Archive de « Finalement rien n’a vraiment changé »

Archive du mardi 18 avril 2006

Mardi 18 avril

Cher Francis,

       J’ai passé une journée très difficile au travail. Les enfants se sont montrés abjects, enfin il convient de dire que mon mauvais état physique et mental ne me rendait pas disponible à l’écoute de leurs souffrances. Pour la première fois depuis bien longtemps j’ai eu envie d’être ailleurs loin de cette structure où les derniers professionnels restants ont de plus en plus de mal à travailler ensemble de façon cohérente. 

Je rentre pour trouver ma nièce aux prises avec les mathématiques modernes, une autre forme de maltraitance…

Bon après une bière ou deux, ou… les mauvais souvenirs de cette journée finiront par s’effacer.

En attendant j’ai besoin de repos alors à demain…

Archive hongroise

Archive du mercredi 11 avril 2007

Cher Francis,

       Hier soir j’étais en ligne avec mon ami hongrois Shandor, un gars que je connais depuis dix ans. Notre relation d’amitié a commencé dans le monde réel vu que je l’avais hébergé quelques jours en en 1997 à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse En France. Par la suite étant tombé amoureux d’une hongroise de son groupe j’avais désiré me rendre dans son pays pour la retrouver.

C’est là bas que j’ai vécu les 15 jours les plus fous de ma vie. Avec sa bande de copains nous écumions les rues de Debrecen faisant les pires sottises que je n’ose pas écrire ici sur ce site. Huit jours après mon arrivée Shandor avait découvert qu’il devait commencer les cours à la Fac le lendemain. Le premier jour de cour je l’ai passé avec lui, j’ai ainsi assisté à un cours d’hydrologie en hongrois avant de manger au restaurant universitaire ( je me rappelle encore la soupe aux prunes) et d’enchaîner sur un autre cours en priant que les profs hongrois ne réalisent pas qui j’étais… C’est à ce moment que Shandor me confia la journée à ses grands parents.

Son grand père a une traban qu’il adore passionnément J’aimais sa façon de caresser longuement le volant de sa voiture avant de mettre le contact d’un geste tendre et précis, chaque matin nous partions ensemble en virée dans les musées et les endroits merveilleux et insolites dans ce véhicule très sympa. je ne parlais pas hongrois et le grand père ne parlait pas français mais nous nous comprenions avec les gestes quelques mots d’allemands et surtout la magie de notre relation amicale. Avec lui, je me rappelle avoir plus échangé en trente minutes de silence devant un tableau qu’avec quiconque parlant ma langue… Un grand père dont tout un chacun a un jour rêvé…

La grand mère nous attendait chaque jour et nous proposait un bon petit repas que nous partagions les trois ensemble. Les grand parents de Shandor n’avaient pas beaucoup d’argent, la viande était remplacée par des tranches de pains perdus passées au four. De temps à autre elle nous cuisinait ses merveilleux beignets de choux fleurs… je n’en avait jamais assez tellement c’était bon…

 Hier soir j’étais en ligne avec mon ami hongrois Shandor, un gars que je connais depuis dix ans,  tout à coup notre conversation a été coupée de son coté après trente minutes Shandor est revenu pour m’annoncer le décès de sa grand mère…

Alors ce soir après avoir digéré la nouvelle, je me sens triste pour la famille de mon ami et inquiet pour Shandor qui était à Londres au moment de ce décès. Je suis aussi très triste car j’avais projeté de retourner en Hongrie pour remercier ce gentil couple pour son accueil. Maintenant que la mort a fait son travail, il ne me reste que les regrets…

Je vais donc essayer de faire quelque chose depuis là où je suis…

Au revoir grand mère, puissions nous un jour nous retrouver de l’autre coté pour enfin apprendre à mieux nous connaître…

Archive d’amour déchu

Archive du mercredi 14 février 2007

Cher Francis,

       Et bien voilà, comme je devais m’y attendre j’étais bel et bien salement malade, le toubib m’a diagnostiqué une importante sinusite et m’a demandé de rester chez moi jusqu’à Dimanche sans sortir ni bien sûr travailler. J’ai eu droit à une machine pour respirer des vapeurs de produits chimiques ainsi qu’une myriade de médicaments dont certains ne sont plus remboursés par la sécu. Le médecin m’a aussi ordonné de rester au lit et de boire beaucoup…

Je n’ai pas osé lui dire que c’est ce que je fais en temps ordinaire…

Ah oui c’est vrai aujourd’hui c’est la Saint Valentin, alors bonne fête à mon siamois qui ne manifeste à mon égard qu’un intérêt limité à ses besoins alimentaires, cet abruti est revenu de dehors avec toute une portion de poils arrachés, il a beau être castré il continu de se battre pour défendre son territoire.

Sinon pour les bipèdes humanoïdes, ce jour est celui de la célébration de ce sentiment magnifié à travers les siècles par la mémoire humaine et les arts, cet amour qui en fait n’est qu’un placebo de plus ingurgité par l’humain malade de ne pas pouvoir accepter qu’il n’est qu’un animal qui a été chassé par l’évolution du grand tout universel, cet amour qui est aussi le prétexte permettant à une industrie bien rodée de faire des fortunes en vendant ces jours-ci dans le monde entier des produits que les amoureux dignes de ce nom sont obligés d’acheter. La Saint valentin se transforme vite pour les couples influençables en Saint Cent Euros de dépense… 

Je pourrai comme chaque année crier ma haine de l’amour, le fait d’être malade me rend encore plus grognon que d’habitude. Nos lecteurs qui me connaissent dans la vraie vie savent que cette haine est due en partie à la frustration de n’avoir jamais été aimé par une personne de l’autre sexe et d’autre part à l’influence de mes grands maîtres en philosophie sans doute aussi frustrés que moi mais avec le talent en plus, Donatien Alphonse François, Arthur, Friedrich Wilhelm, je pense à vous qui sans doute auriez hurlé en ce jour…

L’amour c’est se mentir à soi-même en pensant que celui que l’on a choisit librement met fin à nos manques et nous plonge dans un sentiment de félicité que l’on veut éternel. En vérité le choix du partenaire est tout sauf libre puisqu’il est souvent une résurgence de nos problèmes œdipiens (le partenaire est choisi car il rappelle quelque chose de sa mère ou de son père). Quand à la torpeur que l’on voudrait éternelle, celle-ci se termine vite en divorce lorsque l’on ne dit plus « je t’aime » comme au début mais que l’on se force.  

L’amour est cristallisation d’un instant où quelque chose ressemblant au bonheur semble avoir été atteint. Les amants se retrouvent dans cet état de grand détachement pendant que le temps passe autour du couple enlacé. L’amour est donc pour cette raison et pour d’autres une maladie mortelle:

Les amants ci-dessus semblent morts de s’être trop aimés. Leurs restes enlacés dont l’age est estimé à 6000 ans, ont été retrouvés dans le nord de l’Italie le 6 février dernier et seront exposés dans un musée. Quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été mis en terre dans les bras l’un de l’autre, il y avait forcément un sentiment entre eux. La forme dessinée par le contour de leurs deux cranes qui se font face, évoque un cœur… Ce témoignage d’un grand sentiment d’amour qui a traversé le temps deviendra au final une attraction touristique… J’espère juste que les visiteurs verront en les regardant autre chose que des os exposés de façon bizarre.

Bon, si vous voulez être incollables sur la saint Valentin je vous conseille de regarder ici.

Moi je vais vite me livrer à ma tradition de la Saint Valentin, aller acheter un jeu de hasard… Pourquoi me demandes-tu ? Et bien parce que malheureux en amour heureux en jeux !