Peur

Pour cette humeur du mardi spécial Halloween je pensais publier une de mes histoires écrites il y a bien longtemps mais non, au final j’ai trouvé que dévoiler un pan hélas bien trop réel de ma personnalité serait bien plus effrayant.

La peur, ma plus vieille amie

C’est bientôt Halloween et juste après la Toussaint, deux moments qui en dépit du merchandising pour l’un et des discours positifs des prêtres pour l’autre nous rappelle notre condition de mortels voués à une mort certaine précédée de souffrances physiques et/ou morales. Bref c’est la semaine idéale pour évoquer cette peur qui me talonne depuis que je suis enfant et qui m’a façonné en venant limiter mes choix.

Car oui ma vie n’a été jusque là qu’une succession de renoncements face à toutes les occasions qui m’ont été offertes.

Voici quelques exemples : Dans ma petite enfance, de très grosses angoisses de séparation ont fait que j’avais peur de m’éloigner de mes parents pour vivre et découvrir d’autres choses avec les autres enfants, bref pour me socialiser. Plus tard peur d’aller voir le concert le plus important de ma vie alors que j’avais mon billet, plus récemment peur de laisser ma mère âgée et veuve seule pour partir une semaine en Californie alors que là aussi j’avais les billets…

Cette peur qui me colle à la peau depuis toujours et qui a bousillé les plus belles occasions de ma vie est ma pire ennemi ou alors peut-être ma meilleure amie allez savoir… Peut-être que mes reculades n’ont été que des expressions d’intuitions d’auto protection de ma personne ?

Au final peu importe, le résultat est le même je vis sous une tonne de regrets et avec ce sentiment d’un immense gâchis. Cette peur m’empêche aussi de me projeter dans quelque chose de positif, de toute façon ma vie est si pauvre et ce sur tous les plans que je ne trouve pas vraiment de choses positives à attendre.

Mais il existe bien pire comme peurs, mes pires sont les peurs de choses à venir. Elles sont bien plus terribles car elles sont concrètes et reposent sur des évènements inéluctables ou alors très probables. Alors il y a la mort de ma mère qui fera que je serai sans domicile, la maladie qui touche mes proches ou moi-même, une forme ou une autre d’effondrement de la société et de ces institutions protectrices, la perte d’emploi et bien sûr ma propre mort qui en fait au bout de toutes ces épreuves sera plus une délivrance qu’une mauvaise chose.

Au final mon existence passée présente et future n’est qu’une succession de peurs qui m’ont gâché, me gâchent et me gâcheront la vie. Ces pensées noires mijotent dans ma tête sur le feu de l’actualité et de son cortège de mauvaises nouvelles, le mauvais temps n’arrange pas non plus les choses. J’ai perdu tout appétit pour la création photographique et pour toute activité plus ou moins artistique, je ne suis plus qu’un zombie terrifié planqué derrière son écran.

Du coup je pourrai mourir demain car qu’aurais-je donc à perdre à part justement cette peur qui me colle à la peau depuis le début ?

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