Enfin lancé…

Dans moins d’une semaine, ma famille vient fêter Noël ici. J’ai mis beaucoup de temps pour faire les retouches de peinture et pour préparer et re préparer les murs dont les plâtres tombaient en miettes et du coup ce n’est que ce matin après avoir cuisiné pour réussir à faire manger ma mère que j’ai enfin pu me lancer dans le tapissage.

Alors oui l’intissé c’est solide, sympa ça se pose facilement mais par contre la couche d’accroche, elle ne supporte pas les repositionnements et s’arrache du plâtre. Si je considère qu’en plus de ça les murs ne sont pas droits et bien pas besoin de vous expliquer comme j’en bave.

Mais c’est bon, c’est bien parti et je vais travailler jour et nuit si il le faut pour finir le plus tôt possible car il faut encore remettre les murs. Mais là nous sommes samedi soir, il est 20h40 c’est donc temps pour moi d’aller au pub pour voir le concert de ce soir qui va faire beaucoup de bruit… 😈

Archive judiciaire

Archive du lundi 17 décembre 2007

Cher Francis,

       Ce matin je n’étais pas tranquille, j’ai donc demandé à mon chef de service de m’accompagner au tribunal. Le voici de dos sur la photo ci-contre en train d’essayer pour la cinquième fois de passer le portique du détecteur de métaux… Quelques instants de rigolade avant la suite, nettement moins marrante.

Après avoir attendu une dizaine de minutes, la juge nous fait entrer. « Nous » c’est la mère, l’enfant et les quatre professionnels accompagnant la petite fille dans divers cadres. Nous prenons place sur des chaises disposées en arc de cercle devant l’immense bureau de la juge, une très élégante trentenaire avec un charme indéniable.

Le bureau de la juge des enfants est un endroit étrange où les épais et austères dossiers côtoient des jouets négligemment rangés dans un coin de la pièce. Dans un grand meuble en bois laqué se pavanent les éditions récentes des différents codes juridiques. Je les contemplais avec nostalgie en me rappelant de l’époque pas si lointaine, où je passais des heures à travailler avec ces fascicules.

Soudain ma mélancolie fut interrompue par la voix sèche et sévère du magistrat. Sans plus de formalités elle commença à expliquer le pourquoi de l’audience. Il s’agissait de déterminer au terme des six mois d’une ordonnance de placement provisoire si l’enfant devait être ou non rendu à sa mère. 

La juge commença par interroger la mère pour lui demander son avis. D’une voix peu assurée elle répondit

– « Je veux qu’elle revienne »

Cette maman aussi démunie qu’angoissée ressemblait à une petite fille apeurée devant une maîtresse d’école lui reprochant de ne pas avoir appris sa leçon. A coté d’elle sa gamine la regardait avec étonnement  tout en balançant ses jambes.

Puis la juge commença à lire les différents rapports puis à interroger les professionnels devant elle. Quand mon tour arriva, je fus interrogé sur les progrès de l’enfant et sur l’opportunité d’un placement en internat. Je n’eus aucun mal à m’exprimer, mon chef de service me félicita d’ailleurs pour ma prestation.

Puis la décision tomba sans formalités, sans coup de marteau, sans tournure rituelle du genre  « Au vu de…. » 

La mesure de placement était prolongée et étendue à la petite sœur de l’enfant.

Étudier la protection de l’enfance en cours c’est passionnant, mais être témoin actif du fonctionnement impitoyable de l’appareil judiciaire est loin d’être exaltant. J’ai beau me dire que c’est pour le bien de l’enfant, il m’est difficile accepter le fait que ce soir une maman va devoir remettre son bébé de 5 mois à un travailleur social afin qu’il soit emmené dans une famille d’accueil d’urgence.

Maintenant je vais devoir expliquer cela à sa grande sœur…

14 ans plus tard, je ne me souviens même plus de quel enfant il s’agissait. je n’ai non jamais retravaillé avec le juge pour enfants. Ce souvenir un peu flou n’en est pas moins un rappel; mon métier est connecté à de multiples autres domaines et je dois toujours me préparer à devoir travailler avec une assistante sociale, une éducatrice au domicile ou bien sûr un ou une magistrat(e). Le fait de ne pas l’avoir fait en dit long sur l’état du social en France. Aujourd’hui faute de moyens et de volonté pour les financer, les mesures de déplacement deviennent exceptionnelles. 🙄

Bénédiction spatiale

Les prêtres, c’est bien connu, bénissent bien sûr les vivants mais peuvent aussi bénir les animaux et certaines choses. C’est ainsi que dans la ville Kazakhe de Baïkonour qui rappelons-le au passage est administrée par la Russie, le prêtre orthodoxe Serguiy Bitchkov s’est spécialisé depuis les années 90 dans la bénédiction des fusées et azutres engins spaciaux.

C’est ainsi qu’en fin de semaine dernière, le Père Bitchkov a célébré sa 380ème cérémonie en bénissant le Soyouz MS20 qui a emmené le milliardaire japonais Yusaku Maezawa sur la station spatiale internationale.

Oui, je sais aujourd’hui l’actualité insolite est pauvre… Désolé… 😆

Soirée de malade avec le Jancee Pornick Casino

Encore une journée difficile je suis couvert de peinture les plafonds me rendent fou. Je pense que je vais arrêter les retouches et me préparer pour aller voir le concert de ce soir qui sera ma photo du samedi vu que je vais la prendre avant minuit (mais que je ne la mettrai sans doute pas en ligne aujourd’hui, vu que je vais rentrer dimanche matin). :mrgreen:

Edit :

Bon et bien voilà nous sommes dimanche matin, je suis rentré vers 3 heures du matin avec la tête pleine d’images et de sons. Le Jancee Pornick Casino était tout simplement le meilleur concert que je n’ai jamais vu à la quincaillerie ! Entre le guitariste qui ne pouvait pas rester sur scène et qui allait faire l’andouille dans le public sans s’arrêter de jouer et le niveau de ces trois musiciens qui semblent ne faire qu’un, le petit public ainsi que moi me^me avons passé un moment inoubliable.

J’ai tellement aimé leur musique que je leur ai acheté leur discographie complète en vinyle bien sûr ! La bonne nouvelle c’est qu’ils reviennent en juin ! Benoit les a reprogrammé directement !!! 😆 En attendant je vais essayer de monter une vidéo vu que j’ai filmé tout le concert… 😎

Archive d’ignominie hivernale

Archive du dimanche 10 décembre 2006

Cher Francis,

        Tout d’abord, cette nuit il a neigé trois centimètres de neige fondue.

       Ce matin en prenant mon petit déjeuner royal du dimanche matin (une baguette encore chaude dévorée entière avec du beurre au lait cru et du miel), je décidais de mettre les informations sur mon petit poste radio. Après avoir réglé l’engin sur la station désirée je commençais à écouter les nouvelles qui tournaient en boucle. 

L’une d’elle me fit tressaillir.

Une bande de jeunes malmenait un couple de SDF depuis un certain temps déjà en filmant chacune de leurs agressions sur leurs téléphones portables. Ce petit manège avait continué jusqu’à ce que les coups deviennent trop violents. La plainte et les témoignages amenèrent les autorités à interpeller les auteurs de ce délit répété dans le temps.

Il y a encore peu de temps je te parlais que dans ma région les téléphones portables avaient été utilisés pour filmer un viol collectif dans un lycée. La même chose en Suisse le mois dernier.

Face à cette nouvelle forme de violence assistée électroniquement, il y a fort à parier que les esprits moralisateurs se mettent à expliquer cette nouvelle forme de déviance par la violence au cinéma ainsi que par l’accès trop simplifié des jeunes à la haute technologie… 

Cependant ni l’une ni l’autre de ces explications n’ont de sens à mes yeux. Bien au contraire elles ne font que selon moi, éloigner le débat des vraies raisons motivant ces actes inqualifiables.

Il est vrai que le cinéma et la télévision diffusent des images et des discours où la violence n’est pas seulement graphique mais aussi psychique voire idéologique. Comme tu le sais je suis un grand consommateur de ces films autant pour m’amuser que pour fournir un exutoire à ma haine des jours ordinaires. A ce titre je visionne des films venus d’Asie où les tabous occidentaux n’ont pas prise.

Malgré cela je suis toujours capable de faire la différence entre le réel et l’imaginaire de ces films tous plus atroces les uns que les autres, jamais je n’ai modifié mes pensées ou mon comportement après avoir vu un film, sauf peut être après « la haine » qui m’a donné envie de m’en prendre aux forces de l’ordre… Mais trente minutes après cette pulsion disparaissait…

Les jeunes qui ont tabassé ces SDF ne sont pas de pauvres psychotiques victimes de la télévision et des films violents et incapable de trier le réel de l’imaginaire. Ce serait trop simple de penser cela, de plus cela leur donnerait une première excuse limitative de responsabilité. 

Alors pourquoi taper des SDF et pourquoi le filmer?

Dans une société où tout est spectacle de l’accident de voiture jusqu’aux scènes de la vie privée,  les jeunes ont l’impression qu’il faut être filmé pour exister. Beaucoup sont ainsi tentés de passer à la postérité façon Andy Warhol. Filmer un viol ou une agression et le diffuser sur Internet pour devenir célèbre…

L’autre aspect du fait divers qui lui est beaucoup moins évoqué dans les médias, c’est le choix des victimes par ce groupe de jeunes abrutis. Ce n’est pas un hasard si ces tarés ce sont attaqués à des SDF, des moins que rien, des ombres pour lesquels pensaient-ils personne ne viendrait se plaindre. La froideur de cette lâcheté calculée fait frémir et donne envie de mettre en avant le vrai problème qui se cache derrière ce fait d’hiver. Je vais donc réécrire l’information pour exprimer ma pensée:

En France, l’exclusion sociale met des personnes à la rue et en fait des cibles désignées pour des jeunes crétins élevés dans la toute puissance et pensant tout haut ce que le reste de la société pense tout bas c’est à dire que les SDF n’ont ni droits ni la qualité d’être humains. (Sauf bien sûr au moment de verser une petite larme lorsque l’on les retrouve congelés au petit matin). 

Et oui mon bon Francis, dans cette info sordide, le premier élément à mettre en avant n’est pas la violence médiatique mais celle de notre société en perte de repères. Dans un monde où la valeur d’un être humain se mesure aux seuls moyens combinés de ses possessions et de son statut social, comment veux-tu que les jeunes apprennent à respecter ceux que la vie a brisé? 

D’autant plus que le fait de voir leurs misères ainsi exposées en pleine rue est un rappel, un message constant qui dit: vous aussi vous pouvez finir comme nous… Ajoute à cela la lâcheté de ces salopards ainsi que leurs envies de se faire un nom en médiatisant leurs actes de violence, exutoires de leurs frustrations accumulées, et tu auras un début d’explication des raisons ayant menés à ce geste. 

Cependant ces éléments ne doivent pas faire écran à la responsabilité individuelle et collective des auteurs de ce délit d’une lâcheté sans nom, les raisons que j’évoque ne sont que des pistes de réflexion, en aucun cas des excuses. Peu importe leurs convictions motivant leurs actes le simple fait d’être responsables de ses attaques tout en en connaissant le caractère illégal, fait que le délit est constitué sans aucune excuse légale atténuante de responsabilité pénale ou civile.

Les victimes, quand à elles sont déjà retombées dans l’oubli…

15 ans plus tard je n’ai rien à ajouter, hélas…