
Et oui le temps passe si vite, 17 ans plus tard mon travail est devenu tout sauf épanouissant… 😥
Exhumation d’un article de mon ancien blog
Cher Francis,
Le soleil est revenu. Ses rayons brûlants ont nettoyé le ciel livide de ses nombreux nuages. Malheureusement Ni Ra ni Apollon n’ont put faire quelque chose pour moi, ma voûte céleste interne demeure grise. Au terme de cette journée je dirais même grise foncée. Je n’ai pas été très bon sur scène en dépit de la gentillesse de l’une de mes collègues qui a pris le temps de me faire réviser mes textes tout le matin. Là encore mes collègues se sont inquiétés, certains vis à vis de mes ressentis, d’autres pour des raisons plus égoïstes… Mais qu’importe, le fait est que j’ai encore beaucoup de travail pour améliorer mon jeu et pour défendre mon personnage et mes idées.
A travers cette activité de théâtre, je découvre peu à peu d’autres facettes de mes camarades de promo. Ce que je découvre chez eux est le plus souvent très positif. Je commence à comprendre que je suis passé à coté de nombreuses choses. D’ailleurs pour la première fois aujourd’hui j’ai entrevu que je serais très triste le jour où nous nous séparerons. De mon coté je me rends compte du poids de mes erreurs conscientes et inconscientes vis à vis de mes collègues. Ces attitudes de ma part qui me faisaient tant rire tandis qu’elles ne provoquaient chez eux qu’incompréhensions et inquiétudes. Beaucoup d’entre eux se moquent de moi certains même au second degré, les pauvres, ils ont besoin de ça pour être rassurés. Au fond, si c’est le prix pour être accepté, pour avoir enfin un rôle reconnu dans cette promo, et bien dans ce cas je veux bien être un sujet systématique de quolibets des plus divers. Je le prendrai chaque fois avec le sourire… Tout plutôt que l’indifférence…
Une fois de plus je me sens triste seul et bête, un ciel de plomb dans la tête… Tout comme le personnage que j’incarne sur scène. Tiens une réplique de mémoire:
« J’aurai aimé aimer, mais je n’ai trouvé personne. J’aimerai ne plus être seul, enfermé à l’intérieur de moi-même »
Alors mon bon Francis tu comprendra que cette activité théâtre est pour moi une expérience difficile qui me renvoie mes problèmes affectifs avec une force sans cesse renouvelée.
Vivement que ça finisse !!!
Tout droit venu de Sébastopol en Crimée, voici mon troisième Zorki 4 livré dans sa boite d’origine avec un objectif Jupiter 8 50mm ouverture à 1/2 et le légendaire et tant convoité Jupiter 9, 85mm ouverture à 1/2.
Le prix est relativement raisonnable, relativement…
Avec cet objet ma quête matériel touche enfin à son terme et cette fois ci pour de vrai. En effet je n’ai plus qu’un seul besoin c’est de trouver un vrai objectif en macro, hélas vu le prix ce n’est pas encore pour maintenant sauf si je continue à revendre les boîtiers que je ne sers pas.
Il est presque 18H00, je suis dans mon costume de chirurgien et je vais entrer au laboratoire faire mes potions histoire de sortir la première pellicule faite avec cet appareil.
Si jamais ça se passe bien, je retrouverai peut-être le besoin de faire d’autres photos, qui sait ?
Mardi 18 avril
Cher Francis,
J’ai passé une journée très difficile au travail. Les enfants se sont montrés abjects, enfin il convient de dire que mon mauvais état physique et mental ne me rendait pas disponible à l’écoute de leurs souffrances. Pour la première fois depuis bien longtemps j’ai eu envie d’être ailleurs loin de cette structure où les derniers professionnels restants ont de plus en plus de mal à travailler ensemble de façon cohérente.
Je rentre pour trouver ma nièce aux prises avec les mathématiques modernes, une autre forme de maltraitance…
Bon après une bière ou deux, ou… les mauvais souvenirs de cette journée finiront par s’effacer.
En attendant j’ai besoin de repos alors à demain…
Cher Francis,
Hier soir j’étais en ligne avec mon ami hongrois Shandor, un gars que je connais depuis dix ans. Notre relation d’amitié a commencé dans le monde réel vu que je l’avais hébergé quelques jours en en 1997 à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse En France. Par la suite étant tombé amoureux d’une hongroise de son groupe j’avais désiré me rendre dans son pays pour la retrouver.
C’est là bas que j’ai vécu les 15 jours les plus fous de ma vie. Avec sa bande de copains nous écumions les rues de Debrecen faisant les pires sottises que je n’ose pas écrire ici sur ce site. Huit jours après mon arrivée Shandor avait découvert qu’il devait commencer les cours à la Fac le lendemain. Le premier jour de cour je l’ai passé avec lui, j’ai ainsi assisté à un cours d’hydrologie en hongrois avant de manger au restaurant universitaire ( je me rappelle encore la soupe aux prunes) et d’enchaîner sur un autre cours en priant que les profs hongrois ne réalisent pas qui j’étais… C’est à ce moment que Shandor me confia la journée à ses grands parents.
Son grand père a une traban qu’il adore passionnément J’aimais sa façon de caresser longuement le volant de sa voiture avant de mettre le contact d’un geste tendre et précis, chaque matin nous partions ensemble en virée dans les musées et les endroits merveilleux et insolites dans ce véhicule très sympa. je ne parlais pas hongrois et le grand père ne parlait pas français mais nous nous comprenions avec les gestes quelques mots d’allemands et surtout la magie de notre relation amicale. Avec lui, je me rappelle avoir plus échangé en trente minutes de silence devant un tableau qu’avec quiconque parlant ma langue… Un grand père dont tout un chacun a un jour rêvé…
La grand mère nous attendait chaque jour et nous proposait un bon petit repas que nous partagions les trois ensemble. Les grand parents de Shandor n’avaient pas beaucoup d’argent, la viande était remplacée par des tranches de pains perdus passées au four. De temps à autre elle nous cuisinait ses merveilleux beignets de choux fleurs… je n’en avait jamais assez tellement c’était bon…
Hier soir j’étais en ligne avec mon ami hongrois Shandor, un gars que je connais depuis dix ans, tout à coup notre conversation a été coupée de son coté après trente minutes Shandor est revenu pour m’annoncer le décès de sa grand mère…
Alors ce soir après avoir digéré la nouvelle, je me sens triste pour la famille de mon ami et inquiet pour Shandor qui était à Londres au moment de ce décès. Je suis aussi très triste car j’avais projeté de retourner en Hongrie pour remercier ce gentil couple pour son accueil. Maintenant que la mort a fait son travail, il ne me reste que les regrets…
Je vais donc essayer de faire quelque chose depuis là où je suis…
Au revoir grand mère, puissions nous un jour nous retrouver de l’autre coté pour enfin apprendre à mieux nous connaître…