Revanche chocolatée

Voici quelques temps que je me fais moins hurler dessus quand je fais de la pâtisserie chez moi. Du coup j’ai eu comme ambition de faire des gâteaux d’anniversaire au chocolat pour les anniversaires des enfants que j’accompagne. 😎

J’ai regardé testé et compilé des dizaines de vidéos techniques sur You Tube avec des vrais pâtissiers professionnels pour tenter de faire quelque chose d’acceptable et voici ce que cela a donné :

  • Le premier gâteau pas mal mais génoise trop compacte
  • Le second gâteau génoise au top mais accident idiot (confusion entre sucre et sel, et oui ça n’arrive pas que dans les animes et mangas) 😆 Donc poubelle
  • Et aujourd’hui la revanche sur cette stupidité de ma part, la création d’un gâteau que j’ai inventé en m’inspirant de certains pralinés Lindt:
Oui la photo est pourrie, pas trouvé mieux désolé.

Voici donc ma création du jour, un gâteau facile et complexe à la fois et surtout un dessert dont on ne prend qu’une part, je l’ai nommé le décadent. 😈

Bon alors oui c’est encore un peu brouillon ce n’est que mon troisième gâteau, mais j’en suis fier car bien que trop nourrissant il est très savoureux car il met en place une alliance entre le chocolat pâtissier au lait et les amandes que j’ai caramélisées moi-même. 😀

Et voici grosso modo la recette du monstre pour dix personnes voire plus….

  • Prendre 7 œufs les sortir du frigo pour qu’ils ne soient pas froids, les casser dans un récipient et peser. Pour la suite on va dire que cela fait 400 grammes.
  • Préparer un moule à génoise rond et haut en le beurrant et le farinant, réserver.
  • Lancer le four en chaleur tournante 180 degrés.
  • Là ça devient physique car il faut battre avec le fouet électrique à pleine puissance le mélange 7 œufs plus 200 gr de sucre en poudre pendant sept minutes jusqu’à qu’il blanchisse et triple de volume, alors oui c’est crevant.
  • Prendre 200 gramme de farine (spéciale gâteau du super U) ou 100gr farine et 100 gr maïzena tamiser dans la préparation.
  • Et là le moment critique : incorporer la farine avec une spatule mais sans mélanger pour ne pas faire baisser le mélange. Il faut donc faire un mouvement de bas en haut très délicatement.
  • Une fois cela fait, mettre la pâte dans le moule à génoise et enfourner.
  • Pendant la cuisson préparer la ganache en prenant 500gr de chocolat, briser un petits morceaux et mettre dans un saladier. Couper 80gr de beurre en petit cubes.
  • Faire chauffer 30cl de crème liquide entière, dès qu’elle frémit la retirer et la verser sur le chocolat, laisser infuser.
  • Mélanger, doucement jusqu’à avoir un mélange lisse et ajouter le beurre en morceau.
  • Réserver au frigo, la ganache va se solidifier.
  • Prendre une poêle la mettre au feu sans rien dedans puis déposer des amandes effilées, mélanger doucement lorsqu’elles brunissent ajouter le sucre en poudre, et mélanger encore une minute pour que le caramel se forme.
  • Assembler le gâteau et le remettre au frais.
  • Oublier son régime !!! 😈

Orange amère

Lorsque je fouille dans mes souvenirs d’enfant, les premières vacances dont je me souviens étaient les vacances sous la tente avec ce sable qui entrait partout et pas mal d’angoisses la nuit.

Puis l’année de mon entrée en CM1, ma mère avait négocié avec ma maitresse pour que je commence l’année scolaire une semaine plus tard que mes camarades car son idée était de partir en vacances non pas avec mon père qui faisait souvent des crises de nerf mais avec ma sœur pour bien en profiter.

Ma mère et ma sœur avaient choisi Port la Nouvelle comme ville de plaisance et pour la première fois j’allais découvrir les vacances dans un bâtiment en dur, à vrai dire un petit studio meublé avec sa kitchenette.

Je pense ne jamais avoir été aussi heureux, la mer partout à moins de 100 mètres du studio, une immense cour pleine de jeux incroyables et des dizaines d’enfants avec lesquels je m’amusais beaucoup.

Les années passèrent et chaque année je revenais avec ma mère à Port a Nouvelle, mes séjours annuels dans cette ville du bord de mer était devenu plus que des vacances, c’était un vrai rituel obligé.

Et au niveau du rituel dans le rituel, la première chose que nous achetions une fois arrivé en bord de mer c’était un pot de confiture bonne maman à l’orange amère. Pourquoi ce fruit ? Et bien tout simplement parce que c’était la confiture la moins chère du magasin car même en vacances nous faisions attention à tout.

Manger des glaces à l’eau en regardant les bateaux ce n’était pas une chanson mais mon vécu.

Puis peu à peu l’envie de passer plus de temps en bord de mer nous tenta au point de passer minimum 4 semaines en été dans un autre studio plus grand plus luxueux. 2000 euros de location c’est cher mais on économisait toute l’année pour ça et on n’allait pas au restaurant et nous faisions la cuisine avec des produits sains locaux et peu chers. Une fois que j’ai décroché mon CDI c’était devenu encore plus facile de financer cette escapade annuelle.

Et toujours ce pot de confiture à l’orange amère.

Aujourd’hui cela va faire trois ans que je n’ai plus revu la mer, car ma mère n’a plus assez d’autonomie et de mobilité pour profiter de telles vacances. Je ne peux pas y aller de mon coté car je ne peux pas la laisser seul.

Donc adieu les longues baignades, les saveurs locales, les bruits du marché, le soleil, la chaleur, les photos, le labo sur le balcon au petit matin pour développer mes films à 20 degrés, adieu le plaisir d’observer la vie pathétique des gens sur la plage débordés par leurs gosses, adieu tout ça et bien plus…

Il ne me reste donc plus qu’une seule chose, c’est un bocal de confiture à l’orange amère que j’ai acheté hier pour me rappeler de tous ces bons souvenirs et aussi pour marquer l’arrivée de l’été.

J’aurai pu écrire de façon plus poétique en jouant sur mère, mer, amères mais bof pas vraiment envie…

Alors non je ne suis pas en mode déprime car en fait si j’y réfléchis bien, ce qui me manque le plus c’est la mer.

Mais voir la grande bleue profanée chaque année par les masses de vacanciers qui n’ont aucune éco-logique, observer les commerçants qui tels des parasites répugnants se nourrissent en suçant le sang des vacanciers à travers diverses arnaques institutionnalisées, constater chaque année de nouvelles dégradations dans le biotope marin, de nouvelles formes de pollution, se rendre compte que les locaux ne veulent pas communiquer même après avoir passé plus de trente ans chaque été chez eux, bref tout ceci et le reste fait qu’en fait je ne regrette pas tant que ça ces vacances à la mer surtout si c’est pour être le témoin impuissant de la mort programmée de mon amie la mer.

Si je pouvais trouver un endroit où nager vers chez moi en toute sécurité et loin des foules urbaines, ce serait juste parfait…

Mais bon, il ne faut pas rêver.

Bientôt la fin !

Oui bientôt la fin de cette année scolaire difficile et fatigante, vendredi je dis au revoir aux enfants pendant six semaines et je me concentre sur les soucis à la maison. Alors en attendant je vais me coucher car là je n’ai pas le force de raconter plus de choses et si je me force ça va être du n’importe quoi. 🙄

Instants de solitude

Je viens de rentrer d’une journée de travail des plus étrange. Nous avons présenté notre chanson sans le jeune qui est au clavier et qui était malade et bien sûr le résultat a été très décevant par rapport au niveau que les enfants avaient atteint pendant les répétitions.

Mais bon cela n’est pas le plus important.

Aujourd’hui je parlais à ma collègue de mon idée d’offrir un cadeau à une jeune fille du groupe à l’occasion de son départ. Mon idée c’était de lui donner un collier avec en guise de pendentif le médiator qu’elle avait utilisé pour jouer de la basse dans le spectacle d’aujourd’hui. C’est alors que je reçois une réaction qui m’a déstabilisé, puisqu’elle me répond que mon idée est plus que mauvaise mais carrément déplacée.

Et là encore je réagis avec une certaine émotion comme un gamin choppé la main dans le bocal à bonbons car oui, je viens encore de me faire prendre à ce piège dans lequel je tombe chaque fois que je dis au revoir à des enfants avec qui j’ai beaucoup partagé de choses. Le piège de l’attachement.

Dans notre métier il existe plusieurs doctrines pour gérer le coté humain de la relation éducative. J’ai ainsi des collègues qui réfutent l’idée même d’attachement vis à vis des enfants et se borne à une bientraitance très professionnelle sans aucune émotion superflue, d’autre avouent avoir des préférences pour tels ou tels enfants, d’autres enfin comme moi investissent beaucoup certains enfants au point de ressentir un immense sentiment de perte et donc de tristesse lorsque vient le moment de passer le relais à d’autres professionnels.

Dans mon cas cela va encore plus loin puisque ce sentiment de perte se double d’une autre émotion encore plus triste, celle d’un constat sur ma vie personnelle qui prend la forme d’un genre d’amertume. Je pense à ces enfants avec qui j’ai partagé tant de choses et qui vont partir, vivre et devenir alors que moi je ne reçois que ce sentiment de perte et la perspective une vie qui ne cesse de perdre sa saveur comme un chewing-gum mâché trop longtemps.

Oui c’est stupide, mais voilà, ma vie en plus de perdre son intérêt ne cesse de se compliquer avec de plus en plus de choses à gérer notamment avec ma mère âgée et une totale absence d’aide.

Je vais donc encore vivre un été pourri, un été qui font partie de ceux que l’on oublie et pour tenter d’échapper à cette souffrance pour tenter de positiver et de me donner un bon rôle de gentil éducateur, j’ai voulu offrir un collier à une gamine en me mentant à moi-même sur mes vraies motivations. Dans ma tête c’était pour qu’elle ait un souvenir de son concert et qu’elle garde son médiator comme le symbole durable d’un moment de réussite lui rappelant qu’elle est capable de réussir. Mais au niveau de mon subconscient c’était lui imposer le souvenir de son vieil éducateur qui va sans doute encore pleurer comme un gosse au moment de lui dire adieu. Laisser un petit bout de moi l’accompagner dans sa vie future pour que je puisse devenir autre chose que ce que je suis destiné à être pendant les quelques années qui me restent à vivre.

Car oui je suis un être très sensible dans tous les sens du terme, c’est à dire que je ressens les choses et les émotions des personnes et que je suis souvent submergé par mes états d’âme. Je mouille d’ailleurs mon clavier de mes larmes rien qu’en tapant ces lignes. Et à chaque été à chaque au revoir ce sera la même chose, un sentiment de perte, une jalousie face à une vie qui s’élance alors que la mienne périclite.

Au final les psychologues dans les centres de formations devraient peut-être écarter les candidats présentant des carences affectives et des vies pathétiques. Mais pour ceux qui comme moi sont passés à travers, il ne reste plus qu’une chose à faire, remplir sa vie avec autre chose que le travail.

Mes projets estivaux et ma musique suffiront-ils pour cela ? J’en doute car chez moi les manques affectifs sont si forts que j’ai débranché la machine depuis longtemps.

Le souci c’est qu’elle se rebranche chaque année au mois de Juillet et que pour la déconnecter complétement il n’y a qu’une solution que je n’ai toujours pas le courage d’utiliser.

Rush…

Chaque année c’est la même chose, je suis à la bourre pour rédiger mes écrits de fin d’année. Ce qui est stupide c’est que je suis obligé de le faire chez moi sur mon temps personnel car les temps alloués pour cette tâche ont été consacrés aux entretiens avec les familles…

J’en ai marre de tout ça et de cet exercice périlleux où je dois mettre l’accent sur les progrès et y aller doucement sur les difficultés tout en restant compréhensible pour les famille. Oui c’est la quadrature du cercle…

Mais bon assez râlé j’y retourne !

Musical week #3: La musique et moi

Certaines personnes naissent avec des vraies aptitudes pour la musique, d’autres comme moi viennent au monde avec un fort attrait pour cette forme d’art mais sans avoir de prédispositions pouvant faciliter les apprentissages.

D’aussi loin que je m’en souviens, j’ai grandi dans une maison où la musique était omniprésente et même si mon père ouvrier n’a pu s’acheter sa première chaine hifi que quelques mois avant sa mort, cela n’empêchait pas mon frère de passer en boucle de très bons albums sur cassettes et vinyles.

Du coup vers mes dix ans au lieu d’aller jouer avec les autres enfants et de faire les bêtises ordinaires de gamins qui vont bien, j’étais souvent couché sur une couverture dans la pelouse à écouter un album de Pink Floyd sur un magnétophone branché avec une rallonge.

Comme tant de gamins après avoir écouté certains concerts, j’ai cassé les pieds de mes parents pour qu’ils m’achètent une flute avec laquelle je n’ai jamais joué faute de savoir comment m’en servir. D’autres instruments du même genre sont ainsi entré et ressortis de ma vie de façon très rapide. 😆

Puis arriva le temps du collège, la découverte de l’anglais en sixième et de réelles difficultés à investir cet apprentissage jusqu’ici inédit : l’apprentissage peu motivant d’une langue étrangère. Et c’est là que la musique accompagnées d’une série de faits trop invraisemblables pour être qualifiés de coïncidences vint à mon secours.

Un soir alors que ma mère était à une réunion de caté, mon père qui voulait toujours me faire écouter sa musique me demanda de rester avec lui pour regarder les enfants du rock, c’était une émission sur les Beatles avec en point d’orgue la diffusion du dessin anime long métrage « Yellow submarine » Pour moi ce fut une révélation, voire une révolution dans ma vie car mon intérêt pour ces mélodies et cet univers bariolé se transformèrent en une quête féroce qui dura plus de dix ans. Mon but était simple, je voulais trouver toutes les chansons des Beatles et maitriser leur langue.

Quelques mois plus tard mon frère me fit sans doute le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant, un vinyle premier pressage du premier album des Beatles tout gribouillé au crayon et un song book avec des tablatures. Mon intérêt pour les Beatles et l’anglais décolla avec l’achat de ma première guitare, achetée à mon coiffeur pour 50 francs. C’est avec cette petite guitare classique que je découvris les accords avant d’inventer des rythmiques et des mauvaises façons de jouer qui aujourd’hui encore sont ancrées si profondément qu’elles freinent mes apprentissages à la guitare et à la basse. 😈

Mais qu’importe, jouer des chansons simples, chanter les chansons, travailler mon oreille ma mémoire, tout cela grâce à la musique firent de moi un très bon élève du cours d’anglais et au delà de cela me permirent d’atteindre un niveau qu’aujourd’hui encore je pense être proche du niveau anglais courant.

Ce fut le premier don que je reçu de la musique.

Bien plus tard pendant l’épreuve du confinement et ma panique suite à une grosse bronchite qui faute de tests à l’époque me fit craindre le pire, je traversais des heures très ombres hantées par de noires pensées auto destructrices. Et là encore lorsque n’arrivant pas à dormir je me relevais à 3h00 du matin, je prenais une guitare et je composais des petits morceaux de musique qui me calmaient. Sans vouloir trop exagérer je pense pouvoir dire qu’à cette époque de solitude et de terreur, la musique fit plus que calmer mes nerfs mais m’évita de faire le pire.

Alors vu que le second don de la musique fut de me sauver la vie, j’avais décidé de la mettre au centre de ma vie en reprenant des cours de guitare puis de basse, instrument que j’avais toujours aimé dans les morceaux que j’écoutais.

Au bout d’un an constatant que les méthodes pédagogiques de mon prof de guitare ne me convenaient pas, je décidais de me focaliser sur la basse, et depuis je m’accroche encouragé par quelques progrès.

Et c’est là que la musique qui ne cesse de couler en moi me parla pour la troisième fois pour m’annoncer qu’elle m’accordait un troisième don, sans doute le plus beau de tous, celui de me donner l’envie de la partager en montant des projets musicaux avec les enfants au travail. Là encore comme par hasard (ben voyons) je me retrouve en équipe avec une enseignante qui aime beaucoup la musique et ça ce n’est pas nouveau mais aussi et là c’est énorme, avec une éducatrice qui m’annonce qu’elle est chanteuse dans un groupe ! Alors fort de mes petits progrès comment résister à l’envie de partager cette passion avec les enfants et de vivre des moments merveilleux avec eux.

Voir la grande du groupe qui est souvent en échec s’intéresser à la basse que je lui ai mis dans les mains et après quelques mois réussir à jouer la ligne de basse qui est la colonne vertébrale de notre chanson que nous allons présenter en concert le 6 juillet. La voir courir avec sa basse et appeler les adultes pour leur montrer avec fierté qu’elle arrive à jouer cette mélodie bien connue (seven nation army des white stripes). Puis découvrir chez un de nos jeunes garçons de réelles aptitudes pour la musique qui lui permettent d’apprendre la même chose que la grande en trois fois moins de temps. Et après quelques semaines de travail, les entendre jouer ensemble et les voir s’émerveiller en comprenant qu’ils ont atteint un stade très important dans leurs apprentissages de musiciens.

Et tous ces moments comiquement absurdes comme hier lorsque le jeune garçon qui maintenant préfère prendre sa guitare au lieu de jouer aux legos vient vers moi pour que je lui apprenne d’autres choses et lui faire écouter « Smoke on the water » de Deep Purple et voir ses yeux briller lorsque je lui annonce qu’il la jouera sur scène pour le spectacle de Noël.

Tout cela et ce qui va suivre forment sans doute ce que la musique a de mieux a offrir à une personne; lui donner la chance de la faire découvrir à d’autres en vivant d’intenses moments de joie, comprendre que pour aller plus loin on ne peut travailler seul, trouver d’autres personnes et travailler avec elles pour monter des projets, bref, offrir et recevoir pour le plus grand bien de tous les acteurs du projet enfants comme adultes.

C’est ce troisième don que m’a fait la musique qui fait que je suis si heureux d’aller travailler tous les jours car lorsque j’arrive dans notre salle éducative, je contemple à coté du grand tableau notre armoire pleines d’instruments qui me rappelle que pour les enfants que nous accompagnons, la musique est devenue dans le cadre d’un réel apprentissage, un vrai support de progression, de valorisation et d’épanouissement.

Du coup en écrivant ces lignes je me rends compte que la musique en plus de m’apprendre l’anglais, de m’avoir sauvé la vie et de s’être mise au service de mon métier, m’a aussi permis de m’ouvrir encore un peu plus aux autres avec les cours et les conseils que je recherche pour mes projets et m’a surtout apporté un réel sentiment sans cesse renouvelé de bonheur.

Alors toi qui me lis, c’est quand que tu t’y mets à la musique ? Mais réfléchis bien avant de le faire, la musique quand elle nous parle peut bouleverser nos vies ! :mrgreen:

Mon mardi bordélique

Alors dans l’ordre l’oiseau a passé la nuit, le lendemain il était moins vaillant mais toujours en vie, je l’ai ramené à l’école ou le trajet en 309 lui a encore fait perdre des forces, je lui ai donné deux vers de farine en le forçant avant d’embêter les dames de ménages qui désinfectent les tables de toutes les salles de classe de l’école jusqu’à ce qu’elles me trouvent un escabeau.

J’ai remis l’oiseau moribond dans son nid (le droit de mourir chez soi) et à peine descendu de ce fragile moyen d’élévation, une horde de gamins viennent me chercher. Ils ont trouvé un autre oisillon ! le temps d’arriver c’est un second oisillon puis un troisième volatile réussit l’exploit de voler sur plusieurs mètres dans la pelouse, j’improvise donc un nid sur un des grands arbres de la cour pour déposer les trois rebelles et je prie les enfants de quitter les lieux pour que la mère s’occupe de sa progéniture bien mal barrée.

Et bien sûr ces gosses de ville fascinés par le vivant, par leurs projections et aussi je le suspecte, par leurs pulsions destructrices, refusent de m’écouter. Je leur réexplique, je me fâche rien n’y fait ! Tout comme ces stupides oisillons qui refusent de rester en sécurités dans leurs nids, les enfants refusent de respecter ce que la nature tente de faire péniblement en ville : assurer la survie des oiseaux. Les sanctions pleuvent, je suis fatigué, en nage et je crève de soif aussi…

Au bout de tout ça et de pas mal d’autres choses à raconter, je rentre chez moi. Le temps de chercher une tondeuse sur Internet et de gérer les soucis de la maison, je me retrouve devant cet écran pour mon billet quotidien. Il est 21h30, je vais finir là.

Promis, la semaine prochaine, une fois la fête des pères passée, j’aurai le temps de développer un sujet qui me tient à cœur ! En attendant faites comme moi, méfiez-vous des oiseaux chronophages ! 😆

Journées Warhol

Hier et aujourd’hui j’ai vécu deux fois les fameuses 15 minutes de gloire prophétisées par ce cher Andy Warhol. Alors oui je vais encore passer dans le journal régional et on va encore parler de mes projets en termes élogieux, mais au bout de tout cela je ne me fais pas d’illusions car la réalité derrière cette jolie image de réussite est très différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette.

Hier c’était la grande réunion avec le grand patron, on me demande une nouvelle fois de présenter mes projets et je m’exécute sachant que dans la salle beaucoup de personnes n’en ont rien à faire. Je ne sais pas si c’est parce que je tente toujours des choses nouvelles avec les enfants avec lesquels je travaille ou si c’est parce que je médiatise tout ce que je fais en le publiant sur le blog de mon groupe (en espérant que les parents le visitent un jour), mais au bout du compte ce sont toujours mes projets qui sont mis en avant ce qui donne l’impression que je suis le seul à faire des activités sympas.

Et cela agace pas mal de monde et pas seulement les collègues qui doivent en avoir marre de toujours voir mon travail mis en valeur.

Hier j’évoquais mes projets musique, photo, vidéo et autres et aujourd’hui c’était le vernissage d’une exposition faite avec les photos réalisées par un groupe constitué d’enfants de mon groupe et d’enfants accueillis aux Francas. Deux ans de travail moins la pose virus, des milliers de photos faites, un énorme travail de tri réalisé par les enfants chapeautés par votre serviteur et une animatrice qui n’était même pas là ce soir…

Alors oui, j’ai payé de ma poche le matériel, j’ai travaillé très dur avec les enfants (bon on a aussi beaucoup rigolé) et ce soir j’ai improvisé un beau discours sur les bienfaits de la photo comme outil éducatif et sur le vivre ensemble que j’ai travaillé tout au long du projet. Pluie d’applaudissement, un pot (le premier depuis le virus) et puis ?

Et bien rien de plus, si je reconduis mon projet photo l’année prochaine j’aurai des petits mots et des attitudes qui montrent que j’agace les collègues avec ça (elles sont belles tes photos)et je n’aurai aucune aide si jamais un des dix appareils restant vient à tomber en panne. Un enfant a laissé tomber un de mes bridges ? C’est mon problème ! Ou dans le meilleurs des cas il faut voir avec l’assurance.

Alors pourquoi est-ce que je continue ?

Et bien pour trois raisons, la première très égoïste c’est que je m’amuse beaucoup et que je prends du plaisir à partager cette passion avec les enfants qui le demandent. La seconde c’est que je continue de croire aux vertus éducatives de la photo comme outil dans l’accompagnement du handicap mental léger et la troisième et peut-être meilleure raison, c’est tout simplement que les enfants me réclament sans cesse cette activité.

Je ne force jamais les enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire mais lorsque je parviens à les intéresser à une activité au point qu’ils l’investissent en faisant de réels efforts et bien je ne peux que les soutenir.

Demain je vais enregistrer ma bassiste et mon guitariste, pour eux c’est la même chose ils ont voulu se lancer et ont travaillé très dur pour arriver à ce que nous allons faire demain.

La semaine passe vite quand on s’amuse et que l’on est passionné ! 😀

Mes trente glorieuses ?

Vous connaissez la période dite des trente glorieuses, cette période de croissance qui a duré de la fin de la guerre jusqu’aux chocs pétroliers.

Et bien moi je suis en train de vivre des journées glorieuses puisque depuis vendredi, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne règle un problème important.

Vendredi prise des rendez-vous parents en bloc et incroyable séance de basse avec mon prof, samedi un vrai miracle avec la tonte de ma pelouse et le nettoyage du terrain, dimanche arrachage de la dent malade du chat, (problème qui durait depuis des mois) lundi au travail grosses avancées avec les enfants… bon je ne donne pas tous les détails mais là ce soir visite chez le véto et début d’un traitement rénal pour chat âgé.

Chez ce véto j’y suis resté deux heures, j’aurai donc de quoi raconter pas mal de choses entre Balou le chien blessé à la gorge et les chats qui font miaou (le mien fait waaaaaaa car c’est un siamois).

Mais désolé pour les fan de Marc et Sophie ce soir la chronique va s’arrêter là car je dois faire un écrit important pour relever les paroles inquiétantes d’un des enfants que j’accompagne.

J’ai envie de rester dans ma lancée dynamique mais là pas pour moi mais bien pour aider ce pauvre gamin à aller mieux. Et pour ça il me me falloir être très diplomate avec les parents. On marche sur des œufs…

A mardi prochain pour la suite de mes « aventures ».