Éducateur, éduque-toi toi-même!

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Pour cette seconde excavation je suis allé rechercher ce que j’avais écrit un 26 octobre, j’ai choisis mon article du 26 octobre 2006. Douze ans déjà… 😯

A cette époque je tenais un blog quotidiennement sur mon espace wanadoo et pour tenter de donner un sens à mes élucubrations je m’étais inventé un correspondant imaginaire; Francis.

Voici donc ce que j’écrivais sur le métier d’éducateur alors que j’étais arrivé à la fin de ma formation.

 

Jeudi 26 Octobre 2016

Cher Francis,

       Ce matin je devais me rendre à Mulhouse pour faire le point sur mon mémoire de fin d’étude. Arrivé dans la petite gare de Montbéliard, je découvre que les trains sont en grève sur le tronçon Montbéliard-Mulhouse. Vu l’importance du rendez-vous une seule solution subsiste, prendre ma voiture pour aller au centre de formation.

Cela peut paraître banal mais pour moi faire un tel trajet relève d’un acte d’héroïsme. A 34 ans je ne suis toujours pas capable de m’orienter dans une grande ville en voiture. J’ai trop peur de l’accident après m’être égaré, question d’habitude que je n’ai pas…

Je me suis donc exécuté à contrecœur et bien entendu je me suis encore égaré en arrivant dans les méandres de cette ville que je déteste tant. La première fois que je suis allé à Mulhouse en voiture, c’était sur ordre de mon directeur d’établissement que m’avait littéralement botté le cul pour que j’y aille. Depuis nous en avons reparlé, il avait eu bien raison…

Ce petit exposé de l’une de mes faiblesses n’a pas pour seul but de te faire rire mon cher Francis, si je te raconte cela c’est aussi pour évoquer un aspect de mon travail qui me trotte dans l’esprit depuis un moment.

Je me dis éducateur et je travaille avec des personnes pour les convaincre d’aller plus loin dans leur quête d’autonomie en repoussant leurs limites alors que moi je ne suis même pas capable de me forcer à évoluer dans le même sens ne serait-ce qu’un peu…

Nous sommes grossiers et vulgaires et nous demandons aux enfants de se comporter comme des parangons de vertu, nous sommes accrocs au tabac et au café et nous demandons aux toxicomanes d’arrêter de se droguer, nous demandons aux enfants de ne pas manger trop de sucreries, de faire du sport alors que notre hygiène de vie est à l’inverse de ce que nous professons. Nous, les éducateurs, nous sommes vraiment de sacrés hypocrites…

Dès lors je commençais à penser que je dois me définir comme un simple relais d’un commande sociale prônant une normalité à laquelle je ne veux et ne peux pas adhérer. Puis mon point de vue à évolué. A présent je considère l’écart entre mes exigences vis à vis des personnes que j’accompagne et ma capacité à les appliquer à moi-même comme une liste de défis à relever.

Celui de ce matin étant réussi il est peut-être temps de passer aux autres…

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