Régime sec

Jeudi cela fera deux semaines que je ne bois plus de bière. Un petit verre de Pontarlier le dimanche histoire de garder le moral mais pas plus. J’ai aussi arrêté de manger les plats cuisinés de la cantine car je pense qu’ils sont dangereux pour ma santé.

Du coup je me sens mieux, mon transit est devenu bien plus lent mais aussi plus « normal ». Je dors mieux aussi. Par contre, j’ai toujours cette fatigue qui me colle au corps mais c’est en grande partie de la fatigue nerveuses dues aux sollicitations multiples au travail et avec ma mère qui n’entend rien et qui parfois comme hier ne sait plus quel moment de la journée nous sommes.

Bref, mon régime sec m’aide bien et je n’ai aucune envie de boire de la bière ni un autre alcool. Je suis même prêt à aller voir les copains au bar en buvant une Carola en bouteille de verre cela ne me posera aucun souci.

Mais n’était-ce pas trop tard pour enfin adopter cette hygiène de vie ? Je me sens si fatigué et oppressé… Au travail je vois des pièges partout et comme me l’a dit ma collègue je suis presque devenu paranoïaque tellement de me méfie des autres.

Bref, je progresse dans un domaine et je régresse dans l’autre. Je suis comme une petite couverture cherchant à réchauffer un géant, si je couvre ses pieds ce sont ses épaules qui sont découvertes.

Bon, il ne va pas se plaindre, une petite couverture c’est déjà ça !

J’espère juste que mes collègues et les quelques amis qui me restent auront le même état d’esprit. 😀

La plus belle pour aller danser…

Incroyable ! c’est en voulant lui donner une mouche que j’ai effrayé la grosse argiope de ma jungl… euh de mon jardin, du coup elle s’est retournée et m’a montré ses belles couleurs. Je me suis traîné dans l’herbe mouillée avec le Lumix FZ45 pour ramener cette photo pourrie qui fait néanmoins mon bonheur.

Je pense que ce weekend je vais tenter de faire une photo en proxy avec le SL66 sur trépied et objectif inversé.

Mais bon je dois survivre à une épreuve, car demain je dois aller jusqu’à l’aéroport pour aller chercher des amis de ma sœur… Bah, même pas peur ! 😆

Semaine à trous

Bon, pas la peine de faire un bilan de ces 8ème vacances passées à domicile, j’ai réussi à faire des choses héroïques comme ranger le garage et faire des démarches administratives, mais j’ai encore pris du poids avec beaucoup trop d’abus alcoolisés et trop peu d’activités physiques.

Aujourd’hui avec les enfants j’ai arpenté la ville et ça m’a fait souffrir, mais aussi, je le pense, pas mal de bien. C’est peut-être la photo qui me sauvera…

Et ce matin ma directrice adjointe me dit de rester chez moi demain et jeudi car j’ai trop d’heures à rattraper. C’est tout juste génial c’est comme si j’avais du rab de vacances ! D’ailleurs c’est comme ça que je vais le compter donc demain retour à un mode vacances pour deux jours pour le blog !

Et là maintenant ?

Et bien repos je suis en pré weekend ! 😆

Journées d’inactivité

Voici donc bientôt deux semaines que l’école est finie mais que les enfants que nous accompagnons doivent encore se lever aux mêmes horaires pour faire des activités.

Pour eux c’est un peu la triple peine, handicap, exclusion et pas droit aux mêmes vacances que les autres enfants.

Mais bon, ces journées d’activités comme je les ai nommées (même si aujourd’hui encore on ose dire que ce n’est pas vrai ce dont je me fiche car je connais la vérité et que je me souviens dans les moindres détails de mon invention de ce vocable pendant une réunion), bref nous l’équipe des éducs sommes là pour faire des ces journées des moments très sympas pour les enfants et ce avec des budgets ridicules.

Quant à moi je préfère être seul avec 4,5 voire 6 enfants plutôt que de faire un projet avec une ou un collègue qui va finir par me laisser seul avec dix gosses pour aller fumer une clope.

Mais voilà, à force de rester tout seul, j’épuise un peu mes vieilles recettes et aujourd’hui par exemple ma journée s’est limitée à une grande sortie au parc suivie d’un repas au Flunch. Ce sont des temps de travail, je remarque des choses j’échange avec mes collègues mais j’ai un peu honte, je voudrais en faire plus pour les enfants mais entre ma fatigue, mes difficultés pour me déplacer et mes craintes lorsque je dois gérer seul un enfant un peu turbulent, je finis par choisir la facilité.

Je dois donc me ressaisir et réussir à retrouver un peu de santé par du repos et des efforts mesurés pendant ces vacances qui commencent vendredi afin de profiter au mieux de mes journées d’activités d’août.

C’est pour ça que j’écris ça ce soir, et j’espère que cet été sera le bon ! 🙄

Réapprendre à respirer

Ces derniers mois ont été épuisants pour moi. Les enfants fatigués et leurs crises, le travail avec les familles qui est parfois jalonné de mauvaise foi et de mensonges, un énorme travail de rédaction de bilans qui demande beaucoup de temps et de réflexion pour donner une vision juste et non édulcorée des difficultés restant à travailler, les prises de tête avec les collègues aussi fatigués que moi, les mouvements de personnels, des secrets que la direction ne veut pas dévoiler et par dessus tout cela une évaluation externe qui m’a mis sur les rotules car je m’y étais peut être trop préparé.

Et ça ce n’est que pour le travail !

A la maison, de plus en plus de mal à travailler du fait de ma fatigue et de mon poids, les nuits fragmentées et des soucis de santé qui sont là pour rester car j’ai fait une croix définitive sur les soins pour ma personne.

Et dans le monde, les tensions avec la Russie, la guerre en Ukraine, pays trop proche de moi par trop de cotés, et récemment deux semaines de terreur à m’inquiéter de l’arrivée des extrêmes en France.

Mais ce soir je viens de faire le portrait d’un voisin écrivain et je réalise que même si je dois encore travailler jusqu’au 18 juillet, les choses vont tout de même beaucoup mieux car le travail va être mis en suspension pendant 5 semaines et que le monde et la France donnent des petits signes rassurants sur les plans politiques et économiques.

Donc oui, ce soir j’ai envie de réapprendre à respirer. Je dois me préparer à mes vacances à domicile en faisant un programme réaliste de travail et de détente et surtout tenter une cure de désintoxication radicale histoire de retrouver un peu de santé et plus prosaïquement d’entrer dans les jeans Kiabi à la rentrée de septembre ! 🙄

Evaluations exténuantes

Aujourd’hui j’ai terminé mon troisième entretien de l’évaluation externe au travail. Il s’agit d’un audit réalisé par un service spécialisé dans ce genre de mission.

Il y avait deux personnes, un technocrate froid et limite maltraitant et une dame sympathique et joviale. Mes collègues, un des enfants dont je suis le dossier et quelques familles avons été bombardés de questions techniques parfois très pointues et nous devions présenter des éléments de preuves sous forme écrite et datée pour chaque information.

C’était stressant surtout que je suis passé auprès du monsieur pas très sympa pour mes deux premiers entretiens puis aujourd’hui vers sa collègue pour un moment bien plus agréable avec les deux mères qui siègent au conseil de la vie sociale avec moi. Ce que je retiens c’est qu’à une époque où notre travail devient de plus en plus difficile avec de moins en moins de moyens humains et financiers, on nous inspecte de façon parfois froide et clinique en fin juin alors que nous sommes épuisés. Je sais que c’est une obligation légale mais j’ai vécu cela comme une expériences douloureuse d’un épouvantable cynisme décomplexé notamment lorsque l’enfant qui était avec moi a été interrogé pendant une heure. J’ai eu beau le préparer, l’expérience a été difficile pour lui. Dur d’être nietzschéen sur le fait que l’expérience va lui forger le caractère…

Et au bout du compte pourquoi tout ça ?

Car oui, si dimanche un certain parti politique passe, ce sera la fin du social en France et je perdrai assez vite mon travail. Non je n’exagère pas, c’est dans les tuyaux…

Ce soir je suis donc soulagé d’en avoir fini avec ces entretiens mais aussi de nouveau inquiet de voir ce que mon pays et le reste du monde va subir dans les prochains mois.

Déni médical

Ce matin j’ai fait ma visite de la médecine du travail. J’ai toujours aimé ce moment car j’étais en face d’une jeune infirmière rigolote et souriante toute contente de voir un éducateur bien dans sa peau et plein de bonne volonté.

Aujourd’hui c’était très différent, l’infirmière a changé, c’est une vieille conne avec une voix bizarre qui pose des questions bizarres et qui va chercher des problèmes là où il n’y en a pas. Encore une perverse narcissique que l’on a casé ici pour éviter qu’elle ne fasse du mal à des personnes malades.

Du coup je me suis un peu amusé avec elle…

– Vous buvez de la bière ?

– Euh oui presque tous les soirs pour me détendre après ces journées bien difficiles…

– Et vous en buvez quelle quantité ? 25cl ?

– 25cl ? ça existe ???

Et là au lieu de rigoler de ma blague elle va me chercher un verre gradué pour me montrer ce que représente 25cl…

Je me suis pincé les joues très fort et j’ai arrêté de parler en regardant dans le vide jusqu’à ce qu’elle ai fini de me sermonner sur ma consommation de bière, sur mon poids et tant d’autres choses.

Voilà, le dernier truc sympa de mon travail vient de voler en éclats. Adieu la visite médicale sympa et décontractée de la visite du travail…

Tout fout le camp ! 😥

De l’art consommé de la sanction

Cela fait 4 fois que l’on me demande de créer une sanction que je dois donner à un jeune garçon que j’accompagne et qui malgré ses 11 ans est resté bloqué au stade de la toute puissance du petit de 5 ans.

4 fois que je me creuse pour le faire réfléchir sur les règles et leurs sens alors que chez lui la loi est bien construite et comprise.

J’ai passé l’après midi à lui faire faire ce travail, je lui posait les questions il répondait et je lui écrivais les réponses avec des phrases courtes pour qu’il les recopie. Il ne voulait pas et j’ai du ruser et utiliser beaucoup de stratagème pour qu’il accepte enfin de travailler.

Et là, à la fin de son travail, il reste une feuille vierge qu’il n’a pas rempli, je lui demande si il veut la garder pour faire des dessins et le voici qui me dit, non garde-là pour la prochaine fois ! 😯

Et il me regarde en rigolant.

Et là je m’entends lui répondre : « Alors là c’est rigolo comme vanne mais je pense qu’on ne pourra en rire ensemble que dans dix ans, là ça ne me fait pas rire du tout ».

Un vrai démon ce gosse ! 👿

Mais tant de bons cotés… 🙄

Ma petite crise du soir

Aujourd’hui pour la seconde journée je me suis montré plus décontracté au travail et du coup ça se passe mieux pour les enfants et pour moi.

J’ai retrouvé mon style d’éducateur un peu trop décontracté qui reprends les choses sans hurler et brandir des menaces.

Mais après une journée de travail et une séance chez le dentiste, si je décide d’aller à une réunion de la paroisse c’est sûr que c’est pour rigoler et balancer quelques bonnes blagues parfois bien limites, mais bon je rigole bien et je ne suis pas le seul. Et quand je suis allé trop loin et que ces culs bénis se taisent rougissent et baissent la t^te, alors là j’exulte.

Mais là ce soir je suis passé du mode provocateur au mode agressif car une de ces pétasses pleine de pognon m’a lancé un  » Et ta maman elle va comment » avec une fausse sollicitude dans la voix et ça, je ne supporte pas.

Tous ces gens que j’ai cru faire partie d’une communauté qui veillait sur moi ont montré leurs vraies couleurs en 2020 pendant la pandémie. J’ai découvert que ces personnes qui pour certains étaient des amis ne pensaient qu’à eux et n’avaient que des relation hypocrites et superficielles à offrir.

Du coup quand l’autre balance « Et ta maman ça va comment » avec son air de chien battu, c’est qu’elle attend que je lui dise que ma mère agonise et que je vais foutre le camp du coin et les laisser dans leurs ghettos pour riches parvenus.

Je n’ai pas le lien de subordination avec ces gens, je me suis donc lâché et j’y suis allé très fort, je les ai attaqué avec virulence et je suis encore monté d’un cran quand elle a surenchéri avec un  » mais elle a quel age? ».

Après ma prière universelle trop inspirée il y a deux semaines, ce pétage de plomb va sans doute me fermer la porte des activités paroissiales. Cela ne les empêchera pas de revenir me voir si ils ont besoin de moi pour un service informatique…

Et vous savez quoi ?

Et bien ce soir je me sens bien, je ne regrette pas d’avoir attaqué cette pétasse qui n’a aucun lien avec moi et ma famille et qui feigne de s’intéresser à notre sort pour se donner le beau rôle en public.

Et sinon, oui ma mère ne va pas si mal, elle se maintient peut être en partie parce que je suis là pour veiller à sa santé notamment au niveau de son alimentation.