accueillait des enfants avec des handicaps mentaux légers ou moyen avec parfois des troubles du comportement.

Mais voici qu’à présent entre la volonté de certains parents qui ne veulent pas voir la réalité en face et une volonté politique du tout inclusif visant à tester les limites de l’éducation nationale, nous voyons arriver sur notre groupe des enfants complètement parasités par des troubles psychiques profonds qui non seulement les perturbent et les font souffrir mais les mènent aussi à manifester des comportement dangereux pour les autres enfants, les adultes et eux-même.

Et nous face à cela, et bien nous patinons.

La psychologue n’est d’aucune aide et a pour seul but de nous monter contre notre hiérarchie pour se trouver une place de bienfaitrice. Nous avons essayé plusieurs choses et à chaque fois nous nous retrouvons face aux limites de ce que nous mettons en place.

Bon, ça peut vous paraître compliqué à comprendre, donc je vais vous parler de Bernard (prénom changé) avec qui je travaille depuis bientôt un an.

Cet enfant est complètement envahi par des troubles anxieux liés à une psychopathologie qui évoque le registre de la psychose. Il est incapable pour simplifier de faire le lien entre le symbolique le réel et l’imaginaire et bien qu’il sache lire écrire et compter, ses troubles l’empêchent par exemple de choisir un petit livre pour le lire car cela n’a aucun sens pour lui.

Ajoutez à cela que Bernard ne cesse de parler pour évoquer les interdits ou tout simplement pour meubler le vide trop anxiogène pour lui et vous commencez à comprendre à quel point ce jeune peut être perturbant pour le groupe et les adultes qui l’accompagnent. Et là je n’ai même pas parlé de sa violence.

Cet enfant veut s’asseoir sur une petite chaise en bois qui craque sous son poids et se balance dessus pour la faire craquer car jouer avec la possibilité que la chaise se casse lui procure une intense jouissance. Je lui demande de changer de chaise et il se met à faire des petits cris avant de faire des gestes très agressifs. Il n’est pas content car je le prive de son plaisir et du coup n’osant tourner sa colère contre moi, il la tourne contre la chaise en métal que je lui ai demandé de prendre en crachant dessus et en la mordant tout en poussant des petits cris très déstabilisants. Si un camarade se met à rire, il se lève pour le frapper et ne renonce que parce que je m’interpose.

Même chose à table où un menu à base de légumes verts suffit à le rendre agressif. Là encore n’osant s’attaquer à moi, il se défoule sur les haricots qu’il met en bouillie avant de faire mine de les lancer au plafond en pleurant et en hurlant.

Je me retrouve donc en première ligne face à la maladie mentale et pour l’instant ça tient car j’y crois et je refuse que cela se passe autrement. L’enfant le sent et du coup je pense que cela le rassure et le contient. J’évite donc les gros pétages de plombs mais ce n’est pas pour autant que je suis dans le soin car ce n’est hélas pas mon métier, même si je pense ne pas être trop maltraitant non plus.

Mais ces temps derniers je me sens un peu seul face à ce jeune dont les troubles s’aggravent, mes collègues doivent sans doute avoir la même impression. Du coup je perds ma patience et je crie beaucoup pour tenter de renforcer l’injonction qui est le seul rempart qui nous reste. Mais c’est une mauvaise idée. Je m’en rends compte et ça ne me plait pas. Le lendemain je fais des efforts mais bon…

Et ça ce n’est qu’un enfant de ce groupe.

Dans le groupe d’au dessus mes collègues font face à des enfants non verbaux qui tentent de s’échapper et qui ont aussi des comportement très agressifs le tout couronné par des troubles liés à l’autisme.

Bientôt deux démissions depuis le début de l’année, des collègues qui s’effondrent en pleurant ou me montrent leurs bras couverts de bleus, non les professionnels du social ne vont pas bien…

Mais bon nous sommes là pour ça, non ?

Après tout nous en sommes que des éboueurs qui devraient porter des chemises roses pour symboliser le fait qu’ils ne sont que des feuilles de papier toilette dont le but est d’essuyer la misère du monde jusqu’à que recouverts de toute cette merde ils finissent eux aussi par craquer. Mais bon c’est notre mission et on n’est pas là par hasard…

Mais au final ce qui me gène dans tout ça c’est de voir des situations très limites montrant clairement que cette politique du tout inclusif à l’école de la république risque de se terminer par un fait divers sordide qui fera la une du journal du soir.

Pour l’instant nous tenons le coup et nous restons vigilants, mais pour combien de temps encore ? 🙄

Lessivé…

Alors oui, ce soir je suis fatigué mais content. Content d’avoir passé une partie de la nuit dernière et une bonne partie de cette soirée à terminer un projet sympa, celui que notre classe a préparé pour la grande lessive.

Oui la grande lessive, cette grande opération nationale qui a lieu tous les six mois dans les écoles primaires et qui consiste à produire des dessins au format A4 sur un sujet donné. Les dessins sont ensuite pendus comme du linge sur une corde, d’où le nom de l’opération.

J’ai toujours été un grand fan de cette opération et cette fois avec ma collègue, face au sujet « Faire des bulles? » nous avons eu l’idée d’inventer avec les enfants une histoire simple avant de la mettre en image avec leurs dessins leurs coloriages et même une des photos prise pendant l’atelier que j’anime le mercredi matin. C’était un gros travail pour tout le monde.

J’ai donc passé pas mal de temps à scanner et à faire des montages assez ambitieux à mon niveau sur Photoshop. Mais bon, ce soir tout est prêt, il ne reste plus qu’à imprimer et à plastifier pour exposer les 13 feuilles de l’histoire après demain, le 21 mars, jour officiel de la grande lessive du printemps 2024.

Au final je suis heureux car je sais que le résultat final plaira aux enfants de notre classe voire aux autres enfants de l’école, et j’ai aussi beaucoup progressé en montage.

C’est donc une situation win-win.

Et ça fait du bien ! 😆

Insupportable portables !

Ce soir en sortant du travail j’étais dans une file d’attente à la caisse et j’ai sorti mon téléphone portable pour vérifier si j’avais bien dedans une photo dont j’avais besoin pour le boulot. Une dame accompagnée d’enfants m’a alors demandé si j’avais photographié ses enfants. 😯

Je me suis un peu fâché avant de lui montrer ma galerie photo et d’insister pour qu’elle vérifie elle-même. 😥

Ce soir je suis très en colère pour plein de choses mais ça, je n’avais pas prévu de le rajouter à la liste. J’en ai vraiment marre de ces pourritures de téléphones portables au point de vouloir refaire une semaine spéciale anti téléphone portable ! 🙄

Égoïsme

Mon métier que je tente de faire correctement est tourné vers le service des autres, dans le cas présent les enfants différents. A la maison je fais de mon mieux pour m’occuper de ma mère âgée et dépendante en faisant de très nombreux sacrifices. Parmi les rares amis avec qui j’ai envie de sortir, il y en a à qui j’apporte une aide morale et physique. Au village quand les gens viennent me voir, c’est qu’ils ont besoin de moi pour mes compétences avec les ordinateurs ou le reste.

Bref, j’ai l’impression, peut-être à tort, d’être utile et c’est très bon pour mon moral.

Par contre parfois je me demande quand est-ce que d’autres personnes en dehors de mes deux amis proches (comme Fred qui m’a sauvé la vie avec mon souci de fusible samedi) s’intéresseront enfin à moi et montreront une certaine volonté de réciprocité voire juste de reconnaissance pour ce que je fais pour eux.

Je ne parle pas des enfants bien sûr, c’est mon travail et ils ne me doivent rien, mais je parle de toutes ces personnes pour qui je n’existent que quand ils ou elles ont besoin de moi.

Je sais bien que je ne mérite pas d’être aimé, surtout pas par les femmes (et c’est une chance pour moi je crois, la vie étant assez compliquée comme ça) mais bon, vais-je un jour, de mon vivant, enfin connaître moi aussi un peu de bonheur retrouvé avec le goût des autres ?

Est-ce mon physique, ma folie latente ou le savant mélange des deux qui font que je vis à coté des autres au lieu de vivre parmi eux ?

Mais bon, au final je me dis que si je dois changer pour plaire, je préfère continuer d’être moi et de vivre avec pour seul entourage, les deux-trois personnes qui m’acceptent tel que je suis…

Par contre si ils pouvaient me le dire (ce que je suis), ça m’aiderai bien ! 😆

Reprise en douceur

Hier soir j’ai eu la bonne idée de mettre le réveil et j’ai ben fait car ce matin mon chat était pas vraiment réveillé, du coup sans ce bon vieux réveil à piles je serai arrivé en retard.

Le temps de me préparer et d’arriver sur mon lieu de travail, je découvre que tous les enfants sont là et qu’une jeune ukrainienne au beau prénom de Svetlana (ça veut dire crème) est arrivée pour quelques jours.

Mais qu’importe, je suis bien trop vieux pour m’intéresser aux réfugiées et je n’avais rien parié pour la présence des enfants.

Reste cette impression étrange qui m’a collé toute la journée…

Car oui pendant ces congés scolaires la loi nous oblige à accueillir les enfants que nous accompagnons pendant quelques jours (et ce pour de sombres raisons comptables), j’ai nommé cette période « journées d’activités ».

Et là pour la première fois nous n’accueillons que les enfants des deux groupes de grands, nous avons donc la possibilité de mettre en place des supers projets éducatif pleins de détente, d’apprentissages et d’ouverture sur le monde.

Mais hélas, je me retrouve à faire les mêmes choses que je fais d’habitude, une sortie photo, un atelier bricolage, une journée sur le terrain de jeu de mon village, une matinée de cuisine…

Et là du coup, je me suis senti mal. Pourquoi est-ce que je n’ai pas pensé à mettre en place des projets plus audacieux ? Alors oui nous avons les contraintes budgétaires mais c’est une fausse raison, la vraie me fait peur.

J’ai peur de faire comme je le fais toujours dans ma vie, c’est à dire de ne pas profiter des chances qui me sont offertes pour mener lorsque c’est possible des projets audacieux et novateurs porteurs de multiples bienfaits dont le premier serai de rompre avec la routine.

J’écris donc cela pour me remuer afin que les prochaines journées d’activités ne soient pas une redite de celles-ci. Enfin bon, nous avons tout de même fait de bonnes photos ce matin. Je leur ai donné le thème du concours photo que j’anime en ce moment : triste mais beau et ils m’ont fait de bien belles choses comme vous pouvez le voir autour de mes jérémiades du jour.

Carnaval

Aujourd’hui c’est Carnaval, j’ai acheté quelques petits sachets de bonbons mais je ne me fais pas d’illusions, le Carnaval du calendrier n’est plus fêté. Mais j’espère tout de même.

En passant à la supérette, j’ai vu une bande d’adolescents bien craspouilles qui semblaient se préparer pour sortir ce soir, je compte sur eux pour raviver cette belle tradition.

Mais ce soir en dehors de moi et des générations avant moi, qui se souvient que Carnaval est avant tout une fête religieuse qui marque le dernier jour de fête avant d’entrer en carême ? C’était une période longue et difficile pour les chrétiens d’hier, c’est peut-être pour ça qu’ils ont été les premiers à abandonner Carnaval qui du coup est devenu une fête pour enfants avant que ceux-ci ne l’abandonnent eux aussi pour Halloween plus trangressif.

Les carnavals dans les villes de mars à avril, les carnavals dans les écoles, bref tous ces faux carnavals auto proclamés ont aussi participé à l’assassinat collectif du pauvre carnaval du calendrier.

Alors repose en paix petit Carnaval du calendrier…

Je garde de toi de si doux souvenirs… En y repensant je pense que Carnaval était pour moi une plus belle fête que Noël.

Car oui Carnaval était notre fête, notre domaine à nous les enfants. Nous le préparions sans les adultes en faisant nos costumes et nos accessoires, les parents n’intervenaient que pour nous donner 5 francs pour acheter ces masques en plastique fin que nous achetions parfois.

Une fois le choix des costumes faits, c’était le début des tractations en cour de récré car oui nous faisions des bandes pour ratisser le village en nous organisant pour sonner au plus grand nombre possible de portes pour avoir de l’argent, des bonbons et parfois des beignets faits maison bien sûr, il n’y avait que ça à l’époque.

Je me souviens des mélodrames à l’école, la colère quand un copain décidait de changer de bande et lâchait la mienne, les petits arrangements pour le faire changer d’avis… Toute cette géopolitique en culotte courte échappaient aux adultes et c’était vraiment délicieux. Carnaval c’était une très belle occasion pour travailler dans le réel de nos envies notre autonomie et nos capacités de socialisation.

Cette aventure se terminait toujours pareil pour moi, à la tombée de la nuit, je disais au revoir à mes copains et j’allais m’asseoir sur la moquette bleue de ma chambre où je vidais mon sac pour compter l’argent et trier les bonbons. C’était mon trésor fruit de mes efforts individuels et avec les autres, c’était mon bonheur, ma fierté surtout le lendemain quand nous faisions le debriefing de notre campagne en comparant nos butins.

Aujourd’hui donc il ne reste plus qu’une seule chose de tout cela, les beignets que j’ai fait faire à ma mère. Vu qu’il est 18h00 et que personne ne semble se montrer, je pense que nous allons les dévorer entre nous deux sans en offrir aux enfants.

Après tout c’est précieux un souvenir, non ?

Tuesday, lazy Tuesday

Je suis toujours secoué par mon rendez-vous médical de hier, la démarche très psy de cette très jeune docteur, le fait que pour une fois quelqu’un me dise qu’il s’inquiète pour moi tout en reconnaissant ce que je fais pour les autres dans mon travail et ailleurs c’était bouleversant.

J’avais besoin de m’en remettre. Pour la grippe je pense que les virus ont lâché l’affaire, ils ont du trouver les lieux un peu trop bizarres à leur gout.

J’ai donc passé ma seconde et dernière journée d’arrêt maladie couché en regardant deux films mettant en scène le même héros blanc, beau fort et propre avec une backstory dramatique et une faiblesse immense, bref en regardant ce héro des temps moderne dégommer des hindous corrompus puis des bandits géorgiens.

C’était violent, très con, complètement irréaliste…

Mais j’ai adoré !

Que dire d’autre ? Parler de cette pub débile reçue dans la boite aux lettres mettant en scène de soi-disant héros de la seconde guerre mondiale qui sont aujourd’hui des centenaires très actif, le tout pour vendre des myrtilles écossaises ? Non, pas envie, ça aussi c’est stupide mais pas tant que ça vu qu’il y a une petite part de vérité dans tout ça.

Non je vais arrêter là car dans ma tête c’est le gros fouillis depuis hier soir comme une machine que l’on aurai arrêté brutalement avant de la remettre en marche avec un nouveau logiciel.

Demain sera une journée importante, je vais donc prendre un max de sommeil pour bien la négocier.

Aller, on y croit !

La fin d’une époque

C’est lundi que le couperet est tombé, les deux frères jumeaux que nous accompagnons depuis 5 ans vont partir en cours d’année pour intégrer leur nouvel établissement histoire d’être sûrs qu’ils aient leurs places.

Alors oui chaque année c’est pareil, on commence avec un groupe de 12 enfants et des départs font que l’on se retrouve au printemps avec un groupe différent.

Mais dans le cas présent ce sont des départs qui font un peu mal.

Ces deux frères cabochards, parfois provocateurs, limite irrespectueux nous les avons vu grandir, s’affirmer, réduire leurs difficultés. Leur maîtresse a eu la joie et la fierté de leur donner ce beau cadeau qu’est la lecture et l’écriture et de mon coté je leur ai appris deux trois choses aussi comme lacer leurs chaussures ou plaquer quelques accords de musique.

Et oui mon guitariste et mon bassiste quittent le bateau et avec eux c’est la fin de mon projet musique. Fini mon projet de concert cet été devant l’école.

Les enfants qui restent sur le groupe sont soit trop en difficulté soit pas intéressés pour apprendre la musique. Et alors ? Ce n’est pas grave car un éducateur doit s’adapter et renoncer à des projets qui tout en profitant aux jeunes lui apporte beaucoup de plaisir.

Mais là cette fois-ci nous sommes à un tournant, ces deux garçons étaient les derniers de leur genre. Des enfants sans déficience très marquée et sans gros soucis au niveau du comportement ou d’éventuelles psychopathologie. des enfants qui ont profité au maximum de ce que nous avions à leur offrir pour accéder à ces réussites.

Ce n’est pas le cas des enfants qui restent sur notre groupe.

C’est pour cela que depuis le début de la semaine je suis à la fois content pour eux et aussi triste pour l’avenir de mon travail qui du coup devient beaucoup moins drôle.

Quand aux jeunes eux aussi sont tristes, ils auraient tant voulu participer au tournoi de foot avec leurs copains. Nous allons essayer de leur arranger ça. C’est la moindre des choses pour les remercier de tous ces bons souvenirs qu’ils laissent derrière eux.

Et après ?

Et bien deux nouveaux enfants, deux nouvelles rencontres et peut-être quelques bonnes surprises, mais la musique c’est grillé, je vais pouvoir faire des ventes sur le bon coin car voir les instruments que je leur avais acheté prendre la poussière sera bien trop triste. 😥

Plus ça change…

Tous les matins quand je ne suis pas en retard, je m’arrête dans un bar tabac café près de l’école où je travaille histoire de boire un café, dire quelques bêtises et manger un croissant histoire de compenser un petit déjeuner pas pris ou un repas de midi trop frugal ou toxique (le scandales des cantines scolaires, un sujet pour « envoyé spécial »).

Parfois je prends le temps de lire la feuille de choux locale, le pitoyable journal encore existant sur papier et ce matin j’ai poussé le vice jusqu’à aller jusqu’aux horoscopes.

Et là pour mon signe dans le domaine professionnel on me promet ni plus ni moins qu’une révolution, de nouvelles opportunités… blabla…

Hélas, retour brutal à la réalité dans mon travail plus ça change plus c’est pareil.

Je suis arrivé dans l’éducation spécialisée suite à une série de coincidences, enfin disons que non vu que je ne crois pas aux coïncidences, mais je retiens que mes choix à l’époque étaient limités vu que je n’avais pas de contacts ni de capital symbolique pour ne serait-ce que trouver un entretien pour un travail de juriste, j’ai bien été obligé de saisir la seule proposition de travail disponible et donc de devenir éducateur.

Mes débuts ont été laborieux voire catastrophiques et il aura fallu d’autres coincidences qui n’en sont pas pour que l’on me laisse enfin la chance de montrer mon potentiel. Depuis j’ai exercé mon métier avec passion et méthode car du fait du fait qui caractérise le reste de mon existence, mon activité professionnelle représente tout pour moi.

J’ai ainsi mené plusieurs projets ambitieux dont un qui a été récompensé par un prix permettant de financer l’achat d’ordinateurs et beaucoup d’autres relayés dans la presse qui ont fait sortir notre établissement de l’ombre. Ceux qui connaissent mon nom peuvent le taper dans Google vous verrez que je n’écris pas n’importe quoi.

J’ai aussi toujours eu à cœur de favoriser la socialisation des enfants que j’accompagne en me portant volontaire pour plusieurs projets visant à leur faire intégrer des activités les mêlant aux enfants du secteur ordinaire.

J’en ai donc beaucoup plus fait que bien des collègues et non pas pour ma gloire mais bien pour aller dans le sens de mes convictions et de mes valeurs et avant tout pour le bien être des jeunes que j’accompagne.

Au bout de tout ça je devrais donc être un super éduc respecté et écouté.

Et bien non, donc pour moi l’horoscope s’est encore bien planté, pas d’évolution de carrière, je resterai le troufion de service.

Et pourquoi cela ? En partie pour mon caractère de passionné qui fait que je m’amuse presque plus que les enfants dans mon travail mais aussi parce que selon un collègue qui m’a dit ça la semaine dernière, je me mets dans une position de dominé.

Je n’aime pas ce vocable de dominant dominé, j’aime l’éthologie et les parallèles qu’elle fait entre les comportement animaux et humains, mais non je n’estime pas être un dominé.

Cependant au bout du compte je sais d’où vient le problème, malgré les années, les diplômes, mon expérience, je me sens encore comme un intrus dans ce métier qui faute de vraies bases communes n’en est pas vraiment un.

En attendant d’y arriver et bien plus ça change plus c’est pareil, plus je gagne en expérience, en connaissances théoriques et pratiques sur mon métier, moins je suis respecté et plus mon orgueil est blessé. Ma petite fierté je m’en fiche un peu, je suis là pour faire un travail et ramasser un salaire, mais tout de même certains soirs je suis un peu froissé.

N’en déplaise à mon horoscope de ce matin.

Quel bordel…

Je rentre d’une journée de formation, demain l’école est fermé mais si les routes sont praticables je dois aller en formation… Bref c’est le grand n’importe quoi… Je vais me coucher tout de suite car demain je vais devoir me lever très tôt pour faire le point sur la situation.