Souvenirs de pêche

Lundi 14 août 2006

Cher Francis,

       Le vent est enfin tombé, le vent de terre soufflant vers la mer s’est apaisé et laisse sa place au vent de mer qui commence à souffler.

Après deux semaines d’attente, je peux enfin sortir mon matériel de pêche.

Bien entendu, malgré mon inspection d’avant le départ, je me rend compte que mes cannes sont abîmées et que mon moulinet est mal préparé. le problème c’est que je m’en rend compte sur le rocher.

J’improvise quelques réparations de fortune sous les yeux intrigués d’une bande de bedeaux qui s’arrêtent sur le quai pour me regarder pêcher. Les réparations ne tiennent pas plus d’une heure et moi je suis à deux doigts de balancer mon matériel à l’eau afin de donner un exutoire à toute cette frustration qui m’envahit. Mais je reste là, gérant mon impuissance à contrôler la situation tout en faisant face aux regards des autres pécheurs et de la demi douzaine de personnes qui se trouve toujours derrière moi. Peut être attendent-ils que je fende le chenal en deux comme Moïse… 

D’autres pêcheurs arrivent et lancent leurs bouchons quasiment sur le mien si bien que les lignes s’emmêlent. A gauche comme à droite mon rayon d’action se réduit alors que les difficultés techniques se multiplient. Mon moulinet bloque le fil, la petite boule d’arrêt du bouchon ne reste pas à sa place et envoie mon hameçon racler le fond de l’eau.

Malgré tout cela je réussis de temps à autres à effectuer un lancer correct et là ce sont les chalutiers qui arrivent m’obligeant à relever ma ligne pour ne pas risquer d’emmêler mon fil dans leurs hélices. 

Puis enfin je me retrouve avec une pelote inextricable de nylon dans les mains créée par mon moulinet et mes nerfs défaillants. 

Là je n’y puis plus, je tape l’eau avec ma canne d’un grand coup rageur avant de replier le matériel pour rentrer.

Bilan de la journée: 5 euros de vers qui n’auront servi qu’à m’énerver pendant deux heures et demi et tout cela pour deux touches…

Mais tu le sais bien Francis, je suis obstiné j’y retournerai donc demain. En attendant je vais plonger dans la mer qui commence à faire des jolies vagues bien sympathiques…

En relisant tout ça 14 ans plus tard, je trouve la scène presque comique, non ouvertement comique.

Quelques années plus tard, je laissais tomber la pêche comprenant que cette activité se résumait à jeter de l’argent dans l’eau et surtout en remarquant la ratification des poissons dans le chenal et sans doute ailleurs. Alors entre participer à un massacre écologique (tuer des poissons et polluer avec mes maladresses) et gaspiller mon argent, j’ai tout laissé tomber pour passer plus de temps dans l’eau.

Comme j’aimerai y être dans cette eau bien fraiche… La mer me manque et je me demande si je la reverrai un jour. 😥

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