Archive malaisante

Archive du lundi 12 juin 2006

Cher Francis,

       Depuis quelques temps à l’I.M.P nous avons un nouveau pensionnaire. Il est relativement discret puisqu’il ne fait que passer la nuit sur notre porche. Et oui il s’agit d’un SDF.

Notre institution a une longue histoire de collaboration avec la misère du monde, avant lui d’autres sans abris avaient profité de la relative hospitalité de cet espace couvert situé devant les portes de l’établissement. 

Le problème avec celui-ci c’est qu’il a le sommeil lourd. Comme dirait Fabrice avec son accent du sud : Quel sale con !  Et oui non seulement il est miséreux mais en plus il traîne devant nos portes tous les matins et souvent bien après l’arrivée des enfants. Ces derniers se sont habitué à lui très vite ce qui n’est pas le cas de l’équipe éducative. Je sais que pas mal de mes collègues rêvent de se payer une séance d’ultra violence genre orange mécanique en lui défonçant la gueule à coup de batte de base-ball. Notre homme d’entretien a été à deux doigts de se battre avec.

La réunion de demain abordera sans doute ce problème d’une façon ou d’une autre.

En attendant, pour ma part je ne sais rien de ce bonhomme sauf qu’il dort devant mon lieu de travail et que chaque matin lorsqu’il se réveille il se met à contempler d’un œil morne la ville qui elle aussi sort de sa léthargie. Je sais qu’il attend une place en C.H.R.S, qu’il n’est pas pressé d’y aller…

Et je sais surtout que le spectacle sans cesse renouvelé de sa déchéance nous mets tous très mal à l’aise car nous le savons tous, au fond il suffirait de très peu de choses dans nos vies bien réglées pour que nous nous retrouvions nous aussi exclus. 

Notre ancien directeur aurait sans doute été plus à même de l’aider que nous.

Et moi travailleur travail social en formation, face à sa détresse je ne trouve qu’une chose à faire, lui dire un rapide bonjour en baissant les yeux et en passant mon chemin.

Au fond il me fait peur. En effet de tout le personnel de L’IMP je suis celui qui a le moins de pare-chocs sociaux donc le plus susceptible de partager son destin.

C’est affreusement égoïste mais la muette menace qu’il représente ajoutée au très mauvais climat de travail actuel font que j’aimerai qu’il disparaisse du jour au lendemain.

La misère devant sa porte c’est nettement moins fun qu’à la T.V…

Ah oui et un grand salut à mes collègues de promo pour leur premier jour de stage, sachez que je pense très fort à vous tous. Vous me manquez. Courage mes amis….

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