Panne de temps…

Ce soir je voulais faire une gros article sur une série animée un peu trop connue, mais voilà, la réunion avec les parents s’est prolongée bien au delà du temps normal avec un gros travail pour tenter de les rassurer sur notre séjour classe verte en novembre.

Du coup je ne sais pas ce que cela va donner…

Par contre ce que je sais c’est que j’ai les yeux qui se ferment et que demain je dois faire musique le matin et animation crêpes l’après midi, alors bonne nuit et à demain après mon cours de basse ! 😉

Panne d’inspiration

Il est presque 20h00, je viens de finir mes corvées et mon repas et je me retrouve devant cet écran alors que notre président va annoncer de nouvelles mesures pour contrer la seconde vague de COVID.

Dans ces circonstances impossible de trouver un sujet et de le développer en faisant quelques recherches.

Du coup pour ce soir j’utilise mon joker ! Demain par contre il va y avoir du lourd… :mrgreen:

Un problème de poids

Depuis que mon petit démon (une gamine que j’accompagne et qui présente des troubles du comportement parfois très violents) reprend son traitement, ce petit concentré d’explosif sur pattes se pose et se met à me chambrer en utilisant ses petits dessins. Et bien sûr ce dont elle aime le plus se moquer vis à vis de ma personne c’est mon poids. Hier en me dessinant en maillot de bain avec des cœurs (je ne vais pourtant plus à la piscine depuis deux ans) elle m’a fait un corps plus rond qu’une pomme avec une tête minuscule sur le dessus.

Petits rires plus ou moins partagés, je lui rappelle que se moquer des adultes ça peut parfois ne pas passer, bref je fais mon boulot d’éduc avec un sourire derrière mon masque car oui j’aime bien ce genre de délire et je suis content et rassuré de la voir à nouveau faire de l’humour.

Mais bon, ce soir on ne va pas parler d’elle, mais bien de moi et du rapport étrange que j’entretiens avec ce corps que je traine et que je hais.

Je fais 135 kilos pour 1m85 et même si je suis un comtois aux épaules larges, j’ai un ventre de grand buveur de bière. Du coup je ne sais plus depuis quand j’ai cessé de pouvoir courir et chaque fois que je me baisse j’ai le souffle coupé.

Cependant en dépit de ces signes alarmants répétés, l’image que j’ai de mon corps n’est pas connectée au réel. Cette prise de poids graduelle m’a sans doute poussé à mettre en place un mécanisme plus ou moins conscient de fuite vis à vis de ce problème. Je ne me sens pas gros, je ne m’imagine pas gros et ce même quand il me faut une minute pour reprendre mon souffle après avoir mis mes chaussettes le matin.

Je n’ai par ailleurs aucune motivation pour maigrir, perdre du poids en me privant des derniers plaisirs de ma vie ne m’enchante guère et le fait d’être entouré de bonnes femmes qui se croient toutes être diététiciennes suffit à souligner l’absurdité des multiples régimes proposés ici et là. Consulter une vraie diététicienne serait très utile mais le fait de devoir manger le midi à la cantine et le soir avec une mère âgée qui ne mange que le soir, me bloque toute possibilité de faire des repas avec comptage de calories.

Bref que cela soit au niveau de mes motivations ou de mes possibilités réelles je suis bloqué. Bloqué dans ce corps qui ne m’est révélé que lorsque je suis pris en photo ou dessiné par une gamine douée pour le dessin. Je me retrouve aussi face à cette réalité lorsque je dois acheter des fringues. Mais bon, tant que Kiabi a encore des jeans à ma taille et bien je temporise, je passe à la caisse et j’oublie.

Il y a dix ans j’avais fait un régime spectaculaire que j’ai laissé tombé faute de ne pas avoir été coaché. Cela prouve donc que je peux maigrir. Hélas aujourd’hui alors que j’approche la cinquantaine et avec tous les soucis que j’ai évoqué plus haut, je sais que me lancer de nouveau dans cette aventure serai un combat perdu d’avance.

Ah si seulement je pouvais trouver une autre motivation… Envie de séduire, envie de vivre plus longtemps, envie de me mettre au sport…

Mais non il ne faut pas rêver, les concepts de séduction, de qualité de vie ou de goût pour l’effort physique sont pour moi des symptômes de psychopathologies.

Mais je me m’excuserai pas d’être qui je suis, cela ne sied pas à un gentleman ! :mrgreen:

A poil à la messe !

Je ne suis pas toujours fin et raffiné dans mes titres, parfois mon coté paillard remonte à la surface d’où ce titre un peu provocateur, désolé… :mrgreen:

Car oui, ce sont les animaux qui étaient à poils (plus quelques autres bestioles dans une autre livrée comme cette année des scarabées) et ce à l’occasion de la messe annuelle de bénédiction des animaux dans l’église Sainte-Catherine d’ Honfleur dans le Calvados.

Cette cérémonie qui a lieu chaque année a pour but de toucher plus de fidèles en ouvrant l’église à ceux qui aiment leurs animaux au point de vouloir qu’ils reçoivent une bénédiction, mais c’est aussi une façon pour le Père Pascal Marie de célébrer la création et de rendre grâce pour tous ces animaux qui entre autres choses nous nourrissent, nous donnent leurs forces pour travailler et nous tiennent compagnie. 🙄

C’est sans doute pour cette raison que cette année ce prêtre a tenu à ce qu’un représentant des chevaux soit présent afin de rendre justice aux équidés suite aux massacres et tortures de masse de ces animaux, des crimes qui restent grandement inexpliqués. C’est donc le poney Udine qui s’y est collé. « Cela peut paraître étonnant, mais je voulais qu’un poney soit présent. Après les violences gratuites qu’il y a eues envers les équidés, c’est l’occasion de dire qu’il faut faire attention à la création de Dieu », explique le Père Pascal Marie. 

Et si j’allais faire bénir mon siamois ? Si cela pouvait avoir un effet sur ses défauts j’irai en courant ! 😆

Notre petit orchestre…

Hier matin je me suis levé très tôt pour terminer l’installation de mes instruments dans la salle de classe où je travaille. J’ai utilisé cette veille armoire vitrée dans laquelle j’ai vissé trois supports pour tenir la basse 3/4, Ma guitare pour le travail et mes cours du mardi (la blanche au centre) et la guitare 3/4 ainsi que la batterie électronique, l’orgue et les deux amplis.

Une guitare ou basse 3/4 est un instrument au diapason court qui convient aux enfants de par sa taille réduite.

Notre projet c’est d’interpréter (musique et chant) une version parodique d’un tuve des années 80, histoire de dédramatiser un peu nos quotidiens marqués par l’épidémie et surtout de ramener un peu de sourires et d’espoir. Ma collègue a presque fini l’écriture des paroles, notre batteur progresse bien ainsi que notre bassiste qui accepte enfin d’avoir mal aux doigts. 😆

Ce matériel c’est de la récup (l’orgue) du prêt (l’ampli, merci Claude ! 😉 ) mais pour le reste c’est mon argent car bien sûr pas de budget. Je ne demande d’ailleurs même plus, quand je crois à un projet j’en parle pour qu’il soit approuvé mais par la suite je fais ce qu’il faut pour le réaliser, quitte à payer moi-même. Là entre l’achat des instruments et les frais de luthier il y en a pour un peu moins de 400 euros.

Alors oui ça fait hurler, surtout que la nouvelle guitare doit encore passer chez le luthier car elle est injouable en l’état. Mais bon, ces instruments restent ma propriété, je pourrais toujours les revendre une fois le projet terminé. Et surtout et ça je ne l’avoue à personne, je me fais beaucoup plaisir en achetant des choses, pour moi je me l’interdit de plus en plus car j’ai tout ce qu’il me faut, alors du coup acheter pour un projet c’est une façon de contourner cette interdiction auto-affligée. Ce raisonnement est bien tordu mais j’espère que vous le comprendrez, sinon c’est pas grave pensez que je suis un type bizarre à l’image des choses que je raconte dans ces pages les mardis et à présent les vendredis. :mrgreen:

L’ambition en archive

Archive du 9 octobre 2007

Cher Francis, 

       Une fois de plus je rentre très tard du travail. Cette fois c’était pour la réunion du conseil de la vie sociale. J’ai porté mon joli costume que j’exhibe sans vergogne sur la photo ci-dessus.

En même temps cette journée a été marquée par une découverte importante, le salaire d’un chef de service. Du coup j’ai envie d’arrêter de faire l’andouille et de plaisanter pour avoir une chance d’arriver un jour à une telle position voire au delà. Pour l’instant mes collègues et supérieurs m’ont bloqué au poste de plaisantin, de boute-en-train. Il faut dire que mes facéties les y ont aidé grandement. Mais comme ces derniers disparaissent petit à petit il me reste peut être une nouvelle chance de faire bonne impression avec des personnes différentes surtout au niveau des cadres. Mais est-ce vraiment ce que je désire? faire du papier et ne plus être avec les enfants? L’argent est-il devenu ma seule priorité? D’un autre coté, gagner 1300 euros après neufs ans d’efforts constants ne suffit plus à me motiver à aller plus loin.

A suivre donc…

Mouhais là c’est vite vu, 13 ans plus tard je suis éducateur diplômé avec un salaire de 1780 euros nets par mois et sans aucune envie de me retrouver dans un bureau à faire des papiers. Je m’éclate bien trop dans mon travail pour ça ! :mrgreen:

Pris de court…

Ce soir je rentre tard et j’enchaine sur une autre réunion, du coup je vous laisse avec un court mais pour me faire pardonner un court plutôt long, voire très long et de très haute qualité qui peut aussi servir de porte d’entrée dans le monde de l’animation japonaise… A vous de voir ! 😉

Animaux hardcore

Alors oui c’est très stupide mais bon de temps en temps ça fait du bien de regarder ce genre de bêtises qui a demandé tout de même pas mal de temps à leurs concepteurs. Pour les non initiés il s’agit de memes dont les sons ont été passés à l’auto tune pour que cela ressemble à des chansons célèbres. 😆

Je ne suis pas un héro !

Cette chanson que les gens de ma génération ont tous dans la tête est un titre plus que parfait pour servir de titre à ma chronique du jour. 🙄

Car oui, je ne suis pas un héro, et pourtant les gens qui ne connaissent pas ou peu mon métier en ont des représentations si exagérées qu’ils pensent que je suis un preux chevalier, un parangon de vertu voire un héro…

Dernier exemple en date : ces temps derniers je cherche à acheter des jouets pour les enfants avec qui je travaille dans le but de faire du soutien au comportement positif (en gros c’est une carotte pour les motiver à faire des efforts mais avec un vrai contrat qui fait que oui, ils finissent par l’avoir cette carotte ! 😆 ). Du coup vu que je n’ai pas de budget et qu’une fois encore je dois utiliser mes fonds propres et bien je vais sur Ebay pour acheter des jouets bien précis.

Et vu que je ne suis pas un saint (loin de là) je précise que je suis éducateur et que les jouets vont servir pour des enfants handicapés mentaux (je déteste ce mot et encore plus le concept qui est derrière). Bien sûr je donne cette précision dans le sournois espoir de grappiller des jouets en rab ou d’avoir une réduction.

Et voici qu’un de mes vendeurs décide de me faire cadeau des frais de port, un autre rajoute des Playmobils etc… Bref, ils cèdent au chantage moral du « gentil » éducateur « héroïque »… 😈 Mais le plus tragiquement drôle dans tout ça c’est qu’ils le font en m’envoyant des messages de soutien comme si j’étais une infirmière en pleine crise COVID alors que je ne suis qu’un éducateur qui pratique son métier avec passion pour être efficace mais aussi pour en tirer un maximum de plaisir.

Non je ne suis pas un héro ! Aujourd’hui par exemple j’ai seulement aidé des enfants à travailler leur autonomie en les aidant par exemple à se rappeler comment ils devaient se présenter. Puis vient le moment de manger avec eux et de faire une pause de 20 minutes pendant laquelle j’ai joué de la guitare électrique dans ma salle de classe (penser à prendre un casque car oui mes collègues m’ont entendu). L’après midi j’ai fait un peu de dossiers avant d’accompagner mon petit démon dans une classe où faute de s’intéresser au système solaire elle s’est endormie pour aller rêver plus loin que l’obscure clarté qui tombe des étoiles. Je l’ai secouée en vain en faisant sourire les autres enfants et moi aussi car la situation était vraiment cocasse…

Et puis voilà, les taxis les enfants chez eux et moi je file à mon cours de guitare.

Alors si ça c’est le quotidien d’un héro… Bon d’accord les brocolis à la cantine étaient très mauvais mais tout de même les manger ne relève pas de l’héroïsme !

Mais pourtant que cela soit les vendeurs sur Ebay où les gens que je rencontre, j’ai souvent droit à ces discours convenus du type « Oh moi je ne pourrais pas faire votre métier » « Vous avez bien du courage » « Heureusement qu’il y a des gens comme vous pour faire ce métier ingrat et difficile »…

Ce fossé immense entre mon ressenti vis à vis d’un travail qui m’apporte joie et épanouissement tout en me nourrissant et les conceptions des personnes qui sont éloignées de mon secteur d’activité s’explique en grande partie par les représentations du handicap mental dans la société contemporaine. Le handicap mental fait peur, on imagine les enfants présentant ce type de difficultés comme étant instables, imprévisibles, violents, voire ouvertement dangereux. Les représentations sont souvent aussi uniformes, lorsque l’on parle de handicap mental, beaucoup de personnes imaginent des enfants incapables de communiquer portant des couches et ne pouvant rien faire d’autre que se baver dessus. Alors que les enfants avec qui je travaille ont un profil radicalement différent mais bon vu qu’on leur a collé l’étiquette « handicapé » on ne cherche pas à la décoller pour voir les individus qui sont derrière.

Et c’est sans doute cela qui m’attriste le plus lorsque je reçois des félicitations indues, c’est que leur origine reposent sur des conceptions fausses, des préjugés, bref des représentations du genre de celles qui font que le handicap mental ou autre n’est toujours pas compris et ainsi pris en charge de façon vraiment efficace et humaine.

J’ai déjà beaucoup causé ce soir alors au lieu de partir dans une explication théorique et pratique du handicap, je ne ferai que dire quelques mots sur le sujet.

Le handicap n’est qu’un construit social. En clair le petit garçon qui n’arrive pas à se souvenir de sa date d’anniversaire ni du nom de sa ville mais qui sait faire de beaux dessins est considéré handicapé mental dans notre société en 2020 mais cela ne serait peut-être pas le cas dans un autre temps et un autre lieu. Il y a aussi le principe du fameux dicton « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois »

Donc oui le handicap c’est déjà un concept aussi relatif qu’il est complexe à décrire au delà des définitions légales qui ne font qu’en dessiner les contours.

Du coup ma position personnelle c’est de considérer que nous sommes tous handicapés. Moi par exemple je ne peux pas courir, mon poids m’empêche de bien respirer et niveau socialisation je ne suis pas un exemple pour les enfants que j’accompagne vu que je suis un vrai sauvage qui se complait dans une solitude bien arrangeante. Comparés à moi, les enfants de mon groupe qui vivent intensément leur chance d’évoluer dans une vraie école en courant, tombant, se faisant des copains, des ennemis bref en étant des gosses sont bien moins handicapés que moi l’éducateur en échec de socialisation.

Au bout du compte j’ai tout simplement envie de jeter ce concept aux orties surtout si l’on se rappelle que ce mot a pour origine un jeu anglais « hand in the cap » Et oui ! Dès le début, le handicap n’était qu’une vaste blague !

Les enfants que j’accompagne sont des enfants, point. Ils ont leurs difficultés comme tous les enfants mais qu’importe, je refuse le mot handicap, le mot difficulté est bien plus juste et permet de rentrer en réelle empathie avec eux afin de les considérer non pas comme des porteurs de problématiques mais comme des individus. Nous avons tous des difficultés mais certaines font de nous des handicapés pour des raisons liées à la norme et aussi il faut l’avouer au capitalisme économique et cela est tristement inique.

Une fois de plus je ne suis pas un héro, je suis un glandeur d’éducateur un peu psy sur les bords qui bricole avec ce qu’il trouve et qui se repose beaucoup sur le travail en équipe pour trouver des façon de vraiment aider les enfants qui lui sont confiés.

Alors oui ce n’est pas facile tous les jours mais qu’importe, je fais ce travail avec une joie, une passion et un amusement perpétuel qui fait que chaque jour je suis heureux de retrouver les enfants et mes collègues. Les difficultés que je rencontre dans mon travail me poussent à me remettre en question à faire preuve d’inventivité, bref à évoluer en tant qu’être humain et ce bien plus que si j’avais été l’employé d’un service juridique où mes diplômes en droit allaient me conduire.

A la première visite de la médecine du travail le medecin et l’infirmière se sont presque inquiétés de voir quelqu’un d’heureux dans son boulot (ils n’ont pas l’habitude ça les a déstabilisé 😆 ) Mais c’est bon, depuis ils m’ont compris car je leur ai sorti une version condensée de la soupe que je viens de vous servir.

Ce soir j’avais une réunion avec les parents qui envoient leurs enfants au caté, à la fin de la réunion nous avons eu droit à des félicitations et des remerciements « Vous avez du mérite d’être bénévoles » mais non je ne suis pas un saint !

Bon on ne va pas refaire un tour là dessus, il est 23h20 alors du coup je parlerai de ça la semaine prochaine… :mrgreen: