Devenir humain

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Je suis un grand fan de science fiction, de vrai science fiction celle qui fait réfléchir et non pas celle qui enchaine les combats manichéens sans nuance et sans saveurs. Je suis donc un trekkie un vrai fan de Star Trek, une race très rare en France, pays gangréné par star wars, cette franchise devenue assez pourrie pour être bouffée par la souris boulimique de Dysney.  😈

Bon maintenant que j’ai craché ma méchanceté du jour, je reviens à mon propos. Oui j’aime Star Trek son univers cohérent, ses personnages forts et surtout cette problématique centrale que l’on retrouve dans chacune des séries. Que cela soit un extra terrestre dont la race à refoulé les émotions, un androïde sophistiqué, un être mi-humain mi-machine, un simple programme qui se matérialise en hologramme tangible (oui bon c’est le futur, hein…) et bien tous ces personnages ont le même projet, la même ambition celle de devenir humains.

Les humains sont d’étrange créatures, alors qu’un chat nait chat alors qu’un poulain se lève très vite une fois sortie de l’utérus de la jument pour devenir cheval à son tour et alors que d’autres formes de vie ont une mémoire chimique qui leur est transmise les rendant 100% opérationnels à l’instant même de la naissance, l’être humain ne nait pas humain mais doit apprendre à le devenir au prix de multiples interactions plus ou moins directes avec ses semblables et surtout avec lui-même qui vont lui apprendre à parler puis à développer une personnalité et enfin à se socialiser.

La plupart du temps ça marche, l’humain grandit se fait aimer, donne de l’amour en réponse et parvient à entrer dans l’état de psychose borderline nécessaire pour croire en des concepts étranges comme la confiance, l’espoir, l’amour…  Cela lui permet de se construire une vie sociale et de consommer pour atteindre ce qu’il pense être le bonheur (autre concept pour psychotiques débutants) alors qu’il ne fait qu’enchainer des satisfactions de besoins créés par l’industrie, réel moteur de notre modèle social. Plus tard, un savant mélange de masochisme et d’inconscience le pousse même à se reproduire histoire d’augmenter ses chances de gâcher sa vie et l’avenir de la planète qui étouffe d’être bientôt huit fois milliardaire.

Et parfois comme dans mon cas, ça ne prend pas. Et les gens comme moi se retrouvent en spectateurs désabusés et prennent parfois un clavier un mardi soir pour évoquer la réalité de leurs existences… Les gens comme moi ne montrent pas leurs différences, ils savent vivre avec les autres humains en cachant leur alterité et ont appris de multiples stratagèmes pour survivre dans ce monde qui parfois leur échappe.

Cependant, et c’est là le seul problème, contrairement aux marginaux qui fuient le monde ou aux psychopathes et sociopathes qui veulent le détruire ou du moins créer de la souffrance, notre plan à nous est tout autre. Nous aimerions devenir comme vous pour un jour vivre avec vous au lieu de simplement exister à coté de vous.

Ce « nous » car oui je ne suis pas le seul, j’en suis convaincu, je peine à le décrire et encore plus à lui donner un nom car nous ne sommes pas une tribu bien délimitée pour être exploitée par l’industrie marchande, nous n’avons pas de T-shirt à notre effigie et pas de groupe Facebook.

Nos perceptions trop réalistes du monde et de son destin nous font passer pour des pessimistes ou des adeptes des thèses complotistes. Nos questionnements font rire ou parfois créent des malaises. Nous aimons être avec les autres mais pas de trop et nous sommes capables d’aimer et d’entrer en profonde empathie avec nos presque semblables. Il serait prétentieux de nous coller l’étiquette de « penseurs » ou « d’intellectuels » nous sommes justes éveillés à certaines réalités présentes et à des menaces à venir qui nous empêchent d’être pleinement avec vous. Je réfute aussi le terme d’angoissés car nos perceptions actuelles et futures sont construites et validées par de vrais intellectuels et penseurs qui font autorité dans toutes les époques. Allez, bon du coup je nous désignerai par le terme certes pédant de « éveillés ». Et flute je viens de voir le visage de Jean Claude Van Damme avec son « be aware » 😆 C’est bon, je laisse tomber n’en déplaise aux amateurs d’étiquettes.

Mais qu’importe les vocables car au bout de tout ça le résultat est le même, notre différence nous éloigne des autres et nous rend même incapables de nous associer entre semblables car elle prend en nous la force d’une passion ardente parfois militante qui vient consumer les fragiles liens qui nous unissent encore aux autres mortels. J’imagine mal Greta Thunberg se préoccuper de fringues et de garçons comme la plupart des filles de son age ou Dian Fossey négocier un plan retraite (pour elle en plus c’est malheureusement trop tard) ou enfin moi-même faire une boutique de fringues de luxe en y prenant du plaisir.

Au bout du compte (car oui j’ai envie de remonter sur le voyager pour parcourir la suite de la quatrième saison, je dois donc conclure) sommes-nous si malheureux d’êtres différents ? Notre altérité est-elle vraiment subie ou n’est-elle pas choisie ? et surtout est-il possible de vivre une vie entière dans ce paradigme ?

A bientôt 47 ans, je n’ai toujours pas de réponses à ces questions et je ne voudrais pas non plus parler au nom de personnes que je devine sans les connaitre. Une chose est sûre, nous sommes là et nous venons en paix alors n’ayez pas peur et venez de notre coté pour nous comprendre un peu mieux histoire de nous redonner foi en notre espèce pour que nous trouvions enfin le courage de revenir pleinement vers vous .

Watanuki à Voyager, paré pour téléportation. 😎

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