Bientôt la fin !

Oui bientôt la fin de cette année scolaire difficile et fatigante, vendredi je dis au revoir aux enfants pendant six semaines et je me concentre sur les soucis à la maison. Alors en attendant je vais me coucher car là je n’ai pas le force de raconter plus de choses et si je me force ça va être du n’importe quoi. 🙄

Instants de solitude

Je viens de rentrer d’une journée de travail des plus étrange. Nous avons présenté notre chanson sans le jeune qui est au clavier et qui était malade et bien sûr le résultat a été très décevant par rapport au niveau que les enfants avaient atteint pendant les répétitions.

Mais bon cela n’est pas le plus important.

Aujourd’hui je parlais à ma collègue de mon idée d’offrir un cadeau à une jeune fille du groupe à l’occasion de son départ. Mon idée c’était de lui donner un collier avec en guise de pendentif le médiator qu’elle avait utilisé pour jouer de la basse dans le spectacle d’aujourd’hui. C’est alors que je reçois une réaction qui m’a déstabilisé, puisqu’elle me répond que mon idée est plus que mauvaise mais carrément déplacée.

Et là encore je réagis avec une certaine émotion comme un gamin choppé la main dans le bocal à bonbons car oui, je viens encore de me faire prendre à ce piège dans lequel je tombe chaque fois que je dis au revoir à des enfants avec qui j’ai beaucoup partagé de choses. Le piège de l’attachement.

Dans notre métier il existe plusieurs doctrines pour gérer le coté humain de la relation éducative. J’ai ainsi des collègues qui réfutent l’idée même d’attachement vis à vis des enfants et se borne à une bientraitance très professionnelle sans aucune émotion superflue, d’autre avouent avoir des préférences pour tels ou tels enfants, d’autres enfin comme moi investissent beaucoup certains enfants au point de ressentir un immense sentiment de perte et donc de tristesse lorsque vient le moment de passer le relais à d’autres professionnels.

Dans mon cas cela va encore plus loin puisque ce sentiment de perte se double d’une autre émotion encore plus triste, celle d’un constat sur ma vie personnelle qui prend la forme d’un genre d’amertume. Je pense à ces enfants avec qui j’ai partagé tant de choses et qui vont partir, vivre et devenir alors que moi je ne reçois que ce sentiment de perte et la perspective une vie qui ne cesse de perdre sa saveur comme un chewing-gum mâché trop longtemps.

Oui c’est stupide, mais voilà, ma vie en plus de perdre son intérêt ne cesse de se compliquer avec de plus en plus de choses à gérer notamment avec ma mère âgée et une totale absence d’aide.

Je vais donc encore vivre un été pourri, un été qui font partie de ceux que l’on oublie et pour tenter d’échapper à cette souffrance pour tenter de positiver et de me donner un bon rôle de gentil éducateur, j’ai voulu offrir un collier à une gamine en me mentant à moi-même sur mes vraies motivations. Dans ma tête c’était pour qu’elle ait un souvenir de son concert et qu’elle garde son médiator comme le symbole durable d’un moment de réussite lui rappelant qu’elle est capable de réussir. Mais au niveau de mon subconscient c’était lui imposer le souvenir de son vieil éducateur qui va sans doute encore pleurer comme un gosse au moment de lui dire adieu. Laisser un petit bout de moi l’accompagner dans sa vie future pour que je puisse devenir autre chose que ce que je suis destiné à être pendant les quelques années qui me restent à vivre.

Car oui je suis un être très sensible dans tous les sens du terme, c’est à dire que je ressens les choses et les émotions des personnes et que je suis souvent submergé par mes états d’âme. Je mouille d’ailleurs mon clavier de mes larmes rien qu’en tapant ces lignes. Et à chaque été à chaque au revoir ce sera la même chose, un sentiment de perte, une jalousie face à une vie qui s’élance alors que la mienne périclite.

Au final les psychologues dans les centres de formations devraient peut-être écarter les candidats présentant des carences affectives et des vies pathétiques. Mais pour ceux qui comme moi sont passés à travers, il ne reste plus qu’une chose à faire, remplir sa vie avec autre chose que le travail.

Mes projets estivaux et ma musique suffiront-ils pour cela ? J’en doute car chez moi les manques affectifs sont si forts que j’ai débranché la machine depuis longtemps.

Le souci c’est qu’elle se rebranche chaque année au mois de Juillet et que pour la déconnecter complétement il n’y a qu’une solution que je n’ai toujours pas le courage d’utiliser.

Rush…

Chaque année c’est la même chose, je suis à la bourre pour rédiger mes écrits de fin d’année. Ce qui est stupide c’est que je suis obligé de le faire chez moi sur mon temps personnel car les temps alloués pour cette tâche ont été consacrés aux entretiens avec les familles…

J’en ai marre de tout ça et de cet exercice périlleux où je dois mettre l’accent sur les progrès et y aller doucement sur les difficultés tout en restant compréhensible pour les famille. Oui c’est la quadrature du cercle…

Mais bon assez râlé j’y retourne !

Musical week #3: La musique et moi

Certaines personnes naissent avec des vraies aptitudes pour la musique, d’autres comme moi viennent au monde avec un fort attrait pour cette forme d’art mais sans avoir de prédispositions pouvant faciliter les apprentissages.

D’aussi loin que je m’en souviens, j’ai grandi dans une maison où la musique était omniprésente et même si mon père ouvrier n’a pu s’acheter sa première chaine hifi que quelques mois avant sa mort, cela n’empêchait pas mon frère de passer en boucle de très bons albums sur cassettes et vinyles.

Du coup vers mes dix ans au lieu d’aller jouer avec les autres enfants et de faire les bêtises ordinaires de gamins qui vont bien, j’étais souvent couché sur une couverture dans la pelouse à écouter un album de Pink Floyd sur un magnétophone branché avec une rallonge.

Comme tant de gamins après avoir écouté certains concerts, j’ai cassé les pieds de mes parents pour qu’ils m’achètent une flute avec laquelle je n’ai jamais joué faute de savoir comment m’en servir. D’autres instruments du même genre sont ainsi entré et ressortis de ma vie de façon très rapide. 😆

Puis arriva le temps du collège, la découverte de l’anglais en sixième et de réelles difficultés à investir cet apprentissage jusqu’ici inédit : l’apprentissage peu motivant d’une langue étrangère. Et c’est là que la musique accompagnées d’une série de faits trop invraisemblables pour être qualifiés de coïncidences vint à mon secours.

Un soir alors que ma mère était à une réunion de caté, mon père qui voulait toujours me faire écouter sa musique me demanda de rester avec lui pour regarder les enfants du rock, c’était une émission sur les Beatles avec en point d’orgue la diffusion du dessin anime long métrage « Yellow submarine » Pour moi ce fut une révélation, voire une révolution dans ma vie car mon intérêt pour ces mélodies et cet univers bariolé se transformèrent en une quête féroce qui dura plus de dix ans. Mon but était simple, je voulais trouver toutes les chansons des Beatles et maitriser leur langue.

Quelques mois plus tard mon frère me fit sans doute le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant, un vinyle premier pressage du premier album des Beatles tout gribouillé au crayon et un song book avec des tablatures. Mon intérêt pour les Beatles et l’anglais décolla avec l’achat de ma première guitare, achetée à mon coiffeur pour 50 francs. C’est avec cette petite guitare classique que je découvris les accords avant d’inventer des rythmiques et des mauvaises façons de jouer qui aujourd’hui encore sont ancrées si profondément qu’elles freinent mes apprentissages à la guitare et à la basse. 😈

Mais qu’importe, jouer des chansons simples, chanter les chansons, travailler mon oreille ma mémoire, tout cela grâce à la musique firent de moi un très bon élève du cours d’anglais et au delà de cela me permirent d’atteindre un niveau qu’aujourd’hui encore je pense être proche du niveau anglais courant.

Ce fut le premier don que je reçu de la musique.

Bien plus tard pendant l’épreuve du confinement et ma panique suite à une grosse bronchite qui faute de tests à l’époque me fit craindre le pire, je traversais des heures très ombres hantées par de noires pensées auto destructrices. Et là encore lorsque n’arrivant pas à dormir je me relevais à 3h00 du matin, je prenais une guitare et je composais des petits morceaux de musique qui me calmaient. Sans vouloir trop exagérer je pense pouvoir dire qu’à cette époque de solitude et de terreur, la musique fit plus que calmer mes nerfs mais m’évita de faire le pire.

Alors vu que le second don de la musique fut de me sauver la vie, j’avais décidé de la mettre au centre de ma vie en reprenant des cours de guitare puis de basse, instrument que j’avais toujours aimé dans les morceaux que j’écoutais.

Au bout d’un an constatant que les méthodes pédagogiques de mon prof de guitare ne me convenaient pas, je décidais de me focaliser sur la basse, et depuis je m’accroche encouragé par quelques progrès.

Et c’est là que la musique qui ne cesse de couler en moi me parla pour la troisième fois pour m’annoncer qu’elle m’accordait un troisième don, sans doute le plus beau de tous, celui de me donner l’envie de la partager en montant des projets musicaux avec les enfants au travail. Là encore comme par hasard (ben voyons) je me retrouve en équipe avec une enseignante qui aime beaucoup la musique et ça ce n’est pas nouveau mais aussi et là c’est énorme, avec une éducatrice qui m’annonce qu’elle est chanteuse dans un groupe ! Alors fort de mes petits progrès comment résister à l’envie de partager cette passion avec les enfants et de vivre des moments merveilleux avec eux.

Voir la grande du groupe qui est souvent en échec s’intéresser à la basse que je lui ai mis dans les mains et après quelques mois réussir à jouer la ligne de basse qui est la colonne vertébrale de notre chanson que nous allons présenter en concert le 6 juillet. La voir courir avec sa basse et appeler les adultes pour leur montrer avec fierté qu’elle arrive à jouer cette mélodie bien connue (seven nation army des white stripes). Puis découvrir chez un de nos jeunes garçons de réelles aptitudes pour la musique qui lui permettent d’apprendre la même chose que la grande en trois fois moins de temps. Et après quelques semaines de travail, les entendre jouer ensemble et les voir s’émerveiller en comprenant qu’ils ont atteint un stade très important dans leurs apprentissages de musiciens.

Et tous ces moments comiquement absurdes comme hier lorsque le jeune garçon qui maintenant préfère prendre sa guitare au lieu de jouer aux legos vient vers moi pour que je lui apprenne d’autres choses et lui faire écouter « Smoke on the water » de Deep Purple et voir ses yeux briller lorsque je lui annonce qu’il la jouera sur scène pour le spectacle de Noël.

Tout cela et ce qui va suivre forment sans doute ce que la musique a de mieux a offrir à une personne; lui donner la chance de la faire découvrir à d’autres en vivant d’intenses moments de joie, comprendre que pour aller plus loin on ne peut travailler seul, trouver d’autres personnes et travailler avec elles pour monter des projets, bref, offrir et recevoir pour le plus grand bien de tous les acteurs du projet enfants comme adultes.

C’est ce troisième don que m’a fait la musique qui fait que je suis si heureux d’aller travailler tous les jours car lorsque j’arrive dans notre salle éducative, je contemple à coté du grand tableau notre armoire pleines d’instruments qui me rappelle que pour les enfants que nous accompagnons, la musique est devenue dans le cadre d’un réel apprentissage, un vrai support de progression, de valorisation et d’épanouissement.

Du coup en écrivant ces lignes je me rends compte que la musique en plus de m’apprendre l’anglais, de m’avoir sauvé la vie et de s’être mise au service de mon métier, m’a aussi permis de m’ouvrir encore un peu plus aux autres avec les cours et les conseils que je recherche pour mes projets et m’a surtout apporté un réel sentiment sans cesse renouvelé de bonheur.

Alors toi qui me lis, c’est quand que tu t’y mets à la musique ? Mais réfléchis bien avant de le faire, la musique quand elle nous parle peut bouleverser nos vies ! :mrgreen:

Mon mardi bordélique

Alors dans l’ordre l’oiseau a passé la nuit, le lendemain il était moins vaillant mais toujours en vie, je l’ai ramené à l’école ou le trajet en 309 lui a encore fait perdre des forces, je lui ai donné deux vers de farine en le forçant avant d’embêter les dames de ménages qui désinfectent les tables de toutes les salles de classe de l’école jusqu’à ce qu’elles me trouvent un escabeau.

J’ai remis l’oiseau moribond dans son nid (le droit de mourir chez soi) et à peine descendu de ce fragile moyen d’élévation, une horde de gamins viennent me chercher. Ils ont trouvé un autre oisillon ! le temps d’arriver c’est un second oisillon puis un troisième volatile réussit l’exploit de voler sur plusieurs mètres dans la pelouse, j’improvise donc un nid sur un des grands arbres de la cour pour déposer les trois rebelles et je prie les enfants de quitter les lieux pour que la mère s’occupe de sa progéniture bien mal barrée.

Et bien sûr ces gosses de ville fascinés par le vivant, par leurs projections et aussi je le suspecte, par leurs pulsions destructrices, refusent de m’écouter. Je leur réexplique, je me fâche rien n’y fait ! Tout comme ces stupides oisillons qui refusent de rester en sécurités dans leurs nids, les enfants refusent de respecter ce que la nature tente de faire péniblement en ville : assurer la survie des oiseaux. Les sanctions pleuvent, je suis fatigué, en nage et je crève de soif aussi…

Au bout de tout ça et de pas mal d’autres choses à raconter, je rentre chez moi. Le temps de chercher une tondeuse sur Internet et de gérer les soucis de la maison, je me retrouve devant cet écran pour mon billet quotidien. Il est 21h30, je vais finir là.

Promis, la semaine prochaine, une fois la fête des pères passée, j’aurai le temps de développer un sujet qui me tient à cœur ! En attendant faites comme moi, méfiez-vous des oiseaux chronophages ! 😆

Journées Warhol

Hier et aujourd’hui j’ai vécu deux fois les fameuses 15 minutes de gloire prophétisées par ce cher Andy Warhol. Alors oui je vais encore passer dans le journal régional et on va encore parler de mes projets en termes élogieux, mais au bout de tout cela je ne me fais pas d’illusions car la réalité derrière cette jolie image de réussite est très différente de ce qui est indiqué sur l’étiquette.

Hier c’était la grande réunion avec le grand patron, on me demande une nouvelle fois de présenter mes projets et je m’exécute sachant que dans la salle beaucoup de personnes n’en ont rien à faire. Je ne sais pas si c’est parce que je tente toujours des choses nouvelles avec les enfants avec lesquels je travaille ou si c’est parce que je médiatise tout ce que je fais en le publiant sur le blog de mon groupe (en espérant que les parents le visitent un jour), mais au bout du compte ce sont toujours mes projets qui sont mis en avant ce qui donne l’impression que je suis le seul à faire des activités sympas.

Et cela agace pas mal de monde et pas seulement les collègues qui doivent en avoir marre de toujours voir mon travail mis en valeur.

Hier j’évoquais mes projets musique, photo, vidéo et autres et aujourd’hui c’était le vernissage d’une exposition faite avec les photos réalisées par un groupe constitué d’enfants de mon groupe et d’enfants accueillis aux Francas. Deux ans de travail moins la pose virus, des milliers de photos faites, un énorme travail de tri réalisé par les enfants chapeautés par votre serviteur et une animatrice qui n’était même pas là ce soir…

Alors oui, j’ai payé de ma poche le matériel, j’ai travaillé très dur avec les enfants (bon on a aussi beaucoup rigolé) et ce soir j’ai improvisé un beau discours sur les bienfaits de la photo comme outil éducatif et sur le vivre ensemble que j’ai travaillé tout au long du projet. Pluie d’applaudissement, un pot (le premier depuis le virus) et puis ?

Et bien rien de plus, si je reconduis mon projet photo l’année prochaine j’aurai des petits mots et des attitudes qui montrent que j’agace les collègues avec ça (elles sont belles tes photos)et je n’aurai aucune aide si jamais un des dix appareils restant vient à tomber en panne. Un enfant a laissé tomber un de mes bridges ? C’est mon problème ! Ou dans le meilleurs des cas il faut voir avec l’assurance.

Alors pourquoi est-ce que je continue ?

Et bien pour trois raisons, la première très égoïste c’est que je m’amuse beaucoup et que je prends du plaisir à partager cette passion avec les enfants qui le demandent. La seconde c’est que je continue de croire aux vertus éducatives de la photo comme outil dans l’accompagnement du handicap mental léger et la troisième et peut-être meilleure raison, c’est tout simplement que les enfants me réclament sans cesse cette activité.

Je ne force jamais les enfants à faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire mais lorsque je parviens à les intéresser à une activité au point qu’ils l’investissent en faisant de réels efforts et bien je ne peux que les soutenir.

Demain je vais enregistrer ma bassiste et mon guitariste, pour eux c’est la même chose ils ont voulu se lancer et ont travaillé très dur pour arriver à ce que nous allons faire demain.

La semaine passe vite quand on s’amuse et que l’on est passionné ! 😀

Mes trente glorieuses ?

Vous connaissez la période dite des trente glorieuses, cette période de croissance qui a duré de la fin de la guerre jusqu’aux chocs pétroliers.

Et bien moi je suis en train de vivre des journées glorieuses puisque depuis vendredi, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne règle un problème important.

Vendredi prise des rendez-vous parents en bloc et incroyable séance de basse avec mon prof, samedi un vrai miracle avec la tonte de ma pelouse et le nettoyage du terrain, dimanche arrachage de la dent malade du chat, (problème qui durait depuis des mois) lundi au travail grosses avancées avec les enfants… bon je ne donne pas tous les détails mais là ce soir visite chez le véto et début d’un traitement rénal pour chat âgé.

Chez ce véto j’y suis resté deux heures, j’aurai donc de quoi raconter pas mal de choses entre Balou le chien blessé à la gorge et les chats qui font miaou (le mien fait waaaaaaa car c’est un siamois).

Mais désolé pour les fan de Marc et Sophie ce soir la chronique va s’arrêter là car je dois faire un écrit important pour relever les paroles inquiétantes d’un des enfants que j’accompagne.

J’ai envie de rester dans ma lancée dynamique mais là pas pour moi mais bien pour aider ce pauvre gamin à aller mieux. Et pour ça il me me falloir être très diplomate avec les parents. On marche sur des œufs…

A mardi prochain pour la suite de mes « aventures ».

Bêtise du jour, bonjour !

Le mardi comme vous le savez c’est le jour ou j’écris des âneries, c’est aussi hélas parfois le moment où quand je n’ai pas d’idées je laisse mes doigts courir sur le clavier et dévoiler mes états d’âme et mon coté sombre.

Le souci c’est que les bêtises je ne fais pas que les écrire, je les filme aussi.

C’est ainsi qu’aujourd’hui au hasard d’une journée sèche mais morne, j’ai lancé une nouvelle chaine You Tube avec un concept stupide. Maintenant il suffit d’attendre pour moi si je vais avoir des vues et des abonnés ! 😆

Vide ?

Il est 20h51 et je n’ai toujours pas écrit ma chronique du mardi. Je suis pourtant rentré à 17h15 mais après m’être assuré que ma mère âgée avait mangé correctement ce midi, après avoir étendu le linge et fait diverses corvées, je me suis octroyé un temps sur l’ordi pour répondre à mes mails, régler mes affaires de cartes pokemon en cours (et oui je suis en train de rassembler mon second full set) avant de glisser bien sûr sur You Tube pour me remplir de musiques connues et inconnues et d’images farfelues.

Alors voilà je sors de table, il est à présent 20h57 et je me mets à penser à ces minutes qui disparaissent dans le néant comme les grains de sable du sablier qui mesure la durée de ma vie. Non, je n’ai pas d’idées morbides, pas ce soir, surtout que les deux semaines à venir que je vais passer chez moi risquent d’être plutôt riches et sympas. D’ailleurs j’ai comme une grosse envie de finir d’écrire mes âneries tout de suite et de me jeter sur mon lit pour regarder un film sur l’ordinateur portable que j’ai réparé et qui a un très bon son.

Mais non, je vais continuer à écrire, laisser mes doigts inventer le sujet de ce soir.

Mais pourquoi ? Et bien parce que nous sommes mardi et que le mardi je raconte ma vie. J’ai fixé cette règle il y a de cela plusieurs années lorsque j’ai démarré ce blog, j’avais aussi ajouté la règle selon laquelle je dois écrire tous les jours sans exceptions en suivant cette « hebdo grille » que je me suis inventée. En m’astreignant à toutes ces contraintes je comptais trouver un rituel qui soit structurant pour me pousser à plus de rigueur dans ma vie professionnelle voire tout simplement humaine mais la vraie raison était bien sûr une volonté, pas tout à fait consciente mais bien réelle, de mettre quelque chose dans ce grand vide qu’est ma vie.

Et voilà j’ai encore laissé échapper mes états d’âme… Je suis incorrigible !

Je devrais pourtant avant tout me souvenir que ce vide est mon environnement naturel, tout comme le poisson ne peut respirer que dans l’eau, le Laurent ne peut que vivre dans le vide. C’est vrai qu’au début cela fait peur, surtout lorsque l’on regarde la vie des autres. Toutes ces personnes autour de moi qui ont de la famille, des amis et qui courent partout avec des tas de rendez-vous. Chez moi rien de tout ça, en dehors de ma mère âgée, je suis seul dans mon vide.

Mais j’ai aussi un secret. 😉

Mon secret c’est que le vide n’est pas ce qu’il parait. J’ai en effet compris très tôt que le vide était un ami incompris.

Tout d’abord il faut comprendre que le vide ce n’est pas rien, j’ai parlé de vide pas de néant.

Tout comme dans un récipient vide, dans une vie sans attaches il y a de l’air beaucoup d’air pour bien respirer. Dans une vie vide on trouve aussi beaucoup de place pour la remplir de ce que l’on veut; passions dévorantes et dispendieuses en solitaire ou dans le but de tenter d’aller vers l’autre, hobbys insoutenables pour une épouse. Mais le vide c’est surtout et avant tout et du temps, du temps que l’on donne à soi-même pour se connaitre, pour fouiller dans la poussière de nos histoires de vies et trouver à quels moments nous avons été blessés tout cela pour pouvoir enfin lécher nos plaies.

Car oui, même à bientôt 50 ans c’est toujours l’enfance qui fait mal, un peu moins chaque jour mais quand même…

Ma vie vide je l’ai donc tapissée avec ce que je suis au dedans c’est à dire tout comme certains gamins que j’accompagne, avec cette musique qui ne cesse de couler en moi et que je tente depuis plus d’un an de guider vers mes doigts afin qu’elle résonne en dehors de ma personne mais toujours par mon entremise. J’ai aussi réservé une énorme place à mon travail et aux personnes qui me permettent de l’exercer et surtout de l’aimer, ces collègues qui comptent plus que ma famille en dehors de ma mère. Pour le reste il y a la photo, cette amie qui ne me veut pas que du bien et qui ne vient jamais me voir si je ne la force pas à passer chez moi. Il y a aussi ce travail perpétuel sur les langues étrangères que je maitrise à des degrés divers, cette curiosité insatiable qui me pousse à faire des choses parfois un peu folles et il y a ….

Hé mais stop !!! Il est passé où mon vide dans tout ça ? 😆 Tout comme la matière est composée de vide, la musique de silence, le vide de ma vie n’est-il pas en fait réduit à une existence proclamée mais bien cachée ?

Voilà il est 21h50 et je viens de passer presque une heure à écrire un texte sans aucun sens sur un aspect purement putatif de ma vie. Car oui ma vie vide de relations est en fait plus pleine que celles de certaines personnes qui croient être connectées aux autres et qui en fait ne le sont même pas avec elle-mêmes.

J’ai scruté les ténèbres en moi, j’ai sondé le vide en et autour de moi puis en surmontant mon vertige là où certaine personnes renoncent, je suis allé au bout de moi-même en prenant conscience de l’immense liberté dont je disposais pour faire de ma vie quelque chose qui me ressemble. Vide de l’extérieur mais intense pour la seule personne à même de la comprendre complétement c’est à dire moi. :mrgreen: