Archive de purgatoire

Archive du Mercredi 5 septembre 2007

 Cher Francis,       

C’est après une agréable journée de travail que je me suis rendu en ce beau mercredi ensoleillé dans une grande casse de voiture dans la Haute Saône. J’étais en effet fermement décidé à trouver quelques éléments en plastique afin de redonner un aspect un peu plus convenable à l’intérieur de ma 309 blanche que j’utilise pour aller au travail. Arrivé au magasin, le vendeur dépassé par un flot imprévu de clients, accepta de me laisser vaquer seul dans le stock. Après m’avoir expliqué devant les autres personnes toutes aussi médusées que moi qu’il s’agissait d’un privilège, il me guida à travers des rangées de pièces détachées jusqu’au paradis des tripatouilleurs de vieille voitures. Bien qu’il s’agissait de ma seconde visite V.I.P j’eus cette fois encore le souffle coupé en découvrant sur ce gigantesque terrain des centaines de voitures rangées avec précision de manière à former des allées.

Alors que je cheminai le long des allées où régnait un silence à peine entamé par de sporadiques coups de marteaux, je contemplai d’un regard chargé d’émotion ces multiples machines abandonnées par leurs propriétaires. Le temps de leur splendeur était bien loin. Ces objets qui à l’état neuf rayonnaient de la fierté et des aspirations de leurs détenteurs, étaient à présent privées de leur dignité de véhicules. Ces voitures qui naguère encore avait demandé de longues privations ainsi que des soins coûteux à leurs propriétaires, n’étaient plus à présent que de vulgaire tas de ferrailles dont les organes étaient inlassablement pillés avant le passage à la dépollution qui correspond pour une automobile à la destruction finale et complète.

Au cœur de cet instant tragique, coincés entre les tôles, les échos des sentiments de leurs anciens conducteurs semblait retentir dans un silencieux vacarme. C’est alors que je compris que ces objets aussi démantibulés fussent-ils avaient été investis avec passion pendant de nombreuses années par les humains au point d’en gagner des âmes. Dès lors je compris que ce que nous humains appelions une casse était en fait un purgatoire pour voiture, un purgatoire bien spécial vu qu’une automobile incapable par nature de commettre une faute a droit sans contestation possible à son paradis après l’antipollution…

Amusé par mes propres pensées absurdes j’éclatais de rire en imaginant des spectres éthérés de véhicules franchir les portes dorées d’un paradis stéréotypé.

Mais dans le cas où mon délire ait un fond de vérité, je tiens à préciser ici que si j’arrive au ciel et que l’on me demande de poser un pot catalytique sur ma GTI, alors là je les enverrai tous se faire voir et je partirai rouler sur la route 666, celle que l’on dite pavée de bonnes intentions. Ma belle a déjà la couleur des flammes de l’enfer, ce rouge vif qui rend si bien hommage à la passion dévorante qui me lie à elle.

L’amour irraisonné que je porte à mes deux vieilles voitures, Bloody Mary et Toshiyuki, transcende leurs statuts de véhicules. Le pacte jusqu’auboutiste passé entre nous de manière tacite fait que pour nous trois l’aventure ne fait que commencer…

Un gag en archive

Archive du mercredi 29 août 2007

Cher Francis,

       Aujourd’hui j’ai retrouvé avec une immense émotion les enfants que j’accompagne. Parmi eux sept sont placés directement sous ma responsabilité vu que je suis leur référent. Ce matin l’un de mes sept m’a fait rire à gorge déployée pendant dix minutes.

Je le regardais jouer avec ses camarades. Le voici qui dit à une des filles du groupe: « Je vous attends dans mon bureau pour un entretien » il avait placé une table en biais et prenait un air sévère et concentré. Je l’observais d’un oeil amusé, puis n’y tenant plus je fini par lui dire: 

– Tiens, tu joues à l’éducateur ? 

L’enfant lève la tête me regarde droit dans les yeux et me répond:

-Et bien oui comme toi !!!

Ce premier fou rire de la rentrée me laisse présager une autre année riche en semblables petites histoires. Je sais que je connaîtrai aussi pas mal de moments difficiles et de remises en question dont la plupart seront moins drôles que ce « tu joues à être un éducateur » 

Terra incognita…

Archive de traumatisme théâtral

Archive du mardi 23 mai 2006

Cher Francis,

       Le soleil est revenu. Ses rayons brûlants ont nettoyé le ciel livide de ses nombreux nuages. Malheureusement Ni Ra ni Apollon n’ont put faire quelque chose pour moi, ma voûte céleste interne demeure grise. Au terme de cette journée je dirais même grise foncée. Je n’ai pas été très bon sur scène en dépit de la gentillesse de l’une de mes collègues qui a pris le temps de me faire réviser mes textes tout le matin. Là encore mes collègues se sont inquiétés, certains vis à vis de mes ressentis, d’autres pour des raisons plus égoïstes… Mais qu’importe, le fait est que j’ai encore beaucoup de travail pour améliorer mon jeu et pour défendre mon personnage et mes idées.

A travers cette activité de théâtre, je découvre peu à peu d’autres facettes de mes camarades de promo. Ce que je découvre chez eux est le plus souvent très positif. Je commence à comprendre que je suis passé à coté de nombreuses choses. D’ailleurs pour la première fois aujourd’hui j’ai entrevu que je serais très triste le jour où nous nous séparerons. De mon coté je me rends compte du poids de mes erreurs conscientes et inconscientes vis à vis de mes collègues. Ces attitudes de ma part qui me faisaient tant rire tandis qu’elles ne provoquaient chez eux qu’incompréhensions et inquiétudes. Beaucoup d’entre eux se moquent de moi certains même au second degré, les pauvres, ils ont besoin de ça pour être rassurés. Au fond, si c’est le prix pour être accepté, pour avoir enfin un rôle reconnu dans cette promo, et bien dans ce cas je veux bien être un sujet systématique de quolibets des plus divers. Je le prendrai chaque fois avec le sourire… Tout plutôt que l’indifférence…

Une fois de plus je me sens triste seul et bête, un ciel de plomb dans la tête… Tout comme le personnage que j’incarne sur scène. Tiens une réplique de mémoire:

« J’aurai aimé aimer, mais je n’ai trouvé personne. J’aimerai ne plus être seul, enfermé à l’intérieur de moi-même »

Alors mon bon Francis tu comprendra que cette activité théâtre est pour moi une expérience difficile qui me renvoie mes problèmes affectifs avec une force sans cesse renouvelée.

Vivement que ça finisse !!!

Archive de crackator

Archive du samedi 16 mai 2009

Tout droit venu de Sébastopol en Crimée, voici mon troisième Zorki 4 livré dans sa boite d’origine avec un objectif Jupiter 8 50mm ouverture à 1/2 et le légendaire et tant convoité Jupiter 9, 85mm ouverture à 1/2.

Le prix est relativement raisonnable, relativement…

Avec cet objet ma quête matériel touche enfin à son terme et cette fois ci pour de vrai. En effet je n’ai plus qu’un seul besoin c’est de trouver un vrai objectif en macro, hélas vu le prix ce n’est pas encore pour maintenant sauf si je continue à revendre les boîtiers que je ne sers pas.

Il est presque 18H00, je suis dans mon costume de chirurgien et je vais entrer au laboratoire faire mes potions histoire de sortir la première pellicule faite avec cet appareil.

Si jamais ça se passe bien, je retrouverai peut-être le besoin de faire d’autres photos, qui sait ?