Summer days #02 : Réapprendre à lire

C’est donc aujourd’hui, que je reçois enfin le livre écrit par Sally Mann, une photographe qui a fait beaucoup parler d’elle et hélas pas toujours en bien vu que ces photos ont été sujettes à polémiques.

Pour résumer on peut dire que l’amour de la photo de cette femme l’a amené à briser sa famille et à choquer un grand nombre de personnes avec des photos de cadavres et autres.

Je ne m’étendrai pas sur son oeuvre et ce qu’elle m’inspire, moi ce que je cherche dans ce livre c’est comprendre comment l’amour de la photographie peut amener une mère à perdre toute notion de bienséance et de protection de l’image de ses enfants pour poursuivre une quête esthétique et une obsession de garder des traces du moindre moment aussi intime soit-il.

Pour être sûr de bien la comprendre j’ai fait le choix d’acheter le livre en américain vu que la simple traduction du titre du livre en français ne me convient pas, je ne fais pas confiance à la traduction. Je veux avoir les vrais mots avec leurs vraies couleurs.

Et pourquoi cette obsession des limites en photo de ma part ? Et bien sans doute parce que moi aussi j’ai tendance à m’amuser avec mes appareil photos pour façonner des images qui m’amusent mais qui peuvent choquer. Du coup j’ai besoin de lire ce livre pour voir si je suis aussi obsédé par la photo qu’elle ou si j’ai encore de la marge.

Car même si je ne m’amuse qu’avec ma propre image, en cette période d’hyper connectivité, je n’ai pas envie de voir ressortir certains de mes autoportraits, surtout pas celui que je suis en train de préparer… 🙄

Summer days #01 : Réapprendre le silence

Cette nuit j’avais décidé de dormir.

Hier soir j’ai donc baissé les volets de la chambre en laissant la fenêtre ouverte afin d’avoir assez de fraîcheur dans ma chambre pour dormir d’un sommeil non morcelé. J’avais aussi viré le chat qui intéressé par mon nouveau dispositif cherchait un endroit pour dormir dans ma chambre fraîche. Le problème c’est qu’il balançait tout ce qui était sur mes étagères et qu’il sautait sur l’ordinateur portable que j’utilise pour mes passer des films la nuit en plantant l’affichage. Donc là j’en ai eu marre pour de bon, plus de pitié pour monsieur le chat qui du coup a roupillé sur la table de la cuisine.

Mais bon, je n’ai pas plus dormi pour autant, par contre en me réveillant ce matin j’ai été choqué par le silence. Pas de cris d’enfants, pas de voitures dans la rue, pas de tondeuses…

Alors oui ce genre de silence je l’expérimente chaque weekend et jour férié mais ce matin c’était différent. Très différent même car ce matin je me suis dit que voilà, je ne vais plus entendre les bruits du travail et en premier lieu les hurlements des enfants pendant 5 semaines.

5 semaines sans ces cris de douleur psychique (ce sont les pires) venant d’enfants brisés et vis à vis desquels l’équipe n’a que peu de moyens autre que rassurer. Dans mon cas ce sont les hurlements vindicatifs des enfants incapables de gérer leurs affects et leurs relations à l’autre ainsi que les cris de tensions des enfants présentant une pathologie psychique que je ne vais plus entendre pendant un temps.

Et là, bizarrement je me rends compte que cet été de silence ne va pas être simple à gérer.

Du coup je mets en boucle les albums du groupe OPETH avec ses chansons qui oscillent entre le mélodique et le death metal, mais cela ne suffit pas. Le silence est là partout entre les plages de musique et surtout entre les notes.

Ce silence qui tel un fauve à l’affût me guette en tentant de trouver le meilleur moment pour me surprendre et me sauter dessus afin de planter ses crocs dans ma chair pour me remplir de nostalgie et créer en moi le manque.

Mais non, ça ne marchera pas, pas cette fois car cet été va être bien rempli. Ce blog de vacances va le montrer !

Sinonle soir je suis allé manger un burger à l’agneau ! Impossible de résister à une telle recette !!! Il y avait aussi un bug mondial à cause d’une mise à jour d’un logiciel obscur qui a provoqué une panne planétaire chez les clients de Microsoft et un concert auquel j’ai été invité par mon ancien prof de basse.

Mais le concert c’était pas mon truc, les bugs non plus du coup pour illustrer ce premier jour je ne garde que la photo du burger ! 😆

Journées d’inactivité

Voici donc bientôt deux semaines que l’école est finie mais que les enfants que nous accompagnons doivent encore se lever aux mêmes horaires pour faire des activités.

Pour eux c’est un peu la triple peine, handicap, exclusion et pas droit aux mêmes vacances que les autres enfants.

Mais bon, ces journées d’activités comme je les ai nommées (même si aujourd’hui encore on ose dire que ce n’est pas vrai ce dont je me fiche car je connais la vérité et que je me souviens dans les moindres détails de mon invention de ce vocable pendant une réunion), bref nous l’équipe des éducs sommes là pour faire des ces journées des moments très sympas pour les enfants et ce avec des budgets ridicules.

Quant à moi je préfère être seul avec 4,5 voire 6 enfants plutôt que de faire un projet avec une ou un collègue qui va finir par me laisser seul avec dix gosses pour aller fumer une clope.

Mais voilà, à force de rester tout seul, j’épuise un peu mes vieilles recettes et aujourd’hui par exemple ma journée s’est limitée à une grande sortie au parc suivie d’un repas au Flunch. Ce sont des temps de travail, je remarque des choses j’échange avec mes collègues mais j’ai un peu honte, je voudrais en faire plus pour les enfants mais entre ma fatigue, mes difficultés pour me déplacer et mes craintes lorsque je dois gérer seul un enfant un peu turbulent, je finis par choisir la facilité.

Je dois donc me ressaisir et réussir à retrouver un peu de santé par du repos et des efforts mesurés pendant ces vacances qui commencent vendredi afin de profiter au mieux de mes journées d’activités d’août.

C’est pour ça que j’écris ça ce soir, et j’espère que cet été sera le bon ! 🙄

Une baleine qui nous veut du bien

Voilà tout est dit, alors si le sel de votre salière « La Baleine » a une couleur dorée bizarre ne la jetez pas et ce pour deux raisons. La première c’est que le sel bien que doré reste parfaitement comestible et la seconde est que le fait d’avoir trouvé une de ces dix salières vous donne droit à l’obtention d’un chèque de 1000 euros ce qui est bien intéressant par les temps qui courent. 🙄

Archive simple

Archive du mercredi 12 juillet 2006

Mercredi 12 juillet 

Cher Francis,

Les jours passent et repassent sans fin au cœur de cet été chaud et humide. Plus qu’une journée de travail et ce sera la fin de l’année. Ce dernier jour est toujours une épreuve pour moi car c’est à cette occasion que nous disons au revoir à des enfants avec qui nous avons beaucoup de souvenirs en commun. 

Pourquoi ne puis-je pas m’empêcher d’être triste ? Au fond depuis 8 ans je devrais être habitué à ces adieux annuels… En tant que professionnel je devrais être capable de me dire que leur départ est une bonne chose qui va les mener ailleurs et plus loin…

En dépit de toutes ces pensées rationnelles, ma tristesse demeure. Cela n’est pas très grave car je garde toujours le contrôle de mes émotions. Au fil des ans cette tristesse est devenue mélancolie puis vague à l’âme…

Je crains le jour ou je ne la sentirai plus du tout. En effet ce jour-là j’aurai perdu quelque chose de précieux, mon affection pour les enfants qui me sont confiés.

D’un autre coté cela pourrait aussi signifier que ma vie personnelle s’est enrichie, équilibrée… Mais là mon cher Francis il ne faut pas rêver… Je n’ai pas droit au bonheur…

Du moins pas encore.

Je relis ça ce soir en me disant que je suis à présent heureux de voir les enfants partir de l’établissement et je me rends compte que le texte plus haut était une prophétie auto-inductive. Je n’aime plus mon travail comme au début, je ne suis pas maltraitant mais bien moins compatissant. Je suis devenu un vrai professionnel et ce n’est pas plus mal.