Les incivilités en archive

Voici ce que j’écrivais le 22 novembre 2006, alors que mon travail d’éducateur se faisait à l’extérieur en SESSAD.

Mercredi 22 novembre 2006

Cher Francis, 

       Tous les mercredis depuis la rentrée, mon travail est d’apprendre à un jeune garçon à utiliser seul le réseau de bus de sa ville. Le matin je pars avec une voiture de service jusqu’à la petite ville où il réside puis nous prenons ensemble le bus pour nous rendre dans des endroits où il doit apprendre à aller seul. Un travail intéressant et plein de sens.

Aujourd’hui le but était de faire une fois de plus le trajet en bus mais cette fois mon apprenti devait se débrouiller seul pendant que moi je le surveillais du fond du bus.

Installé sur une banquette deux places recouverte d’un mince tissu sale, je regardais d’un œil distrait les dégâts visibles dans ce véhicule de transport en commun. Les graffitis, les crachats par terre, les parties plastiques brûlées au briquet… La routine en somme.

Soudain mon regard fut attiré par une autre manifestation d’incivilité aux conséquences bien plus graves. Pour bien t’expliquer mon propos je dois te donner certains détails.

Les bus sont munis de vitres servant d’issues de secours, ces vitres spéciales ne sont fixées que par le haut avec deux gros clips. Le bas de la vitre ne tient elle que par deux poignées qui joignent le verre à la carlingue du véhicule. Ainsi en cas d’urgence. il suffit de tourner les poignées puis de s’appuyer contre la vitre pour la faire tomber et créer une façon de sortir du bus.

C’est justement en regardant ces vitres servant d’issues de secours que je me suis rendu compte d’un fait révoltant; toutes les poignées avait été volontairement tournées, les vitres pouvaient donc d’un moment à l’autre tomber à l’extérieur du bus entraînant dans leur chute la personne qui aurait malencontreusement appuyé son corps contre la surface vitrée.

Révolté par ce geste délibéré de malveillance, je me mis en tache de refermer les vitres en remettant les poignées dans le bon sens. Je remarquai au passage que certaines de ces poignées avait été arrachées afin de rendre cette dangereuse ouverture des vitres de secours perpétuelle.

Au delà de la colère, une interrogation… Quelles peuvent être les raisons d’un tel geste? A quoi correspond cette volonté de nuire à l’intégrité physique d’inconnus ?

Une chose est sûre Francis, c’est que si jamais je devais être témoin d’un tel geste idiot et délictuel, je ne resterai pas sans rien faire.

Le bus n’est pas un endroit sûr, et pourtant je dois former des jeunes à l’utiliser… Dilemme…

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