Faux départ

Parfois la vie semble vous ouvrir des opportunités avant de les refermer violemment.

Lundi j’étais en train de discuter avec une collègue qui cherchait un prof d’anglais pour son fils au collège. L’occasion était trop belle de montrer aux autres et surtout à moi-même que j’étais tout à fait capable de faire ce travail vu mon niveau en anglais et mon attachement à cette langue (j’ai passé deux heures à discuter avec des anglais sur le mot de notre président qui veut e…..der les non vaccinés, et c’est pas simple à traduire ce genre de gros mot). Par ailleurs, je suis aussi tout à fait qualifié vu que je travaille avec des enseignants et que ce faisant, je comprends de mieux en mieux leurs méthodes.

Bref l’occasion était trop belle, cela m’aurait même payé quelques bières !

Mais voilà la brave dame devait en parler à son mari et ce dernier a choisi de ne pas donner suite en prétextant trouver un prof qui donne des cours remboursés par je ne sais quel dispositif. Il doit sans doute penser qu’un éducateur ne peut pas avoir un niveau d’anglais courant ou peut-être qu’il refuse de voir débarquer chez lui un collègue de sa femme vu le portrait qu’elle a du en faire ? Qu’importe. Du coup je suis un peu démoralisé.

Mais pourquoi donc ? Et bien je me sens un peu trahi, déconsidéré et du coup même si cette dame change d’avis je déclinerai en lui disant que j’ai changé d’avis.

C’est d’ailleurs le cas car à vrai dire même si j’ai très largement confiance en mon niveau d’anglais et en mes méthodes pour enseigner une langue, je suis moins sûr de moi pour ce qui concerne le relationnel surtout pour un jeune en difficulté en anglais du fait d’une mauvaise relation avec un prof. Et puis débarquer chez la collègue s’immiscer dans sa vie personnelle alors que je ne la connait pas est une épreuve un peu malaisante. Je peux ajouter que le fait de ne pas avoir à perdre mon temps libre et à m’inquiéter de ce que fait ma mère pendant ce temps là (elle va mieux et fait des petites imprudences) est aussi quelque part un soulagement.

Au final je suis en colère mais pas vraiment déçu car je vois les cotés positifs de cette aventure que je n’aurai pas à vivre. Ambigüité de ma personne où lâcheté ? Ça c’est à vous de juger ! :mrgreen:

Mode d’emploi pour sauver son village

Une crise économique mondiale se dessine alimentée par des causes endogènes (les raisons économiques aux divers échelons) et par des causes exogènes (la crise sanitaire). Face à cela des petits commerces dans des petits villages se retrouvent menacés et risquent de mettre la clef sous la porte.

Dans une ville moyenne cela est triste mais pas dramatique mais en campagne, lorsqu’il s’agit d’un commerce ou d’un service essentiel aux habitants, ces fermetures peuvent entrainer une désertification progressive des hameaux ainsi transformés en villages fantôme.

Face à cela et pour éviter la mort de nos petits patelins, en France les pouvoirs publics locaux s’organisent pour compléter les aides du gouvernement. Citons par exemple le cas de Golancourt dans l’Oise où la municipalité a inventé une monnaie locale le Golan qui vaut un euro et qui ne peut être dépensé que dans ce bar. L’équipe municipale a fait don de plusieurs centaines de ces Golans postés dans les boites aux lettres des habitants de la commune pour les encourager à faire marcher ce commerce.

Mais lorsque l’on vit en Angleterre dans un pays ultra-libéral qui n’aide que très peu les commerçants qui sont dans une mauvaise passe suite aux crises actuelles, il faut bien trouver un autre moyen.

C’est ainsi qu’à Trawden, un charmant petit village du Lancashire, les habitants se rendant compte que le bureau de poste, la supérette et la librairie de leur localité allaient très mal, ont décidé de faire un geste incroyable.

En effet, refusant de voir leur patelin devenir un village fantôme, les habitants se sont tous rassemblés pour racheter ces trois services essentiels à leur survie en milieu rural. Des fortunes personnelles et une organisation sans failles ont ainsi permis de rassembler de grosses sommes et de réclamer quelques aides de l’état. Dernier exploit en date pour ces héros du vivre ensemble : le rachat du dernier pub encore ouvert à Trawden, le « Trawden arms »

Le plus incroyable reste sans doute le fonctionnement de ces commerces et services. Pour éviter la faillite, car il faut l’avouer les clients restent peu nombreux, il était impossible de payer des vendeurs salariés. Du coup ce sont plus d’une centaine d’habitants du village qui se sont organisés pour tenir bénévolement ces commerces en faisant chacune et chacun des services de deux heures ! 😯

Alors là franchement, je salue bien bas les braves gens de Trawden car ils nous donnent là une très belle leçon de vivre ensemble et de cohésion sociale. 😀

Cheers ! 😎

Petit plaisir pervers…

Jeudi à la cantine c’était la galette des rois. Une galette décongelée industrielle avec bien sûr deux fèves pour 40 personnes.

Les enfants attendaient ce moment et imaginaient déjà obtenir le précieux bout de plastique et la couronne qui allait avec.

Mais hélas pour eux… 😈

On va dire que ce sont les mesures anti covid qui nous m’ont empêché moi et ma stagiaire de leur donner nos fèves… 🙄

Ou alors un travail sur la frustration ? Mais tout sauf un petit plaisir pervers d’adultes !!! 😆

Archives de stagiaires

Archive du lundi 7 janvier 2008

Cher Francis,

       Ce que j’aime dans mon travail c’est que je ne sais jamais ce qui va me tomber dessus. Ce matin par exemple je me suis retrouvé avec un stagiaire en plus de la jeune fille qui m’avait été confiée. Je dois donc accompagner et me faire suivre dans mon travail par deux personnes.

L’une est une charmante jeune fille, (vivement le printemps) et l’autre est un homme de la quarantaine aux cheveux grisonnants tatoué de partout. J’ai donc passé une partie de la matinée à rigoler face à cette situation ubuesque. En effet imagine toi ton serviteur suivi dans tout l’établissement par deux personnes comme un cadre assisté de deux secrétaires… 

Le plus drôle reste à faire, comment en effet vais-je m’organiser pour caser ce bonhomme? à qui vais-je le fourguer?

Me voici devenu trafiquant de stagiaires !

14 ans plus tard je continue d’accueillir jusqu’à deux stagiaires par an mais lorsque je regarde la photo de Marion, je me souviens qu’elle restera pour moi la meilleure stagiaire. L’homme, dont je ne me souviens même pas du nom, était une vraie calamité, il ne voulait qu’observer et refusait de participer au travail d’accompagnement ! Bref, beaucoup d’autres stagiaires sont passé(e)s auprès de moi avec leurs limites et leurs atouts, mais jamais je n’ai retrouvé le niveau de compétence et de bienveillance de Marion. Un jour prochain peut-être ? 🙄

Poubelle spatiale

Vous avez sans doute déjà entendu parler des problèmes de plus en plus graves liés au trop grand nombre de satellites et surtout de déchets spatiaux en orbite autour de notre planète.

Alors si le sujet vous intéresse, voici un site Internent incroyable vu qu’il donne une vue avec un différé de quelques jours de ce qui se passe au dessus de nos têtes avec des zooms possibles sur chaque item désigné avec son code.

Je me suis même amusé à prolonger le plaisir en faisant des recherches sur ces numéros d’identification et je peux vous dire que c’est assez intriguant. Alors si le sujet vous intéresse ne serait-ce qu’un peu, vous allez adorer https://platform.leolabs.space/visualization.

Au jour le jour…

Voici donc deux semaines que ma mère est revenue de l’hôpital après y avoir subit une transfusion sanguine. Des examens sont en cours pour trouver l’origine de son anémie et en attendant je me retrouve dans le rôle d’un parent vu que ma mère est devenue un enfant capricieux et non autonome que je dois forcer à manger tout en lui apportant des soins infirmiers.

Faire cela pour sa mère est une expérience étrange que je ne souhaite à personne. Le sens du devoir et la conscience des impératifs fait que l’on fait les choses de façon plus ou moins mécanique en se blindant psychologiquement et en refoulant beaucoup de choses. Mon expérience en maison de retraite et mes facultés de résilience très fortes font que j’arrive à faire face sans problèmes.

Il n’en reste pas moins que ces circonstances complexes ont eu pour effet de me faire entrer dans une nouvelle période de ma vie. Enfin ma vie… Depuis tous ces problèmes je ne vis plus, je vivote. Je partage désormais le triste sort (mon expérience en la matière rend mon empathie crédible) des personnes qui vivent au jour le jour.

Vivre au jour, le jour c’est tout d’abord accepter d’entrer dans une routine désenchantée. Le matin je me réveille, je vais voir si ma mère va bien, et avant de partir je lui donne ses médicaments. Je ne pars pas sans lui avoir tout préparé pour sa journée. Lorsque je rentre vers 17h00, avant d’arriver je guette les signes de présence dans la maison (lumière allumée), j’ouvre la porte je soupire de soulagement de sentir sa présence et après m’être lavé au savon je monte prendre les nouvelles de sa santé. Puis c’est la bataille pour l’obliger à manger avant de faire le travail de la maison et de superviser le traitement du soir et surveiller son coucher.

C’est donc une routine macabre rythmée par des peurs plus ou moins conscientes. Une triste rengaine guère réjouissante mais qui a pour mérite de m’organiser et de me faire tenir psychologiquement parlant.

Le coté négatif de vivre sa vie au jour le jour tout en étant focalisé sur le bien-être d’une personne, c’est bien sûr le peu de place que l’on accorde à ses propres besoins. Trainer le soir, aller boire un coup, tout cela je ne peux plus le faire sans stresser ou me sentir coupable. Ma vie sociale bien que restant possible grâce à des amis compréhensifs, a cependant perdu toute sa saveur. Je n’exagère pas en écrivant que prendre du temps pour moi est devenu une expérience désagréable. Vendredi je vais tenter de reprendre mes cours de basse mais je crains de ne pas réussir à me concentrer sur mes cordes et sur les instructions de mon prof pendant les 50 minutes du cours car mes pensées seront tournées vers ma mère à l’étage.

Vivre au jour le jour c’est aussi dire adieu à toute forme de projet, mes lendemains sont devenus si fragiles que je n’arrive même plus à imaginer des choses dans un avenir proche qu’il s’agisse de projets personnels ou de la simple joie de revivre un printemps.

Mais si j’écris tout cela ce n’est pas pour me plaindre (je vous rappelle que je ne veux plus m’apitoyer vainement sur mon sort dans ces pages). Non, je fais mon devoir d’aidant, les choses sont ainsi faites et je les accepte sans broncher considérant que cela se rapproche d’un équilibre cosmique ou plus modestement d’un retour de karma voire du concept japonais de « giri » (義理) auquel je suis très sensible.

Au final si j’écris cela c’est pour toutes celles et ceux qui comme moi vivent depuis bien plus longtemps que moi au jour le jour pour des raisons proches ou éloignées des miennes.

Puisse le billet de ce soir vous aider à comprendre les personnes qui vivent au jour le jour et à ne pas les juger en les accusant de concourir à leur propre détresse.

Car vivre au jour le jour n’est jamais un choix, il s’agit bien au contraire de la conséquence d’évènements plus ou moins prévisibles face auxquels on manque d’options et qui finissent par faire basculer une personne dans une logique de survie caractérisée par une demie-vie.

Alors ce soir big up aux half-life ! 😎

Jumeaux décalés

Ces temps derniers cela devient de plus en plus dur de trouver de bons sujets pour faire des articles pour mes lundis insolites. Je dois fouiller dans une boue de fake news, de vidéos stupides et de publicités déguisées pour trouver enfin quelque chose de rigolo sympa voire intéressant.

Du coup pour ce premier lundi de l’insolite je voudrais vous présenter Alfredo et sa soeur Aylin.

Ces bébés sont nés pendant les fêtes et ont une caractéristique très peu commune. Vu que ce n’est ni scabreux ni stupide, je me suis dit que ce serait un beau sujet pour aujourd’hui. Vous ne devinez pas ? Pourtant l’indices est très parlant ! Né(e)es pendant les fêtes !

Et oui, c’est un peu léger mais pourtant très rare : ces deux jumeaux n’auront pas la même date d’anniversaire vu qu’Alfredo est né le 31 décembre 2021 à 23h45 et sa sœur jumelle Aylin le 1er janvier à minuit pile !

Ces deux enfants viennent compléter leur famille qui compte déjà 3 autres enfants.

Alors oui ça se passe en Californie où ce genre de chose banale peut tout de même faire une page sur le net.

Enfin banale, non, pas tant que ça ! Regarder la vie qui arrive au lieu de se focaliser sur nos terreurs pandémiques me semble être une bien belle chose même si cela part d’un simple fait divers. 😎