Il suffirait de quelques flocons…

Cela devait être une très bonne semaine. L’école pour nous tous seuls, plein d ‘idées et de projets sympas à faire avec les enfants. J’arrive donc de bonne humeur au boulot le matin mais je me retrouve très vite, trop vite face à la stupidité de certaines personnes qui ne méritent même pas d’être mentionnées.

Et vas-y que je te refile une stagiaire surprise avec un « prenez votre stagiaire » balancé comme si la pauvre fille était un paquet de linge. Et vas-y que l’on m’interdit de faire des croque-monsieur (oui pas de « s » j’ai vérifié) avec une machine sécurisé comme celle que l’on utilise dans notre cuisine au travail pour les gamins qui ont donc, par ce jour d’hiver froid et humide, mangé leurs sandwichs froids au lieu d’avoir un repas chaud et débarrassé des virus par la chaleur de la cuisson. Mon projet musique pendant les vacances est à l’eau aussi pour des raisons encore plus stupides. Bref ce qui devait être quatre jours géniaux est devenu un cauchemar sordide et agaçant.

Du coup j’étais d’une humeur massacrante et contrairement à mes habitude je n’ai pas été cordial avec la nouvelle stagiaire. Et puis bon les stagiaires qui passent à un rythme de plus en plus soutenu, j’ai ai aussi un peu marre. Marre aussi des parents qui nous envoient leurs gosses comme si nous étions un club franca. Et puis tant qu’à faire, marre de faire ce boulot en mode parano virus renforcé. Marre de mes collègues femmes qui parlent de moi dans mon dos, marre de tout en fait !

Ce soir je commence à comprendre ce qu’est le burnout mais je m’inscrit en faux contre ce terme qui suggère que le problème vient de l’intérieur de la personne. Je suis un éducateur passionné et plein de projets mais là je n’ai plus rien envie de donner car je me rends compte que plus je m’investis, moins on me respecte. Le vrai burnout c’est ça, c’est la conséquence au mieux d’une absence de reconnaissance ou au pire un dénigrement des efforts consentis par un professionnel.

Dans mon secteur professionnel on devrait tous porter des chemises roses pour symboliser le fait que nous les éducateurs, ne sommes que des feuilles de papier hygiénique que l’on utilise pour ramasser la misère excrémentielle de la France d’en bas avant de nous évacuer en nous jetant dans la cuvette sans même un regard et encore moins un merci sincère.

Bref, ce soir je suis comme mon mirabellier sous la neige que j’ai pris en photo en rentrant. Tout comme lui je suis fait de bois tendre, alors des jours comme ça il suffirait de quelques flocons de plus pour me faire craquer. Mais le printemps est encore loin, je me dois donc de tenir par respect pour les enfants et pour certaines familles avec lesquelles on peut encore travailler. 🙄

10 réactions sur “Il suffirait de quelques flocons…

  1. Et oui , quand l’administration stupide ( pléonasme) décide en lieu et place d’un professionnel compétent ça met les boules.
    On le voit dans ta spécialité , on le voit dans les hôpitaux ou pour monter d’échelon on doit casser ce qui existe .
    Morlaix petit hôpital , c’est vu dépossédé de sa réa , de sa cardio et d’une partie de sa gastro.
    La directrice a donc très bien travaillée , elle a maintenant pris ses fonctions à l’hôpital de St Brieuc …. et si elle tient à son siège ,il va y avoir de la casse.
    Et pour ce qui est des collègues , beaucoup de moutons qui par peur suivent le troupeau .
    Courage 😉

    Aimé par 1 personne

    • Salut ! Un de mes anciens collègue est passé chef et du coup ce soir je lui demandais pourquoi de telles absurdités, il me répond que les responsables sont terrifiés par la peur que l’on nous impute une contamination et du coup ils interdisent tout. Mouhais…ta,t qu’à faire autant laisser les enfants chez eux comme ça ils mangent chaud et ont les mêmes vacances que leurs frères et sœurs.

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  2. Ah les responsabilités …. qu’est ce qu’on ne fait pas comme c……ies en leurs noms.
    Le bien etre du patient passe après , mais tant pis , ça leur permet de dormir sur leurs deux oreilles .
    Par contre , demande lui si un gaufrier est un véhicule de Covid …. attention précise qu’il est branché et chaud …..tu connais l’histoire avec Fernand Reynaud 😉

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  3. Mon Laurent,
    Comme tu décris tout cela avec limpidité …
    Oui le burnout c’est ça, c’est une personne qui par trop d’investissements et de très peu de reconnaissance, finit par craquer.
    Quand tu le décris cela me fait penser à une amie, ou même à des situations passées…
    l’image du papier toilette est forte mais on en est là, bien malheureusement.
    je te souhaite du courage, ce mauvais moment doit passer c’est sûr, et puis il me tarde de voir ton beau mirabellier en fleurs !!!!
    Bisous Laurent

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