Fatigue précoce

Alors oui aujourd’hui pas grand chose à raconter, je pourrais évoquer la lourdeur des mesures anti-covid qui doivent être respectées de façon stricte et absolue alors que pendant le repas nous enlevons tous nos masques dans un espace clos sans respecter les distance, de mon lieu de travail qui est devenu un repère de geeks mais non, je préfère tout ramener à ma personne et évoquer ma lassitude après ces premiers jours de travail.

Car oui, chose nouvelle au travail je suis partagé entre le stress généré par la situation sanitaire et l’ennui de voir que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Mais là, ce soir je m’arrête là car j’ai bien mieux à faire qu’à râler sur ce blog : je dois finir et amplifier mes exercices quotidiens de guitare afin que mon prof puisse voir que je suis un gars sérieux qui s’accroche…

Hélas je n’ai pas été très brillant ce soir une fois de plus…

Je commence à penser que je suis en fait un parent pas très éloigné de Forrest Gump… 🙄

La nouvelle grille de mon blog

Ces derniers temps je me suis rendu compte que You Tube tenait trop de place sur mon blog et que de nombreuses vidéos partagées dans mes articles avaient été retirées de ce site de streaming. Après presque deux ans de cette formule, il est donc temps de faire comme la TV ou la radio, c’est à dire de proposer une nouvelle grille de rentrée. 🙂

Car oui, après 690 jours de publication quotidienne d’articles, je me suis donc dit que mes quelques lecteurs ainsi que ce blog en lui-même méritaient mieux que des collages rapides de liens You Tube. J’ai aussi remarqué qu’un de mes articles les plus apprécié a été sur mon ressenti face à un anime japonais, un article très personnel et ainsi très loin de la façon dont les spécialistes d’animés écrivent. Je n’ai pas toute la culture et les références de ces personnes du coup j’ai fait ça à ma sauce et cela a semble-t-il plu à certaines personnes.

Alors au bout de tout ça je vous propose la grille de rentrée suivante :

  • Les lundis insolites : je reste sur la même formule car c’est très drôle de chercher des bêtises dans la presse nationale et internationale histoire de bien commencer la semaine.
  • Le mardi : pareil je continue de causer sur ma vie ou de réagir sur un sujet quelconque
  • Le mercredi : Là encore je garde quasiment le même concept, présenter une chaine You Tube ou une ressource Internet qui digne d’intérêt et je développe en écrivant les raisons de mon choix.
  • Le jeudi : Je présente un anime Japonais en écrivant un texte et en faisant des captures d’écran qui resteront et là aussi je tente de développer mon propos.
  • Le vendredi : Bon, là il y a encore beaucoup de choses à ressortir de mes archives et là aussi je fais un bilan pour ne pas faire qu’un simple copié-collé de mes archives.
  • Le samedi : Nouveau concept : je présente une photo numérique ou argentique avec un texte pour la présenter et évoquer les circonstances autour de cette image.
  • Le dimanche : Une photo argentique sans commentaire. Là c’est service minimum car le dimanche c’est fait pour se reposer.ou préparer sa semaine et son cours de guitare du mardi. :mrgreen:

Alors vous en dites quoi de cette grille de rentrée ? 😀

BOUM !!!

Bon et bien voilà je suis mort et j’ai fait exploser la baraque dans la foulée !

C’est ce que j’aurai pu écrire car il y a moins de dix minutes une accumulation de gaz sous la nouvelle plaque de cuisson causée suite à mon raccord mal fait, a fini par exploser avec la flamme de la casserole du dessus. Ma mère était tout près et elle m’a raconté que c’était impressionnant.

Car oui, en dehors du meuble de rangement qui s’est ouvert et qui a expulsé de nombreux plats et ustensiles sur le sol de la cuisine, le four lui-même est sorti faire une balade: après la détonation je l’ai retrouvé au milieu de la cuisine !!! J’étais si paniqué que j’ai tout remis en place sans même penser à faire une photo. Les garnitures basses du meuble ont aussi volé dans la pièce et le tout avec des flammes, bref un spectacle son et lumière de type traumatisant.

Du coup trois choses à tirer de tout ça :

  • Nous sommes si blasés par les malheurs successifs qu’une explosion de plus ou de moins ne nous impressionne même plus.
  • Un grand merci à notre ange gardien, personne n’est blessé et même pas de dégâts matériels.
  • On ne rigole pas avec le gaz, je ne me sentais pas de le faire on m’y a forcé mais j’aurai du continuer à procrastiner. Car oui, le gaz c’est dangereux. Les explosions sont violentes et spectaculaires et du coup seuls des professionnels devraient être agréés pour installer une plaque de cuisson ou une autre machine fonctionnant au gaz. Les notices Darty on les oublie.

Mais enfin, je le redis… OUFFFFFF… Pas passé loin ce coup là… 😯

Bon plus qu’à trouver un installateur, un vrai cette fois-ci !

La vie des autres

Souvent dans ces pages je me plains de ma vie, de ma solitude réelle et existentielle et en général de tas de choses qui m’angoissent à plus ou moins courte échéance.

Forcément dans cet état d’esprit, j’ai tendance à regarder la vie des autres avec envie en me limitant à relever quelques points positifs pour décréter qu’elle est forcément meilleure que la mienne. Mais même en étant bien conscient que le bonheur n’existe pas et ce pour aucune personne, je ne m’attendais pas pour autant à trouver autant de souffrance dans la vie de personnes que j’estimais chanceuses.

Ces dernières semaines j’ai eu tant d’exemples de souffrances aussi profondes que cachées que cela me donne envie de parodier Shakespeare en écrivant : « montre-moi un homme heureux et je te montrerai une tragédie ».

Un des signe révélateur de malaises profonds chez les personnes qui cachent leurs souffrances c’est la consommation d’alcool. Face à une personne qui boit beaucoup, notre jugement est souvent biaisé. Si c’est un proche qui se prend des murges on en parle en rigolant avec lui et si c’est un inconnu avec ce qui semble être une vie de merde alors là nous pensons directement que nous sommes face à un alcoolique. Mais est-ce si simple?

Mon opinion sur la question renforcée par mes dernières observations est la suivante : chaque fois que l’on est face à une personne qui boit jusqu’à s’en rendre malade c’est que cette personne, et ce peu importe les signes extérieurs de bien-être et de vie équilibrée qu’elle manifeste, est en fait une personne qui n’est pas bien dans sa vie..

Alors oui le papy qui se bourre la gueule à un mariage, le copain marié père de famille avec une belle situation qui se prend de grosses murges à chaque fois qu’on boit avec lui, cette célébrité bien connue pour ces excès… Tous ont pour point commun de cacher de profondes souffrances que l’alcool vient révéler sans avoir besoin de leur délier la langue.

L’alcool consommé avec excès est comme une drogue, ses ravages à court, moyens et long terme sont un prix très lourd à payer pour quelques instants de détachement, de flottement. Ainsi pour vouloir payer ce prix pour si peu et risquer comme pour toutes les drogues de tomber en dépendance, il faut vraiment avoir une grosse souffrance en soi et penser que seul l’alcool peut l’effacer tout en sachant que ce n’est que de façon provisoire.

Les personnes porteuses de souffrances cachées et qui boivent de façon régulière pour tenter d’y échapper ont d’ailleurs mis au point certaines stratégies pour que leurs crises de dipsomanies (c’est le nom médico-psy de la murge) ne soient pas repérées comme révélatrices d’une détresse. Notre mentalité franchouillarde facilite bien les choses, entre copains on se raconte souvent les murges que l’on prend en rigolant de ces « exploits » mais ce n’est qu’entre de vrais amis que l’on peut s’interroger sur la raison qui nous a a poussé à tant boire. Pour les plus jeunes la dimension de défi est aussi bien présente, tester ses limites face à l’alcool approcher le coma éthylique pour en tirer de la gloire et parfois dans un groupe ritualiser l’usage de l’alcool pour en faire un rituel de passage dans une société qui n’en a quasiment plus…

Et moi dans tout ça ?

Mon corps de par ma corpulence et mon entrainement tolère assez bien l’alcool mais je n’ai aucune envie d’en boire lorsque je suis seul et quand je suis avec les autres je me fixe aussi des limites ce qui me permet de veiller à la sécurité des gens qui autour de moi continuent à boire. C’est très prétentieux mais c’est vrai, je l’ai encore testé la semaine dernière.  Je n’ai pas besoin de l’alcool pour conjurer les démons qui sont en moi, je les ai regardé en face depuis bien longtemps et depuis nous avons appris à faire bon ménage ensemble.

Cependant au moment de conclure ce billet hebdomadaire je vais écrire quelque chose de très horrible mais que ma sincérité m’interdit de cacher : découvrir les souffrances des personnes que j’enviais m’a procuré un incroyable soulagement. Je ne me plaindrai plus de ma vie de merde car je crois que tout autour de moi des tas de personnes que je pense être heureuses et équilibrées cachent en fait de profondes blessures d’autant plus lancinantes qu’elles s’interdisent de les verbaliser et restent ainsi seuls avec elles.

Au fond je l’aime bien ma petite vie de merde !  😈

Parenthèse enchantée

Hier c’était ma fête et pour une fois ça a été ma fête dans le sens positif, une bonne saint Laurent pendant laquelle j’ai fait un bénéfice net (après déduction des frais Paypal) de 801 euros. J’ai atteint cette somme sympa en vendant un reflex numérique dont je ne me sert plus, les chaussures de ma mère pour 5 euros (je lui ai donné ses sous), du film rare à un copain 😉 et surtout ma chambre Sinar Norma 13×18. En 13×18 (5×7″) je garde donc la P et je vends la Norma, une chambre par format c’est logique ! C’est ça la rationnalisation !  😎

Ces dernières semaines je me suis rendu compte de plusieurs choses, en premier lieu du poids des choses qui s’entassent autour de moi, m’emprisonnent et ne me procurent plus de plaisirs et aussi de la fragilité de ma situation. A 47 ans je vis chez ma mère en lui payant un loyer qui est prélevé chaque mois ainsi que mes autres dépenses assurances téléphones etc. Si j’ajoute mes petits plaisirs et mes achats de matériel, il devient très difficile de pouvoir économiser pour faire face à la suite quand le moment sera venu.

L’argent c’est quelque chose d’étrange, il est si facile à dépenser mais si difficile à gagner… Mes ventes ont été compliquées à faire avec les photos et les renseignements de plus en plus complexes à donner sur les plateformes de vente. Cela prend pas mal de temps et au final entre les frais Paypal et les autres on se rend compte que l’on vend très souvent à perte. Mais qu’importe…

C’est ainsi que depuis mes « petites révélations » j’ai commencé à me soucier bien plus des questions d’argent. J’ai ainsi commencé à vendre tout ce que je pouvais et je ne vais pas m’arrêter de sitôt car je veux me constituer un véritable tapis de secours face aux incertitudes multiples de cet avenir plus sombre de jour en jour. Je vais aussi réduire de façon drastique ma consommation de bière et de nourriture locale ( dommage pour la brasserie du village) et renoncer à tous mes projets d’achat de biens non essentiels.

Bref je vais vivre sans le moindre plaisir hormis celui de la musique. La musique que je fais avec mes exercices et celle que je continue d’étudier avec mes cours payants de basse et de guitare, car oui ça avance et vu le progrès positif et le plaisir réel que cela me procure, je serai stupide de tout arrêter. En plus de ça j’en ai besoin pour le boulot afin de mener à bien une action éducative reposant sur la musique.

Un homme seul tel que moi n’a besoin de rien d’autre que d’un peu de nourriture (ces dernières semaines il n’y a que trois repas par semaine car trop chaud et pas motivés pour cuisiner), d’un toit et d’une connexion Internet pour avoir accès à du contenu gratuit.

Mais cela suffira-t-il à me donner mon quota de plaisirs ?

Ah mais oui c’est vrai ! J’allais l’oublier une fois de plus ! Je n’ai pas le droit d’être heureux, alors du coup le moindre plaisir sera bien suffisant pour m’empêcher de tomber dans la grande déprime ! 🙄

Ré-ouvrir les vieilles blessures…

Hier dans un moment d’égarement et pour rendre un service à mon frère, j’ai ouvert un compte Facebook sous un pseudo débile. J’ai vite casé trois photos et j’allais chercher un moyen de le fermer quand tout à coup j’ai eu cette idée stupide.

Tenter de la retrouver et de la joindre.

Alors attention, cette fois on va parler d’amour !

Il y a une trentaine d’année au lycée, je suis tombé amoureux d’une fille de ma classe mais entre mes complexes et mon statut de loser notre relation s’est limitée à une grande amitié platonique vécue à grand coup de séance de ciné et d’échanges épistolaires. Le bonheur de recevoir une lettre, objet physique et personnel de l’être aimé (même unilatéralement) dans sa boite aux lettres…

Je me souviens encore très précisément du jour où mon cœur a explosé d’amour pour elle. C’était un mardi d’octobre 1991 en cours de maths. La prof venait de me poser une question à laquelle je ne savais pas répondre. Les autres jeunes s’étaient moqués de moi et j’avais fondu en larmes en les suppliant de cesser de se moquer de moi. Et c’est là qu’elle était intervenue pour prendre ma défense devant toute la classe. Pour la première fois quelqu’un semblait s’intéresser à moi, alors comme un animal blessé et affamé, j’ai passé le reste de mes années lycée à tenter de suivre la main qui m’avait apporté un peu de réconfort et d’espoir.

Nos chemins se sont séparés en 1992, après le bac je ne l’ai revue qu’une seule fois et déjà il était devenu plus difficile de parler ensemble. Par la suite elle est partie à Paris s’est mariée a eu deux enfants a divorcé et est partie dans le sud où elle fait un travail peu gratifiant tout en rêvant de pouvoir retourner dans notre région.

Et ça, c’est ce qu’elle m’a raconté hier. Car oui, avec ce réseau social j’ai vite eu fait de la retrouver. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me réponde si vite mais elle l’a fait. Reste à savoir si elle va désirer poursuivre nos échanges sur Internet…

La vie est pleine d’ironie, elle pensait que j’étais devenu riche avec une bimbo au bras et moi je pensais qu’elle était dans la restauration de luxe avec une famille épanouie… Comme quoi ce genre de futur n’existe que dans les films.

Alors nous voici tous deux avec nos désillusions, nos vies en lambeaux et nos difficultés familiales. Alors que faire si nous décidons de prolonger nos échanges ? Finir par se revoir cet été ? Et puis ? Comprendre que nous n’avons plus rien en commun ce qui pour moi aurait pour effet de détruire à jamais la seule romance de ma vie ? Ou alors continuer à se faire coucou sur le web avec des petites conversations futiles en attendant que je trouve le courage d’évoquer avec elle nos relations passées espérant qu’elle m’avoue enfin si un jour, une fois, elle a eu elle aussi des sentiments pour moi. Si elle dit non je serai enfin apaisé et si elle dit oui alors là c’est clair que j’aurai du mal à monopoliser mes facultés de résilience pour surmonter le choc.

Car oui, cet amour a toujours été très particulier pour moi, c’est la seule fois où j’ai aimé une fille en dehors de toute pulsion sexuelle. Adolescent avec mes hormones qui bouillonnaient, je ne regardais jamais son corps mais seulement ses yeux,  je ne désirais qu’une seule chose c’était passer le plus de temps en sa compagnie. Je n’ai jamais fantasmé sexuellement sur elle mais je rêvais de voyager avec elle dans le monde entier.  A l’époque j’étais jaloux de tous les garçons qui l’approchaient. Mon amour pour elle était aussi pur qu’exclusif et dévorant, bref une vraie maladie.

Un baiser échangé avec elle aurait sans doute changé ma vie entière, j’en suis convaincu mais hélas cela ne s’est pas fait. J’ai tenté plusieurs fois de lui faire comprendre l’amour que j’avais pour elle parfois de façon très directe avec des phrases du genre « j’aurai tant aimé t’embrasser une fois dans ma vie » , j’avais même vidé mes économies pour lui acheter un pendentif en or avec sa chaine, bref j’ai fait tout et n’importe quoi en faisant attention de ne pas la brusquer pour ne pas me faire jeter pour de bon.

Le pire épisode dont je me souviens, c’est de l’avoir supplié de me donner une chance, je me souviens de cette soirée où elle m’a entrainé sous le pont en attendant que je fasse le premier pas chose que je n’ai jamais osé faire. Au final ce grand amour à sens unique a fini par bloquer toute romance en moi en me renvoyant une image de moi-même des plus pitoyable.

Le plus triste dans tout cela c’est qu’à l’époque il y avait une autre fille qui vivait la même chose que moi sauf qu’elle n’avait jamais osé m’avouer ses sentiments et attendait que je me rende compte de sa présence et de ses désirs en passant du temps avec moi. Je pense qu’elle m’a aimé lorsque je l’ai consolée dans le bus un samedi matin car elle pleurait après avoir eu un 5 en philo sur le sujet « le jeu n’est-il qu’un jeu ». Elle n’avait pas fait la partie pour dire oui le jeu est tout d’abord un simple jeu… Le prof avait hurlé que nous ne savions pas lire un énoncé (Mais comment est-ce que je me souviens de tout ça ?  😯  ) Je me souviens lui avoir dit des choses sympa pour la réconforter (j’avais eu une bonne note) et je me souviens avoir vu quelque chose dans ses yeux et je me souviens aussi des autres signes qu’elles m’avait laissé par la suite. Mais moi, hypnotisé par mon amour dévorant, j’avais remarqué tout ça tout en choisissant de l’ignorer. C’était une copine sympa que jamais bien mais mon cœur ne battait que pour cette autre fille.

Quelle aurait été ma vie si un de ces deux amours avait donné quelque chose ? Une relation d’adolescents de quelques mois aurait sans doute suffit à me donner une autre image de moi-même en diminuant mes complexes. Je peux même imaginer que fort de cette nouvelle confiance en moi, j’aurai étudié de façon plus correcte au point de faire fructifier mes diplômes pas comme cette maitrise de droit privé qui n’a pas servi à grand chose à l’éducateur spécialisé que je suis devenu.

Au final si j’y réfléchis bien, mon premier grand amour était unilatéral et cristallisé et a trouvé sa place sur une étagère de mon cerveau où il sert de rappel : Ne plus jamais aimer personne.

De toute façon je n’ai pas droit au bonheur, alors…

 

Reprendre le dessus…

Je reviens de chez le cardiologue où j’ai emmené ma mère, son cœur va très bien, tachycardie très faible pour ses 83 ans, bref si elle n’était pas tombée tout irai pour le mieux. Son dos lui fait très mal et les radios vont surement confirmer qu’il y a du dégât et que la douleur va mettre du temps à s’estomper.

Et de mon coté ? Et bien j’ai été en PLS pendant plusieurs jours suite à cet accident et surtout en voyant ma mère plonger dans ce qu’elle ne sait pas nommer : une bonne vieille dépression. Du coup j’ai eu de nouveau une grosse bouffée d’angoisse en m’imaginant sous un pont dans quelques années car avec de tels incidents de vie je ne peux qu’en imaginer d’autres plus ou moins crédibles comme la perte de mon emploi suite à la situation sanitaire liée au virus.

Personne à qui parler, plus de force pour travailler et continuer mes rangements, mais peu importe mon affliction, je dois reprendre le dessus.

Et ça commence cet après midi avec un premier rendez-vous chez un prof de guitare réputé de la région. Le but c’est d’identifier avec lui les choses qui limitent et bloquent ma progression à la guitare et aussi tenter de déverrouiller mon blocage psychologique qui fait que je suis raide face au groove.

Cours de guitare, cours de basse, ça fait peut-être un peu beaucoup surtout pour quelqu’un qui comme moi n’a aucun espoir ni avouons-le volonté, de jouer dans un groupe. Mais bon apprendre à maitriser un instrument, pouvoir l’utiliser pour s’exprimer comme j’ai tenté de le faire depuis des dizaines d’années avec la photo, bref faire quelque chose de ma vie avant que ne survienne le grand silence.

Au final été de merde mais grosse volonté de reprendre le dessus et de vivre un peu au présent pour éviter de me plonger dans les abysses rédhibitoires d’angoisses vis à vis de mon avenir.

Tout ça et trainer avec le fils Machin pour voir si je peux l’aider avec ses américaines. C’est toujours si chouette de l’aider à monter une boite de vitesse avant de monter avec lui dans sa mustang 1968 pour faire le tour du village et boire une bière au pub avec des gens qui se demandent si je suis toujours l’éduc fauché qui vit avec sa mère ou si j’ai gagné au Loto.

Ah tiens je recommence à écrire des conneries !

Donc oui, ça va mieux ! 😀

Zut de chûtes !

Il y a deux semaines je faisais une chute qui m’a occasionné une large plaie sur le front qui se transformera en cicatrice, et avant hier c’est ma mère de 83 ans qui tombait en bas de l’escalier sur le dos.

Voici deux nuits que je la veille, elle marche et travaille et n’a rien de cassé mais elle est contusionnée et cela lui entraine une certaine gêne respiratoire et ainsi un sommeil plus compliqué. C’est pour cela que là à 9h30 du matin elle est encore couchée.

Je devrais me réjouir qu’elle n’aie rien, mais il n’en est rien, cet accident me montre à quel point ma vie est devenue fragile moi qui n’ai rien. Si quelque chose devait lui arriver que deviendrai-je ?

Impossible de la surveiller tout le temps, je travaille et bien sûr elle refuse toute adaptation de sa maison et continue à utiliser des escabeaux pour atteindre les placards en hauteur. Au quotidien je me démène pour anticiper ses besoins pour qu’elle n’ai pas besoin de prendre des risques mais cela est toujours vain, elle n’a même pas encore abandonné sa volonté de prendre sa voiture sans permis pour aller en courses.

Bref, une fois de plus je suis bien seul dans ce merdier qui va faire de ces cinq semaines de vacances un vrai enfer. 😦

L’emprise des choses

Voici plus de deux semaines que l’on m’a demandé de vider les deux endroits où je stockais (bon nous sommes entre nous donc on va dire où je cachais) pas mal de choses personnelles que j’utilisais souvent, peu ou pas du tout pour mon travail avec les enfants.

Car oui, pour mes employeurs le fait d’encombrer de façon invisible ces deux salles n’avait jamais posé de problèmes jusqu’à cette année où la féminisation des cadres et la relocalisation des services dans le même bâtiment ont fait que j’ai du laisser ma salle et vider les placards ainsi que ce qui était mon second labo photo.

Vider, trier et jeter cela m’a pris plus d’une semaine…

200714a

Et bien sûr, ce qui pour certains est un exercice bienfaisant s’est vite transformé pour moi en expérience très désagréable.

Surtout lorsque j’ai ramené ce que je ne pouvais pas jeter pour le stocker dans mon labo, seule pièce disponible dans toute la maison. L’encombrement ainsi créé m’a bloqué l’accès à mon matériel de développement et a ainsi retardé la bonne surprise de mon dernier auto portrait en grand format.

200714b

Cette petite chronique personnelle aussi futile que dérisoire n’est en fait que le début de ma réflexion du jour sur quelque chose qui me turlupine depuis que j’ai commencé ce que j’ai décidé d’appeler mon combat contre les choses, je veux bien sûr parler de l’emprise que les objets ont sur nos vies.

Une grande partie de notre activité humaine a pour but soit d’acquérir des biens soit de se procurer les moyens de le faire et parmi ces biens en dehors de la nourriture et des outils vraiment utiles et non redondants dans notre quotidien, aucun n’est vraiment indispensable. Oui il faut se l’avouer, nos objets sont avant tout des choses importantes pour nous mais bien souvent sans réelle utilité. Les raisons qui nous ont poussé à les acquérir sont bien souvent liées au désir d’éprouver la courte joie que l’on ressent lorsque l’on ouvre le colis où que l’on passe à la caisse. Acheter un nouvel objet non indispensable qu’il soit un objet de confort ou un outil, ne changera rien à nos vie mis à part le fait d’éprouver cette satisfaction passagère et peut-être se sentir moins vide à l’intérieur car comblé d’objets à l’extérieur. Les publicitaires qui créent les besoins pour vendre des produits qui font tourner notre système économique le savent bien.

Peu importe les raisons conscientes ou inconscientes des ces acquisition, on achète, on achète encore et encore, et là, comme dans mon cas on tente de les jeter de s’en libérer et c’est là que l’on se rend compte de l’incroyable emprise qu’ils ont sur nous. Le dessin d’un enfant, la carte faite pour mes 40 ans par les enfants et ma collègue, les cours de l’école des éducs, ce bout de métal qui est un morceau de l’école dans laquelle j’étais avant, un joli coquillage, un caillou ramené pendant d’une balade…Et tant de photos…

Non c’est impossible de jeter les souvenirs, c’est aussi difficile quand on a eu mon éducation de jeter des choses qui peuvent encore servir. Dans mon cas mon rapport aux choses est encore compliqué par le fait qu’à l’instar de certains peuples asiatiques, je leur accorde parfois une âme, un semblant de vie qui me pousse à les protéger. Enfin il existe une autre raison que l’on n’évoque jamais car trop honteuse, c’est bien sûr la flemme qui fait que l’on adopte une attitude procrastinatrice face à l’urgence du rangement et que l’on se retrouve ainsi parfois dans un terrifiant capharnaüm.

Et c’est ainsi que le piège des choses se referme sur nous à grand coups de  « je suis un souvenir » de « je peux encore servir » ou pire de « ne me jette pas je suis un objet doté d’une âme ». La suite vous l’avez vu ci dessus, c’est le cauchemar des choses qui envahissent votre espace et paralysent votre activité sans rien vous offrir en échange que de creuses et trompeuses promesses de joies à venir.

Depuis cet incident, je ne cesse de penser à mon rapport aux choses et je réfléchis à ce que je dois faire pour m’en libérer.

  • La première idée est de se faire aider lorsque cela est possible, les femmes prennent un main plaisir à jeter les affaires des hommes car elles ont conscience des souffrances que cela engendre chez eux mais d’un autre coté cela fait d’elles des alliées précieuses dans ce combat contre les choses.
  • Avant d’acheter quelque chose de neuf ou d’occasion se demander si on a vraiment besoin de cet objet ou si ce n’est qu’une énième tentative de combler le vide par le plaisir très éphémère de l’acquisition. Ces derniers jours j’ai failli acheter une quatrième basse (j’en ai trois en comptant celle pour le projet avec les gamins) et fort heureusement c’est mon prof de basse qui m’en a dissuadé de façon très efficace.
  • Face à un objet « souvenir » se demander si ce souvenir est si clair que ça et si il l’est se poser la question de son importance ou de la façon dont on va le consulter. La carte de mes 40 ans était énorme, où pouvais-je le stocker mis à part dans un placard de l’établissement et de toute façon je n’allais pas la regarder si souvent car les enfants qui l’ont signé ne font plus partie de mes souvenirs. Du coup en faisant cet exercice j’ai réussi à la jeter.
  • Cet objet peut servir… Oui mais à qui ? quand ? n’est pas un faux prétexte pour ne pas avoir à le jeter ? Des vieux aspirateurs j’en avais déjà deux donc celui trouvé dans le labo est parti vite fait à la déchetterie.
  • Enfin quand je regarde mes livres, mes CD, mes DVD je me dis que la technologie moderne offre des possibilités de stockage qui pourraient dans l’idéal me permettre de créer un espace culture dans la maison avec un écran relié à un ordinateur doté d’un très grand disque dur et d’une connexion Internet. Mais bon je refuse de lire un livre sur écran ainsi que de ne plus avoir le plaisir de faire tourner mes vinyles, du coup cette solution serait une semi victoire me débarrassant des DVD et CD.

Ceci écrit, je sais que mon combat contre les choses pour la reconquête de ma vie ne sera possible qu’en jetant et en vendant lorsque cela est possible. Mon labo est accessible depuis samedi après-midi, cela fait une bataille de gagnée mais la guerre elle-même ne fait que commencer.

En conclusion il est clair que notre rapport aux choses vient dire beaucoup de choses sur nous-mêmes et nos conflits internes. Le fait pour moi d’écrire ce long article pour trouver la force de réduire la part des choses dans ma vie, témoigne d’une volonté de ma part de trouver enfin une petite partie de bonheur dans ma vie, un genre de bonheur à bas prix, très bas mais régulier et ne passant pas par les choses.

Me remettre à la musique ou intensifier ma pratique photographique sans acheter d’outils ou de consommables qui ne soient pas indispensables me semble être une bonne idée car cela va me procurer de bonnes vibration tout en me poussant à aller vers les autres pour apprendre et partager. 🙂

Accompagner le travail de deuil

Ce soir j’avais deux sujets à développer, tous deux me tenaient à cœur et du coup je vais jouer à pile ou face. Bon, je viens de jouer, mon combat en cours contre les choses attendra donc la semaine prochaine car là je vais vous parler d’autre chose. Et pour commencer d’en parler rien ne vaut une photo comme celle de ce que je viens de finir de fabriquer :

200707

Dans ma vie d’éducateur, en dépit de mes talents manuels très limités,  j’ai déjà fabriqué des tas choses. Mais là, une plaque à poser sur une tombe, c’est inédit. 😯

Parmi les douze enfants de ma « classe », une petite fille de bientôt dix ans a vécu des choses très difficiles dont la pire a été la mort de son père en février dernier suite à une longue maladie, oui LA longue maladie. Voici deux ans que je travaille avec elle et ensemble nous avons connu des moments rigolos, mais hélas des moments difficiles, des crises et des larmes partagées, bref cette gamine je devais en parler un jour car sa souffrance et son histoire me renvoient beaucoup de choses de mon propre passé et ses récentes crises de colère violente et ce qu’elle disait pendant ses colères m’ont fait comprendre que je devais l’aider dans son travail de deuil.

Car oui, suite à des histoires de famille et à pas mal de situations complexes et difficiles, la petite n’avait pas été à l’enterrement de son père (j’y était avec deux collègues pour la soutenir tandis que sa mère étaient restées chez eux). Ainsi pour elle la mort de son père n’est pas très claire et le stade de l’acceptation du décès s’est passé de façon un peu bancale. La semaine dernière pendant une crise violente, la voici qui accède au stade de la colère mais en la tournant contre elle-même :

« Si mon papa est mort c’est de ma faute car j’ai été trop méchante !!! ».

C’est là que je me suis rendu compte qu’un gros travail autour du décès de son papa devait être fait pour l’aider à passer le cap et quoi de mieux que de faire ce qu’elle n’a pas encore pu faire faute aux histoires de famille et à l’absence de moyen de transport ; aller au cimetière dans le « jardin du souvenir » où les cendre de son père sont déposées pour y laisser cette plaque fabriquée à partir d’un dessin qu’elle a créé avec moi sur l’ordinateur avant de le colorier. Je l’ai bien sûr plastifié et alourdi avec une équerre en métal pour qu’il reste debout et en place.

Voilà, et tout ça c’est le programme de demain matin et bien sûr, histoire de rajouter du symbolique, je vais être accompagné par ma collègue histoire de bien lui faire comprendre que tout au long de sa vie elle devra trouver à travers ses rencontres du « père » pour remplacer celui qui est perdu et de la « mère » pour combler les manques de la sienne.

Sa quête de l’autre ne fait donc que commencer mais ça elle le découvrira par elle-même, demain avec ma collègue nous aurons beaucoup de mots à poser et nous finirons notre travail avec elle dans un mac do ou flunch histoire de faire autre chose qu’une visite austère  dans un endroit qui nous rappelle notre propre destin.

Et tiens, pour une fois je vais m’autoriser à reprendre ce message demain histoire de vous raconter et de raconter au moi du futur ce qui s’est passé demain.

A suivre donc…

Bon voici donc la suite…

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Ce matin, mardi 8 juillet 2020, après avoir inventé et ajouté cette petite fleur bleue sur la plaque pour cacher le gros point de colle, je suis allé chercher la petite chez elle et je suis passé au travail pour rejoindre ma collègue qui m’a accompagné dans cette expédition.

Nous sommes donc arrivés au cimetière dans lequel nous sommes entrés en faisant grincer la lourde grille comme il se doit pour l’ambiance… Nous trouvons la tombe tout au fond du cimetière, c’est une sépulture familiale, les cendres du père de la gamine sont posées vers la pierre tombale dans une superbe urne en marbre. L’enfant toute excitée comme à son habitude joue avec l’arrosoir qu’elle a pris à l’entrée du cimetière, je la laisse arroser les plantes puis je prends la parole.

Tu sais pourquoi nous sommes là ? Nous sommes là pour que tu puisses poser cette plaque pour ton papa et pour t’aider à penser à lui. Je voudrais aussi te redire ce qui s’est passé autour de la mort de ton papa, c’est une maladie grave qui l’a tué, une maladie que l’on ne sait pas encore guérir très bien. Alors non, même si tu as fait des bêtises et si tu as été pénible ce n’est pas ça qui a causé la mort de ton papa mais cette terrible maladie… Arrête de dire le contraire quand tu es en colère et sinon aujourd’hui nous sommes sur le cimetière pour faire ce geste important mais après nous voulons que tu arrêtes de penser à la mort, tu vas avoir dix ans tu as toute la vie devant toi avec tant de choses à découvrir tant de personnes à rencontrer, donc non, même si tu penses souvent à ton papa, essaie de penser avant tout aux bons moments que vous avez passé ensemble et pas à la mort car ta vie à toi ne fait que commencer…

Je continue sur ce thème avec des mots adaptés, aidé par ma collègue qui vient naturellement compléter et enrichir mes phrases. Puis voyant que la gamine semble avoir du mal à bien écouter et commence à faire un peu n’importe quoi (en clair nous l’avons gavée), je me me souviens d’un film de Pagnol « La femme du boulanger » et du coup je décide de faire comme dans le film, je cesse de m’adresser à la petite et je parle à son papa décédé comme si il était devant moi et peu à peu les larmes me montent aux yeux…

Bonjour M…… C’est moi Laurent qui accompagne votre fille depuis quelques années, vous savez ce n’est pas tous les jours facile, mais je vous promets qu’avec ma collègue nous allons faire de notre mieux pour l’aider à se mettre au travail et à comprendre qu’elle doit faire de gros efforts en classe et en activité. Comptez sur nous pour lui dire stop quand elle fait n’importe quoi ou qu’elle se montre désagréable. Nous allons l’aider à grandir et à se préparer pour la suite de sa vie. 

La petite fille arrête de jouer et semble avoir bien écouté ma promesse à son papa, cette technique « Pagnol » a donc un double bénéfice, un premier immédiat qui est de fixer l’attention de l’enfant, et le second sur le long terme qui sera que dans les moments difficiles, nous lui rappellerons cette promesse qui bien que unilatérale n’en est pas moins sincère.

En écrivant ces mots je me rends compte que j’ai fait un genre d’entretien avec une personne décédée… C’est un peu limite d’appuyer une partie de notre légitimité sur un monologue devant une tombe, mais je fais confiance à mes tripes et mon instinct de travailleur social qui me soufflent que je n’ai pas été trop mauvais sur ce coup là…

Voilà, c’était une petite chronique que je voulais vraiment consigner ici en espérant que cette humble expérience aide quelqu’un dans le futur.