Un trĂšs bon court (rĂ©compensĂ© 120 fois) qui Ă©voque le travail et ses cotĂ©s les plus sombres. Il faut nĂ©anmoins regarder le gĂ©nĂ©rique jusqu’au bout pour voir une petite lumiĂšre d’espoir.
Archives Mensuelles: janvier 2021
Radio gaga !
Que cela soit pour mettre de la musique de fond quand je travaille sur mes dossiers ou pour Ă©largir mes horizons culturels en musique, j’aime beaucoup Ă©couter la radio pour me dĂ©tendre mais Ă©galement pour dĂ©couvrir des nouvelles stations plus ou moins exotiques.
Si vous aussi vous apprĂ©ciez ce mĂ©dia qui restera toujours vivant et populaire, je ne saurai que trop vous conseiller de vous rendre sur le site de l’annuaire de la radio en suivant ce lien.
Ce site trĂšs complet permet non seulement dâaccĂ©der Ă des centaines de stations rangĂ©es par pays et par type (public, privĂ©, pirate !…) mais aussi de trouver des podcasts trĂšs sympas, des archives en tĂ©lĂ©chargement, des Ă©missions thĂ©matiques… Bref un univers tout entier entiĂšrement gratuit et Ă un clic de nos mauvaises habitudes.
J’ai ainsi dĂ©couvert radio Caroline, une station pirate qui Ă©met depuis une plateforme offshore et son programme oldies 60/70 qui est indĂ©finiment meilleurs qu’une playlist YouTube vu que la programmation est trĂšs cohĂ©rente. LĂ aprĂšs avoir Ă©coutĂ© « let’s dance » de Bowie je passe Ă « Pin Ball wizard » des Who ! C’est le kiff complet, j’adore !
Un bon livre, une boisson et une bonne radio, que demander de mieux ? đ
Emploi du temps, suite !
Bon et bien j’ai tentĂ© de faire un emploi du temps trĂšs dĂ©taillĂ© pour traquer le moindre de mes temps libres afin de le rentabiliser.
Et le moins que je puisse dire c’est que le rĂ©sultat est impressionnant !
J’ai multipliĂ© au moins par deux, surement plus le temps disponible pour jouer de la musique et Ă©tudier la thĂ©orie tout en rĂ©duisant de façon drastique le temps que je passe sur Internet.
HĂ©las ce beau rĂ©sultat doit ĂȘtre nuancĂ© par les imprĂ©vus qui viennent exploser cet emploi du temps qui manque peut-ĂȘtre un peu de flexibilitĂ© et par la difficultĂ© de se livrer Ă de l’auto discipline surtout quand la journĂ©e a Ă©tĂ© difficile et que l’on souhaite se faire plaisir en se vidant la tĂȘte avec des bĂȘtises et non en la remplissant avec des choses intelligentes.
Mais je tiens bon, la preuve, j’Ă©cris ce message en 15 minutes chrono avant mon repas du soir.
Et du coup pour cette semaine je m’arrĂȘte ici !
A table et au lit Ă 21h00 pour un lever Ă 6h00. Oui je me fais une cure de sommeil ! đ
Mod John Dillermand !
Ce lundi insolite ne sera peut-ĂȘtre pas une nouveautĂ© pour beaucoup d’entre vous vu que le sujet a Ă©tĂ© traitĂ© cette semaine Ă la radio. Oui vous l’avez devinĂ© avec le titre en danois, je vais vous parler de John Dillermand une sĂ©rie constituĂ©e d’Ă©pisodes de 5 minutes créés et diffusĂ©s sur une chaine de TV du service public danois.
Pour les personnes qui n’ont pas entendu parler de ce personnage habillĂ© avec les couleurs et les motifs du drapeau danois, sachez que ce dessin animĂ© est au centre d’une Ă©norme polĂ©mique. En effet ce bonhomme dĂ©bonnaire a une particularitĂ© unique, celle d’avoir un pĂ©nis plus long flexible et extensible que la queue du Marsupilami (c’est bizarre je croyais qu’au Danemark il faisait froid ! đ ). Pas besoin d’ajouter que toutes les histoires des huit Ă©pisodes diffusĂ©s pour l’instant sont construites autour des caprices de son phallus qui en plus de ses pouvoirs semble dotĂ© d’une volontĂ© propre.
Ah oui, petit dĂ©tail, je vais tenter de donner un maximum de synonymes officiels et non vulgaires pour Ă©voquer les parties intimes de notre bonhomme cela pour Ă©tayer mes propos en fin d’article.
Afin de me faire une opinion et aussi par curiositĂ©, j’ai regardĂ© les huit Ă©pisodes en streaming lĂ©gal sur la chaine danoise. C’est assez facile Ă comprendre mĂȘme quand on ne parle pas un seul mot de danois, les images racontant bien les choses.
J’ai ainsi vu John utiliser son chibre pour promener des chiens, faire la circulation pour aider des enfants Ă traverser la route, pour sauver des enfants d’une attaque de lion au zoo, faire l’hĂ©licoptĂšre et voler pour de bon et surtout plein de bĂȘtises.


Vu que cet organe trĂšs particulier est bariolĂ© aux couleurs de lâhabit de John tout en semblant dĂ©pourvu de dĂ©tails anatomiques, on oublie bien vite qu’il s’agit d’une verge et franchement j’ai trouvĂ© cela bien plus drĂŽle que malaisant, la qualitĂ© volontairement low-cost de l’animation achevant par ailleurs d’enlever tout caractĂšre sexuel Ă cette sĂ©rie. Mais bon je comprend aussi que la prĂ©sence continuelle d’enfants dans la sĂ©rie et le fait que ce programme soit destinĂ© Ă un jeune public puisse faire naitre pas mal de polĂ©miques et ce, mĂȘme dans un pays aussi libĂ©ral et dĂ©complexĂ© que le Danemark. Je comprends aussi que l’on puisse s’inquiĂ©ter et ce fort Ă raison de l’impact de cette sĂ©rie sur les plus jeunes enfants qui risquent de dĂ©velopper un imaginaire potentiellement dangereux de la sexualitĂ© masculine. Mais bon, nous avons bien survĂ©cu Ă Pierre Perret et Ă sa chanson sur les zizis alors peut-ĂȘtre qu’il n’a a pas lieu de s’inquiĂ©ter pour la :moralitĂ© des jeunes enfants danois ?
Mon autre souci c’est la paritĂ©. A quand un dessin animĂ© sur une femme qui utilise son vagin pour sauver les gens ? Pour Ă©teindre un incendie avec un frout gĂ©ant par exemple ? Et lĂ je suis sĂ»r d’avoir jetĂ© un gros malaise. đ
Alors qu’un ithyphalle est Ă la fois drĂŽle et sacrĂ© au point d’ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© dans de multiples cultures Ă travers les ages et d’avoir une liste de synonymes que je n’ai pas encore terminĂ©e, la fine fleur de ces dames (ben voilĂ , dĂ©jĂ plus de synonymes non vulgaires) n’a Ă©tĂ© mise Ă l’honneur que par un compatriote franc comtois au prix d’un scandale qui 155 ans plus tard continue de faire des vagues. A Bruxelles les mythes et lĂ©gendes autour du Manneken-Pis ainsi que ses multiples reprĂ©sentations, font d’un petit garçon en train d’uriner, un emblĂšme personnifiant le sens de l’humour et l’indĂ©pendance d’esprit des bruxellois. (dixit wikipedia) Et non, pas besoin de chercher il n’y a pas (et dans ce cas sans doute heureusement) de version fĂ©minine. Mon propos peut donc se rĂ©sumer ainsi : Ă partir du moment oĂč l’on est dans l’univers masculin, tout passe, le scabreux, le loufoque, le malsain…. Alors que les mĂȘmes choses conjuguĂ©es au fĂ©minin sont beaucoup moins acceptĂ©es voire taboues.
John Dimmermand est donc bien plus qu’une simple polĂ©mique danoise mais un rappel de l’Ă©crasante domination masculine qui en dĂ©pit des progrĂšs sociĂ©taux pour plus d’Ă©galitĂ© entre les sexes, continue de fixer de façon plus ou moins consciente les rĂšgles en matiĂšre de reprĂ©sentations des corps et de la sexualitĂ©.
J’espĂšre n’avoir choquĂ© personne, mais cette nouvelle insolite Ă©tait parfaite pour traiter de ce problĂšme sous un angle Ă la fois comique et rĂ©aliste. Votre opinion est la bienvenue. đ
L’estocade
Aujourd’hui des gros flocons tombent du ciel ce qui rend impossible mon projet du jour, photographier ma basse sur plan film Portra 5×7. đ Du coup ce temps m’a donnĂ© une idĂ©e. Je suis allĂ© dans un de mes classeurs de nĂ©gatifs pour retrouver cette photo qui date d’il y a dix ans, j’ai l’ai re-scannĂ©e pour aujourdâhui. M Lapin (Usagi San) est sur le point de m’achever avec une grosse boule de neige… Oui les voisins ont l’habitude de me voir jouer dans la neige, me prendre en photo avec mes appareils bizarres et anciens tout en dĂ©lirant avec ce lapin en laine. Un grand gamin je vous dis ! lol
Le trop bon homme de neige
Il Ă©tait une fois dans une Ă©cole de quartier deux classes d’enfants un peu diffĂ©rents. Enfin pas tant que ça vu que ces enfants comme tous les enfants adoraient jouer avec la neige.
Et la neige justement il est était tombé pas mal ce vendredi 15 janvier, de la neige humide certes mais facile à rassembler et à modeler, bref du matériel de premier choix pour un bonhomme de neige.
AidĂ© par un adulte qui garde une Ăąme d’enfant ces enfants commencĂšrent par Ă©riger un petit bonhomme qu’ils nommĂšrent Olaf avant qu’il ne s’effondre. Le grand enfant leur ayant montrĂ© la technique pour rouler une Ă©norme boule de neige, les enfants loin de se dĂ©courager dĂ©cidĂšrent de crĂ©er un autre bonhomme bien plus grand et de l’Ă©riger contre le tronc du grand merisier de la cour de l’Ă©cole pour tenter de prolonger son espĂ©rance de vie. Il le nommĂšrent tout naturellement Olaf II.
Hélas pour lui Olaf II était né avec deux grands défauts, sa trop grande bonté et sa totale incapacité à se défendre.
C’est ainsi quâĂągĂ© d’Ă peine dix minutes il fut massacrĂ© par une bande d’enfants sans cĆur (ceux-lĂ mĂȘme que Freud nomme les pervers polymorphes) qui pillĂšrent la neige dont il Ă©tait constituĂ© pour la disperser dans des jeux rĂ©gressifs et interdits par le rĂšglement de l’Ă©cole.
Repose en paix Olaf II, puisses tu renaitre un jour dans un lieu qui te permette de vivre quelques jours et quitte Ă faire, tente de devenir un peu plus agressif ! Mais peut-ĂȘtre pas en mode mĂ©chant Jack Frost tout de mĂȘme ! đ
Archive Nipponophile
Archive du dimanche 15 janvier 2006
Cher Francis,
Chaque jour qui passe me dĂ©connecte un peu plus du rĂ©el. C’est ainsi que ma surconsommation d’animation japonaise qui a pour but de combler mes manques et mes angoisses, m’Ă©loigne peu Ă peu de ma propre culture et en fin du compte de la rĂ©alitĂ©.
Tout ce qui concerne le japon me fascine, j’ai ainsi passĂ© la soirĂ©e d’hier Ă chercher des recettes de cuisine du pays du soleil levant Ă rĂ©aliser avec l’appareil de cuisson de riz que je viens d’acheter. VoilĂ encore un Ă©lĂ©ment qui montre si besoin en Ă©tait que je ne contrĂŽle plus grand chose; acheter un ustensile de cuisine tout simplement parce qu’on le voit dans les films et animes japonais…
J’apprends chaque jour de nouveaux mots de cette langue qui devient pour moi si familiĂšre, je suis chaque jour l’actualitĂ© du pays, j’en parle systĂ©matiquement dans mes conversations avec autrui… Bref tout ce qui concerne le Japon est devenu pour moi une vĂ©ritable obsession.
Cependant mes sentiments Ă l’Ă©gard de ce pays sont mitigĂ©s, cet Ă©tat est l’un des derniers Ă chasser les baleines en prĂ©textant des Ă©tudes scientifiques et de plus prĂ©voit d’augmenter ses quotas de chasse. D’autre part la sociĂ©tĂ© japonaise est malade, tiraillĂ©e entre son passĂ© fĂ©odal, son traumatisme post-nuclĂ©aire, ses rapports ambigus avec la technologie et les effets dĂ©vastateurs de la rĂ©cession Ă©conomique. Des incidents significatifs comme l’incendie provoquĂ© par un vieil SDF dans une gare se produisent chaque jours, ce vieil homme avait fait cela afin d’ĂȘtre mis en prison pour Ă©chapper au froid de l’hiver trĂšs rude que le japon connaĂźt en ce moment.
Dans ce pays ainsi que dans d’autres contrĂ©es voisines, les enfants sont vĂ©nĂ©rĂ©s et ont tout les droits. Cette spĂ©cificitĂ© culturelle dĂ©coule du fait que l’entrĂ©e dans l’adolescence confronte l’individu Ă une intense pression sociale dans le but de prĂ©venir ou d’entraver l’Ă©chec scolaire. De nombreux jeunes ne supportent pas cette violence et dĂ©cident de se murer dans leurs chambres pour fuir la rĂ©alitĂ© de ce monde qui les blesse. Face Ă cela leurs parents aussi dĂ©munis qu’eux et ne trouvant aucun moyen de les rassurer, n’ont pour autre choix que de leur fournir Ă manger en leur tendant chaque jour un plateau dans une porte entrebĂąillĂ©e. C’est ainsi que des milliers d’adolescents en majoritĂ© des garçons sont cloĂźtrĂ©s dans une petite piĂšce oĂč ils passent leur temps Ă dormir, regarder des animes ou des films et bien sĂ»r surfer sur le web. C’est le fameux syndrome du Hiki-Komori, un trouble que certains psychologues tentent d’apaiser en intervenant Ă domicile. Il y a fort Ă parier que tout comme les pokemon (pas de « s » Ă pokemon) cette nouvelle pathologie psychosociale finisse par s’exporter elle aussi dans nos pays. EncouragĂ©e par la crise de l’Ă©conomie et des valeurs, par des effets de mode stupides ainsi que par le dĂ©sengagement des nouveaux parents, le Hiki-Komori Ă la française ferai trĂšs vite de trĂšs nombreuses victimes.
Au terme de ce petit exposĂ© un peu bancal dans lequel j’aurai encore tant de choses Ă ajouter, je me rends compte, mon cher Francis, que mon attachement pour le Japon va bien plus loin qu’un simple fantasme. Mon rĂȘve japonais ne prend pas la forme d’un karaokĂ© Ă Tokyo comme d’autres rĂȘveraient d’une chevauchĂ©e sur la route 66 en Californie.
En fait la raison qui explique ma fascination pour ce pays s’explique par le fait que plus je l’Ă©tudie, plus j’y retrouve mes propres problĂšmes et mes propres souffrances ainsi que les mĂ©canismes et stratagĂšmes que je mets en place pour en minimiser les effets.
Cette prise de conscience empathique faute d’ĂȘtre constructive, m’aide Ă prendre de la distance par rapport Ă mes problĂšmes. En effet dĂ©couvrir que mes frustrations et mes peurs sont vĂ©cues par d’autres personnes dans une sociĂ©tĂ© si loin de la mienne lĂ©gitime mes propres souffrances tout en m’aidant Ă en comprendre les raisons et quelquefois Ă espĂ©rer.
14 ans plus tard, mon attachement pour la culture japonaise reste le mĂȘme. Je suis allĂ© assez loin dans l’Ă©tude de la langue japonaise et je comptais commencer Ă aborder l’Ă©crit et les constructions de phrases mais entre ma situation familiale et mon nouveau regard sur le Japon, je me suis rendu compte que j’avais perdu toute envie d’y voyager un jour. Du coup j’ai laissĂ© tomber mon apprentissage de la langue mais il m’en reste encore assez pour comprendre des choses simples en regardant les films et animes nippons. Cependant mon regard est de plus en plus critique vis Ă vis des travers socialement tolĂ©rĂ©s dans ce pays. La diffĂ©rence culturelle c’est intĂ©ressant mais pas lorsqu’elle est source de souffrances, d’injustices et de mise en danger de l’environnement. Enfin, j’avais raison pour les hiki-kimori, Ă prĂ©sent il y en a en France, je l’ai vu dans un reportage rĂ©cent. Il est donc peut-ĂȘtre temps de prendre encore plus de distance avec cet amour de jeunesse tout en continuant Ă dĂ©guster des morceaux choisis de cette riche culture. Bref, entre le Japon et moi le divorce est actĂ© mais pas la sĂ©paration de corps vu qu’il continue de me possĂ©der. đ
Une bonne excuse pour ne plus passer l’aspirateur !
đ C’est mignon, n’est-ce pas ? đ Ce que j’aime c’est la parentĂ© (voulue ou non) entre ces boules de poussiĂšres et les noiraudes du film d’animation « Mon voisin Totoro » de Hayaho Miyasaki San. đ
Le mois des bonnes résolutions
Janvier c’est le mois des bonnes rĂ©solutions, alors pourquoi ne pas choisir de faire quelque chose de bien Ă la fois pour soi-mĂȘme et notre environnement en rejoignant les rangs des personnes qui consomment les produits locaux ?
Les avantages sont multiples; consommer des produits plus sains, voire bio si l’on en fait le choix, rĂ©apprendre Ă consommer les choses selon les saisons ( les fraises en janvier c’est dĂ©bile), venir en aide Ă nos producteurs locaux au lieu d’engraisser les intermĂ©diaires et les producteurs qui cassent les prix en vendant de mauvais produits, rĂ©duire le bilan carbone de nos aliments…
Plusieurs initiatives pour donner plus de visibilitĂ© Ă nos producteurs locaux existent dĂ©jĂ , mais si je fais cet article c’est parce que depuis peu un partenariat entre les chambres d’agriculture et le ministĂšre de l’Agriculture et de l’Alimentation ouvert Ă toutes les plateformes de vente directe de produits agricoles a permis la crĂ©ation d’un site Internet national : https://www.fraisetlocal.fr/
Le site se prĂ©sente comme sur la capture ci dessus. Vous taper le nom de votre ville ou village et une carte s’affiche avec des points rouges (producteurs) et verts (producteur faisant de la vente directe sur place).
Depuis que j’ai entendu parler de ce site en Ă©coutant les infos Ă la radio, j’explore le microcosme des producteurs locaux autour de chez moi et j’ai ainsi par exemple dĂ©couvert que je pouvais acheter du fromage de chĂšvre local Ă quelques kilomĂštres de ma maison.
Si jamais vous ne connaissez pas ce site, jetez un Ćil, ne serait-ce que pour connaitre vos possibilitĂ©s pour faire vos courses de façon plus Ă©coresponsable. đ
Tempus fugit (Sur une idée de Corinne)
Aujourd’hui j’ai Ă©tĂ© obligĂ© de me fĂącher vis Ă vis d’un des enfants de mon groupe qui avait fait un tatouage maori Ă un de ses camarades Ă coup de chaussure dans la tĂȘte. Avec ma fichue mĂ©moire auditive je me rĂ©entends lui dire que grandir c’est apprendre Ă maitriser sa colĂšre et Ă obĂ©ir aux rĂšgles.
Cette affirmation bien que pĂ©remptoire n’est pas totalement fausse mais elle nĂ©glige d’Ă©voquer l’un des dĂ©fis les plus importants Ă relever afin de mener Ă bien nos projets de vie. Car oui, savoir se maitriser et se conformer de façon autonome aux exigences de la vie en sociĂ©tĂ© ne sert Ă rien si l’on ne parvient pas Ă relever le challenge ultime qui existe entre nous et nos ambition. Cette grande Ă©preuve perpĂ©tuelle pour chacune et chacun d’entre nous c’est bien sĂ»r celle de la maitrise du temps.
Et c’est lĂ oĂč le bas blesse.
Notre Ă©poque avec son dĂ©veloppement technologique qui ne cesse de faire muter nos modes de vies, nous permet Ă la fois de gagner Ă©normĂ©ment de temps libre tout en nous poussant Ă perdre cette denrĂ©e prĂ©cieuse dans des activitĂ©s aussi chronophages qu’improductives. ConcrĂštement entre les machines qui nous permettent de travailler plus vite, voire qui travaillent pour nous et la diminution du temps de travail, nous avons gagnĂ© beaucoup de temps libre comparĂ© Ă celui dont disposaient nos ancĂȘtres. Le drame c’est qu’au lieu de faire fructifier ces moments gagnĂ©s pour rĂ©aliser des choses profitables aux autres ou Ă nous-mĂȘmes, nous passons de plus en plus de ces instants prĂ©cieux devant nos Ă©crans.
Je ne sais pas oĂč vous en ĂȘtes par rapport Ă cela mais chez moi le bilan est plus que catastrophique. Tout en Ă©crivant ce message je laisse le tube me diffuser les chansons choisies par l’algorithme de ce site de streaming pour me piĂ©ger le plus longtemps possible afin de me fourguer un maximum de publicitĂ©. Et bien que ne vois jamais de publicitĂ©s grĂące Ă mon bloqueur intĂ©grĂ© dans mon navigateur, force m’est de constater que je reste de longs moments Ă Ă©couter ces chansons qui s’enchainent les unes aprĂšs les autres tout en me poussant Ă dĂ©couvrir des nouveaux artistes.
Dans quelques instants j’enverrai cet article et je fermerai l’onglet pour me retrouver sur la page du tube qui continue Ă se la jouer jukebox. En voyant les miniatures j’aurai encore envie d’entendre d’autres chansons ou de dĂ©couvrir d’autres groupes. Ce faisant j’aurai dĂ©pensĂ© trois heures de temps libre Ă Ă©couter des chansons que je connais que trop et Ă Ă©crire un nouveau texte avec mon style bancal et maladroit. Dans un monde parfait, j’aurai passĂ© au moins les deux tiers de ce temps Ă faire mes exercices de musique ou soyons fou Ă me caler dans un fauteuil pour lire un livre.
Puis vers 21h00 je vais avoir froid (ça chauffe mal dans cette piĂšce en bas) et j’aurai donc envie dâaller me coucher et lĂ une fois bien calĂ© dans mon grand lit aprĂšs avoir rĂ©primĂ© les frissons de l’entrĂ©e dans les draps froids je me mettrai en chien de fusil pour mettre en marche lâordinateur sur ma table de chevet pour regarder une nouvelle sĂ©rie ou un nouveau film avec le service dont le nom Ă©voque l’AmĂ©rique du sud.
Parfois je me demande Ă quoi ressemblerai ma vie si je n’avais pas Ă©tĂ© un des premiers Ă sauter sur Internet… J’aurai sans doute encore 10/10 aux deux yeux et je serai peut-ĂȘtre devenu assez bon musicien pour sortir et jouer avec d’autres. Ou alors pas… Impossible de le savoir mais une chose reste certaine, les Ă©crans dĂ©vorent mon temps libre en me procurant ce que je crois ĂȘtre un plaisir immĂ©diat et un sentiment de dĂ©tente alors qu’en fait il ne s’agit que de trĂšs courte satisfaction que je paye au prix d’une trĂšs lourde fatigue nerveuse.
Ce soir en Ă©crivant cela je me mets moi-mĂȘme en position de devoir faire un choix. Je dois en effet dĂ©cider si je continue de mener ce style de vie stĂ©rile et malsaine ou si je veux essayer de changer les choses.
Vu la place de plus en plus grande que prend la musique dans ma vie avec quelque part le fol espoir que comme la photo elle me permette un jour de vivre avec les autres et non pas Ă cotĂ© d’eux, j’opte bien sĂ»r pour une volontĂ© de changement. Mais c’est lĂ que tout devient Ă©trange puisque pour y arriver je ne vois qu’une seule solution, devenir mon propre Ă©ducateur en me fixant un emploi du temps aussi strict que prĂ©cis.
Vu que demain je n’ai pas de rĂ©union, je vais donc avoir mon aprĂšs midi pour travailler « I feel good » Ă la basse, un morceau moyennement facile pour un dĂ©butant comme moi mais qui, coachĂ© par un prof qui ne me laisse rien passer, se doit de le bosser Ă fond.
Je vais donc traquer sans pitiĂ© le moindre temps libre dont je dispose chez moi et enfermer tous ces instants dans des cages horaires aussi prĂ©cises que non dĂ©rogatoires. Une fois revenu de cette chasse cruelle, j’exposerai mes trophĂ©es sous la forme d’un emploi du temps que j’afficherai sur le mur devant moi avant de tenter de le respecter avec dĂ©votion.
Allez chiche ! Bilan de ma tentative la semaine prochaine.
Bon, là ça caille c’est donc le moment de rouler le jambon dans la serviette ! đ




