Ce soir…

Ce soir j’aurai pu te parler des deux concerts auxquels j’ai assisté la nuit dernière. Te dire que le premier n’était pas assez mélodique pour être à mon goût mais que le second a été tout l’inverse et que j’ai vécu des moments incroyables comme par exemple le moment où le bassiste d’un des groupes a sauté dans la foule en continuant de jouer alors qu’autour de lui une nuée de mecs bien vénères tourbillonnaient en se rentrant dedans. Je pourrais te raconter plein d’autres moments comme ça et te dire qu’au final je suis triste de ne pouvoir garder comme souvenir que ce genre d’image moche car mon téléphone est un modèle bas de gamme :

Mais non pas envie !

Ce soir je pourrais aussi te raconter que j’ai vu à ce double concert de métal des parents amener leurs jumelles roses (non pas pour voir de loin mais pour leur montrer la scène de tout près) :

J’aurai pu faire un article rigolo en imaginant la vie de ces gamines nourries au métal dès leur plus jeune age… A quoi ressemble leurs barbies, ce qui se passe quand les garçons les embêtent… Le genre de délire qui m’amuse bien… Mais non pas ça non plus…

Ce soir je pourrais aussi te parler de Mathieu, mon ami le luthier qui, toujours pendant ce double concert présentait dans le hall ses dernières créations avec sa femme :

Mais non, sinon je vais finir par vendre des choses pour lui demander de me fabriquer une basse selon mes envies !

Alors ce soir je pourrais aussi te parler de cet article trouvé dans le journal que j’ai lu ce matin en buvant mon café au bar tabac près de l’école :

Mais non, c’est trop débile comme histoire…

Je pourrais aussi te parler des enfants que j’accompagne qui après une pause de plusieurs semaines ne savent plus utiliser une paire de ciseaux :

Mais non, je ne veux pas les ostraciser, ça ne servirai à rien !

Ce soir je pourrais te raconter que j’ai vu ma tête sur la photo de classe et que je ressemble à un SDF hyper obèse, vieux et malade et que ça me donne envie de me pendre, mais non car je préfère oublier.

Alors au bout de tout ça je ne vais retenir qu’une seule chose pour cet article « perso » du jour c’est que ma collègue m’a glissé un mot gentil aujourd’hui en disant qu’elle reconnaissait que j’avais la capacité de gérer certains enfants du groupe d’une façon différente pour débloquer les choses tandis que elle de son coté arrivait à faire écouter d’autres enfants du groupe que moi je n’arrive pas à faire obéir. Bref nous sommes complémentaires et du coup le vieux SDF obèse et malade de la photo sert encore à quelque chose !

C’est là dessus que je veux finir !

Écrire ça et aussi me promettre à moi-même de changer de coupe de cheveux. Après tout je paye très cher une coiffeuse visagiste depuis mon enfance, elle saura donc me conseiller si j’abandonne mon idée débile de me laisser pousser les cheveux pour avoir un look métal. 😆

Rien…

Presque rien mangé à midi

Presque rien fait de la journée

Et au final rien à raconter ce soir, surtout que mon siamois continue de tout me balancer sur le clavier.

Non là je vais me coucher….

Bientôt les vacances ! 🙄

Souvenirs

Ce soir j’ai un peu la tête en vrac, un coup de téléphone indésirable d’une personne avec encore plus de soucis que moi m’a bien perturbé.

Mais je ne veux pas parler de ça ni de mon chat qui vent de détruire mon étagère pendant que j’écrivais ces mots. (Pause pour tout ramasser).

Non je veux juste écrire mon weekend en oubliant l’état de santé de ma mère qui m’a empêché d’en profiter au maximum. Non je ne vais parler que des bonnes choses.

Samedi à midi un rendez-vous avec un infirmier qui travaille pour une association et qui va me coacher pour un rééquilibrage alimentaire avec des méthodes très différentes de mon dernier diététicien. Cet infirmier de 45 ans est vraiment sympa le courant passe bien alors si en plus il peut m’aider à perdre un peu où encore mieux à trouver la voie pour perdre un poids significatif, ce sera banco !

Puis le soir un double concert de folie en compagnie de mon copain Fred. J’espère avoir bientôt le temps de faire le montage.

Dimanche repas sympa chez ma sœur même si il s’est écourté à cause de ma mère pas trop en forme, j’ai bien aimé le vin l’agneau et mon gateau au chocolat était sympa aussi.

Puis le dimanche soir repas avec Fred et sa copine et prolongation jusqu’à trois heures du mat avec des dégustations d’alcools très fins en quantité raisonnable.

Bref, je voulais juste garder ces bons souvenirs et occulter le reste, ce sont mes pages après tout et je trouve que se rappeler des bonnes choses est bien plus utile que d’évoquer vainement mes galères… 🙄

Face à la maladie mentale

Mon métier consiste à participer à l’accompagnement scolaire et éducatif de enfants et ce, dans une école primaire.

Jusque là, l’équipe à laquelle je suis rattaché accueillait des enfants avec des handicaps mentaux légers ou moyen avec parfois des troubles du comportement.

Mais voici qu’à présent entre la volonté de certains parents qui ne veulent pas voir la réalité en face et une volonté politique du tout inclusif visant à tester les limites de l’éducation nationale, nous voyons arriver sur notre groupe des enfants complètement parasités par des troubles psychiques profonds qui non seulement les perturbent et les font souffrir mais les mènent aussi à manifester des comportement dangereux pour les autres enfants, les adultes et eux-même.

Et nous face à cela, et bien nous patinons.

La psychologue n’est d’aucune aide et a pour seul but de nous monter contre notre hiérarchie pour se trouver une place de bienfaitrice. Nous avons essayé plusieurs choses et à chaque fois nous nous retrouvons face aux limites de ce que nous mettons en place.

Bon, ça peut vous paraître compliqué à comprendre, donc je vais vous parler de Bernard (prénom changé) avec qui je travaille depuis bientôt un an.

Cet enfant est complètement envahi par des troubles anxieux liés à une psychopathologie qui évoque le registre de la psychose. Il est incapable pour simplifier de faire le lien entre le symbolique le réel et l’imaginaire et bien qu’il sache lire écrire et compter, ses troubles l’empêchent par exemple de choisir un petit livre pour le lire car cela n’a aucun sens pour lui.

Ajoutez à cela que Bernard ne cesse de parler pour évoquer les interdits ou tout simplement pour meubler le vide trop anxiogène pour lui et vous commencez à comprendre à quel point ce jeune peut être perturbant pour le groupe et les adultes qui l’accompagnent. Et là je n’ai même pas parlé de sa violence.

Cet enfant veut s’asseoir sur une petite chaise en bois qui craque sous son poids et se balance dessus pour la faire craquer car jouer avec la possibilité que la chaise se casse lui procure une intense jouissance. Je lui demande de changer de chaise et il se met à faire des petits cris avant de faire des gestes très agressifs. Il n’est pas content car je le prive de son plaisir et du coup n’osant tourner sa colère contre moi, il la tourne contre la chaise en métal que je lui ai demandé de prendre en crachant dessus et en la mordant tout en poussant des petits cris très déstabilisants. Si un camarade se met à rire, il se lève pour le frapper et ne renonce que parce que je m’interpose.

Même chose à table où un menu à base de légumes verts suffit à le rendre agressif. Là encore n’osant s’attaquer à moi, il se défoule sur les haricots qu’il met en bouillie avant de faire mine de les lancer au plafond en pleurant et en hurlant.

Je me retrouve donc en première ligne face à la maladie mentale et pour l’instant ça tient car j’y crois et je refuse que cela se passe autrement. L’enfant le sent et du coup je pense que cela le rassure et le contient. J’évite donc les gros pétages de plombs mais ce n’est pas pour autant que je suis dans le soin car ce n’est hélas pas mon métier, même si je pense ne pas être trop maltraitant non plus.

Mais ces temps derniers je me sens un peu seul face à ce jeune dont les troubles s’aggravent, mes collègues doivent sans doute avoir la même impression. Du coup je perds ma patience et je crie beaucoup pour tenter de renforcer l’injonction qui est le seul rempart qui nous reste. Mais c’est une mauvaise idée. Je m’en rends compte et ça ne me plait pas. Le lendemain je fais des efforts mais bon…

Et ça ce n’est qu’un enfant de ce groupe.

Dans le groupe d’au dessus mes collègues font face à des enfants non verbaux qui tentent de s’échapper et qui ont aussi des comportement très agressifs le tout couronné par des troubles liés à l’autisme.

Bientôt deux démissions depuis le début de l’année, des collègues qui s’effondrent en pleurant ou me montrent leurs bras couverts de bleus, non les professionnels du social ne vont pas bien…

Mais bon nous sommes là pour ça, non ?

Après tout nous en sommes que des éboueurs qui devraient porter des chemises roses pour symboliser le fait qu’ils ne sont que des feuilles de papier toilette dont le but est d’essuyer la misère du monde jusqu’à que recouverts de toute cette merde ils finissent eux aussi par craquer. Mais bon c’est notre mission et on n’est pas là par hasard…

Mais au final ce qui me gène dans tout ça c’est de voir des situations très limites montrant clairement que cette politique du tout inclusif à l’école de la république risque de se terminer par un fait divers sordide qui fera la une du journal du soir.

Pour l’instant nous tenons le coup et nous restons vigilants, mais pour combien de temps encore ? 🙄

Lessivé…

Alors oui, ce soir je suis fatigué mais content. Content d’avoir passé une partie de la nuit dernière et une bonne partie de cette soirée à terminer un projet sympa, celui que notre classe a préparé pour la grande lessive.

Oui la grande lessive, cette grande opération nationale qui a lieu tous les six mois dans les écoles primaires et qui consiste à produire des dessins au format A4 sur un sujet donné. Les dessins sont ensuite pendus comme du linge sur une corde, d’où le nom de l’opération.

J’ai toujours été un grand fan de cette opération et cette fois avec ma collègue, face au sujet « Faire des bulles? » nous avons eu l’idée d’inventer avec les enfants une histoire simple avant de la mettre en image avec leurs dessins leurs coloriages et même une des photos prise pendant l’atelier que j’anime le mercredi matin. C’était un gros travail pour tout le monde.

J’ai donc passé pas mal de temps à scanner et à faire des montages assez ambitieux à mon niveau sur Photoshop. Mais bon, ce soir tout est prêt, il ne reste plus qu’à imprimer et à plastifier pour exposer les 13 feuilles de l’histoire après demain, le 21 mars, jour officiel de la grande lessive du printemps 2024.

Au final je suis heureux car je sais que le résultat final plaira aux enfants de notre classe voire aux autres enfants de l’école, et j’ai aussi beaucoup progressé en montage.

C’est donc une situation win-win.

Et ça fait du bien ! 😆

Insupportable portables !

Ce soir en sortant du travail j’étais dans une file d’attente à la caisse et j’ai sorti mon téléphone portable pour vérifier si j’avais bien dedans une photo dont j’avais besoin pour le boulot. Une dame accompagnée d’enfants m’a alors demandé si j’avais photographié ses enfants. 😯

Je me suis un peu fâché avant de lui montrer ma galerie photo et d’insister pour qu’elle vérifie elle-même. 😥

Ce soir je suis très en colère pour plein de choses mais ça, je n’avais pas prévu de le rajouter à la liste. J’en ai vraiment marre de ces pourritures de téléphones portables au point de vouloir refaire une semaine spéciale anti téléphone portable ! 🙄

Égoïsme

Mon métier que je tente de faire correctement est tourné vers le service des autres, dans le cas présent les enfants différents. A la maison je fais de mon mieux pour m’occuper de ma mère âgée et dépendante en faisant de très nombreux sacrifices. Parmi les rares amis avec qui j’ai envie de sortir, il y en a à qui j’apporte une aide morale et physique. Au village quand les gens viennent me voir, c’est qu’ils ont besoin de moi pour mes compétences avec les ordinateurs ou le reste.

Bref, j’ai l’impression, peut-être à tort, d’être utile et c’est très bon pour mon moral.

Par contre parfois je me demande quand est-ce que d’autres personnes en dehors de mes deux amis proches (comme Fred qui m’a sauvé la vie avec mon souci de fusible samedi) s’intéresseront enfin à moi et montreront une certaine volonté de réciprocité voire juste de reconnaissance pour ce que je fais pour eux.

Je ne parle pas des enfants bien sûr, c’est mon travail et ils ne me doivent rien, mais je parle de toutes ces personnes pour qui je n’existent que quand ils ou elles ont besoin de moi.

Je sais bien que je ne mérite pas d’être aimé, surtout pas par les femmes (et c’est une chance pour moi je crois, la vie étant assez compliquée comme ça) mais bon, vais-je un jour, de mon vivant, enfin connaître moi aussi un peu de bonheur retrouvé avec le goût des autres ?

Est-ce mon physique, ma folie latente ou le savant mélange des deux qui font que je vis à coté des autres au lieu de vivre parmi eux ?

Mais bon, au final je me dis que si je dois changer pour plaire, je préfère continuer d’être moi et de vivre avec pour seul entourage, les deux-trois personnes qui m’acceptent tel que je suis…

Par contre si ils pouvaient me le dire (ce que je suis), ça m’aiderai bien ! 😆

Reprise en douceur

Hier soir j’ai eu la bonne idée de mettre le réveil et j’ai ben fait car ce matin mon chat était pas vraiment réveillé, du coup sans ce bon vieux réveil à piles je serai arrivé en retard.

Le temps de me préparer et d’arriver sur mon lieu de travail, je découvre que tous les enfants sont là et qu’une jeune ukrainienne au beau prénom de Svetlana (ça veut dire crème) est arrivée pour quelques jours.

Mais qu’importe, je suis bien trop vieux pour m’intéresser aux réfugiées et je n’avais rien parié pour la présence des enfants.

Reste cette impression étrange qui m’a collé toute la journée…

Car oui pendant ces congés scolaires la loi nous oblige à accueillir les enfants que nous accompagnons pendant quelques jours (et ce pour de sombres raisons comptables), j’ai nommé cette période « journées d’activités ».

Et là pour la première fois nous n’accueillons que les enfants des deux groupes de grands, nous avons donc la possibilité de mettre en place des supers projets éducatif pleins de détente, d’apprentissages et d’ouverture sur le monde.

Mais hélas, je me retrouve à faire les mêmes choses que je fais d’habitude, une sortie photo, un atelier bricolage, une journée sur le terrain de jeu de mon village, une matinée de cuisine…

Et là du coup, je me suis senti mal. Pourquoi est-ce que je n’ai pas pensé à mettre en place des projets plus audacieux ? Alors oui nous avons les contraintes budgétaires mais c’est une fausse raison, la vraie me fait peur.

J’ai peur de faire comme je le fais toujours dans ma vie, c’est à dire de ne pas profiter des chances qui me sont offertes pour mener lorsque c’est possible des projets audacieux et novateurs porteurs de multiples bienfaits dont le premier serai de rompre avec la routine.

J’écris donc cela pour me remuer afin que les prochaines journées d’activités ne soient pas une redite de celles-ci. Enfin bon, nous avons tout de même fait de bonnes photos ce matin. Je leur ai donné le thème du concours photo que j’anime en ce moment : triste mais beau et ils m’ont fait de bien belles choses comme vous pouvez le voir autour de mes jérémiades du jour.

Carnaval

Aujourd’hui c’est Carnaval, j’ai acheté quelques petits sachets de bonbons mais je ne me fais pas d’illusions, le Carnaval du calendrier n’est plus fêté. Mais j’espère tout de même.

En passant à la supérette, j’ai vu une bande d’adolescents bien craspouilles qui semblaient se préparer pour sortir ce soir, je compte sur eux pour raviver cette belle tradition.

Mais ce soir en dehors de moi et des générations avant moi, qui se souvient que Carnaval est avant tout une fête religieuse qui marque le dernier jour de fête avant d’entrer en carême ? C’était une période longue et difficile pour les chrétiens d’hier, c’est peut-être pour ça qu’ils ont été les premiers à abandonner Carnaval qui du coup est devenu une fête pour enfants avant que ceux-ci ne l’abandonnent eux aussi pour Halloween plus trangressif.

Les carnavals dans les villes de mars à avril, les carnavals dans les écoles, bref tous ces faux carnavals auto proclamés ont aussi participé à l’assassinat collectif du pauvre carnaval du calendrier.

Alors repose en paix petit Carnaval du calendrier…

Je garde de toi de si doux souvenirs… En y repensant je pense que Carnaval était pour moi une plus belle fête que Noël.

Car oui Carnaval était notre fête, notre domaine à nous les enfants. Nous le préparions sans les adultes en faisant nos costumes et nos accessoires, les parents n’intervenaient que pour nous donner 5 francs pour acheter ces masques en plastique fin que nous achetions parfois.

Une fois le choix des costumes faits, c’était le début des tractations en cour de récré car oui nous faisions des bandes pour ratisser le village en nous organisant pour sonner au plus grand nombre possible de portes pour avoir de l’argent, des bonbons et parfois des beignets faits maison bien sûr, il n’y avait que ça à l’époque.

Je me souviens des mélodrames à l’école, la colère quand un copain décidait de changer de bande et lâchait la mienne, les petits arrangements pour le faire changer d’avis… Toute cette géopolitique en culotte courte échappaient aux adultes et c’était vraiment délicieux. Carnaval c’était une très belle occasion pour travailler dans le réel de nos envies notre autonomie et nos capacités de socialisation.

Cette aventure se terminait toujours pareil pour moi, à la tombée de la nuit, je disais au revoir à mes copains et j’allais m’asseoir sur la moquette bleue de ma chambre où je vidais mon sac pour compter l’argent et trier les bonbons. C’était mon trésor fruit de mes efforts individuels et avec les autres, c’était mon bonheur, ma fierté surtout le lendemain quand nous faisions le debriefing de notre campagne en comparant nos butins.

Aujourd’hui donc il ne reste plus qu’une seule chose de tout cela, les beignets que j’ai fait faire à ma mère. Vu qu’il est 18h00 et que personne ne semble se montrer, je pense que nous allons les dévorer entre nous deux sans en offrir aux enfants.

Après tout c’est précieux un souvenir, non ?