Pas de changements et rien d’autre à dire alors CF. mardi dernier.
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Humeur du jour et introspection à deux balles
J’ai refusé de vivre

Ce matin je me suis réveillé à 4h00 au terme d’une nuit très longue mais coupée. Je me sens pas très bien dans mon corps et dans ma tête.
Au delà des petits soucis de santé, je me rends compte en vieillissant de l’état de ce corps que j’ai blindé de bière et de parfois trop de nourriture alors qu’il est très mal réglé du fait d’un métabolisme de stockage et d’une absence d’exercice physique.
Ce corps va m’en faire baver c’est sûr, après m’avoir bouleversé à plusieurs étapes de ma vie, il est entré en lente décomposition et commence à susciter en moi des angoisses de maladies présentes et à venir. Non, je ne suis pas hypocondriaque mais réaliste.
Alors oui, une fois de plus la peur s’installe dans un autre domaine de ma vie, cette fois-ci c’est le corps. Ces nouvelles angoisses s’ajoutent à celles que j’avais déjà en stock et vont sans doute aggraver mon dégout de la vie.
Enfin vivre, peut-on appeler ça comme ça ? A 47 ans je n’ai jamais connu ni l’amour ni les bagarres, j’ai été obligé de renoncer à tous mes projets et je vis constamment en tremblant dans l’attente des trois choses qui vont peut-être venir détruire ce semblant de vie pour le remplacer par une existence pire encore.
Ces menaces sont : La perte d’emploi (réunion ce soir car on rassemble tous les professionnels de la structure pour les fusionner avec une autre dans les mêmes locaux), la maladie (pas besoin d’en rajouter) et la mort de ma mère qui fera que je me retrouverai à la rue car je n’ai rien à mon nom. Sur ces trois menaces une seule est vraiment inéluctable mais cela ne rend pas les autres moins réelles.
Alors certes, j’ai sans doute refusé de vivre torturé par toutes mes peurs à commencer par celle des autres, mais vu ce dont ma vie est faite et la fragilité de ce qui la compose, je pense avoir une bonne explication pour tout ce gâchis.
Explication, excuse ou alibi, ça c’est à vous de juger…
Rien…
Trois heures que je réfléchis devant mon écran, mais non… Je n’ai rien à dire de perso cette semaine. Le moral est aussi bas que d’habitude, je suis de plus en plus fatigué avec des tas de choses à faire et peu de temps pour mes loisirs, alors du coup histoire d’en garder un peu, je lâche l’écran et je mets un point final pour aujourd’hui.
Monsieur plus
Hier soir alors que le lundi allait passer au mardi, j’étais encore en train de tenter de rendre présentable les photos faites avec mon Mamiya pour la fête des mères. Trois films utilisés donc 20 euros de film sans compter la chimie pour les développer et surtout le temps. A 23h30 j’étais encore en train de me battre avec mes couleurs (ce qui est débile vu que mon écran est de mauvaise qualité et non calibré). Du coup aujourd’hui j’ai décidé de choisir les meilleures photos argentiques ou numériques et d’envoyer tout ça à l’impression (28 euros avec les frais de port) J’ai aussi acheté du carton pour contrecoller et leur faire faire des cadres (48 euros).
Mais pourquoi est-ce que chaque année je dépense tant d’argent et de temps pour faire des cadeaux qui vont finir à la poubelle ?
La première raison c’est mon envie voire mon besoin de pratiquer le portrait photographique notamment sur film avec mon matériel.
La seconde c’est l’envie de faire plaisir aux gosses et à leurs familles
Mais en vérité la raison première c’est mon besoin de reconnaissance surtout en ce moment où je me sens de plus en plus minable face aux autres minables dont le seul talent est de me faire croire que je suis plus nuls qu’eux…
Alors après tout cet argent tout ce temps dépensé, je vais me sentir pareil avec les regrets en plus, surtout quand les enfants bousilleront le travail avec leurs idées et leurs initiatives désastreuses.
Le jour où je serai mieux dans ma tête, je ferai faire des colliers de pâtes aux gosses !
J’aurai voulu vous dire…
Ce soir c’était une réunion importante au travail. Rappel : je travaille comme éducateur accompagnant un groupe d’enfant dans une école primaire. J’avais préparé un texte mais hélas je n’ai pas pu le lire comme prévu faute de temps. Alors vu que ça me rend triste de ne pas l’avoir partagé pendant cette réunion institutionnelle, je le copie-colle ici.
Trois ans après notre arrivée à l’école, nous nous sentons plus que jamais non pas seulement bien accueillis mais totalement intégrés comme n’importe quelle autre classe de l’école. Les contacts amicaux et très constructifs que nous entretenons avec l’équipe des enseignants de et avec les animatrices/animateurs pour les temps du midi, nous poussent à nous investir toujours plus dans la vie de l’école.
Cela passe par une participation active à tous les temps forts qui rythment l’année comme les deux expositions de la grande lessive, les ateliers de Noël, le grand carnaval de l’école et bien sûr le grand spectacle de fin d’année où notre groupe présente un numéro devant les autres classes. Nous pouvons aussi évoquer les sorties avec d’autres classes (visites au musée etc.).
La mise en place de la scolarité partagée qui va s’intensifier dès la prochaine rentrée est également un indicateur très parlant de l’ouverture bienveillante de l’école, de la générosité et de la bonne volonté des enseignantes enseignants qui acceptent d’ouvrir leurs classes aux enfants et aux éducateurs qui les accompagnent pour ces séances qui tout en permettant aux enfants que nous accompagnons de tester leurs capacités dans un nouveau cadre de travail, permettent aux autres enfants de faire évoluer leurs représentations sur le handicap de façon très positive.
Au-delà de toutes ces choses posées et institutionnalisées, je voudrais dire que le succès de l’intégration des deux dispositifs repose aussi dans les petites choses du quotidien. La compréhension et la tolérance des adultes et des enfants face aux difficultés parfois troublantes et bruyantes des enfants que nous accompagnons, les petits gestes de soutien apportés chaque jour et de façon générale la bienveillance dont nous faisons l’objet, sont pour nous source d’un grand soutien dans notre travail. Alors au terme de ce petit discours, Madame B, j’aimerai vous remercier vous et le reste de l’équipe, au nom de toute l’équipe de l’établissement qui m’emploie pour tout ce que vous nous avez apporté depuis notre arrivée dans cette école.
Je pense chaque mot que j’ai écrit, j’adore cette école située dans un quartier sensible au bon sens du terme vu que tout le monde enfant comme adulte est sensible à la différence et aux difficultés des enfants que nous accompagnons et acceptent de jouer le jeu d’un vrai vivre ensemble sans concession. Merci ! 😎
Vendre et acheter

La vie d’un passionné de photo argentique comme moi tourne souvent autour de la revente (à perte bien sûr) de matériel pour pouvoir racheter d’autres outils.
C’est ainsi que j’ai dit au revoir à ma Horseman 4×5 vendue avec un objectif de qualité pour 470 euros. Cela ne représente que le quart de ce que je vais acheter samedi; ma propre Sinar P2 8×10.

Rien de plus à ajouter ce soir si ce n’est que je suis un peu angoissé quand je fais de gros achats, j’ai toujours peur que la vie me le fasse regretter…
Sinon…
Cela fait 200 jours que j’écris chaque jour sur ce blog ! 😯
Apologie du laisser-aller
Ce matin une fois de plus je me réveille à 6h00, je regarde quelques dessins animés comme un gosse sur l’ordi posé sur ma table de nuit puis je descend pour écrire mon billet du jour. Plein de choses dans la tête mais aussi et avant tout une grande lassitude et une immense torpeur dues à ces vacances. Je laisse mes pensées dériver et je regarde par la fenêtre pour contempler ce qui naguère était une pelouse :

Et là je me rends compte que mère Nature est vraiment une sale cafteuse puisqu’elle s’arrange pour révéler mon secret au quartier tout entier. Et oui je suis un énorme fainéant qui rêve de vivre en pyjama sur un lit en n’étant connecté au monde que par le prisme de cet Internet, le grand hygiaphone mondial.
Ma pelouse livrée à l’abandon est néanmoins un vrai trésor pour un botaniste, j’ai une énorme envie d’étudier les plantes étranges qui y poussent leurs propriétés, leurs usages médicinaux et culinaire… Mais non je suis un fainéant d’élite alors non je n’en ferai rien, je me contenterai de déraciner les plus incroyables spécimens pour les mettre dans un coin de mon jardin non bêché afin de suivre leur évolution au lieu de les broyer sous la tondeuse que je vais devoir passer tous les mois… Encore trop dur là…
La paresse la mère de tous les vices, oui sans doute mais en attendant ça me fait du bien de ne rien faire et aussi d’afficher fièrement à la face de tous les vieux névrosés du quartier qui ont des pelouses impeccables et qui deviennent fous si ils voient un pissenlit, que moi je me fiche de leurs regards et de leurs opinions. C’est aussi pour moi une façon de reconnaitre humblement la puissance et la beauté de mère Nature pour qui les gazons typés golf sont une totale aberration. La vie doit passer, éclater au grand jour et ce n’est pas en détruisant ce que les abrutis de faux experts nomment les plantes adventices, alors que ce sont de vrais trésors de santé et de beauté, que la vie est respectée.
J’imagine que parmi ces personnes obsédées par l’ordre et l’uniformité, ceux qui aiment l’architecture doivent se sentir à leur place dans un cimetière.
Ceci dit, maintenant que j’ai écrit que la vie doit passer, je dois aussi penser à la mienne de vie et pour qu’elle passe en évitant que je trépasse, je dois vaincre ma flemme et mon attentisme que j’impute à mon respect pour mère Nature afin de travailler dehors, non pas pour soulager les névrose des voisins et passer pour un mec courageux mais pour faire un peu d’exercice, observer cette vie que j’aime tant tout autour de moi, bref me sentir vivant, partie d’un tout universel et aussi plus basiquement fier le soir venu en buvant une bière tout en contemplant un travail bien fait.
Le pied de primevère sous le cerisier sera épargné par la tondeuse, les muriers seront taillés pour donner de bons fruits cet été, le jardin préparé pour accueillir haricots tomates et fraises cultivés sans engrais artificiel mais avec du purin d’ortie et au bout de tout ça je serai capable de profiter pleinement des dons de mère Nature en retrouvant le goût des bonnes choses. Un goût encore meilleur vu que ce sera le fruit de mon travail.
Bon il est bien bientôt 8h30, c’est donc le moment pour moi de me mettre en route après avoir fait couler un grand café sans sucre.
Ce blog est une vraie catharsis, reste à tenir mon cap… Pour Descartes nul n’est dans son corps comme un pilote dans son navire… Désolé de te contredire Dédé mais je suis sûr que si je barre à droite pour éviter le détroit de ma piaule et l’iceberg de mon lit et bien je sauverai mon corps du naufrage de ces vacances.
La peur

Elle me colle à la peau depuis ma naissance
Elle m’a gâché tous les bons moments de ma vie
Elle m’a empêché d’oser et de découvrir des tas de choses
Elle est tout ce qui foire dans ma vie
Elle a fait le vide autour de moi
Elle me rend malade
Elle me tue à petit feu
Mais tant qu’elle est avec moi ça veut dire que je suis vivant, ou presque…
Chemise rose

Chaque semaine, lorsque vient le moment de rédiger mon billet du mardi, je me laisse aller et je commence à écrire avec mon clavier sans mettre de titre. C’est toujours assez amusant, voire excitant, de voir où mes pensées vont me conduire et sur quelle actualité ou quel sentiment personnel va se construire le sujet de ce mardi.
Cette semaine cependant, pas besoin de réfléchir pendant des heures, mes doigts pleuvent sur le clavier avec une vitesse peu ordinaire pour faire sortir quelque chose de lourd et de pesant; mon impuissance face aux souffrances des enfants dont je m’occupe.
Bien loin de moi l’idée de vouloir sauver le monde. Non, je n’ai pas le complexe du messie et je suis d’accord pour dire que le travail d’un éducateur n’est pas de se substituer aux parents des enfants mais de travailler avec eux, si ils sont d’accord, pour les soutenir dans leur parentalité. C’est ce que j’ai encore fait aujourd’hui.
Mais une fois ceci dit, il faut bien se rendre compte de la réalité des choses. Sur un groupe de 12 enfants en situation de handicap mental, j’accompagne aussi bien des enfants présentant des troubles du comportement qui se traduisent par des crises violentes, des enfants présentant une psychopathologie ou des troubles de la personnalité, des enfants présentant une grande immaturité affective donc relationnelle, des enfants déficients, d’autres qui ne le sont que du fait d’un manque de stimulation…etc… Bref, un important éventail de difficultés diverses pour lesquelles nous devrions donner une solution au cas par cas et non tenter de répondre de façon globale. Mais voilà nous sommes deux et en dépit de notre expérience et de nos efforts, nous n’avons toujours pas réussi la quadrature du cercle.
Ainsi du coup je me rend compte de mon impuissance surtout lorsque comme en ce moment, les enfants cessent de progresser faute d’une réponse vraiment adaptée et personnalisée apportée à leurs problématiques.
Au final je les vois se débattre avec leurs difficultés comme des alpinistes en train de dévisser sur une falaise alors que moi je n’ai qu’une seule corde bien usée à leur tendre.
Leurs souffrances m’inquiètent et leurs avenirs me préoccupent. Le tournant ultra libéral du gouvernement actuel qui veut tous les mettre avec le moins de moyens possibles dans les écoles ordinaire pour réduire les dépenses publiques tout en prétextant une vision humaniste, m’inquiète encore plus.
Donc non, une fois de plus je ne veux pas sauver le monde, j’aimerai juste avoir un peu de soutien et des conseils pour faire avancer les choses et réduire les difficultés. Travailler l’autonomie et l’expression comme je le fait depuis des années ne suffira pas pour les aider à trouver un peu plus de stabilité et de bonheur.
Et en attendant des jours meilleurs je compatis au sens étymologique du terme, c’est à dire que je souffre avec eux en partageant en silence leurs diverses douleurs.
Parfois je me dis que je devrais porter des chemises roses pour symboliser le fait que je ne suis qu’une feuille de papier hygiénique que l’on sert pour torcher la misère du monde jusqu’au moment où recouvert de toute cette merde je ne finisse par craquer… Mais bon, la dépression ça je me l’interdit car ça n’aiderait pas plus les enfants pour qui faute d’être un éducateur miracle, je reste au moins un point de repère important.
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Hier c’était mon anniversaire (en fait là je tape la veille donc c’est toujours mon anniversaire)
Après une agréable matinée avec les enfants et les collègues qui me souhaitent un joyeux anniversaire avec des mots, des chansons et de dessins, vient le moment de la cantine avec un menu pas très anniversaire. Pour rigoler les dames de la cantine me mettent une bougie sur une moitié de pêche au sirop, une des gamines dont je m’occupe, prend la photo avec mon portable.
Que de joie, que de rires, que de plaisirs !
En fait non…
Je déteste ce jour qui revient chaque année surtout quand je suis obligé de le passer au travail et ce pour de multiples raisons :
– C’est le seul jour de l’année où mon frère et mes deux sœurs pensent à moi et m’envoient un message (SMS) vite fait dont ma réponse ne donne aucune suite.
– C’est le jour où normalement les gens passent un bon moment avec des proches et célèbrent ça au restaurant ou en famille. Moi je n’ai droit à rien car je suis seul, c’est donc l’occasion de me rappeler à quel point j’ai loupé ma vie.
– C’est le jour de toutes les hypocrisies où même les gens qui me détestent se sentent obligés de faire un sourire et de m’adresser un « joyeux anniversaire »
– C’est le jour où ma pauvre mère me file un peu d’argent car elle sait que j’en ai besoin.
– Et c’est enfin le jour le plus difficile de l’année où j’ai envie de boire jusqu’à m’en rendre malade pour oublier à quel point ma vie est merdique.
Du coup pour faire passer toute cette douleur maintenant que je suis chez moi et que j’ai fini mon travail, je vais m’envoyer trois grands verres d’absinthe avant de m’écrouler sur mon lit.
Joyeux anniversaire…