Sur un air de burnout

Je me retrouve une fois de plus devant cet écran pour rédiger on billet « perso » de ce blog. Alors vu que je n’ai rien de particulier à raconter aujourd’hui je vais laisser mes doigts filer sur le clavier histoire de voir ce qu’ils vont raconter.

Ces doigts qui aujourd’hui encore se sont crispés de colère dans mes poings face à certains comportement des enfants que nous accompagnons, ces doigts qui tapotent d’impatience sur la table, ces doigts qui aimeraient bien être en vacances pour se balader le long d’un manche de guitare ou mieux encore de basse.

Hélas oui, le ton est donné suite au constat que ma collègue et moi avons fait aujourd’hui : Il nous sera impossible de continuer à exercer ce métier à 60 ans. Aujourd’hui nous n’avons pas fait grand chose mais non étions pourtant très fatigués voire épuisés. Nous avons tous deux la quarantaine plus que bien sonnée et une grosse inquiétude pour la suite de notre carrière professionnelle.

Pourtant elle comme moi aimons notre travail et avons beaucoup d’affection pour les enfants que nous accompagnons y compris pour les plus problématiques, mais la situation sanitaire, la sensation d’isolement (travailler à deux avec 10 enfants dans une grosse école primaire vide de toute autre présence c’est assez étrange), la mauvaise foi de certains parents, le désintérêt pour notre travail manifesté par d’autres, les manipulations de notre hierarchie, bref tout cela nous plombe et vient diminuer notre enthousiasme.

Et au bout de tout ça ce qui va se passer et qui se passe déjà pour ma collègue, c’est le corps qui dit non, qui commence à caler. Ma collègue va ainsi passer sur le billard cet été pour une opération bénigne mais très handicapante voire dangereuse si elle n’est pas traitée rapidement et soigneusement. 😦

Pour ma part je n’écoute jamais mon corps et lui n’écoute pas trop mon cerveau, c’est d’ailleurs le secret de ma longévité ! 😆 Mais je sais que je vais finir par en avoir marre de tout ça surtout que la fragilité de ma situation personnelle risque de me faire basculer dans la précarité d’un mois à l’autre. En attendant la grande crise, je tremble le jour et j’accumule les cauchemars la nuit. Mon moral est en berne mes espoirs de l’histoire ancienne.

Mais comme le flic du film des années 80 je dois tenir bon, me lever demain matin et trouver une raison de passer une autre matinée dans l’école déserte. Pour demain ça va être facile car le mercredi c’est le jour où notre petit groupe répète notre second titre. Après la chanson sur le CORONA, nous avons écrit une chanson sur l’été qui arrive, une chanson pleine d’optimisme en trois couplets avec des paroles qui évoque les plaisirs simples de cette belle saison le tout plaqué sur le fameux titre « Seven nation army » des White Stripes .

Ma bassiste maitrise enfin sa ligne de basse, le petit filou au clavier a enfin accepter de jouer à la bonne octave et le batteur fera des efforts si je le laisse jouer sur l’ordinateur en fin de matinée. Bref demain sera peut-être enfin le jour où notre répétition ressemblera à quelque chose de présentable. Et même si c’est nul et bien on s’en moquera car on aura rigolé et nous avons encore deux mois pour enregistrer notre titre.

Ces petits plaisirs qui me font tenir… 🙄

6 réactions sur “Sur un air de burnout

  1. C’est une très mauvaise passe et tu en parles de manière très limpide. Tu as raison de craindre que le corps finisse par dire stop à ta place. Le corps est d’une intelligence redoutable, et lui, il ne triche pas. Je ne sais pas quoi te dire, mais je sais que chaque jour ne ressemble jamais au précédent et que heureusement la vie nous réserve ses secrets.
    J’ai tellement eu de moments comme ce que tu décris que je connais l’usure psychologique que cela provoque en soi. Et puis il ya cette situation horrible de mort du tissu social (qui ne vaut que ce pourquoi il vaut, mais quand même …), de manque de relationnel…
    Ce qui est affligeant c’est le comportement des parents…
    Et là tu ne peux pas lutter, tu es obligé d’accepter que tu es impuissant.
    Tu ne sauveras pas le monde de son hypocrisie et de son injustice.
    protège toi, ménage toi de beaux moments simples pour toi.
    N’oublie jamais , que tu es la personne la plus importante au monde à tes propres yeux !
    je t’embrase fort
    Corinne

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    • Merci Corinne, mais je te rassures je vais bien, j’exprimais juste mes peurs à moyen et long terme. Le manque de relations je m’y fait très bien vu que j’ai toujours été un solitaire et pour le reste et bien je vis dans le présent en évitant de trop penser à l’avenir. L’avenir ne me réserve aucune bonne surprise car je ne fais rien pour déclencher des évènements heureux, mais bon tant que l’on reste sur des choses ni bonnes ni mauvaise quitte à être répétitives ça me va très bien. La répétition c’est pourtant une forme de mort. En parlant de répétition, ce matin nous n’avions que 6 enfants les autres étaient restés au lit suite aux fêtes musulmanes d’entrée en Ramadan. Nous avons bien travaillé mais les vacances nous feront tous du bien petits et grands. 😀

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