A coté

Ce soir mes collègues fêtent le départ en retraite de celle qui aura été ma directrice adjointe pendant pas mal d’années.

Moi je suis rentré car je dois m’occuper de ma mère qui se couche de plus en plus tôt car elle a froid et aussi parce que les dernières semaines ont été plus qu’éprouvantes pour moi.

Je n’aurai jamais pensé qu’un jour ce travail qui me définissait et qui me rendait si heureux allait devenir la source de tant de souffrances et d’incompréhensions mutuelles. Mais voilà, le public change brutalement, le travail aussi et je découvre que jusqu’ici j’avais été, sans doute involontairement, protégé de cette mutation puisque contrairement à mes collègues j’avais toujours travaillé avec les grands, les hauts niveaux, des enfants que l’on peut envoyer jouer avec d’autres enfants de leur âge sans s’inquiéter.

Mais fort heureusement pour moi ce temps va bientôt toucher à sa fin puisqu’à la rentrée prochaine je serai sur le groupe des enfants présentant des troubles autistiques mais toujours dans la même école primaire.

Avec un tel public il est interdit de se louper, chaque faux pas peut déclencher une angoisse, un mal être, une crise. C’est donc une école de la rigueur.

C’est donc ma chance de prouver que je suis éducateur, c’est à dire en capacité de changer de public et de faire un travail à la fois très sérieux mais aussi et avant tout guidé par un respect et un attachement au bien-être de chaque personne enfant et adulte qui travaillera avec moi.

Et pour arriver à faire tout cela et bien il va me falloir commencer par perdre beaucoup de poids pour être au mieux de ma forme et renvoyer une image plus saine et rassurante de ma personne et de mon état de santé.

Vaste programme, non ?

Mais qu’importe, avec un peu d’aide et de soutien je suis sûr d’y arriver. D’ailleurs, ai-je le choix ? 🙄

Une semaine en enfer

Vu que dans un moment de panique, j’ai eu l’idée stupide de proposer de changer de groupe, ma direction m’a annoncé jeudi soir que j’allais passer la semaine sur le groupe des enfants les plus en difficulté.

C’est ainsi que je vis en ce moment une semaine très éprouvante où je ne suis pas seulement face à mes angoisses de licenciement mais aussi face à des difficultés d’un niveau que je n’aurai pas imaginé, face à des enfants sans langage oral et avec des interactions très limitées qui ne comprennent pas qui je suis et enfin face à des collègues de longue date qui me regardent d’un air dubitatif.

Écrire ces lignes ce soir m’aide à remettre de l’ordre dans tout ça. Une discussion franche et sincère qui aurai du être faite de longue date avec ma collègue a aussi permis de crever de beaux abcès. J’espère que les efforts que je vais faire une fois rentré sur mon groupe et quelques bonnes volontés suffiront pour que la nouvelle chef de service trouve une solution à ma situation dans les derniers mois qui nous séparent de juillet.

Messages

Ces temps derniers et surtout ce weekend j’ai passé beaucoup de temps à regarder des animes et des séries et au cœur de ces multiples histoires, j’ai capté pas mal de messages qui ont résonné en moi comme si ils m’étaient adressés.

J’ai par exemple une citation du créateur de Star Trek, Gene Roddenberry qui dit en substance : « Nous sommes tous des extraterrestres sur une planète étrange. Nous passons la plus grande partie de notre vie à tendre la main et à essayer de communiquer. Si, pendant toute notre vie, nous pouvions tendre la main et communiquer avec seulement deux personnes, nous sommes en effet très chanceux. »

Mais celle qui m’a le plus marqué c’est celle balancée au cœur d’un animé japonais, je ne sais même plus lequel, qui disait que beaucoup de personnes cherchent toute leurs vies pour quoi ils sont vraiment faits sans jamais parvenir à le découvrir.

Et là je me suis dit que oui, c’est bien ça l’histoire de ma vie.

Je suis entré par hasard dans le social, j’y suis resté car c’était sympa et moralement gratifiant. A présent c’est moins le cas mais j’y reste car je suis bien trop vieux pour me reconvertir.

Et surtout car j’ai peur, cette peur qui a été au centre de ma vie depuis mon plus jeune age évoluant des peurs enfantines aux angoisses de séparation puis devenant une peur chronique du changement et de l’inconnu.

Alors qui suis-je vraiment ?

Et bien je ne le saurai jamais et je pense qu’au fond c’est bien mieux ainsi car cela m’évitera de faire un deuil impossible. 🙄

Tout perdre ?

Ces derniers mois j’ai perdu énormément de choses et de repères dans ma petite vie que j’aimais bien. Une fois de plus ces choses qui disparaissent de mon existence ne sont pas du tout remplacées par des nouveautés.

Non elles ont disparu laissant un vide énorme derrière elles.

Plus de bar tabac le matin pour boire un café et discuter avec les habitués, mort de ma coiffeuse qui s’occupait de mes cheveux depuis plus de 30 ans et dimanche soirée d’dieu au pub du village qui sera encore ouvert mais sans personnel pour servir ou cuisiner et surtout sans concerts, ça c’est clair…

Alors je pourrais me dire que voilà tout est fichu et me laisser aller…

Mais non, je préfère me dire qu’en fait la fin de ces plaisirs qui étaient néfastes à mon corps (je parle des bars) va entraîner un changement intéressant : je vais avoir plus de temps et plus d’argent.

Du coup prendre des cours de chant ? Passer plus de temps à travailler ma musique ?

Pas mal de possibilités !

Voilà qui me laisse rêveur.

Après la tempête

Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose: une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même.
Tel est le sens de cette tempête.

Haruki Murakami, Kafka sur le rivage

Rien de plus à ajouter, Murakami San a tout dit pour moi.

Du coup je peux aller dormir d’un sommeil devenu plus léger depuis hier en sortant de la médecine du travail.

Oui je vais mieux mais ce n’est que le début de la route, de ma transformation.

Couleurs

Hier soir je rentrais chez moi après ce qui est pour l’instant ma pire journée de travail et je regardais le ciel rougeâtre.

J’ai beau savoir que ce n’est que le carbone des gaz d’échappement dans l’atmosphère qui donne cette couleur à la voûte céleste au moment du coucher du soleil, je suis à chaque fois soufflé par la beauté de ce spectacle.

Le moi d’il y a 20 ans aurait arrêté sa voiture pour faire une photo, le moi d’il y a dix ans aurait attendu de rentrer pour choisir le bon apparel pour faire la photo.

Mais le moi d’aujourd’hui n’a même plus envie de faire une photo, je trouve le spectacle joli mais peu enthousiasmant.

J’ai perdu mes couleurs.

Et contrairement à ce que dit la chanson je sais que j’aurai beau passer à la machine, les couleurs d’origine ne reviendront pas.

52 années de désillusions, de trahisons et de renoncements on fait de moi un homme triste et gris, une personne morte à l’intérieur et forcée de porter un sourire de facade pour faire illusion.

Ce soir je réalise donc que j’ai rejoins le troupeau des personnes normales sans fantaisie ni passions et finalement ça ne me dérange pas tant que ça.

J’espère juste un jour retrouver un peu de pastel avec notamment le plaisir de la photo. Je vais m’y employer ce weekend en me forçant à faire une photo puis un tirage du même cliché pour l’opération annuelle d’échange de tirage que j’anime sur le forum dont je suis un des modérateurs.

Et bien sûr en attendant ce qui me permet de tenir c’est bien sûr la musique mais sans la bière qui va avec, ça c’est fini pour de bon et ça ne me manque même pas.

Comme quoi…

Mais bon je vais plutôt bien, j’ai fait des réels gros efforts sur mon alimentation récemment et en 20 jours j’ai déjà retrouvé beaucoup de souffle et de flexibilité.

Don’t worry… Be happy…

Mauvaise journée

Accident avec un véhicule de l’établissement, j’ai heurté un rétroviseur avec le mien et bien plus grave, je ne m’en suis pas rendu compte.

Ma jambe ne va pas mieux je l’ai montrés aux pharmaciens qui ont tous dit que je dois retourner chez le médecin.

Bref mauvaise journée alors je ne traîne pas plus en bas devant mon écran.

Au delà de la matière

Ce soir je suis devant mon écran un petit verre de Gin japonais en main histoire de me réconforter.

C’est le moment de parler de moi ou d’un sujet qui me parle. Je n’ai pas envie de parler de moi pour beaucoup de raisons, je vais donc parler d’un sujet qui va dérouter mes quelques lecteurs puisque je vais parler de science… fiction !

Dans mes séries de science fiction préférées, les acteurs sont dématérialisés et transformés en particules qui voyagent jusqu’à une destination où elles seront de nouveau agglomérées en être humain. C’est le bon vieux délire de la téléportation.

Et ces temps derniers j’y pense beaucoup à cette fichue téléportation.

Car selon moi, si je suis décomposé en atomes, je cesse de vivre et me reconstruire avec les mêmes atomes équivaut à une resurrection.

Sauf que je sais de façon intuitive que lorsque cela sera possible, on se rendra compte qu’à l’arrivée on n’obtient que des zombies.

Je n’ai aucune base scientifique pour le prouver, mais je sais qu’un être humain est autre chose qu’un tas de cellules, molécules, atomes, particules…

Tout ce que je suis, ce que je sais, ce que je ressens, mes peurs mes joies, mes colères, mes espoirs…Tout cela ne peut être uniquement le fruit de réactions chimiques. Non, je le refuse.

Non, nous sommes bien plus que ça !

Je ne veux pas parler d’âme car c’est un concept religieux, mais bien d’autre chose que je nommerais faute de mieux « énergie vitale », une énergie qui fait que la matière qui constitue notre corps devient non pas un organisme plante mais un être pensant conscient de son existence et de son pouvoir.

La photographie Kirlian qui met en évidence des halos énergétique autour des choses et des êtres a beau ne pas être reconnue par la science et être rangée dans les arnaques, cela n’empêche pas de se poser la question d’une telle force qui fait de nous ce que nous sommes.

Ce soir j’ai besoin d’y croire car vu les progrès de la science et l’effondrement des gardes-fous moraux et légaux, je me dis que bientôt on nous révélera le fruit d’expériences atroces.

L’humain est un monstre certes, mais il mérite tout de même un peu de respect.

Le soir de tous les dangers

Ce soir je vais à un repas où l’on va tenter de nous embrigader, un copain et moi, dans une drôle d’aventure qui aussi tentante semble t-elle, risque de me porter fortement préjudice.

Donc là ce n’est pas le moment de m’épancher sur mes soucis que je porte seul, non, je dois me préparer mentalement à dire non à tout.

Ma vie est bien assez compliquée comme ça… 🙄