Archives : La maison des divorces

(Samedi 5 juillet 2008)

Cher Francis,

       Je t’en avais déjà parlé il y a de cela quelques mois, j’habite à coté d’une maison maudite; la maison des divorces.

Bâtie en 1975, cette demeure a été le théâtre de nombreux drames dont le plus morbide reste la découverte du cadavre de son premier propriétaire trois jours après sa mort. Je me rappelle encore avoir participé à la rédaction d’une oraison funèbre que seules une dizaine de personne ont entendu vu que cet homme après son divorce avait vécu presque seul et souvent reclus.

Cette maison est assez connue dans le village mais pas vraiment pour ce fait divers sordide. En fait, nous l’appelons la maison des divorces; chaque couple y ayant séjourné a fini par rompre.

Authentique malédiction ou reflet d’une réalité sociologique selon laquelle les divorces sont en constante augmentation dans le monde urbain aussi bien que dans le péri-urbain et le rural ? Nul ne le sait.

Une chose reste sûre c’est que pour la troisième fois la malédiction a encore frappé.

Cette photo montre les amis déménageurs en train de vider la maison qui va être vendue après la dissolution du couple qui y vivait.

C’était une famille assez sympa, j’aimais bien discuter avec leurs deux grandes gamines un peu fofolles et décalées.

Les voilà partis, la mère s’est remise avec un autre homme trouvé sur Internet de façon assez salace si j’en crois les dires sans doute peu objectifs de son ex. L’homme quant à lui squatte chez sa mère qui occupe une des plus grande maison particulière du  village.

J’entre à présent dans une période d’incertitude, qui seront mes nouveaux voisins ?

La voisine a déjà montré la maison à des gens. Hier encore elle était avec un couple de préretraités venus de la ville, des gens avec des visages fermés et hautains. Elle se baladait avec eux dans la rue en montrant les alentours et en faisant des commentaires.

Derrière ma baie vitrée devant mon ordinateur j’avais l’impression d’être devenu un animal de zoo. J’imaginais les saletés que cette ex-ménagère avait pu faire sur mon compte; « Ici c’est un vieux gars qui habite avec sa mère, il est un peu fou mais pas trop dangereux… » L’envie de faire quelque chose de déplacé m’a même effleuré l’esprit mais un poil trop tard, dommage…

Bah, au fond si ces gens deviennent mes futurs voisins et si ils se révèlent être que des abrutis de néo-ruraux, je leur parlerai de la malédiction et de l’histoire glauque de la maison. Les gens de la ville ayant eux aussi des inconscients, cette manœuvre pourrait avoir pour effet de les mener à divorcer accréditant ainsi la légende de la maison des divorces…

C’est ce que l’on appelle de la prophétie inductive, de la sorcellerie psychique que mon esprit pervers sait utiliser afin de manipuler les gens en bien ou en mal selon le contexte et mes envies.

Ceci était un message sardonique à prendre au troisième degré, pas taper !!!

11 ans plus tard la maison continue de faire des victimes, les couples s’y succèdent mais comme les mariages sont devenus de plus en plus rares, la maison ne fait que les pousser à rompre et à vendre bien sûr !

Et à chaque fois je me retrouve avec des voisins qui veulent vivre comme à la ville c’est à dire sans parler à leurs voisins…

Ça tombe bien, je n’ai rien à leur dire !  👿

Triste pétanque (Archive)

Triste pétanque

(ARCHIVE du dimanche 28 juin 2009)

190628

Chaque année, l’association Bont Roumanie dont je suis le vice secrétaire (encore un emploi fictif) organise une pétanque avec repas champêtre. Cette année, personne ne m’a demandé de faire partie du personnel pour occuper un stand alors que cela fait des années que je massacre allégrement des dizaines de poissons au stand de pêche à la truite. J’avais senti venir le truc alors du coup j’avais pris avec moi un de mes vieux reflex. Peut être ont ils des reproches à me faire mais vu la dose d’hypocrisie qui règne parmi les adhérents, je n’en saurai jamais rien. A 15h00 ma mère et moi étions de retour chez nous. Quand je pense au début de cette manifestation avec le repas du soir et toute l’animation de cette journée, je deviens un peu amer. C’est triste de voir sombrer ce petit monde associatif qui ne tient plus que par la volonté de quelques uns.

Dix ans plus tard, l’association n’existe plus et il ne reste qu’une grosse association qui gère toutes les manifestations culturelles du village mais dans laquelle je ne me reconnais pas faute d’y avoir des gens avec qui j’ai envie d’être.

Oui ce constat fait il y a dix ans est bien vérifié : la vie associative repose sur des bénévole (au sens étymologique des gens de bonne volonté) qui font consensus et qui donnent beaucoup pour faire marcher les choses et quand ils partent ou hélas décèdent, il ne reste que le vide et l’envie d’aller voir ailleurs.

Bon il reste aussi les bons souvenirs, mais pour les faire remontrer il faudra piocher plus loin dans mes archives…

Fête de la musique !

Archive du 21 juin 2006

Mercredi 21 Juin

Cher Francis,

        Ce soir c’est la fête de la musique, ou comme me le fait remarquer finement mon neveu, la fête de la bière. Cet événement, offert aux masses par ce ténor de la gauche caviar -souhaitant sans doute en faire un carnaval de Rio miniature-, a sans doute pour fonction de fournir un exutoire aux masses populaires. Pas étonnant que de plus en plus de violences y prennent place…

Et voilà dans toutes les villes des masses d’abrutis se retrouve dans la rue pour célébrer cette fête inventée de toute part et ce sans vraiment savoir pourquoi, il faut faire comme les autres… Et on se retrouve pressé par une foule compacte dans laquelle ne manque pas de se glisser certains individus dangereux… Allez vas-y bois une vodka et mets-toi à rapper sur un poème de Garcia Lorca et tout d’un coup comme par magie, tu deviens une star. Puis c’est l’enchaînement des événements liés à ta déchéance et tu finis par te réveiller dans ton dégueulis le matin suivant avec les tympans pleins de bruit et de vagues souvenirs de bastons avec des mecs aussi bourrés que toi.

Voilà t’es fiers de toi? tu aurais dû rester à la maison, sortir dehors un 21 juin dans une grande ville ça ne sert à rien rends-toi à la raison! Moi mes crises de dipsomanies je ne les fait pas en public.

Parce que la place de la musique dans tout ça…

Alors en ce qui me concerne j’ai trouvé une solution adaptée, un petit tour à la petite fête de la musique bien gentille de mon village pour encourager et écouter les artistes locaux dont certains sont des amis, puis fêter le véritable événement de cette journée, le solstice!

Ce soir c’est le jour le plus long de l’année, la victoire de la lumière avant que demain les ténèbres ne recommencent à gagner du terrain.

Bon allez histoire de lui faire sa fête à la musique je te laisse écouter cette chanson. Mais c’est pas censuré alors attention…

Bon, cette année je vais faire des efforts et tenter de faire de la photo noir et blanc avec le SL66 et du film 1600 iso… Peut-être quelque chose à montrer pour dimanche ?

Murphy

Archive du Mercredi 7 Juin 2006

Cher Francis,

       Tu as sûrement déjà entendu parler de la loi de Murphy, dite aussi loi de l’emmerdement maximum. Mais si, tu sais ce principe selon lequel ta tartine tombera toujours face beurrée contre le sol, celle qui veut que plus tu es pressé dans un supermarché plus la caissière traîne et multiplie les problèmes… Là je sais que tu vois de quoi je veux te parler…

Et bien aujourd’hui encore j’ai pu vérifier la véracité et la persistance de cette foutue loi qui a fini par avoir la peau de son inventeur, mort dans ses fonctions d’aviateur d’un emmerdement maximal. 

Une fois de plus j’ai couru comme un dingue pour attraper le train de 16h32 en sortant de l’école à 16h20. L’enjeu est de taille puisque ce train me permet d’arriver chez moi 90 minutes plus tôt. J’ai ainsi commencé à marcher d’un pas nerveux presque de course avant de me rappeler que je ne savais plus courir depuis près de dix ans. De plus je portais mon ordinateur avec moi dans sa valise (7kg). Malgré ces multiples handicaps j’arrive à réaliser un vrai miracle, je pulvérise mon record de trajet école-gare de 5 minutes !!!

Bon, c’est vrai que j’ai un peu bousculé des gens mais je me suis excusé, non , non ?

J’arrive victorieux et haletant sur le quai de la gare assoiffé comme après une insolation et je me dis en moi-même:

– Youppie! j’ai enfin vaincu la loi de Murphy, malgré tous les empêchements j’ai réussi à être sur le quai à 16h31 !!! 

C’est à ce moment que la voix SNCF annonce que le train a 20 minutes de retard. J’aurai pu ainsi prendre mon temps et ne pas arriver essoufflé et assoiffé sur le quai de la gare obligé d’acheter 50cl d’eau minérale pour 10 francs !

Moralité:

On ne gagne jamais face à la loi de Murphy

Quand j’étais sur les planches

C’était il y a 13 ans, j’étais encore en formation d’éducateur et nous étions en train de valider un grand module dont l’objet était de monter une pièce de théâtre à présenter à un public au théâtre de Mulhouse.

Ce fut pour moi à la fois la pire et la meilleure expérience de vie…

Car oui j’ai souffert de la distance entre moi et les autres mais comme le montre cet extrait tiré de mes archives qui se déroule deux jours avant la représentation, j’ai aussi eu des moments de plaisirs très sympas.

 

Mercredi 31 mai 2006

Cher Francis,

       La journée a été fructueuse pour notre petite troupe de théâtre. Cependant le matin le travail était difficile et comme à l’accoutumée les garçons se mettaient à chanter en cœur cette chanson étrange chaque fois qu’ils s’ennuyaient. « Quand pourrais-je… » Cela avait pour effet de me faire rire très fort, j’aimerai connaître les paroles pour la chanter avec eux… Mais en attendant leur numéro met beaucoup de bonne humeur dans notre travail et est vraiment une soupape de sécurité pour nous autres pauvres étudiants éreintés par ce long travail fastidieux.

A midi je me suis installé sur un sofa avec quelques camarades afin de terminer mon plat japonais et boire un coup avec Jack D. Tout à coup une chaleur immense m’a envahi ainsi qu’un puissant sentiment de bien-être. Nous étions en train de papoter dans l’obscurité quasi totale tels des rockers avant un concert. Des volutes de fumée masquaient les contours flous de nos silhouettes… Une vraie alcôve… J’aurai voulu rester sur ce canapé toute la journée mais bon le devoir nous appelait moi, jack et mes camarades.

C’est alors qu’à la reprise quelque chose de magique s’est produit, tout le monde s’est mis à jouer avec plus de cœur et de conviction, comme si quelque part nous retrouvions notre plaisir de la découverte de nos textes et de nos personnages. Il y a eu ainsi beaucoup d’émotions et de rires avant que nous nous séparions jugeant avoir tous bien progressé lors de cette journée.

La magie n’était pas due à Jack, en fait si nous avons été si bons cet après midi c’est tout simplement parce que tout le monde travaille beaucoup son texte et se laisse envahir par son personnage. Le résultat est visible. J’espère que comme moi mes camarades trouvent du plaisir à jouer cette pièce.

Alors voilà Francis, j’espère juste que nous seront encore meilleurs pour vendredi soir, et ce sans Jack. Je commence à redouter la fin de cette activité, le vide sera atroce…

Archive de comptoir

Mercredi 24 mai 2006

Cher Francis,

        La nature nous offre en ce moment le spectacle sans cesse renouvelé de sa beauté et de sa force. C’est ainsi que j’ai croisé il y a quelques jours le chemin d’une biche qui traversait la route forestière à proximité d’une petite ville. Un instant de grâce avant que mon véhicule entre dans la zone morne de l’univers urbain.

Pourtant si l’on suit l’actualité scientifique, il faut nous préparer et préparer les générations à venir à accepter la très prochaine raréfaction de ce genre de spectacles. Et pour une fois ce ne sera pas l’unique faute de nos amis les chasseurs.

En effet selon les experts qui viennent de rendre un rapport sur la biodiversité, une espèce sur huit de mammifère et deux espèces sur huit d’oiseaux vont disparaître dans les prochaines années…

Et oui mon bon Francis, je savais que la nature était mal barrée mais ces chiffres me glacent le sang. Une telle nouvelle provoque chez moi un effroi aussi intense que sincère ainsi qu’un immense sentiment de honte.

Oui j’ai honte car je ne fais rien de spécial, moi, à mon niveau, pour empêcher cela. De toute façon vu la force et l’influence des destructeurs de la nature, je commence à croire que le seul moyen de garantir un futur aux prochaines générations ne peut être que violent. Des actes de force, désespérés.

En effet, les intérêts économiques d’une petite partie de la population ont mené la France à mettre fin à son moratoire sur les O.G.M alors même que l’opinion publique dans son ensemble s’est opposée à ces cultures. Trop tard. Cette pollution biologique est à présent lâchée dans la nature. Comme pour les téléphone portables, le principe de précaution n’aura pas été respecté et les études scientifiques mettant en évidence un fort affaiblissement du système immunitaire sur les rats de laboratoires nourris avec ces substances auront été soigneusement muselées.

Alors que puis-je faire face à cette déferlante de mauvaises nouvelles? faire un clip vidéo hypocrite pour faire de l’argent en profitant de ce sentiment de désarroi que de plus en plus de gens ressentent? Poser une action forte et finir devant le tribunal comme Bové? Faire plus fort ?

Non, tout cela ne servirait à rien dans l’état actuel des choses. Il faut que je reprenne confiance en l’espèce humaine et que je participe moi aussi à mon niveau à la sensibilisation de la génération à venir sur les questions d’environnement. Que cela soit lors d’une sortie avec les enfants dans le cadre de mon travail ou alors le fait de convaincre la gamine de la postière du village de relâcher les dix tritons qu’elle a mis dans un bocal rempli d’eau parce que c’est joli, ou par toute autre action allant dans ce sens.

C’est en voyant justement les jeunes d’aujourd’hui et leur implication sur ces questions que je me rassure un peu. 

Dans le pire des cas, si les destructeurs de mondes ne se calment pas, ils auront face à eux de vraies armées de personnes prêtes à défendre leur héritage.

Souhaitons juste de ne pas en arriver là…

Rêves de gloire…

Archives du 17 mai 2006 :

Mercredi 17 mai 2006

Cher Francis,

       Je ne sais pas si tu l’as remarqué mais nous sommes de plus en plus lus. Si nous étions encore au début de nos rendez-vous je me lancerai dans un message noir et désespéré pour te parler de cette très mauvaise journée qui marque encore un échec dans mes relations humaines. Mais à présent je ne puis me le permettre sinon je vais encore affoler des gens…

Bon alors aujourd’hui au pays merveilleux tout a été magique, j’ai eu de profondes et enrichissantes conversations avec une multitude de personnes, j’ai été écouté par tout ceux à qui j’ai parlé et ma participation à l’atelier théâtre a aidé tout le groupe à progresser. Puis je suis rentré j’ai fait du jardin avant de boire un grand verre d’eau et d’aller me coucher avec un livre forcement très instructif.

Que la vie est belle dans ce monde qui ne sera jamais le notre !!!