C’est congé, bousillées mes vacances!

Oui c’est con, j’ai bousillé mes vacances… Ce nouveau jeu de mot pourri résume le constat que je ne manquerai pas de faire dimanche soir au moment de me préparer pour partir en séjour en montagne (si l’A.R.S bien attentive à l’évolution des contaminations est toujours d’accord bien sûr).

Une semaine de congés et ce même dans le contexte sanitaire actuel, pourrait être si enrichissante et si productive notamment pour mes passions musicales et photographiques. Je pourrais continuer de remplir les trous dans ma connaissance du solfège pour enfin avoir une compréhension globale du fonctionnement des gammes des modes et des accords. Je pourrais aussi m’exercer pour que cette fichue main droite trouve enfin la bonne position et le bon tempo quand elle joue sur ma basse. Je pourrais courir dehors avec un appareil moyennement léger pour capter les couleurs de l’automne et développer le film au labo dans la foulée…

Au delà de mes passions je pourrais faire un grand ménage, vendre les choses superflues pour me payer une jazz basse de qualité (on retombe sur la musique) ou pour regarnir mon compte en banque pour me rassurer en ces périodes pleines d’incertitudes. Je pourrais aussi tout simplement faire tous mes dossiers à l’avance histoire d’être tranquille et de me préserver des temps de repos pour plus tard.

Bref les choses intelligentes, voire plaisantes sont légion alors pourquoi est-ce qu’à chaque fois je ne fais que glander ?

Cette fois-ci l’arrivée du temps froid et humide me décourage d’aller faire de la photo surtout à six jours d’un séjour avec les enfants dont je suis responsable (responsable du séjour et des enfants, je précise). Ce fichu morceau de plombage logé dans un de mes sinus me rend hyper sensible au moindre changement de température surtout lorsque l’air est chargé d’humidité. De plus par les temps qui courent, tousser et avoir de la fièvre peut vite tourner à l’hystérie collective et avouons-le, personnelle. Pour la musique mon excuse c’est une grosse baisse de motivation due à un gros retour en arrière, désormais mon prof m’interdit de jouer de la basse comme une guitare et je dois donc tout reprendre à zéro en conciliant une très grande rigueur des gestes avec un travail exigeant sur le rythme et tout ça pour faire des notes isolées non musicales. Oh groove ! Je désespère de t’approcher un jour ! 🙄 Travailler faire mes dossiers ? Mais non ce sont mes vacances !!! Vendre ? pour encore vendre à perte comme cela a été le cas pour ma Norma 13×18 ? Bref pour chaque idée chaque projet je trouve systématiquement des réserves qui débouchent sur des abandons.

Mais au bout de tout cela si je fais mon examen de conscience derrière ces excuses et ces prétextes se cachent mon plus grand ennemi: je parle bien sûr d’Internet qui trouve toujours de nouvelles façon de dévorer mon temps libre. C’est ainsi que je viens de découvrir que mon abonnement à Amazon Prime me permet d’avoir accès à un impressionnant stock de séries que je peux voir en ligne sans limitations. C’est bizarre de retrouver les vieilles séries des années 90 (en V.O sous titrée en anglais bien sûr) et très sympa de découvrir les épisodes que j’avais loupé à l’époque. Sympa mais désastreusement chronophage surtout depuis ma rencontre naguère sans cesse remise à demain avec le docteur Who, une série extrêmement british dont je suis en train de devenir fan.

Ah Internet qu’est-ce que ma vie aurait été si tu n’avais pas débarqué ? Méchant Internet va !!!

Bon OK vous avez compris Internet n’est encore qu’une autre de mes excuses, mon vrai ennemi celui que je vois tous les jours dans mon miroir lorsque j’ai le courage de me raser c’est bien sûr cette immense flemme qui me colle à la peau.

Ma flemme est une vraie flemme sans circonstances atténuantes, une flemme d’élite qui n’a pas besoin d’excuses physiologiques pour exister, je suis en effet un très petit dormeur sans activités fatigantes. Ma flemme est un parasite qui collé à moi dévore mon temps, mes idées et mes projets pour les digérer avant d’excréter du néant malaisant qui perçu par mon entourage m’apporterait une honte sans cesse renouvelée.

Tu as fait quoi pendant tes vacances ?

Ben rien… (silence mutuel gêné)

En réalité c’est encore bien pire vu que je n’ai aucune honte de ce parasite qui m’accompagne depuis ma plus dure adolescence. Pour avoir honte de soi il faut être incapable d’assumer quelque chose et avoir de l’intérêt pour son entourage ce qui n’est pas mon cas. Je maudis ma paresse tout en l’acceptant comme un marin ivre maudit sa bouteille de whisky dans un rade du port tout en hurlant des élucubrations aux personnes présentes dont il se fiche royalement des « qu’en-dira-t-on ».

Au bout de ce gâchis totalement assumé et au moment de relire ce long texte pondu ce matin à la faveur d’une journée à rien faire, je me dis que tout n’est pas perdu. Ce texte est sympa et je trouverai peut-être du plaisir à le relire plus tard. J’ai aussi découvert que dans l’expression être légion, légion reste au singulier, l’orthographe exacte des « qu’en-dira-t-on » et quelques autres mots écrit dans ce passage sont aussi des découvertes enrichissantes pour la qualité de mon expression écrite.

Bref en racontant du « rien » j’ai fini par obtenir quelque chose.

Et ça tombe bien vu que c’est justement le slogan de ce blog ! CQFD ! 🙂

Bon pour rester dans le ton, cette petite chanson d’un esprit frère qui comme moi accepte et assume sa flemme tant et si bien qu’il en fait quelque chose :

« Passer du temps à rien faire mais bien le faire »

9 réactions sur “C’est congé, bousillées mes vacances!

  1. Génial…
    Je pense que nous vieillissons et qu’inexorablement la motivation en toute chose, pour toute chose, se réduit comme peau de chagrin.
    C’est ce que m’a dit la dernière nutritionniste que j’ai usée et qui ne pas fait perdre 1 seul malheureux kilo….hihi
    Elle a même ajouté les 20 kilos que vous aviez perdu il y a 15 ans c’est parce que vous aviez 15 ans de moins et que la motivation « cette bonne marraine la fée » jugeait bon de vivre encore à vos côtés.
    Bonne journée Laurent
    P.S: il y a une piste, le chamanisme et 2 ou 3 prières pour peut-être faire revenir ces bonnes fées autour de nous ;), à essayer en attendant courage

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  2. « Bref en racontant du « rien » j’ai fini par obtenir quelque chose » …

    Et ça c’est normal 😉
    Tu sais pourquoi ??
    Selon le grand Raymond Devos , « Rien c’est déjà quelque chose  » ..
    « Car rien … ce n´est pas rien
    La preuve c´est qu´on peut le soustraire.
    Exemple: Rien moins rien = moins que rien!
    Si l´on peut trouver moins que rien c´est que rien vaut déjà quelque chose! »

    Bonne soirée 😀

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