Le mois des bonnes résolutions

Janvier c’est le mois des bonnes résolutions, alors pourquoi ne pas choisir de faire quelque chose de bien à la fois pour soi-même et notre environnement en rejoignant les rangs des personnes qui consomment les produits locaux ?

Les avantages sont multiples; consommer des produits plus sains, voire bio si l’on en fait le choix, réapprendre à consommer les choses selon les saisons ( les fraises en janvier c’est débile), venir en aide à nos producteurs locaux au lieu d’engraisser les intermédiaires et les producteurs qui cassent les prix en vendant de mauvais produits, réduire le bilan carbone de nos aliments…

Plusieurs initiatives pour donner plus de visibilité à nos producteurs locaux existent déjà, mais si je fais cet article c’est parce que depuis peu un partenariat entre les chambres d’agriculture et le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ouvert à toutes les plateformes de vente directe de produits agricoles a permis la création d’un site Internet national : https://www.fraisetlocal.fr/

Le site se présente comme sur la capture ci dessus. Vous taper le nom de votre ville ou village et une carte s’affiche avec des points rouges (producteurs) et verts (producteur faisant de la vente directe sur place).

Depuis que j’ai entendu parler de ce site en écoutant les infos à la radio, j’explore le microcosme des producteurs locaux autour de chez moi et j’ai ainsi par exemple découvert que je pouvais acheter du fromage de chèvre local à quelques kilomètres de ma maison.

Si jamais vous ne connaissez pas ce site, jetez un œil, ne serait-ce que pour connaitre vos possibilités pour faire vos courses de façon plus écoresponsable. 😉

Tempus fugit (Sur une idée de Corinne)

Aujourd’hui j’ai été obligé de me fâcher vis à vis d’un des enfants de mon groupe qui avait fait un tatouage maori à un de ses camarades à coup de chaussure dans la tête. Avec ma fichue mémoire auditive je me réentends lui dire que grandir c’est apprendre à maitriser sa colère et à obéir aux règles.

Cette affirmation bien que péremptoire n’est pas totalement fausse mais elle néglige d’évoquer l’un des défis les plus importants à relever afin de mener à bien nos projets de vie. Car oui, savoir se maitriser et se conformer de façon autonome aux exigences de la vie en société ne sert à rien si l’on ne parvient pas à relever le challenge ultime qui existe entre nous et nos ambition. Cette grande épreuve perpétuelle pour chacune et chacun d’entre nous c’est bien sûr celle de la maitrise du temps.

Et c’est là où le bas blesse.

Notre époque avec son développement technologique qui ne cesse de faire muter nos modes de vies, nous permet à la fois de gagner énormément de temps libre tout en nous poussant à perdre cette denrée précieuse dans des activités aussi chronophages qu’improductives. Concrètement entre les machines qui nous permettent de travailler plus vite, voire qui travaillent pour nous et la diminution du temps de travail, nous avons gagné beaucoup de temps libre comparé à celui dont disposaient nos ancêtres. Le drame c’est qu’au lieu de faire fructifier ces moments gagnés pour réaliser des choses profitables aux autres ou à nous-mêmes, nous passons de plus en plus de ces instants précieux devant nos écrans.

Je ne sais pas où vous en êtes par rapport à cela mais chez moi le bilan est plus que catastrophique. Tout en écrivant ce message je laisse le tube me diffuser les chansons choisies par l’algorithme de ce site de streaming pour me piéger le plus longtemps possible afin de me fourguer un maximum de publicité. Et bien que ne vois jamais de publicités grâce à mon bloqueur intégré dans mon navigateur, force m’est de constater que je reste de longs moments à écouter ces chansons qui s’enchainent les unes après les autres tout en me poussant à découvrir des nouveaux artistes.

Dans quelques instants j’enverrai cet article et je fermerai l’onglet pour me retrouver sur la page du tube qui continue à se la jouer jukebox. En voyant les miniatures j’aurai encore envie d’entendre d’autres chansons ou de découvrir d’autres groupes. Ce faisant j’aurai dépensé trois heures de temps libre à écouter des chansons que je connais que trop et à écrire un nouveau texte avec mon style bancal et maladroit. Dans un monde parfait, j’aurai passé au moins les deux tiers de ce temps à faire mes exercices de musique ou soyons fou à me caler dans un fauteuil pour lire un livre.

Puis vers 21h00 je vais avoir froid (ça chauffe mal dans cette pièce en bas) et j’aurai donc envie d’aller me coucher et là une fois bien calé dans mon grand lit après avoir réprimé les frissons de l’entrée dans les draps froids je me mettrai en chien de fusil pour mettre en marche l’ordinateur sur ma table de chevet pour regarder une nouvelle série ou un nouveau film avec le service dont le nom évoque l’Amérique du sud.

Parfois je me demande à quoi ressemblerai ma vie si je n’avais pas été un des premiers à sauter sur Internet… J’aurai sans doute encore 10/10 aux deux yeux et je serai peut-être devenu assez bon musicien pour sortir et jouer avec d’autres. Ou alors pas… Impossible de le savoir mais une chose reste certaine, les écrans dévorent mon temps libre en me procurant ce que je crois être un plaisir immédiat et un sentiment de détente alors qu’en fait il ne s’agit que de très courte satisfaction que je paye au prix d’une très lourde fatigue nerveuse.

Ce soir en écrivant cela je me mets moi-même en position de devoir faire un choix. Je dois en effet décider si je continue de mener ce style de vie stérile et malsaine ou si je veux essayer de changer les choses.

Vu la place de plus en plus grande que prend la musique dans ma vie avec quelque part le fol espoir que comme la photo elle me permette un jour de vivre avec les autres et non pas à coté d’eux, j’opte bien sûr pour une volonté de changement. Mais c’est là que tout devient étrange puisque pour y arriver je ne vois qu’une seule solution, devenir mon propre éducateur en me fixant un emploi du temps aussi strict que précis.

Vu que demain je n’ai pas de réunion, je vais donc avoir mon après midi pour travailler « I feel good » à la basse, un morceau moyennement facile pour un débutant comme moi mais qui, coaché par un prof qui ne me laisse rien passer, se doit de le bosser à fond.

Je vais donc traquer sans pitié le moindre temps libre dont je dispose chez moi et enfermer tous ces instants dans des cages horaires aussi précises que non dérogatoires. Une fois revenu de cette chasse cruelle, j’exposerai mes trophées sous la forme d’un emploi du temps que j’afficherai sur le mur devant moi avant de tenter de le respecter avec dévotion.

Allez chiche ! Bilan de ma tentative la semaine prochaine.

Bon, là ça caille c’est donc le moment de rouler le jambon dans la serviette ! 😆

Un gâteau qui pique

Cette semaine nous restons dans les histoires de pâtisserie.

Dans un premier temps je souhaite adresser mes encouragements aux personnes qui lisent de blog et aux quelques autres à qui j’ai donné la recette et qui depuis tentent de faire la galette comtoise. Non Kakuma, tu n’es pas seule !!! 😆 La preuve voici en photo la tentative de ma stagiaire dont j’ai posté le portrait hier.

Et oui la sienne a gonflé comme un ballon !!! Son erreur a été de mettre trop d’épaisseur de pâte, pour rappel il faut bien l’étaler avant la cuisson pour que son épaisseur ne dépasse pas 8mm. 😉

Du coup histoire de pousser le délire jusqu’au bout, elle a décidé d’en faire une tortue ! 😆

Un gâteau tortue c’est rigolo mais il ne faut surtout pas que cela ne devienne un gâteau torture ! Alors persévérez, mais avec bonne humeur et sans forcer non plus… 😀

A présent passons à un autre dessert qui fait lui aussi parler de lui, cela se passe à Dortmund en Allemagne. Une pâtisserie de cette ville avait déjà fait parler d’elle pendant la première vague de la pandémie en vendant des gâteaux en forme de papier toilette après la vague de panique qui avait vidé le rayon hygiène des supermarchés. Souvenirs, souvenirs…

Cette fois ce sympathique petit commerce a après quelques hésitations osé mettre en vente un autre gâteau au massepain assez particulier vu qu’il a une forme… de seringue ! 😯

On peut aussi lire sur cette pâtisserie un petit message que nous avons tous dans nos cœurs en espérant qu’il devienne réalité : « bye bye corona ».

Cette initiative a bien sûr pour but de faire le buzz ( traduction pragmatique : publicité efficace et gratuite) tout en abordant de façon légère le débat entre partisans et sceptiques de la vaccination. Tim Kortuem le propriétaire de cette pâtisserie craignait au départ que cette idée choque «Tout d’abord, nous avons craint que cela soir un peu macabre», a-t-il déclaré. «Mais après tout, nous l’avons fait. Parce qu’au final nous trouvons cela drôle et que nous pensons que cela le sera même pour les opposants aux vaccins. De plus C’est un vaccin sans effets secondaires. Et vous pouvez même revenir en chercher un autre parce que ce gâteau est tout bonnement délicieux !

Je vous laisse vous faire votre avis sur la question en espérant que le sujet de ce jour aura piqué votre intérêt ! 😆 (Désolé je n’ai rien trouvé de mieux pour finir mon article). 🙄

La flutiste

Sinar P 13×18, Commercial Ektar 305mm, HP5 5×7, lumière pourrie (à l’intérieur sans flash ni autre possibilité) qui explique ce rendu grisouille…

Récit des galères autour de cette photo

Pratiquer la photo argentique lorsque l’on est maladroit comme moi c’est un peu comme faire un pari risqué. J’ai photographié ma stagiaire vendredi à midi avec un de mes appareils grand format et là je me prépare à développer les six négatifs.

Six négatifs… Si négatif ! Mais non je dois positiver ! Il y aura peut-être une photo présentable ! Peine perdue je doute toujours autant de moi même. Est-ce que j’ai bien chargé mes châssis sans que de la lumière passe ? (impossible d’utiliser le labo trop encombré pour le faire, j’ai donc fait cela dans une chambre en fermant les volets) Est-ce que j’ai bien exposé, mes mesures de lumières étaient-elles bonnes ? Ma mise au point était-elle correcte ? Quant à mon modèle, est-elle bien restée immobile pendant les 1/8 de pose ?

Et oui, pratiquer le grand format à mon niveau et avec mon tempérament peu méthodique c’est en fait bien plus simple pari risqué, c’est espérer un miracle ! C’est pour cela que j’aime ce moment entre la prise de vue et le verdict au labo, tout devient possible et je me prends à rêver que j’aurai une belle photo à présenter sur ces pages. Bon je vais charger les plans films dans le tube et dans le noir. A suivre dans quelques heures… Peut-être ! 🙄

15h30 : j’ai déblayé pour faire un chemin dans le labo jusqu’à ma machine, je la met en marche et je lance le chauffage du labo.

16h30; j’arrête la machine et j’ouvre la cuve rotative.

Je découvre que les deux plans films du fond n’ont pas été exposés. En chargeant mes châssis dans le noir j’avais en effet inversé les volets, bref j’ai cru que les photos 5 et 6 étaient déjà exposée alors que non. 6 euros de perdu…

Par contre les deux autres plans films semblent bien nets. Je les trempe dans de l’eau distillée avec un produit anti traces et je lance le développement des deux derniers plans films.

Alors que j’introduis le premier produit, le révélateur qui doit tourner dans la cuve pendant sept minutes, le téléphone sonne c’est mon frère par rapport à ses chambres d’hôtes. Je prends le téléphone et je commence à lui parler puis je file vite au labo pour découvrir horrifié que j’ai oublié de lancer le chrono. J’arrête donc la machine au jugé… La Cata… 😥

En sortant les derniers plans films tout en causant avec le frangin en mode mains libre je découvre qu’un miracle s’est produit, mes plans films sont très bien développés comme si mon chronomètre interne était aussi fiable que celui à quartz ! Je fais passer les deux derniers plans films au rinçage et je les pends avec les autres.

Alors oui celui de gauche c’est encore une bourde de ma part, j’avais laissé le diaph de mon objectif grand ouvert au lieu de le fermer à F22, il est donc surexposé mais il semble récupérable et le flou derrière est sympa. Rappel chaque négatif fait 18 cm de haut, c’est donc 5 fois plus gros que les négatifs 35mm que les plus anciens d’entre vous ont utilisé avant le numérique.

Et pour les impatients j’inverse la photo pour avoir une idée de ce à quoi va ressembler la photo du dimanche. 😆

Voilà c’était ma chronique du jour en très léger différé de mon labo ! Là je vais attendre que les plans films sèchent puis je choisirai le meilleur pour en faire un scan soigné qui ira au début de ce post.

Et pas besoin de vous dire que je ne ferai pas ça tous les jours car entre le ridicule de mes idioties et le temps que ça me prend, cet exercice n’a qu’un seul mérite, celui de partager avec vous ce hobby étrange que je continue à exercer avec passion. 😎

Le plus beau de tous les dons

C’était en juin 2019, deux jeunes enfants, des frères jumeaux âgés de six ans, passaient la journée avec notre groupe avant d’y être intégrés pour de bon quelques mois plus tard en septembre. Ce jour là, ces deux petits garçons un peu mal à l’aise, tentaient de se la jouer grands garçons avec toute la maladresse attendrissante et comique des enfants de leur age.

L’un d’entre eux, le leader du duo, avait pris un livre et avait voulu me le lire, du moins a tenté de me faire croire qu’il savait lire en imaginant une histoire basée sur les illustrations de l’ouvrage. J’avais beaucoup rigolé et lui aussi c’était un moment très mignon…

Mardi dernier, l’enseignante avec laquelle je travaille me demande de faire lire cet enfant au calme dans la salle d’à coté, je prends des notes pour bien cibler les choses qui coincent encore. C’est alors que stupéfait je vois le même petit garçon dont je viens de parler plus haut et qui vient d’avoir 8 ans, plus que fier de me lire pour la première fois un livre simple et créé pour les tout petits. Il n’empêche qu’en voyant son application, sa fierté et sa réussite, une profonde et sincère émotion m’a envahi au point d’avoir les yeux qui se sont embués.

L’enfant m’a ainsi lu deux fois ce petit livre avant d’en prendre un autre puis de me montrer qu’en plus d’être en mesure de lire correctement et avec de plus en plus d’assurance et de moins en moins de confusions, il comprenait aussi ce que le livre racontait et était même en mesure de me dire celui des deux qu’il préférait. Ce petit garçon est depuis peu dans une frénésie d’apprendre non seulement en lecture au point que notre équipe pense qu’il pourra dans un futur proche passer dans un dispositif de l’éducation nationale pour une plus grande intégration scolaire.

Apprendre à un enfant à lire, n’est-ce pas l’un des plus beaux dons que l’on puisse lui faire ?

Comme je l’ai dit à ma collègue, j’envie bien souvent son travail qui permet d’obtenir de tels réussites à la fois cruciales pour l’avenir des enfants et riches en reconnaissance pour ceux qui en sont les artisans.

Apprendre l’heure, les lacets, l’usage de la monnaie et les autres choses du quotidien, jouer au psychologue le lundi matin avec la grande du groupe qui me dit « Laurent j’ai besoin de te parler dans le couloir » tout ça ce sont aussi des choses dont je peux être relativement satisfait mais face au miracle qui consiste à apprendre à lire à un enfant en situation de handicap mental, ce ne sont que des broutilles. 🙄

Mon poste très spécial auprès d’une enseignante dans une école fait que je suis souvent associé au travail pédagogique pour le meilleur et pour le rire comme hier après midi lorsque j’ai accompagnée une jeune fille autiste dans une classe. Elle était, elle aussi, partie dans une frénésie de lecture et écrivait des syllabes sur son ardoise avant de les lire tout fort avec une voix étonnée comme si elle était elle-même surprise de sa propre réussite.

Manque de pot nous étions en cours d’art visuel. 😆 J’ai rigolé et j’en rigole encore en écrivant ces lignes, sa maitresse quant à elle, a été très émue par cette anecdote que je lui ai bien sûr racontée car elle montrait que la jeune fille avait passé un cap important dans l’apprentissage de la lecture.

Et oui, on est parfois témoin de beaux moments lorsque l’on est d’éducateur en milieu scolaire, au point d’avoir eu envie de les partager avec vous aujourd’hui. 😀

Arch’hiver

Archive du vendredi 8 janvier 2010

La grande glissade

Pour la première fois, conduire sur la neige ne m’a pas amusé. Je n’ai pas eu peur et ma brave Toshiyuki a fait honneur à son nom en affrontant la situation avec courage. Mais là franchement en fin de semaine et sur le trajet retour, en montée donc, c’est vraiment agaçant.

11 ans plus tard, Toshiyuki (c’est le nom de ma vieille 309) se repose au garage en attendant la suite de ses réparations et la neige tout comme la vie sans les masques semble n’être plus qu’un lointain souvenir. Le surnom de ma voiture est composé de deux kanji l’un qui évoque la neige « yuki » et l’autre une idée de force « toshi » .

Quelques flocons aujourd’hui dans la cour de l’école et des enfants qui en sont réduits à faire un bonhomme ne mesurant que 50 centimètres et constitué de neige noire car pleine de saletés vu que le précieux matériel a été raclé sur le sol. Du coup j’en viens à regretter les hivers d’il y a dix ans où je rentrais avec ma vielle guimbarde sans chauffage et en risquant l’accident. 🙄

Premiers amours

Aujourd’hui je remarquais avec un peu d’émotion que certains des enfants (surtout les filles) que j’accompagne grandissent et commencent à s’intéresser (souvent maladroitement) à leurs autres camarades du sexe opposé. C’est pour cela qu’en cherchant un petit film d’animation je suis tombé sur ce petit truc sympa que je tenais à partager avec vous. 😀

I can get now satisfaction !

Aujourd’hui je suis un peu à la bourre avec pas mal de travail à faire pour demain comme des rapports et une carte d’au revoir pour ma stagiaire qui nous quitte vendredi. Du coup pour ce premier mercrediscovery je vous offre encore un autre site à explorer mais cette fois il n’est pas question de rire bêtement mais de satisfaire notre continuel besoin de satisfaction. Oddly Satisfying, est un thread très populaire sur Reddit et se définit lui-même comme étant le papier bulle de l’Internet : un label de vidéos qui procurent au spectateur une satisfaction presque inexplicable, le conduisant progressivement à l’ataraxie. On peut donc y voir pèle mêle des choses qui s’empilent ou se déplient parfaitement, des coïncidences heureuses, des fleurs étonnamment géométriques et outes ces petites choses qui font du bien et nous divertissent de nos soucis voire de nos névroses !

Alors si vous voulez tenter l’expérience c’est ici que ça se passe.

Ci dessous une capture d’écran d’un fleur dessinée d’une façon là encore très satisfaisante. J’espère que ce site vous satisfera à son tour ! 😆

Choco sagesse

Les fêtes de fin d’année sont déjà derrière nous. Les enfants commencent à regarder différemment leurs jouets tant désirés reçu ce Noël. Les grands ont aussi parfois leur part de désillusions en faisant le bilan des festivités très spéciales de cette année. Les sapins sont dépouillés de leurs décorations comme des généraux frappés d’infamie avant d’être jetés sans ménagement dans un quelconque mouroir à conifères ou d’être lâchement abandonnés dans la rue.

Bref, il ne reste plus grands chose de ces moments si précieux et tant attendus mis à part quelques souvenirs immortalisés par des photos prises au téléphone et balancés sur les réseaux « sociaux » dans le cadre de tacites compétitions de bonheur. Regarde mon bonheur en photo je suis sûr qu’il est plus beau plus grand que le tien…

Et pourtant si l’on y prête attention, il existe une petite chose (et oui encore une petite chose) négligée à tort alors qu’elle porte en elle des trésors de bonheur et de sagesse. Cette petite chose ce sont les petits mots dans les papillotes. 😀

Je ne sais pas ce qui est le plus risible entre mon attachement à ces petits écrits et mon idée d’en faire un sujet pour ce mardi, mais voilà j’ai trouvé l’idée originale et surtout positive, deux qualités dont nous sommes si avides au début d’une année sur laquelle nous fondons tant d’espoirs.

Les petits mots dans les papillotes forment un univers étrange ou se mêlent des belles choses écrites par des inconnus, des banalités attribuées à des célébrités, des citations plus ou moins connues sorties de leur contexte, des proverbes maladroits, ou construits sur le modèle éculé de la double opposition (pour entrer dedans il faut déjà sortir dehors), des blagues qui ne font pas rire, des devinettes qui ne font pas réfléchir le tout enrobant du chocolat qui lui fait bel et bien grossir. 😆

Cet univers bizarre où le grandiose et le pathétique vivent en harmonie est devenu mon terrain de jeu le jour où j’ai vraiment commencé à m’ennuyer à table. J’aurai pu fuir mais hélas mon âge et quelques coutumes tacites m’obligeaient à rester à table et à dodeliner de la tête en faisant semblant d’écouter les sempiternels récits familiaux ressassés pour donner une illusion d’unité du clan. C’est dans ce contexte que ces petites bandes de papier sont devenues non seulement une échappatoire aux tortures de la bienséance mais aussi et avant tout un trésor merveilleux pour l’éternel enfant que je suis encore. Je le reconnais volontiers, il en faut peu pour m’émerveiller ce qui explique qu’aujourd’hui encore je garde une pile des meilleurs morceaux de « choco sagesse » épinglée sur le mur derrière mon écran.

Hélas je me dois de relever une grande injustice sociale, la dose de « choco sagesse » (et accessoirement la qualité du chocolat) varie selon le prix que l’on met dans ses papillotes. Les grands philosophes semblent ainsi dédaigner les papillotes des discounts alimentaires et préfèrent frayer avec le clan REVILLON. Je soupçonne donc les grands esprits de s’être faits acheter par le bon chocolat. Mais cela est bien compréhensible vu que vis à vis du chocolat le monde est divisé en deux; ceux qui aiment cette douceur et ceux qui mentent en prétendant le contraire.

Ceci écrit, mon article vient donc dénoncer un autre déterminisme social aussi injuste que choquant, les familles pauvres n’ont que quelques papillotes pauvres en choco sagesse (et accessoirement en goût) tandis que les plus riches reçoivent sagesse et érudition tout en se régalant de chocolat de qualité supérieure. Les papillotes sont-elles responsables de l’accroissement du fossé entre les classes sociales ? Sont-elles un autre outil de contrôle des foules par l’abrutissement des plus pauvres ? Moi président, je distribuerai des papillotes de riches aux familles pauvres ! 😆

L’autre travers des petits papiers dans les papillotes c’est leur relative inconséquence. Et si ceux qui les lisaient les prenaient au premier degré voire comme des injonctions? Je suis par exemple tombé sur un mot qui disait « fais ce que tu aimes et fais-le souvent » Alors oui pour moi cela veut dire focalise toi sur la musique et boss régulièrement, mais pour un tueur en série psychopathe cela revient à lui ordonner d’augmenter le nombre de ses victimes, non ? 😆

Et combien de foyers ont été détruits par la lecture de petits mots ayant bouleversés les certitudes de ceux qui sont tombés dessus au point de leur faire quitter la table pour acheter des cigarette et ne plus jamais revenir ? Nous sommes donc toujours à le recherche de Jean-Michel qui a quitté sa famille après avoir lu dans une papillote que l’on avait deux vies la seconde commençant au moment où l’on comprend que l’on n’en a qu’une… Et oui 2500 ans après sa mort ce philosophe et politicien continue de faire des victimes et de briser des foyers. Ah on me susurre dans l’oreille qu’il serait chinois… Encore les chinois !!! 😈

Bon, il est tard (presque 11 heures) je vais donc arrêter (à regrets) mon délire chocolaté. C’est étrange mais j’ai encore pas mal d’idées pour le prolonger avec cet humour au second degré, je me dis qu’il y aurait même de quoi écrire un sketch complet sur ce sujet ! Hélas cet exercice ne m’est pas familier…

Cependant avant de nous séparer je tenais tout de même à partager avec vous quelques perles de « choco sagesse » 😎

« On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin » (Von Goethe)

« On a deux vies, la deuxième commence le jour où on réalise qu’on en a juste une » (Confucius)

« La véritable indulgence consiste à comprendre et à pardonner les fautes que l’on ne serait pas capable de commettre » (Victor Hugo)

« Tout portrait que l’on peint avec âme est un portrait non pas du modèle mais de l’artiste » (Oscar Wilde)

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux » Marcel Proust

Pour rassembler ces cinq citations j’ai du manger trois kilos de papillotes avec ce que cela a de mauvais pour ma santé, alors faites-en bon usage 😆

Et là j’arrête pour de bon d’écrire des bêtises et je file me coucher.

Bises chocolatées !

Dites-le avec des fèves !

Le premier lundi insolite de cette année 2021 est une info très sympa qui en plus de ça se passe dans mon coin de France, oui le Grand Est le mauvais élève de la COVID-19…

Ce dimanche c’était donc l’épiphanie avec sa traditionnelle galette des rois. Au passage, étant comtois je ne mange que des galettes comtoises aussi simples à faire que saines et délicieuses. Recette en fin d’article, oui c’est cadeau ! 😆

Bon, vous voyez où je vais en venir, on va causer de fèves un peu décalées mais cette année pas dans le sens loufoque mais bien de façon très positive et humainement chaleureuse et ce à travers deux initiatives que je vous propose de découvrir de suite en images. 😀

Dans le village des Auxons, Mohamed, le sympathique artisan boulanger que les habitués appellent Momo se démène chaque année pour trouver une idée nouvelle pour faire des fèves sympathiques. Il y a deux ans il avait sorti une série sur les monuments du coin et l’année dernière il avait demandé l’aide des enfants de l’école primaire qui lui avait fait des dessins qu’il avait imprimés sur ces petits bouts de porcelaine. Car oui, en plus de ça, à l’heure où 95% de la production de fèves est faite en Chine, ce sympathique artisan fait le choix difficile de faire travailler des artisans de Limoges.

Homme de conviction mais aussi homme de cœur, Mohamed s’est souvenu du soutien que les élus locaux lui ont apporté à lui et aux autres commerçants et c’est par reconnaissance qu’il a ainsi trouvé son idée de fèves pour cette année : faire des fèves avec les portraits des personnes qui siègent au conseil municipal ! Sur les 800 fèves commandées aux porcelainiers de Limoges, Mohamed en vendra une centaine aux collectionneurs au prix de trois euros pièce et donnera l’argent ainsi récolté à une association caritative locale ! Un grand bravo donc !

A 250Km plus au nord, dans la ville de Morschwiller-le-Bas, le boulanger Stéphane et son Fils Corentin ont eu la même idée mais cette fois l’initiative est plus tourné vers une autre catégorie de citoyens, ceux qui au début du confinement on fait des petits gestes qui ont beaucoup apporté. C’est ainsi que ces artisans se sont rappelés qu’en mars 2020 au début de la pandémie et alors qu’il était impossible de trouver le moindre masque en pharmacie, ils avaient reçu l’aide inespérée du club de couture. Des bénévoles de tout age s’étaient mobilisés pour leur créer des masques en tissus pour leur permettre de continuer à travailler.

C’est donc là encore pour rendre hommage à ces héros du quotidien que cet artisan et son fils ont lancé une série de fèves avec les portraits des bénévoles du club de couture et d’autres personnes comme certains enfants qui ont eu eux aussi des idées pour mener à bien des initiatives très positives dans la gestion de la crise sanitaire.

Et entre les deux (c’est bien le cas vu que je suis à 100km au nord d’Auxon), votre serviteur va s’envoyer une bonne galette comtoise faite maison ! 😆 D’ailleurs histoire de vous donner faim, la voici en photo après qu’elle soit sortie du four pendant que j’écrivais cet article dimanche soir à 19h00.

La galette comtoise est simple à faire et ne contient pas de pâte feuilletée aux graisses hydrogénées et huile de palme. Notre variante locale est un genre de pâte à choux, elle est simple à faire, saine, délicieuse, rapide à réaliser et très économique. Si vous ne me croyez pas et bien tentez donc la recette que je vous donne ci dessous :

Galette comtoise

Pour 6 personnes

Temps de préparation : 20 minutes

Temps de cuisson : 40 minutes

Ingrédients : 250 ml de lait 80 g de beurre 60 g de sucre 140 g de farine 4 œufs 2 Cuillères à soupe d’eau de fleur d’oranger 1 pincée de sel, 1 jaune d’œuf pour la dorure.

Dans une casserole, versez le lait, le beurre et le sel. Laissez chauffer puis ajouter le sucre à frémissement. Mélangez bien. Hors du feu, ajoutez la farine tamisée puis mélangez pour obtenir une pâte homogène qui se détache de la casserole. Si la pâte reste trop liquide repassez la casserole sur feu doux quelques instants. Toujours hors du feu, incorporez les œufs un à un. Quand la pâte est bien lisse, ajoutez la fleur d’oranger.

Sur une plaque recouverte de papier sulfurisé ou dans un grand moule à tarte avec des bords hauts, étalez la pâte sur 5-6 mm d’épaisseur. Si c’est sur une plaque, donnez-lui une forme ronde. Ajoutez une fève dans la pâte et dorez le dessus avec le jaune d’œuf détendu au lait. Dessinez ensuite un quadrillage sur le dessus de la galette avec une fourchette puis enfournez pour 30 minutes de cuisson à 180°C.

Cette galette se déguste froide mais pour ma part (de galette) 😆 j’adore la manger quand elle est un peu tiède, d’ailleurs il est temps de finir cet article pour aller lui régler son compte en buvant un bon thé vert fruité aux agrumes qui s’accordera très bien avec ! Bon appétit ! 😀