Mon mardi bordélique

Alors dans l’ordre l’oiseau a passé la nuit, le lendemain il était moins vaillant mais toujours en vie, je l’ai ramené à l’école ou le trajet en 309 lui a encore fait perdre des forces, je lui ai donné deux vers de farine en le forçant avant d’embêter les dames de ménages qui désinfectent les tables de toutes les salles de classe de l’école jusqu’à ce qu’elles me trouvent un escabeau.

J’ai remis l’oiseau moribond dans son nid (le droit de mourir chez soi) et à peine descendu de ce fragile moyen d’élévation, une horde de gamins viennent me chercher. Ils ont trouvé un autre oisillon ! le temps d’arriver c’est un second oisillon puis un troisième volatile réussit l’exploit de voler sur plusieurs mètres dans la pelouse, j’improvise donc un nid sur un des grands arbres de la cour pour déposer les trois rebelles et je prie les enfants de quitter les lieux pour que la mère s’occupe de sa progéniture bien mal barrée.

Et bien sûr ces gosses de ville fascinés par le vivant, par leurs projections et aussi je le suspecte, par leurs pulsions destructrices, refusent de m’écouter. Je leur réexplique, je me fâche rien n’y fait ! Tout comme ces stupides oisillons qui refusent de rester en sécurités dans leurs nids, les enfants refusent de respecter ce que la nature tente de faire péniblement en ville : assurer la survie des oiseaux. Les sanctions pleuvent, je suis fatigué, en nage et je crève de soif aussi…

Au bout de tout ça et de pas mal d’autres choses à raconter, je rentre chez moi. Le temps de chercher une tondeuse sur Internet et de gérer les soucis de la maison, je me retrouve devant cet écran pour mon billet quotidien. Il est 21h30, je vais finir là.

Promis, la semaine prochaine, une fois la fête des pères passée, j’aurai le temps de développer un sujet qui me tient à cœur ! En attendant faites comme moi, méfiez-vous des oiseaux chronophages ! 😆

Journées Warhol

Hier et aujourd’hui j’ai vécu deux fois les fameuses 15 minutes de gloire prophétisées par ce cher Andy Warhol. Alors oui je vais encore passer dans le journal régional et on va encore parler de mes projets en termes élogieux, mais au bout de tout cela je ne me fais pas d’illusions car la réalité derrière cette jolie image de réussite est très différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette.

Hier c’était la grande réunion avec le grand patron, on me demande une nouvelle fois de présenter mes projets et je m’exécute sachant que dans la salle beaucoup de personnes n’en ont rien à faire. Je ne sais pas si c’est parce que je tente toujours des choses nouvelles avec les enfants avec lesquels je travaille ou si c’est parce que je médiatise tout ce que je fais en le publiant sur le blog de mon groupe (en espérant que les parents le visitent un jour), mais au bout du compte ce sont toujours mes projets qui sont mis en avant ce qui donne l’impression que je suis le seul à faire des activités sympas.

Et cela agace pas mal de monde et pas seulement les collègues qui doivent en avoir marre de toujours voir mon travail mis en valeur.

Hier j’évoquais mes projets musique, photo, vidéo et autres et aujourd’hui c’était le vernissage d’une exposition faite avec les photos réalisées par un groupe constitué d’enfants de mon groupe et d’enfants accueillis aux Francas. Deux ans de travail moins la pose virus, des milliers de photos faites, un énorme travail de tri réalisé par les enfants chapeautés par votre serviteur et une animatrice qui n’était même pas là ce soir…

Alors oui, j’ai payé de ma poche le matériel, j’ai travaillé très dur avec les enfants (bon on a aussi beaucoup rigolé) et ce soir j’ai improvisé un beau discours sur les bienfaits de la photo comme outil éducatif et sur le vivre ensemble que j’ai travaillé tout au long du projet. Pluie d’applaudissement, un pot (le premier depuis le virus) et puis ?

Et bien rien de plus, si je reconduis mon projet photo l’année prochaine j’aurai des petits mots et des attitudes qui montrent que j’agace les collègues avec ça (elles sont belles tes photos)et je n’aurai aucune aide si jamais un des dix appareils restant vient à tomber en panne. Un enfant a laissé tomber un de mes bridges ? C’est mon problème ! Ou dans le meilleurs des cas il faut voir avec l’assurance.

Alors pourquoi est-ce que je continue ?

Et bien pour trois raisons, la première très égoïste c’est que je m’amuse beaucoup et que je prends du plaisir à partager cette passion avec les enfants qui le demandent. La seconde c’est que je continue de croire aux vertus éducatives de la photo comme outil dans l’accompagnement du handicap mental léger et la troisième et peut-être meilleure raison, c’est tout simplement que les enfants me réclament sans cesse cette activité.

Je ne force jamais les enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire mais lorsque je parviens à les intéresser à une activité au point qu’ils l’investissent en faisant de réels efforts et bien je ne peux que les soutenir.

Demain je vais enregistrer ma bassiste et mon guitariste, pour eux c’est la même chose ils ont voulu se lancer et ont travaillé très dur pour arriver à ce que nous allons faire demain.

La semaine passe vite quand on s’amuse et que l’on est passionné ! 😀

Mes trente glorieuses ?

Vous connaissez la période dite des trente glorieuses, cette période de croissance qui a duré de la fin de la guerre jusqu’aux chocs pétroliers.

Et bien moi je suis en train de vivre des journées glorieuses puisque depuis vendredi, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne règle un problème important.

Vendredi prise des rendez-vous parents en bloc et incroyable séance de basse avec mon prof, samedi un vrai miracle avec la tonte de ma pelouse et le nettoyage du terrain, dimanche arrachage de la dent malade du chat, (problème qui durait depuis des mois) lundi au travail grosses avancées avec les enfants… bon je ne donne pas tous les détails mais là ce soir visite chez le véto et début d’un traitement rénal pour chat âgé.

Chez ce véto j’y suis resté deux heures, j’aurai donc de quoi raconter pas mal de choses entre Balou le chien blessé à la gorge et les chats qui font miaou (le mien fait waaaaaaa car c’est un siamois).

Mais désolé pour les fan de Marc et Sophie ce soir la chronique va s’arrêter là car je dois faire un écrit important pour relever les paroles inquiétantes d’un des enfants que j’accompagne.

J’ai envie de rester dans ma lancée dynamique mais là pas pour moi mais bien pour aider ce pauvre gamin à aller mieux. Et pour ça il me me falloir être très diplomate avec les parents. On marche sur des œufs…

A mardi prochain pour la suite de mes « aventures ».

Bêtise du jour, bonjour !

Le mardi comme vous le savez c’est le jour ou j’écris des âneries, c’est aussi hélas parfois le moment où quand je n’ai pas d’idées je laisse mes doigts courir sur le clavier et dévoiler mes états d’âme et mon coté sombre.

Le souci c’est que les bêtises je ne fais pas que les écrire, je les filme aussi.

C’est ainsi qu’aujourd’hui au hasard d’une journée sèche mais morne, j’ai lancé une nouvelle chaine You Tube avec un concept stupide. Maintenant il suffit d’attendre pour moi si je vais avoir des vues et des abonnés ! 😆

Vide ?

Il est 20h51 et je n’ai toujours pas écrit ma chronique du mardi. Je suis pourtant rentré à 17h15 mais après m’être assuré que ma mère âgée avait mangé correctement ce midi, après avoir étendu le linge et fait diverses corvées, je me suis octroyé un temps sur l’ordi pour répondre à mes mails, régler mes affaires de cartes pokemon en cours (et oui je suis en train de rassembler mon second full set) avant de glisser bien sûr sur You Tube pour me remplir de musiques connues et inconnues et d’images farfelues.

Alors voilà je sors de table, il est à présent 20h57 et je me mets à penser à ces minutes qui disparaissent dans le néant comme les grains de sable du sablier qui mesure la durée de ma vie. Non, je n’ai pas d’idées morbides, pas ce soir, surtout que les deux semaines à venir que je vais passer chez moi risquent d’être plutôt riches et sympas. D’ailleurs j’ai comme une grosse envie de finir d’écrire mes âneries tout de suite et de me jeter sur mon lit pour regarder un film sur l’ordinateur portable que j’ai réparé et qui a un très bon son.

Mais non, je vais continuer à écrire, laisser mes doigts inventer le sujet de ce soir.

Mais pourquoi ? Et bien parce que nous sommes mardi et que le mardi je raconte ma vie. J’ai fixé cette règle il y a de cela plusieurs années lorsque j’ai démarré ce blog, j’avais aussi ajouté la règle selon laquelle je dois écrire tous les jours sans exceptions en suivant cette « hebdo grille » que je me suis inventée. En m’astreignant à toutes ces contraintes je comptais trouver un rituel qui soit structurant pour me pousser à plus de rigueur dans ma vie professionnelle voire tout simplement humaine mais la vraie raison était bien sûr une volonté, pas tout à fait consciente mais bien réelle, de mettre quelque chose dans ce grand vide qu’est ma vie.

Et voilà j’ai encore laissé échapper mes états d’âme… Je suis incorrigible !

Je devrais pourtant avant tout me souvenir que ce vide est mon environnement naturel, tout comme le poisson ne peut respirer que dans l’eau, le Laurent ne peut que vivre dans le vide. C’est vrai qu’au début cela fait peur, surtout lorsque l’on regarde la vie des autres. Toutes ces personnes autour de moi qui ont de la famille, des amis et qui courent partout avec des tas de rendez-vous. Chez moi rien de tout ça, en dehors de ma mère âgée, je suis seul dans mon vide.

Mais j’ai aussi un secret. 😉

Mon secret c’est que le vide n’est pas ce qu’il parait. J’ai en effet compris très tôt que le vide était un ami incompris.

Tout d’abord il faut comprendre que le vide ce n’est pas rien, j’ai parlé de vide pas de néant.

Tout comme dans un récipient vide, dans une vie sans attaches il y a de l’air beaucoup d’air pour bien respirer. Dans une vie vide on trouve aussi beaucoup de place pour la remplir de ce que l’on veut; passions dévorantes et dispendieuses en solitaire ou dans le but de tenter d’aller vers l’autre, hobbys insoutenables pour une épouse. Mais le vide c’est surtout et avant tout et du temps, du temps que l’on donne à soi-même pour se connaitre, pour fouiller dans la poussière de nos histoires de vies et trouver à quels moments nous avons été blessés tout cela pour pouvoir enfin lécher nos plaies.

Car oui, même à bientôt 50 ans c’est toujours l’enfance qui fait mal, un peu moins chaque jour mais quand même…

Ma vie vide je l’ai donc tapissée avec ce que je suis au dedans c’est à dire tout comme certains gamins que j’accompagne, avec cette musique qui ne cesse de couler en moi et que je tente depuis plus d’un an de guider vers mes doigts afin qu’elle résonne en dehors de ma personne mais toujours par mon entremise. J’ai aussi réservé une énorme place à mon travail et aux personnes qui me permettent de l’exercer et surtout de l’aimer, ces collègues qui comptent plus que ma famille en dehors de ma mère. Pour le reste il y a la photo, cette amie qui ne me veut pas que du bien et qui ne vient jamais me voir si je ne la force pas à passer chez moi. Il y a aussi ce travail perpétuel sur les langues étrangères que je maitrise à des degrés divers, cette curiosité insatiable qui me pousse à faire des choses parfois un peu folles et il y a ….

Hé mais stop !!! Il est passé où mon vide dans tout ça ? 😆 Tout comme la matière est composée de vide, la musique de silence, le vide de ma vie n’est-il pas en fait réduit à une existence proclamée mais bien cachée ?

Voilà il est 21h50 et je viens de passer presque une heure à écrire un texte sans aucun sens sur un aspect purement putatif de ma vie. Car oui ma vie vide de relations est en fait plus pleine que celles de certaines personnes qui croient être connectées aux autres et qui en fait ne le sont même pas avec elle-mêmes.

J’ai scruté les ténèbres en moi, j’ai sondé le vide en et autour de moi puis en surmontant mon vertige là où certaine personnes renoncent, je suis allé au bout de moi-même en prenant conscience de l’immense liberté dont je disposais pour faire de ma vie quelque chose qui me ressemble. Vide de l’extérieur mais intense pour la seule personne à même de la comprendre complétement c’est à dire moi. :mrgreen:

Une visite au musée

A chaque fois c’est la même chose, le centre régional d’art contemporain contacte l’école pour nous proposer une visite avec un thème et des explications alambiquées, je rigole en me disant « mais c’est quoi que ce délire et quel intérêt ça peut avoir pour les enfants » et une fois que j’y arrive, c’est la grosse baffe. Je découvre des choses géniales ainsi que des idées et l’envie de prolonger ces expériences avec des activités pour les enfants.

Cette fois-ci le nom de l’exposition que seuls les enfants ont pu voir (musée fermée au public mais pas aux classes allez comprendre la logique derrière tout ça…) enfin bref, le titre de l’exposition était « Prismatique ». C’était une exposition collective d’artistes travaillant toutes et tous sur des polyèdres et d’autres formes en trois dimension en sculptures et installations ou en peintures et photos.

Allez je vous emmène avec moi !

Des simples panneaux gris posés d’une certaine façon au sol et dans l’angle du mur blanc suffisent à tromper ma vision et à déformer les perspectives. La mesure de lumière de mon bridge a aussi été abusée ce qui a donné cette vision très graphique.

Alors oui j’ai adoré cette petite exposition que j’ai entièrement photographié. Les dames du musée nous ont donné des plans pour assembler des solides et les rassembler en une œuvre collective, ce que nous avons fait. Et même si ce soir je suis crevé d’avoir assemblé une vingtaine de tétraèdres et cubes ou pavés, je dois avouer que le résultat est vraiment sympa.

Les enfants aussi ont adoré, l’un d’entre eux qui devient de plus en plus dur à gérer a fait plusieurs colères avant de jeter sa chaussure au milieu de la grande salle du musée (photo ci-dessus). Là aussi c’était très graphique, du coup je le soupçonne d’avoir voulu faire un happening. 😆

Voilà c’est la fin de la visite n’oubliez pas le pourboire pour le guide, un petit commentaire est le bienvenu ! 😀

Non père

Aujourd’hui encore certains enfants du groupe que j’accompagne à l’école m’ont touché par leurs demandes simples et belles et par ces petites attentions et gestes affectifs discrets qu’ils ont à mon égard. Que cela soit pour leur lire une histoire ou pour discuter de pokemon et de culture geek, le fait de m’assoir près d’eux et de ressentir le bien-être que je peux leur apporter en leur racontant une histoire ou tout simplement en les écoutant, me touche énormément. Sans vouloir juger leurs parents qui sont souvent plus en difficulté que leurs enfants, je suis obligé de constater que bon nombre des jeunes que j’accompagne n’ont jamais eu ce qui pour la plupart des parents coule de source.

Alors oui, nous les éducateurs travaillons avec les familles pour les aider dans leur rôle de parents, mais hélas entre la mauvaise foi de ces derniers et les limites de nos actions, bien souvent nos beaux projets de soutien ne restent qu’à l’étape des vœux pieux.

Vous commencez à comprendre.. D’un coté vous avez des enfants avec parfois une histoire de vie proche de la mienne et de l’autre un éducateur qui bien que chevronné reste un être humain marqué par ses propres traumatismes et ses manques affectifs passés et actuels. Alors sans entrer dans le piège d’une relation fusionnelle qui serait dommageable pour tous adultes comme enfants, et bien que très conscient des mécanismes de transfert et de contre-transfert, et malgré les collègues qui voient tout cela et pensent de temps à autres à se poser en tiers, au terme de telles journées, je me mets à rêver de devenir père pour pouvoir vraiment porter un enfant dans la vie et non pas l’accompagner quelques années avant de rompre tous les liens comme l’éthique de ma pratique professionnelle l’exige.

Mais cela n’arrivera jamais. Tu ne m’appelleras pas « papa » car faute de pouvoir trouver une femme capable de m’aimer plus que je me déteste, je ne rencontrerai jamais ta mère. Je ne connaitrai donc jamais l’amour qu’un père porte à son enfant et ce qu’il reçoit en retour, pas de moments de tendresse ni de grandes colères, les conflits de l’adolescence… Non rien de tout ça. Puis je ne te verrai pas grandir et devenir tout ce que je ne suis pas avant de finir par poursuivre ton chemin en osant faire des choix le tout avec ma bénédiction plus ou moins tacite mais de sûr mon soutien inconditionnel.

Non, mon enfant, nous ne connaitrons jamais tout cela. Je suis donc condamné à être le père symbolique et professionnel de quelques centaines d’enfants, un rocher sur lequel les éponges qu’ils sont vont se coller pendant un moment en prenant des petits bouts de ma personne loufoque et passionnée pour se se construire des personnalités autonomes et individuées.

Alors oui, au terme de telles journées ponctuées de rires de complicité et de petits gestes de tendresse retenus mais bien repérés comme quand ils m’appellent « papa » sans faire exprès, je souffre de ne pas pouvoir devenir parent.

Mais bon, aurai-je été un bon père ? Les éducateurs ne sont-ils pas de piètres parents en vertu de l’adage selon lequel « les cordonniers sont les plus mal chaussés » ?

Il vaut mieux ne pas prendre de risques, quitte à bousiller une vie avec mes non-choix autant que cela soit la mienne et pas celle d’un autre être qui mérite tout sauf cela.

Alors au bout du compte, mon enfant, s’il te plait, reste dans le néant.

Et sois reconnaissant, car au fond si tu réfléchis bien, je t’épargne un aller-retour.

La tentation de l’égoïsme

C’est les vacances, ma semaine de vacances tant attendue… J’ai des tas de choses que je dois faire comme recevoir ma seconde dose de Pfizer jeudi matin aller chez le dentiste demain ou faire vacciner ma mère et il y a aussi les choses que je devrais faire comme ranger mon laboratoire photo pour le rendre à nouveau fonctionnel, balancer tout ce qui traine à la déchèterie et rendre service à des gens.

Sur ce dernier point, je dois dire que je suis devenu plutôt amer. J’ai l’impression de toujours donner de mon temps et de mes ressources sans que cela ne m’apporte rien en retour. J’ai par exemple récupéré des données sensibles sur un ordinateur portable qui ne démarre plus et équipé un de mes ordinateurs pour encoder des cassettes vidéos tout ça pour un quasi inconnu et sa copine qui ne m’ont rien donné en échange.

Alors suis-je devenu égoïste ? Non, je ne pense pas, je rends volontiers service sans rien attendre en retour à mes amis et dans le monde associatif mais j’ai peur de finir par me faire avoir par des gens qui n’en ont rien à faire de moi et qui veulent juste que je règle leurs problèmes gratuitement. C’est ce que j’ai fait remarquer à cette dame et du coup cette personne m’a donné l’ordinateur portable sur lequel j’étais intervenu. C’est une vraie saleté, une machine de supermarché non évolutive que je vais tenter de réparer en misant une trentaine d’euros pour les pièces détachées. Si je n’y arrive pas et bien je n’aurai rien en échange des heures de travail passées pour elle et son copain.

Des exemples comme ça je pourrai en donner des dizaines, « trop bon, trop con » c’est ça la formule consacrée non ?

Ce qui est le plus déplaisant dans ce genre de situation ce n’est pas tant de s’appauvrir (mon temps c’est de l’argent) en enrichissant les autres, mais c’est avant tout l’absence de reconnaissance au sens philosophique du terme. Si je rends un service à des personnes avec qui je n’ai pas de liens, j’attends en retour un autre service ou une rémunération, si je ne reçois pas cela je me sens comme dénigré, insulté.

Alors du coup pour ces deux personnes j’ai osé, et oui pour la première fois de ma vie j’ai réclamé quelque chose. Le gars m’a promis un billet, il a intérêt à s’exécuter. Quant à la dame, elle a intérêt elle aussi de faire un geste sinon si je parviens à réparer sa machine je la revends sans aucun remord et si je n’y arrive pas et bien là je serai vraiment très amer.

Car oui, que ce soit pour veiller sur leurs données ou pour respecter le travail des autres, certaines personnes font preuve d’une inconséquence dont je ne veux être ni la victime ni le complice.

Mise à jour du sujet !!!

J’ai écrit ce billet à 11h00, à 13h00 je décide d’ouvrir cet ordinateur. Je prends un petit tournevis pour enlever une dizaine de vis et j’ouvre cet ordinateur avec une carte de crédit, car oui ce genre d’ordinateur portable s’ouvre comme une tablette. Je déclipse le clavier et je remarque que les deux nappes se sont détachées. Je me dis que non que ce n’est pas possible que cette panne soit si simple mais bon je rebranche les deux nappes avec des lunettes qui font loupe et miracle, la machine redémarre !

Par la suite j’ai passé deux heures à vider cet ordinateur de tous ses fichiers et programmes de l’ancienne utilisatrice avant de changer son nom.

Car oui, elle me l’a donné ce machin, non ? Vu que c’est un Pentium V 7eme génération WIndows 10 64bits 4 Go de ram et office 2007 installé dessus, maintenant que je l’ai optimisé et qu’il fonctionne parfaitement, il fera un très bon ordinateur pour mon travail. La tentation de l’égoïsme était trop forte, j’y ai succombé ! 😀

Sur un air de burnout

Je me retrouve une fois de plus devant cet écran pour rédiger on billet « perso » de ce blog. Alors vu que je n’ai rien de particulier à raconter aujourd’hui je vais laisser mes doigts filer sur le clavier histoire de voir ce qu’ils vont raconter.

Ces doigts qui aujourd’hui encore se sont crispés de colère dans mes poings face à certains comportement des enfants que nous accompagnons, ces doigts qui tapotent d’impatience sur la table, ces doigts qui aimeraient bien être en vacances pour se balader le long d’un manche de guitare ou mieux encore de basse.

Hélas oui, le ton est donné suite au constat que ma collègue et moi avons fait aujourd’hui : Il nous sera impossible de continuer à exercer ce métier à 60 ans. Aujourd’hui nous n’avons pas fait grand chose mais non étions pourtant très fatigués voire épuisés. Nous avons tous deux la quarantaine plus que bien sonnée et une grosse inquiétude pour la suite de notre carrière professionnelle.

Pourtant elle comme moi aimons notre travail et avons beaucoup d’affection pour les enfants que nous accompagnons y compris pour les plus problématiques, mais la situation sanitaire, la sensation d’isolement (travailler à deux avec 10 enfants dans une grosse école primaire vide de toute autre présence c’est assez étrange), la mauvaise foi de certains parents, le désintérêt pour notre travail manifesté par d’autres, les manipulations de notre hierarchie, bref tout cela nous plombe et vient diminuer notre enthousiasme.

Et au bout de tout ça ce qui va se passer et qui se passe déjà pour ma collègue, c’est le corps qui dit non, qui commence à caler. Ma collègue va ainsi passer sur le billard cet été pour une opération bénigne mais très handicapante voire dangereuse si elle n’est pas traitée rapidement et soigneusement. 😦

Pour ma part je n’écoute jamais mon corps et lui n’écoute pas trop mon cerveau, c’est d’ailleurs le secret de ma longévité ! 😆 Mais je sais que je vais finir par en avoir marre de tout ça surtout que la fragilité de ma situation personnelle risque de me faire basculer dans la précarité d’un mois à l’autre. En attendant la grande crise, je tremble le jour et j’accumule les cauchemars la nuit. Mon moral est en berne mes espoirs de l’histoire ancienne.

Mais comme le flic du film des années 80 je dois tenir bon, me lever demain matin et trouver une raison de passer une autre matinée dans l’école déserte. Pour demain ça va être facile car le mercredi c’est le jour où notre petit groupe répète notre second titre. Après la chanson sur le CORONA, nous avons écrit une chanson sur l’été qui arrive, une chanson pleine d’optimisme en trois couplets avec des paroles qui évoque les plaisirs simples de cette belle saison le tout plaqué sur le fameux titre « Seven nation army » des White Stripes .

Ma bassiste maitrise enfin sa ligne de basse, le petit filou au clavier a enfin accepter de jouer à la bonne octave et le batteur fera des efforts si je le laisse jouer sur l’ordinateur en fin de matinée. Bref demain sera peut-être enfin le jour où notre répétition ressemblera à quelque chose de présentable. Et même si c’est nul et bien on s’en moquera car on aura rigolé et nous avons encore deux mois pour enregistrer notre titre.

Ces petits plaisirs qui me font tenir… 🙄