Le phare, encore… Mais cette fois en diapo 13×18

Lorsque l’on commence l’argentique, chaque petite étape que l’on franchit est un événement riche en émotions. Développer son premier film en noir et blanc, développer son premier film 120, son premier film couleur puis ses premiers plans films…

Hélas plus on en fait, plus cela perd de sa magie, le travail au labo finit même parfois par devenir mécanique, redondant, voire ennuyeux.

Par contre développer un film diapo ça c’est autre chose. Lorsque l’on sort son film ou plan film du dernier bain et qu’on le contemple à la lumière, l’image apparait tout de suite visible à nos yeux sans avoir besoin de passer par un agrandisseur ou un scanner et un écran d’ordinateur. Ma photo est là comme le jour de la prise de vue avec ses couleurs chatoyantes et sa belle lumière qui semble illuminer la pièce. La diapo c’est comme une parcelle du passé arraché à notre souvenir pour être fixée sur film.

Alors ça oui, on ne peut pas s’en lasser surtout quand on peut le faire dans des formats de 13×18 cm.

Les mauvaises nouvelles du coté de Tetenal me font craindre le pire, mais qu’importe. Si il faut stocker de la chimie j’en stockerai.

Ceci dit, cette semaine je présente une fois de plus une photo du phare de Port la Nouvelle que je ne reverrai peut-être plus jamais vu que je n’irai plus en vacances pour des raisons pratiques et une perte d’intérêt croissante.

J’ai pris cette photo sur la jetée avec ma Sinar Norma 13×18. Beaucoup de gens m’ont photographié en plein travail avec leurs portables et quelques un ont osé s’approcher pour discuter, j’ai fait le prof… Mais bon qu’importe, je n’étais pas là pour eux…

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Sinar Norma 13×18, Super Angulon MC 120mm à F22, Plan film Astia 13×18 développé et scanné maison.

Et pour voir cette photo en version XXL et bien il suffit de cliquer ici.

Tuto Chandeleur

Il est tard, trop tard pour monter et envoyer la vidéo « tuto crêpe » que je viens de faire, du coup en attendant sa diffusion demain, je vous raconte les origines oubliées de la Chandeleur.

La Chandeleur est fêtée chaque année le 2 février soit 40 jours après noël.

A l’origine de cette fête se trouvent des rites païens romains et celtes liés aux récoltes. Les paysans des premiers siècles organisaient des processions à travers les champs en portant des flambeaux pour demander à la déesse qu’elle purifie la terre.

Au cinquième siècle l’Église pour affermir son autorité va lutter contre ces anciennes coutumes et va les éradiquer en les remplaçant par des fêtes religieuses. Les célébrations païennes autour du solstice d’hiver sont remplacés par la fête de Noël (et c’est la seule raison pour laquelle Noël est célébré le 25 décembre vu que personne ne connait la date de naissance de Jésus). Les rite païens autour des récoltes sont eux remplacés par le pape Gélase 1er  qui va associer au 2 février la présentation de Jésus au temple et la purification de la vierge Marie (rite juif auquel doit se soumettre une femme 33 jours après son accouchement pour retrouver la pureté, 66 jours si elle a accouché d’une fille).

C’est ainsi que l’on remplace les torches dans les champs par des chandelles bénies dans les églises dont la lueur éloigne le mal et rappelle que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens rapportaient ensuite les cierges chez eux afin de protéger leurs foyers. Ces célébrations faites aux bougies et chandelles expliquent ainsi l’origine du mot « Chandeleur ».

Alors vous allez me dire : Et les crêpes dans tout ça ? Ne vous inquiétez pas, on y arrive.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, la confection des crêpes remonte à très loin. Au temps jadis, les chrétiens après avoir utilisé le blé pour les semailles d’hiver, prenaient le restant des grains pour le moudre, en faire de la farine et confectionner des crêpes, symboles de prospérité pour l’année à venir. On raconte également que le pape Gélase 1er avait instauré la coutume selon laquelle les pèlerins arrivant à Rome le 2 février devaient se faire offrir des crêpes.

Sur un plan plus symbolique, les crêpes par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire et évoquent le retour du printemps après l’hiver sombre et froid.

Il existe encore de nos jours toute une symbolique liée à la confection des crêpes. Il est ainsi recommandé de faire sauter les crêpes de la main droite en tenant une pièce dans la main gauche afin de connaître la prospérité pendant toute l’année. On dit aussi que la première crêpe confectionnée doit être envoyée sur une armoire et qu’ainsi les prochaines récoltes seront abondantes.

Les crêpes sont pour moi un sujet sur lequel j’aime étendre non seulement de la confiture mais aussi des hypothèses. Ces disques de pâte cuite existent dans tous les pays, à toutes les époques.

Le tour du monde de la crêpe serait un bon sujet pour un article, mais je dois à présent aller à table terminer celles que je viens de faire. 😀

 

 

Vile ville…

Cette semaine je déterre ce que j’avais écrit il y a de cela 11 ans et tiens, c’était aussi un vendredi… Il s’agit d’un texte bizarre bourré de métaphores maladroites mais qu’importe, même après toutes ces années j’assume tout ! 😆

Vendredi 1er février 2008

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Cher Francis,

       Ce matin au volant de ma voiture je suis passé comme chaque jour dans le petit village qui sur mon parcours vers mon lieu de travail fait frontière entre le monde rural et le monstre urbain. Cette commune est perchée en haut d’une route très pentue qui à elle seule explique que nous disons « je descends en ville » chaque fois que nous prenons cette direction.

Il était 7h30, les premières lueurs de l’aube naissante exhumaient des entrailles du ciel éteint une masse sombre et inquiétante ; la ville. Tel un animal feignant la mort, elle gisait sur la vallée en contrebas des Vosges.

Ses lueurs électriques lui donnaient  des allures de feu de camp mal éteint. Comme un vilain tas de cendres abandonné à la hâte par des campeurs négligents, la ville menaçante semblait n’attendre qu’un souffle pour laisser ses braises redonner vie à des flammes dévastatrices.

Je déteste la ville, son air putréfié m’empoisonne chaque jour un peu plus et je crains qu’un jour je ne finisse par pâtir des prémices de son auto-annihilation. J’aimerai tant devenir richissime pour ne plus y aller et rester sur ma verte montagne sylvestre.

Mais je dois hélas continuer à m’y rendre 5 jours par semaine en me préparant mentalement à l’affronter. Aucun vent de révolte ne soufflera jamais assez fort sur mes braises métaphoriques pour la détruire ou l’embellir. Le fort vent d’hiver qui hurle en ce moment n’amènera même pas assez de neige pour la cacher l’espace de quelques jours sous un voile de pureté blanche…

Tel le fumier, la ville est une pourriture puante en décomposition qui reste cependant nécessaire afin de cultiver le jardin de nos ambitions professionnelles. C’est pour cela que pour toute la durée des longues années d’épandage qu’il me reste encore à vivre, je continuerai à utiliser une pelle avec un très long manche et que je refermerai soigneusement le sac chaque soir avant de le ranger le temps d’une nuit réparatrice dans le grenier de mon oubli.

Anime Photo#3 : Speed Grapher

Il existe des animes qui marquent de façon profonde et durable. Speed Grapher fait partie de ceux-ci.

C’était en 2005 j’attendais avec impatience ce nouvel anime dont j’avais vu des teasers montrant une violence graphique très intéressante. J’étais loin de me douter que cet anime était en fait une œuvre très aboutie qui allait me hanter encore longtemps…

Cet anime se déroule  dans un monde dystopique mais hélas bien trop proche du nôtre. Tatsumi Saiga, ancien photographe de guerre, enquête sur une organisation ayant peut-être un lien avec un carnage, perpétré quelques jours plus tôt, durant lequel cinq politiciens s’opposant à une loi sur la pharmaceutique ont été tués. Il infiltre pour cela dans un club secret réservé à l’élite appelé Roppongi Club. Il est découvert alors qu’il tente de photographier la « déesse » de ce club, une jeune fille de 15 ans appelée Kagura. Alors qu’il est sur le point d’être tué, il reçoit un baiser de Kagura qui lui donne le pouvoir de détruire tout ce qu’il photographie. Il découvre alors que les fluides corporels de Kagura (sa salive par exemple) confèrent à ceux qui les absorbent d’étranges pouvoirs en rapport avec leurs plus secrets désirs ou obsessions. D’où l’assiduité des membres du club qui n’attendent qu’une chose : recevoir le baiser de la « déesse ». Cette série met donc en scène un homme caoutchouc, une croqueuse de diamant au sens propre et tant d’autres monstres aussi immoraux que fascinants. Saiga va alors tenter de délivrer Kagura du club et de la firme qui le manage, une grande entreprise pharmaceutique appelée Tennōzu Group. Il est pris en chasse par les agents de la firme dirigés par un dénommé Suitengu et les plus redoutables membres du club, armés de leurs pouvoirs.

Alors oui, le pouvoir que va acquérir Saiga est bien sûr une métaphore du pouvoir de la presse et plus particulièrement du photojournalisme qui permet de dévoiler la corruption et les autres scandales mais l’intérêt de cet anime ne se limite pas à cela. En dehors des monstres pervers transformés par Kagura, les « méchants » de cette œuvre se révèlent être bien plus complexes que  prévu et la découverte de leurs vrais motivations à la fin de la série est tout bonnement hallucinante. Cet anime a aussi le don de montrer le lien entre le pouvoir et la corruption et d’illustrer la nature profondément inégalitaire de nos sociétés modernes, où les riches monopolisent les ressources et s’adonnent à leurs vices en étant protégés par les pouvoirs publics qu’ils contrôlent, tandis que les autres tentent de s’en tirer laborieusement avec leurs moyens limités.

Ce qui fait de cet anime une œuvre profondément choquante ce n’est donc pas cette belle violence graphique mais bien la violence symbolique de l’oppression des nations par un groupe de privilégiés amoraux et au dessus de toutes les lois. Bref une image assez juste de nos sociétés modernes, non ? 👿

Une chaine locale !

Aujourd’hui j’ai envie de vous présenter une chaine You Tube qui m’est chère vu que c’est moi qui a réalisé les trois vidéos qui y figurent. Cette chaine est encore privée et aucune publicité n’est faite dessus, nous attendons qu’elle s’étoffe un peu.

C’est la chaine You Tube de la Quincaillerie, une brasserie bio très sympathique qui en plus de proposer des repas et des bières bios, met un point d’honneur a proposer au moins une animation par weekend.

Le souci c’est qu’il est difficile de faire des vidéos avec un public attentif et respectueux et un bon son de l’artiste, cela explique qu’il n’y a que trois vidéos pour l’instant. J’avoue aussi que les soirées reggae j’ai séché les concerts.

Je vous laisse donc découvrir cette chaine en cliquant ici.

Et je vous laisse avec la vidéo du concert de vendredi d’il y a deux semaines qui était vraiment magique. Une soirée très choupinou avec cette brave Pauline. 😀

Tendre menace…

Alors oui, j’aime les oxymores et autres procédés littéraires, d’ailleurs après avoir écrit ce billet j’irai écrire un autre article sur un autre blog avec une allitération pour titre afin de chroniquer mon activité bricolage de ce matin. (Ces superbes serpents !)  🙂

Aujourd’hui je voudrais raconter une expérience professionnelle récente. C’était hier, alors que je tentais, inflexible, de faire travailler un petit démon sous forme de fillette, cette petite chose fini par se jeter à terre avant de ramper sous un meuble un feutre et un bout de papier chiffonné et déchiré dans la main.

Après quelques efforts prudents pour ne pas la blesser, je fini par la débusquer de son antre. Le petit monstre toujours aussi agité me présente alors l’œuvre qu’elle vient de commettre, un très beau dessin représentant mon meurtre et ma décapitation ainsi que sa satisfaction suite à son acte. 😮 (Tiens, on reste dans la décapitation, hier déjà avec le Dr Canavero…) Elle me dit : « ça c’est toi et là c’est moi je t’ai tué ! »

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Alors qu’elle me regarde mi-effrayée par ma réaction à venir et mi-amusée par ma perplexité, en mon fort intérieur je me retiens d’éclater de rire. Ce dessin est juste superbe et rend avec justesse les émotions complexes et contradictoires qui animent la petite fille. On remarque aussi l’intelligence de cette gamine de 8 ans qui a assimilé les codes de la bande dessinée (les croix à la place des yeux pour symboliser la mort). Je remarque aussi que même mort et décapité j’ai la bouche ouverte comme si je continuais de parler. Car oui, elle sait que même si elle me tuait, la parole éducative qui cherche à lui poser un cadre structurant continuerai de se faire entendre à travers d’autres voix.

Ceci dit, je vous rassure tout de suite, je ne m’inquiète pas de cette manifestation de colère et de cette projection morbide vis à vis de ma personne. Non, cette petite fille est bien ancrée dans le réel et doté d’une très grande intelligence avec un QI sans doute plus élevé que le mien. Ni elle ni moi ne risquons rien en terme de violence réelle et physique. Reste la violence morale et symbolique qui hélas rythme le quotidien de la relation éducative surtout lorsque comme c’est le cas ici, on tente de sortir un enfant de la toute puissance (je fais ce que je veux, je ne travaille pas) pour l’aider à accepter la loi qui va lui permettre de vivre en société de façon autonome. Dans son cas, le combat c’est aussi l’aider à se détacher des liens fusionnels et régressifs générés par une situation familiale hélas aussi complexe que douloureuse.

Alors oui, pour elle c’est violent voire douloureux de m’avoir sur le dos tout le temps et de devoir aller contre sa volonté vers une loi qui libèrera enfin son formidable potentiel. Mais vu les grands moments de complicité que nous passons entre ses crises lorsque j’écoute ses histoires et que je répond à ses questions toujours plus nombreuses et précises, je sais qu’au fond elle apprécie mon aide et ma présence.

Ceci dit, vous comprendrez donc le titre du billet d’aujourd’hui. Car oui, je ne m’inquiète pas de ce dessin et je le prend au contraire comme un signe de la pertinence de mon acharnement éducatif pour cette petite fille qui n’a pas fini de m’étonner. 😀

Frankenstein en vrai…

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Lorsque j’ai entendu parler pour la première fois du docteur Sergio Canavero, un neurochirurgien italien de 55 ans, j’ai tout de suite pensé à un canular bien ficelé. « Canavero » fait penser à « cadavero » et franchement un médecin qui cherche à greffer des têtes découpées sur d’autres corps humains, cela tient plus de la science fiction que de la science tout court. Hélas, face à la sommes d’articles et d’interviews sur des sites sérieux et par des journaux crédibles, j’ai été obligé d’accepter son existence. 😦

Le docteur Canavero prétend avoir été influencé par un médecin américain Robert White qui en 1970 avait greffé la tête d’un signe sur le corps d’un autre singe qui n’avait survécu que 36 heures. En 2013 le docteur Canavero annonce qu’il a le projet de greffer le corps humain d’un donneur décédé sur une tête d’un patient en vie pour par exemple rendre sa mobilité à une personne paraplégique. C’est en 2017 qu’il annonce avoir réalisé une première greffe complète sur un cadavre (un exercice avant une vraie greffe) avec le soutien d’une équipe chinoise de spécialistes. Cependant, personne dans la communauté scientifique ne semble vouloir le prendre au sérieux.

Car oui, greffer le corps humain d’un donneur sur la tête d’un patient engendre pas mal de problèmes, éthiques bien sûr mais aussi et avant tout techniques. Reconnecter des milliers de nerfs à la fois, notamment le très complexe nerf phrénique essentiel à la respiration, et ce dans un temps limité semble techniquement impossible et même si cela devenait possible par une technique que le Docteur Canavero  prétend avoir inventé, le système immunitaire du corps du donneur rejetterai la tête du patient ce qui donnerai de jolies scènes à la « Borrower ». 😆

Ainsi pour des raisons éthiques de gestion des corps des donneurs et pour les raisons techniques précitées, une greffe de tête sur un corps n’est pas possible dans l’état actuel de la science et prétendre le contraire pour faire miroiter un faux espoir aux personnes lourdement handicapées me semble cruel.

Cela n’empêche pas le Docteur Canavero de persévérer dans ses affirmations et de prétendre dans un article publié récemment dans Le Monde, vouloir refaçonner l’avenir car les humains sont à ses yeux une expérience ratée, des créatures ratées. Un Frankenstein avec des tendances eugéniques… Il a décidément tout pour plaire ce « grand » médecin… 😮