Archive du lundi 13 octobre 2008
C’est l’histoire d’un mec…
C’est mercredi que doit sortir un film sur Coluche. Cependant l’arrivée sur les grands écrans de « Coluche l’histoire d’un mec », pourrait tout simplement ne pas avoir lieu. Ce film est au centre d’une polémique, la société Productions et Editions Paul Lederman ayant assigné en justice les producteurs pour qu’ils suppriment le sous-titre « Histoire d’un mec« , qu’elle juge « contrefaisante« . Lederman, qui a produit les spectacles de Coluche détient les droits d’auteur sur ses sketches et leurs titres originaux, parmi lesquels celui de L’histoire d’un mec sur le pont de l’Alma, communément appelé Histoire d’un mec.
La justice doit rendre sa décision mercredi matin, si elle devait donner raison à Lederman, ceci signifierai la fin du film car il serait impossible pour les producteurs de refaire les affiches et le générique avant de redistribuer 500 copies corrigées. Lederman demande 150 000 euros de dommages-intérêts pour plagiat mais cela n’explique pas le pourquoi de son action en justice alors qu’il savait depuis plusieurs mois que le film portait ce titre. On raconte que cet homme qui se veut comme étant le dépositaire de la mémoire de Coluche, n’approuve pas la vision du film et cherche à le supprimer.
Mais ce n’est à mon avis qu’une partie de la vérité.
C’est en voyant le film ce soir en avant première que j’ai enfin compris la vraie raison de cette polémique. Coluche y est montré comme un loubard grossier, vulgaire, tricheur, menteur, pourri par l’argent, fumeur de joints sniffeur de cocaïne. Toute l’action se résume à la période où ce personnage antipathique entouré par toute une cour de débauché de son genre s’amuse à poser sa candidature aux présidentielles. Puis on le voit rattrapé par son délire et se rendre compte que les gens comptent vraiment sur lui. Réalisant qu’il ne pourra jamais les aider, Coluche met un terme à sa candidature non sans en être profondément bouleversé.
On est donc loin de l’icône du gentil Coluche humaniste fondateur des restaurant du cœur… Et le film est si bien fait que l’on a envie de croire à cette version de l’histoire surtout si, comme me le disait un ami présent lors de la représentation, on a lu des biographies sur ce personnage. Et c’est justement cela qui gène tant notre ami Lederman qui depuis des dizaines d’années se fait des fortunes avec les droits qu’il détient sur l’œuvre de Coluche. Si le film devait sortir et ternir l’image de ce comique, beaucoup de fans se détourneraient de lui et cesseraient d’acheter ses produits dérivés (livres, DVD, rediffusions de sketchs) ce qui équivaudrait à une grosse perte d’argent pour Lederman qui cherche à se faire passer comme gardien du temple alors qu’il n’est qu’un marchand du temple.
La dernière scène du film montre un Coluche trainant dans un parc en peignoir et croisant un clochard mangeant dans une poubelle puis un bourgeois arrivant dans l’autre sens les bras chargés de paquets de boutiques de luxe. La scène se passe quelques mois après les élections de 1981 et l’arrivée de la gauche et illustre la désillusion des français dont la vie n’a fait qu’empirer…
C’est peut être à partir de là que Coluche est devenu celui que l’on aime et respecte. En secouant les politiques de façon plus constructive avec la fondation des restaurants du cœur. Enfin, jusqu’à ce que l’on fasse un autre film pour démonter aussi cette partie de son histoire.
Tout cela me laisse amer et désorienté alors qu’au fond je dois l’avouer, je déteste Coluche !