Vile ville…

Cette semaine je déterre ce que j’avais écrit il y a de cela 11 ans et tiens, c’était aussi un vendredi… Il s’agit d’un texte bizarre bourré de métaphores maladroites mais qu’importe, même après toutes ces années j’assume tout ! 😆

Vendredi 1er février 2008

190201

Cher Francis,

       Ce matin au volant de ma voiture je suis passé comme chaque jour dans le petit village qui sur mon parcours vers mon lieu de travail fait frontière entre le monde rural et le monstre urbain. Cette commune est perchée en haut d’une route très pentue qui à elle seule explique que nous disons « je descends en ville » chaque fois que nous prenons cette direction.

Il était 7h30, les premières lueurs de l’aube naissante exhumaient des entrailles du ciel éteint une masse sombre et inquiétante ; la ville. Tel un animal feignant la mort, elle gisait sur la vallée en contrebas des Vosges.

Ses lueurs électriques lui donnaient  des allures de feu de camp mal éteint. Comme un vilain tas de cendres abandonné à la hâte par des campeurs négligents, la ville menaçante semblait n’attendre qu’un souffle pour laisser ses braises redonner vie à des flammes dévastatrices.

Je déteste la ville, son air putréfié m’empoisonne chaque jour un peu plus et je crains qu’un jour je ne finisse par pâtir des prémices de son auto-annihilation. J’aimerai tant devenir richissime pour ne plus y aller et rester sur ma verte montagne sylvestre.

Mais je dois hélas continuer à m’y rendre 5 jours par semaine en me préparant mentalement à l’affronter. Aucun vent de révolte ne soufflera jamais assez fort sur mes braises métaphoriques pour la détruire ou l’embellir. Le fort vent d’hiver qui hurle en ce moment n’amènera même pas assez de neige pour la cacher l’espace de quelques jours sous un voile de pureté blanche…

Tel le fumier, la ville est une pourriture puante en décomposition qui reste cependant nécessaire afin de cultiver le jardin de nos ambitions professionnelles. C’est pour cela que pour toute la durée des longues années d’épandage qu’il me reste encore à vivre, je continuerai à utiliser une pelle avec un très long manche et que je refermerai soigneusement le sac chaque soir avant de le ranger le temps d’une nuit réparatrice dans le grenier de mon oubli.

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