Un retour remarqué !

Chaque fois lorsqu’elle revient on y croit pas et au début ce sont les cris de joie des enfants dans la cour de récré (ce ne sont pas les enfants de mon groupe) qui nous rappellent à quel point la neige c’est sympa lorsque l’on est un enfant.

Puis arrive le moment du départ des véhicules et taxis et là c’est tout de suite moins marrant…

Une heure pour faire un trajet que d’ordinaire je fais en 25 minutes !

Plus personne ne sait conduire sur la neige, plus grand monde est équipé en ville. Du coup ce sont de longues chenilles de véhicules évoluant en seconde qui bloquent les routes…

Et arrivé sur mes hauteurs là où il fait moins 5 à 17h30, il faut jouer à « On se rappelle où est la route » où à « Est-ce que je suis sur la voie de droite ? » pour les moins forts.

Du coup au bout de tout ça on est content d’être rentrés et on ne reste pas sur l’ordi, on va se coucher pour décompresser. Alors bonne nuit ! PS : Le lendemain l’école était fermée je suis resté au chaud !

Pôle rural

Aujourd’hui c’était les ateliers de Noël à l’école. J’ai assemblé une soixantaine de sapins alors que j’ai une bronchite qui m’empêche de dormir la nuit. Pas plus de détails car c’est très dégueu… Bon voilà, j’ai réussi on peut passer à la suite !

La suite au boulot va couler de source, ce sera deux jours de festivités avec des enfants surexcités mais dont la joie sera communicative.

Mais la grosse actu du jour ce n’est pas ça, non, loin de là !!!

Figurez-vous que mon village avec les autres villages du plateau est devenu ce soir un pôle rural !

Alors oui j’ai bien du mal à y croire en écrivant cela mais je dois m’en faire une raison nous disposons à présent d’un petit supermarché proposant plus de 10 000 références avec un rayon boucherie et aussi des pompes à essence !!! 😯

Ce soir c’était l’inauguration, on y allait en mode touch and go, caisses fermées, pas de pain, c’était juste pour attirer le client.

J’ai eu une grosse envie de tuer l’animateur qui surjouait en vendant avec exagération et enthousiasme de façade les mérites de ce nouveau commerce. Il était si stupide et énervant que j’ai du combattre l’envie très forte de lui exploser le ventre avec des coups de pieds.

Une fois ce nouveau défi relevé (oui lutter contre mes pulsions et assembler 60 sapins ce sont des exploits !) 😆 Je me suis mis à réfléchir aux conséquences de l’ouverture de ce grand commerce.

En premier lieu je pense que notre village est en train de devenir un pôle rural mais bon cette désignations n’existe plus depuis 2011 alors peu importe, elle dénote quand même un changement de rang des villages du plateau qui se retrouvent enrichis par ce nouvel équipement de convenience.

En second lieu je pense que la boulangerie du village a de quoi se faire du soucis car le pain qui sera vendu en supermarché sera de qualité égale voire supérieure à celui qu’elle vend aux villageois qui ne se rendent même pas compte qu’ils achètent du pain de supermarché dans une fausse boulangerie. Maintenant les choses seront claires, on achètera du pain de supermarché dans un supermarché à un prix de supermarché. La boulangerie du village va donc beaucoup perdre et peut-être fermer et ce sera une bonne chose.

Enfin vu les prix je pense que ce commerce sera surtout visité par les suisses et les riches du plateau, ceux qui ont accès aux soins. Mais bon en ce qui me concerne je serai bien content d’avoir un commerce à 1,3km, ouvert le dimanche matin si j’ai oublié un truc pour le repas de dimanche.

Au final je pense me réjouir de l’ouverture de ce grand magasin. Nous n’avons jamais eu ça au village ! Je suis tout de même impatient de voir ce qui va se passer concrètement. Comment les gendarmes vont gérer les collégiens qui vont tenter de voler ou d’acheter de la bière, qui va vraiment aller faire ses courses dans ce supermarché et bien sûr tous les changements bons et mauvais que ce commerce luxueux introduira dans nos vies. 😎

70 ans…

La semaine dernière le courrier n’a été livré que vendredi, en rentrant du travail vendredi soir j’ai donc reçu une énorme quantité de lettres et de pubs et dans celle-ci une lettre que j’aurai souhaité ne pas recevoir ces temps-ci. 😥

C’est la lettre de suivi des décomptes de mes trimestres de retraite.

Bon alors allons-y directement, j’ai 50 ans et je dois 79 trimestres à cet état pour avoir une retraite à taux plein. Je fais un rapide calcul ça veut dire que je pourrais partir en retraite l’année de mes 70 ans ! : shock:

La bonne nouvelle c’est que mon employeur s’est engagé pour le maintien des seniors dans la boite jusqu’à 70 ans (comme par hasard) Mais bon, comment vais-je gérer ce que je gère en ce moment dans un corps 20 ans plus vieux ?

Donc là je n’ai plus le choix, je vais vraiment devoir perdre du poids pour commencer.

Je pourrais aussi me laisser mourir pour échapper à ce que je subis en ce moment, mais non, j’ai si envie de me réveiller un jour sans avoir à me lever ni à préparer un truc pour le travail, que j’ai vraiment envie de prendre soin de moi pour atteindre ce rêve.

Hélas entre l’actualité nationale et internationale et ce que me réserve mon corps stressé et fatigué, je me dis qu’au fond je n’ai plus pour longtemps à me poser ce genre de questions. Je vais donc faire une nouvelle tentative de régime dès janvier mais sans me stresser car oui, au fond, je ne pense pas trainer encore longtemps ici bas… 🙄

Brrrr acte 3 : Chuis dans le mal…

Ce soir bien enrhumé et la journée de boulot avec les courants d’air n’arrange rien, je vais donc renoncer à écrire ce que je voulait écrire ce soir, une interrogation sur le rôle des réseaux sociaux dans l’amplification des haines et l’instrumentalisation des faits divers sans éléments vérifiés…

Donc non pas de politique ce soir, juste vodka poivre

Encore…

Déshumanisé

Dimanche j’ai emmené ma mère au cinéma pour voir le très beau film inspiré de la vie et du combat de l’abbé Pierre. A la fin de la séance le public de la salle a applaudit ! Chose que j’ai rarement vu dans un cinéma mais bon, passons.

En ce qui me concerne ce film a été plutôt compliqué à voir et à gérer. D’ailleurs je ne pense pas avoir applaudit. En vérité ce film m’a mis mal à l’aise, non pas à cause de la détresse humaine si bien portée à l’écran mais bien parce que je me suis rendu compte qu’au fond la détresse des gens je n’en ai plus rien à foutre. Voilà c’est dit, c’est carré c’est fait. Mais bon, je veux être clair, je n’aime pas ce sentiment noir et oppressant. Ce soir je me sens comme un pompier pyromane et ça ne me plait pas.

Toutes ces années de travail social, tous ces amis qui ne font que profiter de ce que je peux leur apporter et qui au fond n’aiment pas être avec moi, ces 50 années passées sans que personne ne m’ait jamais dit « je t’aime » font qu’aujourd’hui je suis devenu indifférent aux souffrances humaines. Lorsque je pense à mon avenir qui va être marqué par la souffrance la solitude et heureusement la brièveté, je sais que personne ne sera là pour moi, donc pourquoi œuvrer pour les autres ? Ces jours-ci je porte ce sweat shirt noir pour faire justement passer ce message, hélas vu que personne ne comprend la référence croisée, personne ne pourra non plus capter le message qui est derrière.

Heureusement qu’au travail face aux enfants, je ressens encore un peu d’empathie face à la maladie mentale et que je fais de mon mieux pour les aider. Peut-être que l’explication de ce dédain pour l’humain que je ressens est au fond une façon de me protéger de leurs troubles psychiques qui finissent par m’user à force de les gérer au quotidien ? Ce sentiment de désintérêt se manifeste néanmoins bien plus clairement pour les enfants moins en difficulté que j’accompagne. Je me rends compte que lorsqu’ils grandissent et deviennent ingrats voire insolents, j’ai bien du mal à leur pardonner. Les parents c’est encore pire vu tout ce qu’ils ne veulent pas me dire et ce qu’ils disent de moi devant leurs enfants… Marre de ces mensonges, de ces hypocrisies érigées en règle de vie tacites.

J’écris ça ce soir, mais peut être que demain cette crise sera passée, sinon comment redevenir charitable au sens noble et oublié du terme ? Comment retrouver au fond de moi ces sentiments d’amour de compassion et ce désir d’être au service des autres indépendamment de toute forme de rétribution ? Comment retrouver foi en une humanité pour qui je n’existe pas ? Et au fond pourquoi le faire ? Est-ce que être plus humain va m’aider à mieux faire mon travail ? Et bien non, car de ma place de déshumanisé j’ai un regard bien plus objectif sur les relations humaines et je trouve que ne m’attacher à personne est plus honnête pour les autres qu’une relation mensongère.

Si je n’étais pas si vieux, je me serai reconverti dans la protection de l’environnement et je serai parti en mission seul pour protéger ce qu’il reste de vie sauvage et de biodiversité, mais même pour ça je dois être en relation avec d’autres humains et de toute façon je suis trop vieux et en mauvaise forme pour considérer cette carrière.

Non, je pense que ma seule planche de salut va être dans les livres, c’est sans doute en relisant les oeuvres de certains philosophes comme Pascal que je vais me souvenir de ce qui faisait sens pour moi et des valeurs qui soutenaient mes engagements professionnels et personnels avant que ces années de plomb ne me transforme en monstre froid et indifférent.

Oui, ça et un petit câlin sincère, ça pourrait aider… 😆

Ma pire amie

Samedi j’étais vraiment prêt à le faire. je voulais vraiment la faire sortir de ma vie. Il faut dire que je ne l’avais pas vu depuis plus de trois semaines et que j’arrivais à me passer d’elle. Alors oui, j’étais déterminé à dire que c’était bon et que j’arrêtais les frais car cela n’avait aucun sens.

Oui samedi dernier j’ai été une fois de plus tenté de mettre fin à mes cours de basse.

Mais voilà que sans avoir révisé et en faisant de mon mieux, cela a suffit pour que mon prof me dise que j’avais fait des progrès.

Et ces temps derniers, un encouragement qui passe presque pour un compliment est un luxe que je n’ai plus eu depuis longtemps dans ma vie. J’ai tant besoin de reconnaissance…

Du coup je me dis que je vais continuer mes cours même si je n’en ferai pas grand chose faute d’avoir un vrai talent ou le temps de travailler très dur.

La musique est ma pire amie, j’ai besoin de l’avoir constamment à mes cotés en mode passif lorsque je l’écoute, en faire c’est plus compliqué. Mais voilà cette amie ambivalente, qui en général me fait du bien, vient parfois me blesser cruellement comme seule une vraie connaissant mes faiblesses amie peut le faire.

Lorsque mon ancien prof de guitare reste sourd à mes demandes et ne me donne pas cet enregistrement qu’il a fait de ma voix et de ma guitare le jour où j’avais sorti mes tripes, et bien cela vient créer un grand manque et une immense tristesse. Lorsque les enfants que j’ai formé à la guitare et à la basse deviennent des petits ingrats irrespectueux et fainéants et que cela me démotive pour les encourager à reprendre les répétitions, et bien là encore cela me démoralise au plus haut niveau car je me rends compte que le mieux qu’ils ont donné est désormais derrière eux et moi. Lorsque je regarde cette guitare 7 cordes que je n’utilise pas faute de pouvoir apprendre à le faire avec un vrai prof dans la vie réelle, je me rappelle que je l’avais acheté avec la bénédiction de mon prof de musique juste avant qu’il ne lâche son métier, et là encore je me sens triste vide et stupide aussi.

Alors au bout de tout ça, que faire pour que la musique redevienne mon amie ?

Et bien sans doute passer plus de temps avec mes instruments au risque de me faire un vrai planning de mon temps libre qui du coup ne le serai plus vraiment. Et puis aussi tenter de chercher d’autres musiciens pour m’aider dans mes quêtes comme me permettre de faire les arrangements et enregistrer les trois chansons que j’ai composées et écrites. Et enfin et surtout commencer par mettre au placard mes personnifications, la musique n’est pas une amie ni une traîtresse, non, la musique est une force que je dois accompagner en toute confiance en me livrant à elle pour arriver à en faire quelque chose de positif dans ma vie.

Cette semaine une fois de plus je repars donc dans les bonnes résolutions musicales.

Et c’est donc le moment de lâcher le clavier pour reprendre mes manches en main histoire de tester mes nouvelles lunettes qui auraient pu faire un bon sujet pour ce soir elles aussi ! 😆

Drôle de métier

Mon métier d’éducateur est étrange, parfois notamment lorsque je rédige des rapports que je sais pertinemment que personne ne va lire, je me dis que ma profession c’est du flan, un job bancal inventé pour les gens de la classe moyenne pourvus de diplômes mais privés de capitaux sociaux.

Et parfois je me dis que non, que mon métier a encore du sens et que mon engagement en grande partie bénévole profitera à certains enfants.

C’est ainsi que demain après midi sur mon temps libre, je vais accompagner un des jeunes dont je suis l’éducateur référent pour qu’il puisse, sur sa demande, intégrer une activité dans une MJC.

Je sais qu’il en est capable et que cela lui sera très profitable, mais un autre de mes champions ayant eu un comportement assez violent pour réussir à se faire virer, les francas ne sont pas tranquilles et veulent que j’accompagne le jeune garçon.

Je pense que je vais passer un bon moment à regarder cet enfant et d’autres qui seront présents s’épanouir et s’ouvrir aux autres. Je vais aussi nouer le contact avec les équipes sur place pour mettre en place un partenariat qui sera très bénéfique aux jeunes et qui permettra d’ouvrir des portes pour l’avenir.

Bon et bien plus qu’à espérer que cela soit vraiment le cas ! 🙄

Une nouvelle piste ?

Mercredi dernier j’ai donc amené ma mère chez le médecin. L’ambiance était détendue voire très cordiale vu que cette doctoresse que j’ai parfois dénigrée, semblait s’inquiéter vraiment pour moi et comprendre les sacrifices impliqués par mon rôle d’aidant et par l’absence de solutions pouvant me permettre de prendre des vacances sans me soucier du bien-être de ma mère.

Cette jeune femme a semblé être dans une compréhension de ma situation qui avait de loin des airs d’empathie. Du coup par la suite j’ai évoqué avec elle le fait que j’avais renoncé aux soins. Elle a très vite compris que j’étais dans une pulsion de mort et après lui avoir parlé de mes échecs niveau régimes et diététicien pour perdre du poids, elle a évoqué une nouvelle piste. Travailler avec une psychologue.

Alors oui, pourquoi pas, ne serait-ce que pour trouver un moyen de protéger ma santé mentale face aux souffrances des enfants atteints de troubles psychiques ou juste chiants euh je veux dire provocateurs. Elle pourrait aussi trouver un moyen de me faire quitter cette pulsion de mort qui m’habite depuis l’arrivée du virus en 2020 et qui reste alors que je suis tout à fait rassuré sur ce point.

Mais hélas soit je fais ce travail sans montrer qui je suis vraiment et ce que je porte en moi et là ça ne marchera pas, soit je la laisse scruter les ténèbres sans fond qui m’habitent et là j’aurai bien trop peur des conséquences pour elle, moi et le reste du monde. Je dis elle car je n’imagine pas faire ce travail avec un homme.

Au final si je considère le risque et si en plus je me souviens du peu de crédits que j’accorde à cette profession, je pense que je vais laisser la piste psy là ou elle est c’est à dire au rayon des mauvaises idées et continuer à vivre avec les traumas qui m’ont façonner et qui ont conditionné mon comportement actuel. Par contre jeudi je vais voir une ophtalmo pour la première fois de ma vie et ça c’est un sacré pas en avant, non ? 😆

Bardak…

Ce mot russe appris par mes cousines ukrainiennes au temps de nos amitiés et respects mutuels signifie « bordel, foutoir ».

Et ce soir c’est le cas pour moi.

Résultats d’analyse de sang de la mère encourageants mais avec une mention très inquiétante. Je suis retourné au camion manger un burger que cette fois j’espère digérer sans nausées. Mais sinon très bonne journée au travail, le sentiment de servir à quelque chose quitte à sacrifier pas mal de choses.

Donc oui ce soir dans ma tête c’est « bardak », je ne sais pas si je dois être heureux, soulagé, inquiet…

Demain rendez-vous chez le médecin, et je serai fixé… 😦