Archive du Samedi 10 Juin 2006
Cher Francis,
Hier soir, lors d’une rĂ©union je me suis rendu compte une fois de plus de l’effroi des adultes face aux jeunes. Les personnes en parlaient comme des dĂ©linquants en puissance, des inutiles, des ĂŞtres que plus rien n’intĂ©resse, des irresponsables.
Et oui une fois de plus je constatais que le fossĂ© entre les gĂ©nĂ©rations s’agrandissait, accĂ©lĂ©rĂ© par les reprĂ©sentations erronĂ©es que chaque camps a sur l’autre.
Bien sĂ»r en tant que travailleur social en formation, j’ai pris la parole et j’ai invitĂ© les personnes qui s’exprimaient Ă changer leur regard en leur donnant d’autres clefs de lecture.
Cependant ce n’est pas avec mes maigres notions de psycho et de socio simplifiĂ©es Ă l’extrĂŞme que j’arriverai Ă changer les choses. D’un autre cotĂ© vu que je refuse de voir le tissu social se dĂ©sagrĂ©ger davantage dans mon petit village, je pense que dans un avenir proche je tenterai de mettre en place avec d’autres personnes des projets pour rassembler un peu tout le monde.
Mais pour l’instant, et ce jusqu’Ă la fin de ma formation, je continuerai Ă expliquer aux personnes qu’elles ne doivent pas craindre les jeunes et refuser de jouer leur rĂ´les d’adultes structurants vis Ă vis d’eux. Les concepts ont sans doute du mal Ă passer mais le sentiment d’espoir que cherche a partager, est lui bien mieux accueilli.
Pour en finir avec ce propos, j’espère mon cher Francis que la vie associative dans laquelle je prendrai bientĂ´t plus de responsabilitĂ©s, me permettra de concrĂ©tiser mes grandes idĂ©es. Cela pourrait commencer par un geste tout simple, comme inviter les jeunes qui traĂ®nent dans un abribus Ă monter avec les adultes du village les chapiteaux et structures lors de l’une de nos manifestations culturelle ou sportive…
Vivement donc la fin de ma formation.
EspĂ©rons qu’entre-temps, la rĂ©gion et le pays tout entier ne sombrent pas encore plus profond dans la dĂ©prime.







