Une journée avec le sourire…

Parfois il suffit de peu de chose pour décider que la journée sera belle. En écrivant cela j’ai cette vieille pub de promo pour le jus de raisin en tête « Aller au bureau très tôt, décider qu’il fait beau » Je me demande encore comment on peut décider de la météo, mais pour un bon départ, pour moi il aura suffit de sortir Toshiyuki (ma chère 309 GT) du garage pour l’emmener au travail avec moi. Retrouver sa puissance sans concession et tous les souvenirs que j’ai eu à son volant pendant bientôt 15 ans m’ont fait l’effet d’une cure de jouvence.

Puis garer ma belle devant la grille et accueillir les enfants et entendre l’un d’entre eux me dire en regardant ma voiture « Oh une voiture d’Algérie ! » J’ai rigolé très fort car cet enfant né en Algérie n’avait pas dit ça pour se moquer et parce que je dois admettre que la carrosserie de ma belle accuse mal le poids des années. Et là son copain remarque que j’ai des nouvelles baskets et me lance tout aussi innocemment « ah tu as touché ta paye ! » Là encore j’éclate de rire, mes deux clowns malgré eux m’ont fait hurler de rire alors que nous n’étions pas encore rentrés dans la cour.

Puis une matinée sans trop de complications, un marathon pour faire une activité manuelle, un repas horrible et enfin une après midi passée à écrire mes divers rapports avant de rentrer et là je reçois une alerte comme quoi le supermarché du village a reçu mes colis Amazon. Je décide donc de réaliser un phantasme très ancien, faire mes courses en pantoufles ! Voilà, c’était un rapport rapide d’une journée stupide mais rigolote. 😆

Evaluations en cascade

Le mois dernier j’ai fait une prise de sang pour évaluer ma santé, tout va bien en dehors de mon poids, là je sors du contrôle technique avec ma 208 qui a réussi elle aussi son examen de santé, elle passe sans contre visite avec des freins qui sont très usés mais comme j’ai montré la facture et le rendez vous pour les changer c’est passé. Un souci en moins c’est très bien !

Mais dans un mois c’est l’établissement qui m’emploie qui va être évalué par les pouvoirs public, et là ça ne sera pas si simple. Bien entendu c’est sans doute un des enfants que j’accompagne sa mère et moi-même qui allons être cuisinés.

Mais bon, chaque chose en son temps, là ce soir j’ai évalué un nouveau débit de boisson du coin. Et franchement ça craint. Il sera fermé très vite ! Mauvais accueil, mauvaises boissons, tout est à fuir… Tant mieux pour mon pub adoré qui du coup n’a pas à s’inquiéter de cette concurrence qui restera très limitée et surtout très passagère ! 👿

Ce soir…

Ce soir j’aurai pu te parler des deux concerts auxquels j’ai assisté la nuit dernière. Te dire que le premier n’était pas assez mélodique pour être à mon goût mais que le second a été tout l’inverse et que j’ai vécu des moments incroyables comme par exemple le moment où le bassiste d’un des groupes a sauté dans la foule en continuant de jouer alors qu’autour de lui une nuée de mecs bien vénères tourbillonnaient en se rentrant dedans. Je pourrais te raconter plein d’autres moments comme ça et te dire qu’au final je suis triste de ne pouvoir garder comme souvenir que ce genre d’image moche car mon téléphone est un modèle bas de gamme :

Mais non pas envie !

Ce soir je pourrais aussi te raconter que j’ai vu à ce double concert de métal des parents amener leurs jumelles roses (non pas pour voir de loin mais pour leur montrer la scène de tout près) :

J’aurai pu faire un article rigolo en imaginant la vie de ces gamines nourries au métal dès leur plus jeune age… A quoi ressemble leurs barbies, ce qui se passe quand les garçons les embêtent… Le genre de délire qui m’amuse bien… Mais non pas ça non plus…

Ce soir je pourrais aussi te parler de Mathieu, mon ami le luthier qui, toujours pendant ce double concert présentait dans le hall ses dernières créations avec sa femme :

Mais non, sinon je vais finir par vendre des choses pour lui demander de me fabriquer une basse selon mes envies !

Alors ce soir je pourrais aussi te parler de cet article trouvé dans le journal que j’ai lu ce matin en buvant mon café au bar tabac près de l’école :

Mais non, c’est trop débile comme histoire…

Je pourrais aussi te parler des enfants que j’accompagne qui après une pause de plusieurs semaines ne savent plus utiliser une paire de ciseaux :

Mais non, je ne veux pas les ostraciser, ça ne servirai à rien !

Ce soir je pourrais te raconter que j’ai vu ma tête sur la photo de classe et que je ressemble à un SDF hyper obèse, vieux et malade et que ça me donne envie de me pendre, mais non car je préfère oublier.

Alors au bout de tout ça je ne vais retenir qu’une seule chose pour cet article « perso » du jour c’est que ma collègue m’a glissé un mot gentil aujourd’hui en disant qu’elle reconnaissait que j’avais la capacité de gérer certains enfants du groupe d’une façon différente pour débloquer les choses tandis que elle de son coté arrivait à faire écouter d’autres enfants du groupe que moi je n’arrive pas à faire obéir. Bref nous sommes complémentaires et du coup le vieux SDF obèse et malade de la photo sert encore à quelque chose !

C’est là dessus que je veux finir !

Écrire ça et aussi me promettre à moi-même de changer de coupe de cheveux. Après tout je paye très cher une coiffeuse visagiste depuis mon enfance, elle saura donc me conseiller si j’abandonne mon idée débile de me laisser pousser les cheveux pour avoir un look métal. 😆

Rien…

Presque rien mangé à midi

Presque rien fait de la journée

Et au final rien à raconter ce soir, surtout que mon siamois continue de tout me balancer sur le clavier.

Non là je vais me coucher….

Bientôt les vacances ! 🙄

Souvenirs

Ce soir j’ai un peu la tête en vrac, un coup de téléphone indésirable d’une personne avec encore plus de soucis que moi m’a bien perturbé.

Mais je ne veux pas parler de ça ni de mon chat qui vent de détruire mon étagère pendant que j’écrivais ces mots. (Pause pour tout ramasser).

Non je veux juste écrire mon weekend en oubliant l’état de santé de ma mère qui m’a empêché d’en profiter au maximum. Non je ne vais parler que des bonnes choses.

Samedi à midi un rendez-vous avec un infirmier qui travaille pour une association et qui va me coacher pour un rééquilibrage alimentaire avec des méthodes très différentes de mon dernier diététicien. Cet infirmier de 45 ans est vraiment sympa le courant passe bien alors si en plus il peut m’aider à perdre un peu où encore mieux à trouver la voie pour perdre un poids significatif, ce sera banco !

Puis le soir un double concert de folie en compagnie de mon copain Fred. J’espère avoir bientôt le temps de faire le montage.

Dimanche repas sympa chez ma sœur même si il s’est écourté à cause de ma mère pas trop en forme, j’ai bien aimé le vin l’agneau et mon gateau au chocolat était sympa aussi.

Puis le dimanche soir repas avec Fred et sa copine et prolongation jusqu’à trois heures du mat avec des dégustations d’alcools très fins en quantité raisonnable.

Bref, je voulais juste garder ces bons souvenirs et occulter le reste, ce sont mes pages après tout et je trouve que se rappeler des bonnes choses est bien plus utile que d’évoquer vainement mes galères… 🙄

Face à la maladie mentale

Mon métier consiste à participer à l’accompagnement scolaire et éducatif de enfants et ce, dans une école primaire.

Jusque là, l’équipe à laquelle je suis rattaché accueillait des enfants avec des handicaps mentaux légers ou moyen avec parfois des troubles du comportement.

Mais voici qu’à présent entre la volonté de certains parents qui ne veulent pas voir la réalité en face et une volonté politique du tout inclusif visant à tester les limites de l’éducation nationale, nous voyons arriver sur notre groupe des enfants complètement parasités par des troubles psychiques profonds qui non seulement les perturbent et les font souffrir mais les mènent aussi à manifester des comportement dangereux pour les autres enfants, les adultes et eux-même.

Et nous face à cela, et bien nous patinons.

La psychologue n’est d’aucune aide et a pour seul but de nous monter contre notre hiérarchie pour se trouver une place de bienfaitrice. Nous avons essayé plusieurs choses et à chaque fois nous nous retrouvons face aux limites de ce que nous mettons en place.

Bon, ça peut vous paraître compliqué à comprendre, donc je vais vous parler de Bernard (prénom changé) avec qui je travaille depuis bientôt un an.

Cet enfant est complètement envahi par des troubles anxieux liés à une psychopathologie qui évoque le registre de la psychose. Il est incapable pour simplifier de faire le lien entre le symbolique le réel et l’imaginaire et bien qu’il sache lire écrire et compter, ses troubles l’empêchent par exemple de choisir un petit livre pour le lire car cela n’a aucun sens pour lui.

Ajoutez à cela que Bernard ne cesse de parler pour évoquer les interdits ou tout simplement pour meubler le vide trop anxiogène pour lui et vous commencez à comprendre à quel point ce jeune peut être perturbant pour le groupe et les adultes qui l’accompagnent. Et là je n’ai même pas parlé de sa violence.

Cet enfant veut s’asseoir sur une petite chaise en bois qui craque sous son poids et se balance dessus pour la faire craquer car jouer avec la possibilité que la chaise se casse lui procure une intense jouissance. Je lui demande de changer de chaise et il se met à faire des petits cris avant de faire des gestes très agressifs. Il n’est pas content car je le prive de son plaisir et du coup n’osant tourner sa colère contre moi, il la tourne contre la chaise en métal que je lui ai demandé de prendre en crachant dessus et en la mordant tout en poussant des petits cris très déstabilisants. Si un camarade se met à rire, il se lève pour le frapper et ne renonce que parce que je m’interpose.

Même chose à table où un menu à base de légumes verts suffit à le rendre agressif. Là encore n’osant s’attaquer à moi, il se défoule sur les haricots qu’il met en bouillie avant de faire mine de les lancer au plafond en pleurant et en hurlant.

Je me retrouve donc en première ligne face à la maladie mentale et pour l’instant ça tient car j’y crois et je refuse que cela se passe autrement. L’enfant le sent et du coup je pense que cela le rassure et le contient. J’évite donc les gros pétages de plombs mais ce n’est pas pour autant que je suis dans le soin car ce n’est hélas pas mon métier, même si je pense ne pas être trop maltraitant non plus.

Mais ces temps derniers je me sens un peu seul face à ce jeune dont les troubles s’aggravent, mes collègues doivent sans doute avoir la même impression. Du coup je perds ma patience et je crie beaucoup pour tenter de renforcer l’injonction qui est le seul rempart qui nous reste. Mais c’est une mauvaise idée. Je m’en rends compte et ça ne me plait pas. Le lendemain je fais des efforts mais bon…

Et ça ce n’est qu’un enfant de ce groupe.

Dans le groupe d’au dessus mes collègues font face à des enfants non verbaux qui tentent de s’échapper et qui ont aussi des comportement très agressifs le tout couronné par des troubles liés à l’autisme.

Bientôt deux démissions depuis le début de l’année, des collègues qui s’effondrent en pleurant ou me montrent leurs bras couverts de bleus, non les professionnels du social ne vont pas bien…

Mais bon nous sommes là pour ça, non ?

Après tout nous en sommes que des éboueurs qui devraient porter des chemises roses pour symboliser le fait qu’ils ne sont que des feuilles de papier toilette dont le but est d’essuyer la misère du monde jusqu’à que recouverts de toute cette merde ils finissent eux aussi par craquer. Mais bon c’est notre mission et on n’est pas là par hasard…

Mais au final ce qui me gène dans tout ça c’est de voir des situations très limites montrant clairement que cette politique du tout inclusif à l’école de la république risque de se terminer par un fait divers sordide qui fera la une du journal du soir.

Pour l’instant nous tenons le coup et nous restons vigilants, mais pour combien de temps encore ? 🙄

Lessivé…

Alors oui, ce soir je suis fatigué mais content. Content d’avoir passé une partie de la nuit dernière et une bonne partie de cette soirée à terminer un projet sympa, celui que notre classe a préparé pour la grande lessive.

Oui la grande lessive, cette grande opération nationale qui a lieu tous les six mois dans les écoles primaires et qui consiste à produire des dessins au format A4 sur un sujet donné. Les dessins sont ensuite pendus comme du linge sur une corde, d’où le nom de l’opération.

J’ai toujours été un grand fan de cette opération et cette fois avec ma collègue, face au sujet « Faire des bulles? » nous avons eu l’idée d’inventer avec les enfants une histoire simple avant de la mettre en image avec leurs dessins leurs coloriages et même une des photos prise pendant l’atelier que j’anime le mercredi matin. C’était un gros travail pour tout le monde.

J’ai donc passé pas mal de temps à scanner et à faire des montages assez ambitieux à mon niveau sur Photoshop. Mais bon, ce soir tout est prêt, il ne reste plus qu’à imprimer et à plastifier pour exposer les 13 feuilles de l’histoire après demain, le 21 mars, jour officiel de la grande lessive du printemps 2024.

Au final je suis heureux car je sais que le résultat final plaira aux enfants de notre classe voire aux autres enfants de l’école, et j’ai aussi beaucoup progressé en montage.

C’est donc une situation win-win.

Et ça fait du bien ! 😆

Insupportable portables !

Ce soir en sortant du travail j’étais dans une file d’attente à la caisse et j’ai sorti mon téléphone portable pour vérifier si j’avais bien dedans une photo dont j’avais besoin pour le boulot. Une dame accompagnée d’enfants m’a alors demandé si j’avais photographié ses enfants. 😯

Je me suis un peu fâché avant de lui montrer ma galerie photo et d’insister pour qu’elle vérifie elle-même. 😥

Ce soir je suis très en colère pour plein de choses mais ça, je n’avais pas prévu de le rajouter à la liste. J’en ai vraiment marre de ces pourritures de téléphones portables au point de vouloir refaire une semaine spéciale anti téléphone portable ! 🙄

Égoïsme

Mon métier que je tente de faire correctement est tourné vers le service des autres, dans le cas présent les enfants différents. A la maison je fais de mon mieux pour m’occuper de ma mère âgée et dépendante en faisant de très nombreux sacrifices. Parmi les rares amis avec qui j’ai envie de sortir, il y en a à qui j’apporte une aide morale et physique. Au village quand les gens viennent me voir, c’est qu’ils ont besoin de moi pour mes compétences avec les ordinateurs ou le reste.

Bref, j’ai l’impression, peut-être à tort, d’être utile et c’est très bon pour mon moral.

Par contre parfois je me demande quand est-ce que d’autres personnes en dehors de mes deux amis proches (comme Fred qui m’a sauvé la vie avec mon souci de fusible samedi) s’intéresseront enfin à moi et montreront une certaine volonté de réciprocité voire juste de reconnaissance pour ce que je fais pour eux.

Je ne parle pas des enfants bien sûr, c’est mon travail et ils ne me doivent rien, mais je parle de toutes ces personnes pour qui je n’existent que quand ils ou elles ont besoin de moi.

Je sais bien que je ne mérite pas d’être aimé, surtout pas par les femmes (et c’est une chance pour moi je crois, la vie étant assez compliquée comme ça) mais bon, vais-je un jour, de mon vivant, enfin connaître moi aussi un peu de bonheur retrouvé avec le goût des autres ?

Est-ce mon physique, ma folie latente ou le savant mélange des deux qui font que je vis à coté des autres au lieu de vivre parmi eux ?

Mais bon, au final je me dis que si je dois changer pour plaire, je préfère continuer d’être moi et de vivre avec pour seul entourage, les deux-trois personnes qui m’acceptent tel que je suis…

Par contre si ils pouvaient me le dire (ce que je suis), ça m’aiderai bien ! 😆