Téléphone

C’est arrivé dimanche soir.

Mon téléphone portable avait perdu sa coque depuis des semaines et sa protection d’écran était fissurée. C’était donc bien le moment de le faire tomber par terre.

Je ne sais pas qui de moi ou de mon chat je dois blamer mais le fragile instrument plein de technologie n’a pas résisté à cette ultime preuve de mon désamour à son égard.

Je restais donc là avec un sourire béat content de voir cette pourriture enfin neutralisée lorsque soudain j’ai réalisé à quel point j’étais mal barré.

Entre le travail, le contact avec ma femme de ménage voire le plaisir de voir mon pote, tout passe par cette pourriture de brique plate.

Du coup ma punition pour ma négligence a été double, obligé de réparer mon téléphone, je n’ai même pas eu le plaisir de choisir de nouvelles chaînes plus confortables en achetant un modèle plus moderne me permettant par exemple de filmer correctement les concerts.

Mais au fond ce n’est pas grave, en réparant plutôt qu’en achetant un autre téléphone j’ai économisé une belle somme et j’ai fait un doigt à l’industrie de ces pourritures qui espère que chacun de nous en achète sans cesse.

Bref je ne regrette pas mon choix et cette fois j’ai acheté une coque bien plus efficace.

Je me suis ainsi condamné moi-même à l’usage prolongé d’un vieux modèle qui ne fait qu’une seule chose correctement : téléphoner.

Et une fois de plus ça me va très bien, pour le reste j’ai d’autres machines. 🙄

Les trahisons du champignon

Ce soir je suis rentré un peu trop tard pour faire tout ce que je comptais faire. Les champignons cueillis dans la cour de l’école m’ont pris bien du temps pour les préparer.

Première trahison. 😯

La seconde c’est de passer du volume champignons frais au volume champignons après blanchissage. 15 % ? (photos demain).

Et là j’ai le ventre qui gargouille, en route pour une troisième trahison qui se révélera aux toilettes ? 😆

Désolé de ne parler que de ça mais mes pensées au bout de deux jours avec le nouveau groupe ne sont pas très positives, du coup je préfère raconter des idioties. :mrgreen:

Avalanches de sourires

C’est donc lundi que j’ai rencontré les nouveaux enfants que nous allons accompagner dans notre U.E.e. Un groupe très hétérogène de 12 enfants et parmi eux 5 nouveaux qui n’ont jamais passé une journée avec nous ni à l’école ni à l’établissement.

Et je vais sans doute surprendre en écrivant cela, mais voilà, cette année je la sens bien. Bon il faut dire que nous serons trois éducatrice-éducateurs et que nous travaillerons avec plus de flexibilité. Mais avant même de reprendre je note que le climat de travail a déjà changé:

Fini les bruits de fond et les actes involontaires mais profondément agaçants de certains enfants, parti aussi celui qui criait sans cesse après les autres en les accusant sans raison valable, partis enfin ces grands un peu compliqués qui commençaient à être un peu trop à l’aise avec nous. Bon il reste un enfants avec qui j’ai beaucoup de difficulté à travailler mais il aura droit à son éducateur personnel.

En ce début d’année, tout ce qu’il reste c’est du silence paisible et des sourires, de beaux sourires d’enfants heureux d’être avec nous, des sourires que je l’espère, nous pourrons préserver la semaine prochaine lorsque nous reprendrons notre travail normal et notre rythme de croisière.

Aujourd’hui j’étais en activité avec 4 enfants présentant des difficultés complexes et très présentes mais la journée s’est passée comme un charme avec là encore de beaux sourires voire un vrai climat débordant d’affection et de sollicitude.

Alors oui derrière ces beaux sourires qui forment un vernis qui embelli et protège, nous allons trouver des manques, des difficultés, des blessures mais c’est justement là que nous autres les éducateurs nous déployons nos talents et surtout notre humanité pour soulager tout ça afin qu’au final la couche de vernis n’ai plus besoin d’être aussi épaisse.

Commencer une année dans mon travail, c’est un peu comme dans la série Star Trek : C’est à dire que nous nous embarquons dans un voyage humain de rencontre et de découverte de l’autre avec pour but d’apporter notre aide tout en respectant une éthique et d’autres règles impérieuses qui président toutes nos actions auprès des enfants.

Et bien qu’il en soit ainsi !

A présent cap droit devant, dirigeons-nous là où cette obscure clarté tombe des étoiles ! 😎

Prépare Hatif

Voilà, le chrono est lancé, dans 48 heures la voiture doit être chargée pour un départ le plus tot possible le vendredi matin.

Cela fait si longtemps que je n’ai pas fait de grands trajets que je m’inquiète sur ce qu’il peut arriver. Je suis terrifié et à vrai dire je regrette cette folie, repartir en vacances avec un chat et ma mère âgée en perte d’autonomie.

Je me dis aussi que les souffrances des vacanciers et le prix exorbitant des locations estivales ne sont que le reflet d’une seule même concrétisation de nos mentalités judéo-chrétienne : Il faut souffrir pour mériter un truc sympa.

Et si je partais en avion dans un pays pas très loin mais sans jeunes abrutis ?

Un pays avec une mer en meilleur état que cette pauvre méditerranée ? Vu le prix de mes trois semaines au sud de Narbonne, je pourrai avoir deux semaines tous frais payés dans un pays étranger ! Et pas d’embouteillages ! Je vais y penser pour l’année prochaine si jamais je ne me suis pas dégoûté des vacances entre temps … 🙄

Parodie de bassiste

Samedi soir j’étais tout heureux de ma prestation pourtant très moyenne, mais depuis j’ai vu la vidéo de notre concert qui n’a duré que le temps d’une chanson et je dois dire que ça m’a bien calmé.

Je passe sur mon apparence, me voir en vidéo est toujours un choc mais là avec une basse au milieu de gens qui chantent et font la fête c’est encore pire. Quoique ce gros instrument me cache un peu le bide…

Le concert en lui même a été plutôt bon sauf que l’on entend pas beaucoup ma basse, du coup je ne sert à pas grand chose. Le gars qui a fait les bascules s’est vraiment trompé grave!

Reste la guitare du marié et la batterie de mon pote qui a assuré comme un pro même si il soutient le contraire.

Alors un peu déçu, oui, mais une grosse envie de refaire de la musique avec cette bande, j’ai écrit ça sur une carte déposée avec les sous du mariage, j’espère qu’il y donneront suite !

Épuisé

Nous sommes le premier juillet, je suis allé avec mon équipe dans les bois en pleine canicule et je n’ai pas été brillant.

Mal de dos, impossible de marcher en suivant le groupe, j’étais vraiment au plus mal.

Et là une amie est en train de laver notre salle de bain.

Bref c’est la déchéance estivale. Si peu de force que je loupe une touche sur le clavier tous les 5 caractères.

Envie de plonger dans une eau froide et de me laisser couler tout au fond là où c’est encore plus froid. Mais pour ça il va falloir attendre le 19 juillet !

Bilans en cours

Chaque année à la même période, je m’active pour terminer mes bilans de fin d’année. C’est un écrit professionnel très dense qui expose d’une part où j’en suis par rapport au projet de l’enfant et qui d’autre part parle de comment s’est passé l’année avant de donner des éléments qui serviront à construire le nouveau projet avec les parents en septembre.

Je dois faire attention à ma façon d’écrire, rester accessible, aller à l’essentiel et surtout m’adapter aux parents à qui sont destinés ces écrits en prenant en compte leur niveau d’étude et leurs susceptibilité. Je dois aussi, et ça c’est nouveau, mettre l’accent sur le travail qui reste à faire pour que les difficultés de l’enfant soient bien prises en compte par les autorités qui vont lire nos écrits et donner une note à l’enfant qui pourra l’aider à trouver une place ailleurs plus tard. Trop positiver c’est prendre le risque de leur faire décrocher une faible note qui risque de les obliger à rester bloqués chez nous jusqu’à très tard dans leurs vies.

C’était déjà pas simple mais voilà qu’en plus nous découvrons au fur et à mesure les enfants avec lesquels nous allons devoir travailler l’année prochaine, des enfants en très grande difficulté dont deux enfants autistes sans langage en attente de bilan officiel.

Du coup je n’arrive plus à fermer l’œil de la nuit car je me rends compte que nous allons avoir un groupe ingérable avec d’un coté un sous groupe d’enfants autistes, un public avec lequel nous allons devoir nous former à des méthodes complexes d’accompagnement et de l’autre un groupe d’enfants avec des troubles du comportement accompagnés de violences qui vont finir de nous user.

Fini les rires, les projets sympas, les activités photos et tout ce que j’aimais faire dans mon travail, il ne reste plus que des tâches usantes et répétitives qui vont me saper le moral et la santé. Je vais donc bien profiter de mes vacances en bord de mer, enfin si je peux… 🙄

Le retour de mon ex

Je n’ai jamais et je ne serai jamais engagé dans une histoire d’amour, mais je crois savoir que dans ce monde qui m’est aussi étranger et incompréhensible de celui des pygmées de Nouvelle Papouasie, les « EX » ont leur importance, surtout lorsqu’elles font leur retour.

Je raconte cela en préambule car vendredi après un coup de main d’un ami que je remercie encore, une de mes EX qui a sans doute été celle dont la présence m’a le plus porté dans la vie, est revenue dans ma vie et a rallumé le feu de la passion.

Et non, une fois de plus je ne parle ni de femme ni d’amour mais d’art et de passion et en l’occurrence de la plus grande, la plus belle et la plus bénéfique des passions artistique que je n’ai jamais rencontré dans ma vie, celle de la musique.

Car oui j’ai été invité par des amis à jouer de la musique avec eux et encore plus bizarrement encore, j’ai été invité à joindre un petit groupe éphémère pour y jouer de la basse.

La première fois j’ai fuis. Je savais qu’elle n’était pas loin chez le copain à m’attendre, mais je me suis claquemuré il faut dire que c’était l’anniversaire de la mort du père ça n’a pas aidé… Après ces deux ans de séparation entre elle et moi, j’avais peur de la regarder de nouveau en face, j’avais peur qu’elle me rejette, qu’elle me reproche de l’avoir quitté et qu’elle me crache à la figure, je craignais de décevoir un ami proche et mes autres amis. Mais voilà, vu que mon pote m’encourageait très fort et par peur de le décevoir encore plus pour ne pas avoir essayé, je me suis lancé et vendredi soir je me suis pointé à la répétition du groupe sans illusions mais avec tout de même l’envie de faire de mon mieux.

Après une dizaine de minute marquées par de gros couacs, j’ai peu à peu discerné les contours d’une présence près de moi, une force que je n’avais plus ressenti depuis longtemps, une puissance générée par le batteur, le guitariste et la chanteuse qui me regardais avec un sourire d’encouragement. Alors oui les premières mesure sont été laborieuses mais peu à peu mes oreilles et mes doigts se sont déliés.

Car oui, Dame Musique a bon cœur et pardonne toujours ceux qui reviennent dans ses bras, du coup après deux trois tentatives, j’ai même fini par sentir un peu de groove dans ma ligne de basse.

J’étais déjà au septième ciel lorsque mon ami a dit devant les autres musiciens « Avec la basse ça change tout ». Là, c’était l’exultation !

Je reste un débutant mais entendre que même à mon petit niveau j’apporte quelque chose aux autres me donne envie d’aller plus loin, de me surpasser et je l’espère, d’arriver à un résultat bénéfique pour tous moi y compris.

Et c’est justement ce genre de retour et d’encouragement qui fait que l’on fait des efforts dans ce que l’on débute. En musique le fait de faire des heures et des heures de cours pour au final jouer tout seul chez moi n’était pas du tout motivant et m’a mené à tout arrêter, mais me lancer dans une aventure avec d’autres et tenter de me montrer à la hauteur des échéances, voilà un défi positif et stimulant qui change tout !

J’aimerai tant avoir ces mots, ces encouragements, cette magie pour me remotiver dans tous les autres aspects de ma vie ! Mais bon c’est peut-être valable que pour la musique ?

En attendant, c’est sûr, la musique reste la pire des ex car si elle a un jour compté pour toi, tu auras beau t’éloigner d’elle, tôt ou tard tu finiras par comprendre (comme les innocents dans ce clip) que « sous chaque pluie que tu traverses, sous chaque ciel à la renverse, dans chacun de tes gestes, elle ne te quitte pas, elle ne te quitte pas. » 😎

Lost in dissatisfaction

Ce soir au moment de prendre mon clavier je n’ai que des choses désagréables en tête, ce gamin arrivé sur le groupe qui m’insulte et me menace en jouant sur son handicap et que je ne peux même pas sanctionner faute de sanctions possibles et adaptées.

Ce matin je vois que la parodie de fête foraine s’installe sur la place du village, j’aimais tant la grande fête de mon enfance mais là il n’y a plus que trois forains qui viennent arnaquer les néo ruraux et leur superfétatoire progéniture. Chaque année ces pourritures de forains en solde viennent pourrir mes beaux souvenirs d’enfance et ça me met les nerfs en boule.

Plus tard dans le mois ce sera les hippies campeurs d’un festival de musique reggae et associé, où les gens vont pour le drogue et le sexe et non pour écouter cette pseudo musique sans âme, qui viendront perturber la circulation et salir les rives du fleuve avec leurs déchets. Je les méprise.

Toute cette amertume s’entasse en moi et se transforme en haine pure, des sentiments très noirs que je mets en capsule et que je stocke très loin dans un bocal en espérant finir par l’oublier, noyé dans le bordel qu’est ma tête.

Il n’en faudra pas beaucoup pour que je craque, un mot mal placé pourrait faire l’affaire. Vous êtes prévenus !