Anime Photo #1 : Tamayura

Le fait de parler de plus en plus de photos sur mes pages m’a donné l’idée de consacrer le mois de janvier 2019 aux animes japonais consacrés à la photo. Bien loin du cliché du touriste japonais qui mitraille, je désire vous présenter des œuvres pleine de beauté et de sensibilité voire un peu trash, vulgaire ou alors ouvertement violentes, qui ont toutes en commun le fait de ne pas pouvoir laisser un photographe indifférent. 😎

Je commence donc cette semaine par Tamayura un anime au rythme lent mais qui apporte une dose non négligeable de bonheur. Cet anime a commencé avec quatre OAV puis s’est prolongé avec deux séries de 12 épisodes avant de se terminer il y a deux ans par quatre derniers OAV qui ensemble forment un film qui vient clôturer cette belle aventure humaine.Voici la bande annonce de la seconde saison de l’anime :

Tamayura se déroule dans la préfecture d’Hiroshima dans la ville de Takehara qui est d’ailleurs restituée avec tant de détails que j’ai l’impression d’y être déjà allé, ce qui ne sera hélas jamais le cas… Ci dessous, un montage trouvé sur Internet qui montre le respect du détail des créateurs de l’anime pour restituer de façon la plus fidèle possible la ville de takahara :

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Bon passons, Sawatari Fû est une jeune fille qui après la mort de son père revient avec sa mère et son petit frère dans la ville natale de son père où la famille a vécu auparavant.

Fû souffre beaucoup de l’absence de son père qui travaillait comme photographe pour une agence de voyage. Pour tenter de rester en connexion avec lui, elle décide de se mettre elle aussi à la photo en utilisant le Rollei 35S de son père. Cet appareil est d’ailleurs si présent dans la série qu’il en devient un personnage à part entière.

Fû va être encouragée dans sa pratique un peu déstructurée de la photo par ses amies et sa famille qui tous ensemble trouvent que même ses photos loupées ont un charme. La présence du photographe de la ville, un ami de son défunt père, est aussi très importante car c’est lui qui développe ses films, tire ses photos sur papier et répare son Rollei chaque fois que l’obturateur casse ce qui arrivera deux fois dans la série. C’est d’ailleurs cet homme surnommé Maestro qui raconte à Fû que les petite boules de lumières qui apparaissent en bokeh dans ses photos sont en fait des tamayura (pas de « s » aux mots japonais), c’est à dire une représentation lumineuse du bonheur qui régnait au moment où la photo a été prise. C’est d’ailleurs une photo que Fû a fait de son père (une  photo mal cadrée en contre jour et en contre plongée mais pleine de tamayura), que Maestro a mis dans la vitrine de sa boutique et qui va générer beaucoup de réactions  et d’évènements autour de Fû.

Tout au long de cet anime on voir souvent les photos de Fû  pendant quelques secondes en grand à l’écran et franchement les dessinateurs de l’anime ont fait du très bon travail car beaucoup de ces clichés imaginaires m’ont réchauffé le cœur et m’ont inspiré. Hélas pour faire de si belles photos il faut avoir le cœur d’une gamine pas d’un vieux bonhomme aigri et seul.

C’est donc en se promenant avec son appareil et en faisant des photos parfois catastrophiques mais toujours attachantes, que Fû va rencontrer des amies et toute une foule de personnages passionnant et commencer à grandir au fur et à mesure des épisodes. Cet anime qui sur ce point à un coté un peu shonen, nous raconte ainsi l’évolution d’une jeune fille qui grâce à la photo, au souvenir de son père et à l’amour de ses proches va passer d’une petite fille timide gaffeuse et hésitante à une jeune fille déterminée à suivre sa voie en faisant de la photographie son métier quitte à devoir quitter son cocon.

Tout comme cet anime, je suis convaincu que la photo est avant tout une activité humaine qui en véhiculant et en provoquant des émotions permet aux personnes de communiquer, de changer et parfois même de se lier les uns aux autres.

Cet anime me marque à plus d’un titre, vu que j’ai moi même perdu mon père très jeune et que je compte sur la photo pour changer des choses dans ma vie, je me sens très proche de Fû. J’ai d’ailleurs fini par récupérer (on me l’a offert pour service rendu) un Rollei 35 mais un T pas un S. J’attends de prendre vraiment le pli de l’hyperfocale pour investir dans un Rollei 35S qui aujourd’hui se vend à près de 300 euros.

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L’anime connait des grands moments comme l’exposition organisée par Fû et ses copines pour mettre en avant leurs passions, la création par Fû d’un club photo dans son école et aussi et avant tout, de très belles rencontres humaines pleines d’émotions. La série se termine de façon un peu dramatique avec une ultime panne du Rollei 35S du père de Fû que cette fois Maestro ne pourra pas réparer. Fû se fait alors offrir un Nikon D610 pour le remplacer.

Le but des créateurs de l’anime n’était bien sûr pas de dénigrer l’argentique mais bien de symboliser la fin du travail de deuil de Fû, sa volonté de prendre de la distance avec le souvenir de son père et sa nouvelle détermination à prendre son destin en main, mais bon, tout de même, ça me fâche un peu…

Ceci dit, écrire cette chronique me donne une fois de plus l’envie de revoir cet anime, et quand je regarde quelques épisodes, à chaque fois je me remotive pour sortir faire des photos de préférence avec mon appareil de cœur, le Fujica STX 1N. 😎

 

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