Émilie, Fille du bokeh

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Graflex Pacemaker améliorée, Heliar 240mm ouvert à F9, plan film HP5 4×5 scanner sur système rotatif et au final un de mes plus beaux portraits, Merci Émilie !

Cette photo date un peu mais j’avais envie de la remontrer aujourd’hui car d’une part je n’ai pas eu le temps de mettre un pied dans le labo cette semaine et ce weekend cela ne sera pas non plus possible et aussi pour présenter un autre genre de photo qui me tient beaucoup plus à cœur; le portrait.

Hélas réaliser un portrait en grand format avec une chambre comme ici, cela devient de plus en plus compliqué. Cette façon de photographier est très exigeante pour le photographe et encore plus pour le modèle qui doit jouer la statue avec une grande précision surtout lorsque comme ici on travaille avec une profondeur de champ très réduite (F9/240mm sur plan film 4×5 délimite une zone de netteté de quelques centimètres). Ajoutez à cela la difficulté que l’on a à trouver des modèles tout court sans déclencher une vague de suspicion (c’est pour quoi faire ? pour mettre sur Internet… ?) Merci d’ailleurs aux dérives des réseaux sociaux qui ont hystérisé le rapport des personnes à leur image et à son utilisation dans l’espace public en le résumant à son éventuelle utilisation à des fins négatives.

Mais qu’importe, je caresse l’espoir de me remettre un jour au portrait en trouvant comme modèles d’autres personnes que les collègues de travail ou les membres de ma famille qui sont d’ailleurs trop difficiles à photographier car je les connais trop bien pour les mettre en scène en utilisant le grand format.

Vestiges industriels en grand format

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Je passe devant cette usine désaffectée cinq jours par semaine, c’est donc tout naturellement qu’un samedi je suis décidé à la photographier en grand format sur plan film Portra 160 4×5 un peu périmés.

Le grand format est un outil, non !  Un langage photographique, qui ouvre des possibilités qui échappent au moyen et petit format. Les mouvements qui permettent de compenser les contre-plongées et le cérémonial autour de l’objet photographique apportent autant de richesse que de plaisirs à la pratique photographique. 😎

Mais c’est difficile de comprendre tout ça en regardant un fichier de 800 pixels sur un écran. Du coup voici les versions XXL :

De face

Coté droit

Sinar F2 Super Angulon MC 120mm et Grandagon N 90mm  à bague verte, plans films Porta 160 périmés de 5 ans et développés hier chez moi

Le Rocher du Bourbet

akimori

Moskva 6×9, portra 400, scanner Nikon et retouches par un copain pro

Et en version XXL et bien ça donne ça : (cliquez ici pour voir)

 

C’était en Octobre 2010. A l’époque j’avais intégré un club photo où je commençais à me sentir plutôt bien jusqu’à cette sortie où j’étais venu avec un vieux folding russe.

Les participants me raillaient, se moquaient de ce matériel étrange et désuet. Au début c’était bon enfant et moi-même je souriais mais très vite le ton s’est endurci avec des phrases peu acceptables du genre « Pourquoi  t’es venu avec cette quincaillerie ? ».

Traiter Maéva (mon Moskva) de quincaillerie était inacceptable. Du coup le soir je m’étais lâché sur Internet. Ce fut une erreur car un des membres du club photo lisait mon blog et était allé tout raconter au président de l’association en faisant monter la sauce.

Une semaine plus tard je m’étais fait vivement réprimandé pendant une réunion du club par ces personnes qui m’accusaient d’avoir diffamé l’association. Je rétorquais en disant que je ne supportais pas que l’on se moque de moi à cause de mon matériel ce à quoi le président, qui pourtant pratiquait l’argentique, avait répondu que c’était de ma faute, je l’avais bien cherché car j’avais fait de la provocation en emmenant mes vieux appareils.

C’est là que j’ai compris que je ne pouvais plus rester dans une telle association composée de personnes qui jugeaient les photographes non pas sur leurs photos mais sur leur matériel. Cela reste pour moi un souvenir pénible d’autant plus que la photo faite ce jour-là a été une de mes plus belles photos… 😥

 

Ruelle anonyme

L’année dernière à la même époque, je consacrais tous mes mardis après midi  à arpenter les rues de la ville avec mon Yashica Mat baroudeur pour chercher des endroits isolés et intéressants. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans des endroits isolés et insolites pourtant proches du centre. Cette quête a duré quelques temps mais s’est arrêtée provisoirement faute au temps (pluie) et faute de temps.

Voici un extrait de cette série encore en cours :

street

Yashica Mat 124G, HP5, Ilfotec HC développement rotatif à 1+47